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L'arbitrage vidéo est en vue pour le Mondial 2018


Le Malien Seydou Keita réclamant un penalty lors d'un match contre la Guinée à la CAN 2015, Guinée Equatoriale le 18 janvier 2015

Les test menés avec l'arbitrage vidéo en Europe ont beau déclencher leur lot de polémiques, le Board, instance garante des lois du football, en tire un bilan "très positif et encourageant", chiffres à l'appui lundi. Sauf surprise, la vidéo a de fortes chances d'être utilisée à la Coupe du monde 2018.

Depuis mars 2016, l'assistance vidéo à l'arbitrage (VAR) a été testée sur plus de 800 matches de compétition avec des résultats probants, assure le Board (IFAB), qui doit décider en mars prochain si elle sera utilisée au Mondial en Russie.

"La philosophie de départ est respectée. Nous voulions un minimum d'interférences sur le jeu et un maximum de bénéfices", explique un porte-parole de l'IFAB, lors d'une conférence téléphonique.

Dans 8% des matches, la vidéo a eu un "impact décisif sur le résultat de la partie" et dans un match sur quatre, un "impact positif", selon ce bilan.

Alors qu'un certain nombre d'acteurs du foot redoutent que la vidéo casse le rythme et la fluidité d'une partie, le Board indique que le "temps perdu" avec la vidéo représente en moyenne moins de 1% du temps de jeu global, bien moins que les coups francs, les touches ou les dégagements des gardiens au cours d'un match.

Les erreurs sont aussi relativement rares. Dans seulement 5% des matches testés, la vidéo a laissé passer une erreur "claire et manifeste", un chiffre "très encourageant compte tenu de la période courte des tests et des erreurs humaines inévitables", estime l'instance en assurant que ce nombre va encore diminuer grâce à l'expérience grandissante des arbitres.

La vidéo a été testée dans plusieurs compétitions internationales comme la Coupe des Confédérations, dans des championnats comme la Bundesliga allemande et la Serie A italienne ou dans des Coupes, en France et en Angleterre. Avec des réactions diverses, entre thuriféraires, opposants farouches et sceptiques.

- 'Dubitatif' -

"Au début j'étais pour, mais maintenant je suis dubitatif", explique à l'AFP l'ancien arbitre international français Bruno Derrien. "Bien sûr, la vidéo va sans doute aider l'arbitre dans certaines situations, c'est une évidence. Mais dans pas mal de cas, les images relèveront de l'interprétation. Je ne la condamne pas complètement, mais à la Coupe du monde, c'est peut-être un peu tôt", considère-t-il.

L'Allemand Bernd Heynemann est plus sévère encore: "il est simplement impossible que ça puisse marcher avec juste six à huit semaines de préparation".

Attention à ne pas "déresponsabiliser les arbitres", prévient pour sa part le Français Joël Quiniou. "Il faut être prudent et ne pas l'utiliser à tout bout de champ. Je pense que l'expérimentation a aussi permis d'en voir les limites", considère l'ancien arbitre.

D'autres soutiennent la vidéo sans ambages, en soulignant qu'elle pourra éviter bien des scandales dans les grandes compétitions. " Ceux qui n'ont pas encore digéré la VAR finiront par le faire. On ne peut pas revenir en arrière", prévient le président du syndicat des arbitres italiens Marcello Nicchi.

Le but de la VAR est de corriger les erreurs d'arbitrage claires et manifestes. Elle ne peut être utilisée que dans quatre situations de jeu: après un but marqué, sur une situation de penalty, pour un carton rouge direct ou pour corriger une erreur d'identité d'un joueur sanctionné.


Avec AFP

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