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L'ancien président péruvien Alan Garcia tente de se suicider avant de se faire arrêter

L'ancien président péruvien Alan Garcia à Lima, Perou, le 27 mars 2018.

L'ex-président péruvien Alan Garcia s'est suicidé mercredi à Lima juste avant son arrestation dans le cadre du scandale de corruption Odebrecht, dernier rebondissement dramatique de ce dossier tentaculaire éclaboussant la classe politique latino-américaine.

"Alan Garcia est décédé", a déclaré Omar Quesada, secrétaire général du parti de l'ex-dirigeant.

L'actuel chef de l'Etat péruvien Martin Vizcarra s'est dit sur Twitter "consterné par le décès de l'ex-président Alan Garcia. Je transmets mes condoléances à sa famille et à ses proches", a-t-il écrit.

M. Garcia, qui était âgé de 69 ans et qui avait dirigé le pays andin de 1985 à 1990 puis de 2006 à 2011, s'est tiré une balle dans la tête alors que la police venait d'arriver à 6h30 locales (11h30 GMT) à son domicile de Lima pour l'arrêter. Expliquant qu'il allait appeler son avocat, "il est entré dans sa chambre et a fermé la porte. Quelques minutes après, un coup de feu a été entendu et (la police) l'a retrouvé assis avec une blessure à la tête", a expliqué le ministre de l'Intérieur, Carlos Moran, lors d'une conférence de presse. L'ancien président a alors été transféré vers l'hôpital Casimiro Ulloa dans le quartier huppé de Miraflores où il est décédé malgré les efforts des médecins.

La police venait l'arrêter pour le placer en détention provisoire pour dix jours à la demande de la justice dans une affaire de blanchiment d'argent présumé liée au scandale Odebrecht. Ce géant brésilien du bâtiment a distribué pendant plus d'une décennie un total de 788 millions de dollars dans une dizaine de pays à travers la région pour remporter des contrats, selon le ministère américain de la Justice (DoJ). L'entreprise a reconnu avoir versé 29 millions de dollars de pots-de-vin au Pérou entre 2005 et 2014.

Mardi, M. Garcia avait déclaré que cette fois il ne se cacherait pas et ne demanderait pas d'asile, en référence à sa tentative ratée du mois de décembre. Fin 2018, il avait demandé l'asile à l'Uruguay en restant 16 jours dans l'ambassade de ce pays à Lima. Montevideo avait rejeté sa demande après examen de son dossier.

Le parquet péruvien soupçonne M. Garcia et 21 autres personnes d'avoir fait en sorte que l'entreprise néerlandaise ATM Terminals remporte en 2011 une concession portuaire, alors qu'il était président.Ces dernières semaines, l'ancien dirigeant s'était défendu en affirmant "qu'il n'existait aucune dénonciation, preuve ou transfert (d'argent) qui (le) lierait à un quelconque fait répréhensible et encore moins avec l'entreprise Odebrecht où à un de ses chantiers".

Né en 1949 à Lima, dans une famille de la classe moyenne et de militants de l'APRA (parti social-démocrate), Alan Garcia devient en 1978 le plus jeune député élu à l'Assemblée Constituante, puis le plus jeune président du Pérou, à 36 ans en 1985. Il est réélu en 2006. Ce colosse de 1,90 mètre a longtemps bénéficié de l'aura du persécuté politique, acquise lorsque, recherché par la police du président Alberto Fujimori en 1992, il s'était enfui par les toits de sa maison pour gagner l'ambassade de Colombie. Réfugié un temps à Bogota, il s'installe ensuite en France, où il effectue une partie de ses études, complétées à Madrid par un doctorat en droit afin de devenir avocat. Parlant parfaitement le français, Alan Garcia se lie à Paris avec la famille du président François Mitterrand et reçoit durant son exil le soutien du Parti socialiste français.

Outre Alan Garcia, trois autres anciens présidents péruviens - Alejandro Toledo (2001-2006), Ollanta Humala (2011-2016) et Pedro Pablo Kuczynski (2016-2018) sont dans le collimateur de la justice pour cette même affaire Odebrecht.

La chef de file de l'opposition Keiko Fujimori a également a été placée en détention provisoire le 31 octobre dans cette affaire.

