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Madagascar

L'étudiante britannique qui a sauté d'un avion à Madagascar avait subi un échec déprimant

Antananarivo, 20 octobre 2018.

L'étudiante britannique morte après avoir sauté d'un avion en vol le mois dernier au-dessus de Madagascar avait connu des difficultés dans ses recherches dans l'île et traversait une dépression, selon les enquêteurs malgaches.

"Les parents avaient eu du mal à reconnaître leur fille dans leur dernière conversation téléphonique et lui avaient demandé de prendre le même avion que Mme Ruth Johnson, une Anglaise qui séjournait dans le même hôtel qu'elle, pour retourner en Angleterre", a indiqué mercredi soir le commandant Spinola Edvin Nomenjanahary, superviseur de l'enquête sur la mort d'Alana Cutland.

"Avant le départ, le 25 juillet, en allant la chercher dans sa chambre, Mme Ruth a retrouvé Alana assise sur une chaise, avec un regard perdu dans le vide", a-t-il ajouté.

Etudiante à l'université de Cambridge, elle était sortie en plein vol de l'avion, cinq minutes après le décollage du petit aéroport d'Anjajavy. Le pilote et Mme Johnson, qui avait pris le même petit appareil, avaient tenté en vain de l'empêcher de sauter dans le vide.

Le corps de l'étudiante qui était âgée de 19 ans a été transféré jeudi à Antananarivo, deux jours après sa découverte à l'issue de deux semaines de recherches dans la forêt de Mahadrodroka, dans le nord-ouest de l'île. Sa dépouille a été transportée à la morgue de l'hôpital HJRA, le plus grand de Madagascar, en présence de la presse et du colonel D'y La Paix Ralaivaonary, commandant de la gendarmerie de la province de Majunga, où s'est produit le drame.

Sa famille avait précisé le mois dernier dans un communiqué qu'Alana devait poursuivre ses études de sciences naturelles dans le cadre d'un stage à Madagascar. Elle n'a fourni aucune explication du geste de la jeune fille qu'elle décrivait comme curieuse et enthousiaste.

Mais, selon un autre enquêteur, cette dernière était déprimée et n'aurait pas voulu rentrer. "Elle a fait des recherches sur les petits crabes et elle a fait une dépression après constat de l'échec de ses recherches", a indiqué jeudi à la presse le colonel Ralaivaonary.

"Elle a eu une déception et a accepté à contre-coeur de rentrer chez elle", a avancé l'officier. "La recherche (qu'avait entreprise Alana) devait durer six semaines. Mais en dix jours de recherches ses parents ont décidé de la ramener après constat de l'échec de la recherche", a-t-il ajouté. "Elle a sauté, personne ne l'a poussée", selon la reconstitution des faits, a-t-il conclu.

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Jour 2 : les leaders africains devant l'Assemblée générale de l'ONU

Le président centrafricain Faustin Archange Touadera à New York, le 25 septembre 2019.

Les présidents de la Centrafrique, de la Mauritanie, de la Guinée, du Tchad, du Mali se sont exprimés devant l'Assemblée générale de l'ONU lors de la deuxième journée. VOA Afrique donne les points saillants de leurs discours.

  • Centrafrique

Le président de la Centrafrique, Faustin Archange Touadera, a ouvert la série des discours africains lors de cette deuxième journée de l'Assemblée générale. Il a rappelé la situation en République centrafricaine, caractérisée par de multiples problèmes de sécurité. "La circulation d'armes menace nos pays", a-t-il déclaré.

"La RCA soutient la résolution pour le désarmement sur notre planète", a-t-il poursuivi.

Le président Touadera a souligné la nécessité d'un système d'éducation approprié pour "contrer l'extrémisme".

  • Mauritanie
Le président de la Mauritanie, Mohamed Ould Ghazouani, le 25 septembre 2019.
Le président de la Mauritanie, Mohamed Ould Ghazouani, le 25 septembre 2019.

De son côté, le président de la Mauritanie, Mohamed Ould Ghazouani, s'est focalisé sur les "énergies renouvelables" dans son pays, citant l'exemple de l'énergie solaire.

"Avec d'autres Etats du Sahel, nous avons lancé un acte vert pour contrer la désertification", a dit le président Ghazouani. "Nous avons rationalisé notre utilisation des ressources maritimes".

