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L'Algérien Belmadi va-t-il enfin incarner la stabilité ?

L'entraîneur de l'équipe de football algérienne Djamel Belmadi lors d'une conférence de presse à Sidi Moussa, le 18 août 2018

Djamel Belmadi est le 6e entraîneur de l'Algérie en à peine 4 ans. Nommé en août, il cherche à s'installer durablement aux manettes des Fennecs, qui affrontent le Bénin vendredi en qualifications de la CAN 2019.

"Il s'agit d'un match très important pour nous", a déclaré Djamel Belmadi avant la double confrontation contre le Bénin, vendredi à Blida (50 km au sud d'Alger) et le 16 octobre à Cotonou.

Et peut-être déjà pour lui. Son premier match en tant que sélectionneur des Fennecs, le 8 septembre en Gambie, lors de la 2e journée des qualifications à la CAN-2019, s'est soldé par un nul (1-1) peu glorieux.

L'Algérie n'a plus gagné un match depuis mars et son large succès en amical face à la faible Tanzanie (4-1), suivi de quatre défaites face à l'Iran (2-1), à l'Arabie Saoudite (2-0), au Cap-Vert (3-2) et au Portugal (3-0) qui ont coûté sa place au prédécesseur de Belmadi, l'ancien attaquant des Fennecs Rabah Madjer.

A part un match gagné sur tapis vert en novembre, la dernière victoire des Fennecs en compétition officielle remonte à juin 2017, face au Togo (1-0) pour la 1re journée des éliminatoires de la CAN-2019.

Depuis le départ de Vahid Halilhodzic à l'issue de l'élimination en huitièmes de finale du Mondial-2014, le meilleur parcours de leur histoire, l'Algérie a usé les sélectionneurs.

Le Français Christian Gourcuff a tenu vingt mois, le Serbe Milovan Rajevac puis le Belge George Leekens ne sont restés que trois mois, l'Espagnol Lucas Alcaraz six et Rabah Madjer huit.

Une instabilité qui nuit aux performances de l'équipe nationale, absente du Mondial-2018 en Russie, car incapable de gagner sur le terrain le moindre match de qualification (un match remporté sur tapis vert).

"Pas un kamikaze"

Joueur, Djamel Belmadi a disputé 20 matches avec les Fennecs entre 2000 et 2004. Même modeste, il peut se prévaloir d'une carrière d'entraîneur (sélection nationale du Qatar et club qatari Al-Duhail), là où son prédécesseur Madjer avait été critiqué pour son absence totale d'expérience à ce poste avant sa nomination à la tête de l'équipe nationale.

L'arrivée de Belmadi a été bien accueillie par les supporteurs et les commentateurs sportifs.

Désormais "les joueurs n'ont aucune excuse", a ainsi estimé le consultant de la chaîne sportive algérienne El Heddaf, Ali Bencheikh, autre ancien international algérien, ils "ont désormais un entraîneur qui les comprend et qui aime le beau jeu, qu'il pratiquait lui même sur les terrains".

"Belmadi a de l’expérience en tant que joueur et entraîneur, même si le Qatar n'est pas l'Afrique. C'est un compétiteur et un gagneur", a de son côté estimé l'ancien gardien de but de l'Algérie lors du Mondial espagnol en 1982, Mehdi Cerbah. Mais il "est condamné à obtenir des résultats" s'il veut rester.

Or, "ce dont a le plus besoin la sélection, c'est de stabilité. Aucun entraîneur ne peut réussir dans un système en proie au désordre", a expliqué à l'AFP, l'ex-sélectionneur des Espoirs algériens, Mourad Ouardi.

Le nouveau sélectionneur semble conscient de la difficulté de sa tâche, admettant lors de sa nomination avoir "mûrement réfléchi" avant d'accepter le poste.

"Je ne suis pas un kamikaze mais je ne suis pas un lâche non plus (...) et je n'ai pas accepté le poste avant d'être sûr de détenir toutes les armes pour accomplir ma mission", lâche Belmadi.

Premier objectif: qualifier l'Algérie pour la CAN-2019. "Puis je n'hésiterai pas à dire aux joueurs qu'il faut qu'on gagne cette Coupe", avance-t-il.