Mercredi, peu après l'annonce du décès d'Alan Garcia, M. Kuczynski, 80 ans, en détention provisoire depuis le 20 avril, a été hospitalisé d'urgence en soins intensifs pour un problème de tension.

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Le coronavirus fait payer un lourd tribut aux États-Unis

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Quelques moments de détente entre John Travolta et son épouse Kelly Preston

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Retour au confinement pour contrer le coronavirus

Des gens assistent à un rassemblement , défiant les mesures de confinement du gouvernement, mis en place pour endiguer la propagation de l'épidémie de coronavirus à Belgrade, en Serbie.

Plusieurs pays ont ordonné des reconfinements dans la crainte d'une deuxième vague de nouveau coronavirus, tandis que l'Amérique latine est devenue la deuxième région du monde la plus touchée par la pandémie en nombre de morts, devant l'Amérique du nord.

En Espagne, le gouvernement régional de Catalogne s'est lancé dans un bras de fer avec la justice pour imposer sa décision de reconfiner chez eux les habitants de la ville de Lérida et de communes environnantes, déjà coupés du reste de la région depuis une semaine.

Alors que le tribunal de cette ville "a décidé de ne pas ratifier les mesures" prises par le gouvernement régional "car elles sont contraires au droit", le président régional indépendantiste catalan, Quim Torra, a affirmé lundi qu'il adopterait un décret-loi pour l'imposer.

Dans les rues de Lérida, les boutiques restaient souvent ouvertes tout comme les terrasses des cafés et les habitants, masqués, continuaient de sortir.

En Allemagne aussi, la "menace" d'une deuxième vague d'infections est "réelle", a mis en garde lundi le ministre de la Santé, Jens Spahn, appelant notamment ses compatriotes en vacances aux Baléares à respecter les gestes barrières.

Au Maroc, la ville de Tanger (nord), peuplée d'environ un million d'habitants, devait être reconfinée à partir de lundi midi après l'apparition de foyers épidémiques.

Les transports publics y seront suspendus, les cafés, centres commerciaux, marchés et espaces publics fermés, et les contrôles renforcés, afin que les habitants ne quittent leur domicile "qu'en cas de nécessité extrême", a précisé le ministère de l'Intérieur.

C'est le cas également aux Philippines où environ 250.000 habitants de Manille vont à nouveau être confinés après une flambée des cas.

- Couvre-feu -

En Afrique du sud, le président Cyril Ramaphosa a décidé de réimposer un couvre-feu en raison de la remontée des cas quotidiens de contamination. Les visites familiales seront aussi interdites.

Les restrictions imposées en mars pour tenter d'enrayer l'épidémie dans ce pays, le plus touché en Afrique, avaient été en partie levées en mai. L'Afrique du Sud a enregistré jusqu'à présent 264.184 cas de coronavirus dont 3.971 mortels.

L'inquiétude demeure aussi forte en Australie: après le reconfinement pour six semaines décidé jeudi dernier pour Melbourne, la deuxième ville du pays, les habitants de Sydney ont été priés lundi de limiter lundi les soirées festives après l'apparition d'un nouveau foyer épidémique dans un pub.

Aux Etats-Unis, le pays le plus lourdement touché, la pandémie continue de flamber particulièrement dans de grands Etats du sud, et un responsable du ministère de la Santé à Washington a estimé dimanche qu'un reconfinement dans ces zones n'était pas exclu.

"Tout devrait être envisagé", a déclaré Brett Giroir, secrétaire adjoint à la Santé, interrogé sur la chaîne de télévision ABC.

Les Etats-Unis ont recensé dimanche 59.747 nouvelles contaminations en 24 heures, selon le bilan quotidien de l'université Johns Hopkins. Le nombre de cas confirmés s'établit à 3.301.820 et le nombre de décès à 135.171.

A quatre mois de l'élection présidentielle, un débat y fait rage sur la réouverture des écoles, défendue par le président Donald Trump mais jugée dangereuse par ses adversaires du Parti démocrate.

"J'exhorte toutes les écoles à ouvrir et à proposer à leurs élèves des cours à plein temps", a déclaré dimanche sur CNN la ministre de l'Education Betsy DeVos. "Ils jouent avec la santé de nos enfants", a rétorqué la démocrate Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants.