"Dans la cadre de la lutte contre la pauvreté, de nombreux projets sont lancés pour améliorer l'accès à l'électricité, à l'eau, et à l'éducation", a-t-il déclaré.

Il a également mentionné l'accueil des réfugiés en provenance du Mali, "près de 50.000 personnes", fuyant les violences terroristes.

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Alpha Condé, président de la Guinée, a rappelé les bienfaits d'un monde meilleur. "Un monde plus juste et solidaire a toujours fait partie de mes rêves". Il est ensuite revenu sur "les moments difficiles" de sa présidence, rappelant la période "des caisses vides" pour faire face à ses dépenses domestiques.

Il a ensuite largement parlé de la place des femmes en Guinée, et des projets mis en place, comme les micro crédits, pour promouvoir l'entrepreunariat des femmes.

"Lorsque l'Afrique parle d'une voix, elle gagne", a déclaré le président guinéen, rappelant que la majorité d'Africains n'ont pas accès à l'électricité. "Quand l'Afrique gagne, le monde gagne, car l'Afrique est le futur du monde", a-t-il conclu.

  • Tchad
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Le président tchadien Idriss Déby s'est exprimé mercredi au lieu de jeudi. Il a déclaré que "le Tchad croît fermement aux idéaux de paix, de justice et d'égalité souveraine incarnés par l'ONU".

"La question de la pauvreté est directement liée aux conflits, et au changement climatique", a-t-il dit. "C'est une lutte collective pour lutter contre la pauvreté".

"La question liée à la dérégulation climatique doit nous préoccuper au premier chef. Face à cette grave menace, le Tchad réitère son vibrant appel à une réduction des émissions de gaz à effet de serre et au renforcement de la résilience pour fairce face aux changements climatiques", a-t-il déclaré.

"L'absence de résultats tangibles après des engagements pris, dans le cadre de l'accord de Paris sur le climat, les conséquences se font sentir en Afrique, et surtout au Sahel", souligne-t-il.

Il rappelle que le changement climatique a de graves conséquences dans la région: risque sanitaire, déplacements internes et "les gens qui ne trouvent pas d'emploi et tombent dans les groupes terroristes".

Pour contenir la menace terroriste au Sahel, M. Déby a appelé à des soutiens financiers au G5 Sahel. "Il faut une coordination plus poussée et plus adaptée avec les forces internationales comme la Minusma et Barkhane".

Il a ensuite appelé la communauté internationale à stopper la crise libyenne, qui selon lui, a des "conséquences incalculables sur la région Sahel". "Dans cette guerre, il n'y aura ni vainqueur, ni vaincu, mais que des perdants", a-t-il souligné, appelant au dialogue et à la tenue des élections crédibles.

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Le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, s'est exprimé à 19h30, heure américaine. Il a commencé à souligner la présence de la communauté internationale au Mali, qui fait face à une insurgence terroriste dans une grande partie du pays.

Il a longuement résumé tous les projets créés pour la "réconciliation nationale" au Mali. "20 millions de dollars américains ont été utilisés pour les situations urgentes à Kidal", et d'autres villes du Nord, a-t-il rappelé.

"Le tout sécuritaire ne serait apporter une paix durable", a-t-il prévenu.

Face aux changements climatique, le président du Mali à décrire les projets pour contrer la désertification, réitère sa position pour le respect de l'accord climat de Paris. Il a aussi parlé des jeunes. "La jeunesse est la priorité de mon mandat", et les femmes notamment, qui ont besoin de l'aide pour trouver de l'emploie.

Appuyant l'appel de son homologue du Tchad, Ibrahim Boubacar Keita a rappelé combien le conflit en Libye, a impacté directement le Mali.

Le président a conclu son discours en faisant appel à la "fraternité" de la communauté internationale pour faire face aux défis du moment.

Le Pape François à Madagascar

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Le cri d'alarme du pape contre la déforestation et la corruption à Madagascar

Le pape François salue les jeunes du diocèse Androhibe Soamandrakizay, à Antananarivo, à Madagascar.

Le pape François a poussé samedi un cri d'alarme face à "la déforestation excessive" de l'île de Madagascar qu'il visite, en suggérant à ses autorités de créer des emplois respectueux de l'environnement pour sortir la population d'une précarité parfois "inhumaine".