Avec AFP

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Le patron de l'armée rejette encore la transition réclamée par la contestation

Le patron de l'armée rejette encore la transition réclamée par la contestation
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Le patron de l'armée rejette encore la transition réclamée par la contestation

Ahmed Gaïd Salah à Alger le 1er juillet 2018.

Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée algérienne a encore rejeté lundi la mise en place d'institutions de transition, réclamée par le mouvement de contestation pour organiser la succession du président déchu Abdelaziz Bouteflika.

Samedi, une centaine d'organisations de la société civile ont proposé une transition de six mois à un an, dirigée par une instance présidentielle ou un personnalité consensuelle, avec un gouvernement chargé de gérer les affaires courantes et l'installation d'une commission indépendante chargée d'organiser la présidentielle devant élire un successeur à M. Bouteflika, qui a démissionné le 2 avril.

Devenu de facto l'homme fort du pays, le général Gaïd Salah, qui multiplie les déclarations publiques, a réitéré lundi "l'attachement résolu" de l'armée algérienne "aux solutions légales et constitutionnelles pour résoudre la crise que traverse l'Algérie".

"La priorité aujourd'hui consiste à accélérer l'élection d'un président de la République dans les délais possibles constitutionnellement et acceptables dans le temps", a-t-il poursuivi, rappelant que "ces délais ont atteint aujourd'hui leur limite". "Trouver ces voies qui mèneraient aux présidentielles ne peut se faire qu'à travers le dialogue", a-t-il souligné.

Le Conseil constitutionnel a récemment constaté "l'impossibilité", faute de candidats, d'organiser la présidentielle convoquée le 4 juillet par le chef de l'Etat par intérim, Abdelkader Bensalah et a chargé ce dernier d'organiser un nouveau scrutin.

Mais le mouvement de contestation inédit, qui agite l'Algérie depuis le 22 février et a contraint M. Bouteflika à démissionner après 20 ans au pouvoir, continue de refuser que ses fidèles toujours aux manettes organisent le scrutin devant élire son successeur et réclame leur départ, notamment celui de M. Bensalah et du général Gaïd Salah.

La Constitution prévoit que M. Bensalah assure l'intérim jusqu'au 9 juillet, délai à l'issue duquel il est censé remettre le pouvoir à un nouveau président élu. Mais les différents délais (convocation, candidatures, campagne...) prévus par la loi électorale rendent impossibles l'organisation d'un scrutin d'ici cette date.

Le général Gaïd Salah a également mis en garde le peuple contre ceux qui "continuent à faire montre d'une opposition fondée uniquement sur le dénigrement d'autrui ou la formulation de nouvelles revendications et de propositions guère adéquates (...) tendant sciemment à faire perdurer la crise".

"C'est au nouveau président seul que revient la tâche de traduire concrètement sur le terrain le programme détaillé et précis des réformes", a-t-il répété.

Le général Ghediri, ex-candidat à la présidentielle, sous les verrous

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L'ex-Premier ministre algérien Sellal écroué à son tour

L'ex-Premier ministre algérien Sellal écroué à son tour
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L'ex-Premier ministre algérien Sellal écroué à son tour

L'ancien Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal.

L'ancien Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal, un proche du président déchu Abdelaziz Bouteflika, a été écroué jeudi après son audition dans le cadre des enquêtes anticorruption, au lendemain de l'emprisonnement d'un autre ancien chef du gouvernement.

Depuis le début le 22 février d'un mouvement de contestation inédit qui a contraint M. Bouteflika à la démission le 2 avril, la justice a lancé plusieurs enquêtes et écroué de puissants hommes d'affaires, la plupart soupçonnés d'avoir profité de leurs liens avec l'ex-président ou son entourage pour obtenir des avantages ou des marchés publics.

M. Sellal est arrivé dans la matinée à la Cour suprême, seule juridiction compétente pour instruire les infractions qu'auraient commises dans l'exercice de leurs fonctions les membres du gouvernement, les walis (préfets) et de hauts magistrats.