- L'Amérique latine, deuxième région la plus touchée -

L'Amérique latine et les Caraïbes sont devenues lundi la deuxième région la plus touchée au monde par la pandémie, derrière l'Europe, avec plus de 144.000 décès officiellement recensés. Le Brésil est le pays le plus endeuillé de la région et dénombre à lui seul 72.100 décès. Elle dépasse ainsi les bilans des États-Unis et du Canada.

La pandémie a fait plus de 569.135 morts dans le monde depuis que le bureau de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre.

L'opposition canadienne réclame une enquête sur Justin Trudeau

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau avant une conférence de presse à Ottawa. (Reuters)

L'opposition conservatrice a réclamé une enquête policière pour savoir s'il y a eu fraude dans l'octroi par le Premier ministre canadien d'un contrat à une association caritative ayant versé de l'argent à des membres de sa famille.

"Il y a suffisamment de motifs pour que la police enquête dans cette affaire", a déclaré Michael Barrett, porte-parole du Parti conservateur en matière d'éthique. "Nous avons un contrat de près d'un milliard de dollars qui a été accordé sans appel d'offres par le Premier ministre", a affirmé M. Barrett lors d'un point de presse à Ottawa. "Et nous savons qu'il y a des bénéfices financiers importants qui ont été touchés par la famille du Premier ministre", a-t-il dit.

Margaret Trudeau, la mère du Premier ministre, a touché 250.000 dollars pour des discours prononcés lors d'événements organisés par l'association WE Charity entre 2016 et 2020, selon la chaîne CBC. Le frère de M. Trudeau, Alexandre, a reçu 32.000 dollars pour sa participation à huit événements. La chaîne CTV a également révélé que l'épouse du Premier ministre avait reçu 1.500 dollars pour un événement en 2012, avant que M. Trudeau devienne chef du Parti libéral.

Le Commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique, un officier indépendant du Parlement, a ouvert la semaine dernière une enquête sur le Premier ministre en lien avec le contrat de gestion d'un programme de bourses pour étudiants de 900 millions de dollars canadiens. Le Parti conservateur juge cette enquête insuffisante, compte tenu des révélations sur les sommes payées à la famille Trudeau.

"C'est beaucoup plus sérieux" qu'un "conflit d'intérêts", a déclaré Pierre Poilievre, porte-parole conservateur des finances, en demandant à la police fédérale d'examiner s'il y a eu "fraude contre le gouvernement".

Le Commissaire à l'éthique a déjà conclu deux fois que le Premier ministre avait enfreint la loi sur les conflits d'intérêts: en 2017, pour avoir accepté des vacances sur l'île privée de l'Aga Khan, et l'an dernier pour avoir tenté d'influencer une procédure judiciaire dans l'affaire SNC-Lavalin.

Le parlement vénézuélien rejette la suspension de la direction du parti de Guaido

Le président de l'Assemblée nationale et chef de l'opposition du Venezuela, Juan Guaido, lors d'une session parlementaire à Caracas, le 7 janvier 2020. (REUTERS/Fausto Torrealba)

Le Parlement vénézuélien, contrôlé par l'opposition, a estimé que la décision de la Cour suprême de suspendre la direction du parti du chef de l'opposition Juan Guaido, Voluntad Popular, était "nulle et non avenue". 

Mardi, la Cour suprême du Venezuela (TSJ), considérée comme acquise au camp du pouvoir, a suspendu toute la direction de cette formation politique et en a remis le contrôle à un des rivaux de Juan Guaido.

Au cours d'une séance par visioconférence jeudi, le Parlement a adopté une résolution pour "rejeter cette décision nulle et non avenue", accusant le TSJ d'être "au service des intérêt de la dictature de Nicolas Maduro".

Le 15 et 16 juin, le TSJ avait déjà pris des mesures similaires contre deux autres formations majeures de l'opposition, Accion Democratica (Action démocratique, social-démocrate) et Primero Justicia (Justice d'abord, centre).

Ces décisions interviennent à quelques mois des élections législatives du 6 décembre qui visent à renouveler le Parlement et que les grands partis anti-Maduro ont décidé de boycotter, dénonçant une "farce" électorale.

L'Assemblée nationale est actuellement présidée par Juan Guaido, qui considère comme illégitime la présence au pouvoir de Nicolas Maduro et s'est proclamé en janvier 2019 président par intérim du Venezuela.

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