Dès son premier discours sur le territoire malgache, un des pays les plus pauvres au monde, le souverain pontife est entré dans le vif du sujet en encourageant ses responsables politiques, civils et religieux à lutter contre "la corruption et la spéculation qui augmentent la disparité sociale".

Il faut "affronter les situations de grande précarité et d'exclusion qui produisent toujours des conditions de pauvreté inhumaine", a prôné François.

Très sensible à la préservation de la planète qu'il qualifie de "maison commune", le pape s'est montré particulièrement préoccupé par "la déforestation excessive au profit de quelques-uns" qui sévit sur la Grande île.

Feux de forêts, braconnage, coupe effrénée d'essences précieuses, exportations illégales de bois: les causes sont multiples, a énuméré le pape. Et pour lui, "cela compromet l'avenir du pays".

A Madagascar, cinquième plus grande île du monde (587.000 km2, 25 millions d'habitants), neuf personnes sur dix vivent avec moins de deux dollars par jour. Et les activités du bois "assurent parfois leur survie", a reconnu le souverain pontife.

Seule solution selon lui: "créer des emplois et des activités génératrices de revenus qui respectent l'environnement et aident les personnes à sortir de la pauvreté".

- 'Redresser le pays' -

"Environ 200.000 hectares par an de forêts sont perdus chaque année au Madagascar", estime Philip Boyle, l'ambassadeur britannique dans la grande île, qui a écouté le discours du pape. Certaines projections évoquent même "la disparition de la majorité de la forêt tropicale humide d'ici à 2040", ajoute-t-il, inquiet.

Le pape a symboliquement planté un baobab, juste devant le pavillon où il a prononcé son discours.

L'instabilité politique récente du pays n'a pas favorisé son développement économique, essentiellement fondé sur l'agriculture, dont l'exportation de la vanille et du cacao.

Le président Andry Rajoelina, qui avait renversé Marc Ravalomanana en 2009 et a dirigé une période de transition jusqu'en 2014, est revenu au pouvoir l'an dernier lors d'une présidentielle apaisée, promettant emplois et logements.

Depuis son indépendance de la France en 1960, les Malgaches "ont sombré dans le désespoir, ont perdu leur repères", a reconnu le chef de l'Etat devant le pape, en promettant de "redresser le pays" et d'être "attentif aux plus démunis".

Parlant des "ressources à foison" de l'île, il n'a toutefois pas évoqué la déforestation.

Interrogé par l'AFP sur le cri d'alarme du pape, le ministre de l'Environnement, Alexandre Georget, a dit que son pays était "prêt à relever le défi" pour "faire de Madagascar une île verte".

- Reboisement -

"La dégradation des forêts est en régression par rapport à 2018", a-t-il assuré. Le ministre a aussi évoqué une prochaine campagne de reboisement par, entre autres, "un bombardement aérien de graines d'arbres dans les zones à reboiser" et précisé que "40.000 hectares" avaient été replantés en six mois.

Le gouvernement, confronté aux feux de forêt et de savane allumés par des paysans, entend les sensibiliser contre cette pratique illégale.

"La corruption et les inégalités nous indignent !", a déclaré pour sa part devant le pape le cardinal Désiré Tsarahazana, président de la Conférence épiscopale de Madagascar.

"L'insécurité reste toujours très préoccupante", a-t-il aussi déploré lors d'une rencontre avec tout l'épiscopat, au cours de laquelle le pape a encore une fois fait "le constat de l'inégalité et de la corruption" à Madagascar.

Samedi soir, le pape ira à la rencontre des jeunes en participant avec 12.000 scouts catholiques malgaches à une veillée de prière.

Tafika Fanomezana, 39 ans, coordonnateur des volontaires aux foulards bleus qui aideront à assurer la sécurité du pape, espère "un grand changement de société après le passage du pape, surtout une réduction du chômage des jeunes". Plus de la moitié des jeunes ne trouvent aucun emploi, même bardés de diplômes.

L'un des temps forts de la visite du pape sera une grande messe dimanche, où sont attendues 800.000 personnes, encore en train samedi d'affluer vers la capitale, Antananarivo, parée de panneaux géants à l'effigie du pape.

Le pape François est arrivé à Antananarivo à Madagascar

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Le pape François chez les déshérités du Mozambique et de Madagascar

Le pape François, au Vatican, le 21 août 2019.

Le pape François part mercredi pour un voyage dans trois pays d'Afrique et de l'océan Indien - les très pauvres Mozambique et Madagascar, mais aussi l'île touristique de Maurice - où il plaidera pour la paix et la justice sociale.