Il a été entendu "dans des affaires concernant la dilapidation des deniers publics, d'abus de fonction et d'octroi d'indus privilèges" par un juge d'instruction qui a ensuite ordonné son placement en détention provisoire à la prison d'El Harrach, dans la banlieue d'Alger, selon l'agence de presse officielle APS.

Premier ministre de 2012 à 2017, M. Sellal fut également à quatre reprises le directeur de campagne de M. Bouteflika lors des présidentielles de 2004, 2009, 2014 et de celle du 18 avril 2019 qui a été annulée et au cours de laquelle M. Bouteflika entendait briguait un 5e mandat.

Cette perspective a déclenché la contestation toujours en cours. De nouvelles manifestations sont prévues vendredi.

- "Règlements de comptes" -

Mercredi, Ahmed Ouyahia, quatre fois chef du gouvernement entre 1999 et 2019, dont trois sous la présidence de M. Bouteflika, a été placé en détention préventive.

Il est poursuivi pour "octroi d'avantages injustifiés dans un contrat ou un marché public", "dilapidation de fonds publics", "abus de fonctions" et "conflit d'intérêt" portant atteinte aux procédures de passation des marchés publics, selon un communiqué de la Cour suprême.

Après les relais financiers, "la justice s'attaque maintenant à l'aile politique du clan Bouteflika", a expliqué à l'AFP Rachid Grim, enseignant en Sciences politiques à l'Institut supérieur de gestion et de planification (ISGP).

Mais les observateurs s'inquiètent d'une possible instrumentalisation de la justice, longtemps muselée, face à une corruption au grand jour.

"L'intérêt de ceux qui orientent les enquêtes est de plaire au peuple (...) Ils veulent convaincre le +hirak+ (mouvement) que les choses changent. Il y a aussi des règlements de comptes au sein du pouvoir", a précisé M. Grim.

La chaîne privée El Bilad a diffusé des images montrant une foule d'Algériens attendant le fourgon cellulaire de M. Sellal devant la prison d'El Harrach, où sont incarcérés M. Ouyahia et d'influents hommes d'affaires.

La veille, une foule avait accueilli le fourgon amenant M. Ouyahia en criant "Voleurs, vous avez pillé le pays!", un slogan de la contestation. Certains avaient bombardé le véhicule de yaourts, en référence à une petite phrase de l'ex-Premier ministre qui avait un jour expliqué, à propos d'une hausse des prix des produits laitiers, que les Algériens n'étaient pas obligés de manger des yaourts.

- Nombreux dossiers -

Plusieurs hauts responsables politiques, anciens ou en fonctions, ont été entendus dans des enquêtes sur des faits de corruption et le Parquet d'Alger a annoncé en mai avoir transmis à la Cour suprême les dossiers de MM. Ouyahia et Sellal, de huit anciens ministres et de deux anciens walis.

Selon les médias publics, ils sont visés dans le cadre des enquêtes ouvertes contre Ali Haddad, ancien patron des patrons, fondateur et PDG du n°1 privé des travaux publics en Algérie.

Présenté comme l'un des principaux contributeurs financiers des dernières campagnes présidentielles de M. Bouteflika, M. Haddad est soupçonné d'avoir usé de ses liens privilégiés avec l'entourage présidentiel pour obtenir de gigantesques marchés publics.

Figuraient également sur cette liste, Abdelghani Zaalane, ex-ministre des Travaux publics, et Amara Benyounes, plusieurs fois ministre.

Selon des médias privés et officiels, M. Benyounes, président du Mouvement populaire algérien, petit parti ayant soutenu M. Bouteflika, a été écroué lui aussi à la prison d'El Harrach après avoir été entendu jeudi par le juge d'instruction de la Cour suprême.

M. Zaalane, qui avait succédé brièvement à M. Sellal comme directeur de campagne de M. Bouteflika, a été inculpé mercredi des mêmes chefs que M. Ouyahia mais a été relâché sous contrôle judiciaire.

Le Parquet a de son côté transmis le 10 juin les dossiers de 11 responsables ou ex-responsables soupçonnés dans une affaire de corruption visant Mahieddine Tahkout, 56 ans, puissant homme d'affaires incarcéré, proche également de M. Bouteflika.

Avec AFP

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