En se rendant dans l'une des régions les plus déshéritées de la planète, frappée par les catastrophes sanitaires, le changement climatique et l'instabilité, Jorge Bergoglio, qui a côtoyé les bidonvilles d'Argentine, entend aussi tout simplement afficher sa proximité.

Le "pape des pauvres", qui effectuera du 4 au 10 septembre son deuxième voyage pontifical en Afrique subsaharienne, restera dans les capitales des trois pays du sud-est de l'Afrique.

Au risque de décevoir les Mozambicains vivant dans une grande précarité à Beira (centre), la deuxième ville du pays balayée en mars par le cyclone Idai, qui a fait 600 morts et des centaines de milliers de sans-abri. Six mois après, nombre de sinistrés manquent d'un toit et de nourriture.

"J'espérais que le pape viendrait fouler le sol de Beira", a confié à l'AFP Maria da Paz, une habitante catholique de 45 ans, consolée par la présence de certaines victimes auprès du pape à Maputo, la capitale, d'où "le pape nous embrassera tous".

"Même si je ne peux pas aller au-delà de la capitale, mon coeur vous rejoint et vous embrasse tous, avec une place spéciale pour ceux qui vivent dans la difficulté", lui a fait écho en portugais le pape dans un message vidéo aux Mozambicains.

"Note d'espoir"

Pour marquer la venue exceptionnelle du pape dans ce pays majoritairement chrétien, le gouvernement a malgré tout consacré environ 300.000 euros aux préparatifs, selon le ministre des Affaires étrangères, Jose Pacheco. Les réparations de la cathédrale de Maputo et de rues de la capitale vont bon train.

La visite intervient un mois après la signature d'un traité de paix historique entre le gouvernement et la Renamo, l'ex-rébellion devenue le principal parti d'opposition. La guerre civile meurtrière qui les a opposés a pris fin voici vingt-sept ans mais la Renamo n'a jamais totalement désarmé.

Dans son message vidéo, le pape, a appelé à un renforcement de "la réconciliation fraternelle au Mozambique et en Afrique, seule espérance pour une paix solide et durable".

"Le pape doit apporter une note d'espoir aux habitants, qui doivent relever la tête", a souhaité auprès de l'AFP l'évêque de Pemba (nord), Mgr Luiz Fernandes.

"Il s'exprimera sur les conflits, le besoin d'unir tout le monde, forces gouvernementales et société civile", spécule-t-il. "Il parlera certainement de partage des richesses, de justice sociale. Car il n'y a pas de paix sans justice sociale".

François pourrait aussi s'ériger contre le fanatisme. La province de cet évêque est secouée depuis deux ans par des attaques jihadistes qui ont fait plus de 300 morts.

Ferveur malgache

Le pape s'attardera le plus longtemps à Madagascar, un des pays les plus pauvres de la planète dont les trois quarts des habitants vivent avec moins de deux dollars par jour.

François, qui s'y exprimera notamment devant les ouvriers d'une carrière, est attendu avec impatience sur la Grande Ile, à majorité chrétienne, qui a déjà pavoisé les rues de la capitale.

"On a prévu 800.000 personnes pour assister à la grande messe célébrée par le pape", a précisé à l'AFP le révérend père Gabriel Randrianantenaina, secrétaire coordonnateur de la conférence épiscopale locale.

Un terrain de soixante hectares a été aménagé pour cette messe dans la partie nord de la capitale, où les forces de sécurité seront sur les dents car les bousculades lors de grands rassemblements publics ont déjà fait des morts dans le passé.

Le pape terminera son voyage par une visite-éclair à l'île Maurice, démocratie stable, à l'est de Madagascar. L'évêché entend l'accueillir comme "un pèlerin écologiste" et a commencé à planter en son honneur quelque 200.000 arbres.

Cette petite république majoritairement hindoue (52%), mais qui compte d'importantes minorités chrétienne (30% - principalement catholiques) et musulmane (18%), souhaite célébrer sa diversité culturelle et religieuse. "Ce ne sera pas une visite du pape catholique, mais au peuple mauricien dans toute sa diversité religieuse", a souligné le cardinal Maurice Piat, évêque de Port-Louis.

Jean Paul II avait visité ces trois pays voici une trentaine d'années.

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