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Moyen-Orient

L'énorme pari iranien de Trump, pourfendeur des "guerres sans fin"

Un homme exhibe la photo du général Qassem Soleimani, dirigeant des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique

A dix mois de la présidentielle, Donald Trump, grand pourfendeur des interventions militaires américaines au Moyen-Orient, a pris, avec l'élimination du général iranien Qassem Soleimani, la décision la plus risquée de son mandat.

L'attaque de drone ayant visé, à Bagdad, l'homme-clé de l'influence de Téhéran dans la région, marque un tournant aux répercussions imprévisibles. L'Irak dit redouter "une guerre dévastatrice", l'Iran a promis une vengeance "au bon moment et au bon endroit".

Si le président de la première puissance mondiale a souvent recours à une rhétorique guerrière, il avait jusqu'ici fait preuve de beaucoup de retenue au moment de passer à l'offensive, comme lors de l'annulation à la dernière minute de frappes aériennes contre la République islamique en juin 2019.

Trois ans après son arrivée au pouvoir, l'ancien homme d'affaires va, de fait, devoir gérer sa première crise majeure de politique étrangère, sur fond d'un procès en destitution au Sénat et d'une campagne électorale qui s'annonce très agressive.

"C'est une combinaison potentiellement terrifiante qui réclame des prises de décision prudentes, sages, et une main stable et ferme", souligne, sans cacher son inquiétude, Aaron David Miller, ancien diplomate et négociateur dans des administrations des deux bords.

Or les premières réactions du milliardaire républicain, qui revendique haut et fort un fonctionnement "à l'instinct", n'ont pas contribué à rassurer ceux qui s'inquiètent de sa navigation à vue sur les dossiers géopolitiques complexes.

Fidèle à son style de communication iconoclaste et provocateur, il s'est contenté jeudi soir, au moment de l'annonce de la mort de Soleimani, de tweeter l'image d'un drapeau américain - sans le moindre mot - en guise de première réaction.

Depuis son luxueux club de Mar-al-Lago, en Floride, où il est en vacances, il a poursuivi vendredi matin avec une phrase chargée d'ambiguïté: "L'Iran n'a jamais gagné une guerre, mais n'a jamais perdu une négociation".

Pour l'ex-diplomate américain Nicholas Burns, aujourd'hui professeur à Harvard, si le général iranien prévoyait effectivement de frapper des installations américaines, l'intervention de Washington était légitime. "Mais Trump a-t-il prévu les 15 coups suivants sur l'échiquier?", s'interroge-t-il, enclin à répondre par la négative.

- Retrait d'Irak? -

Toujours très attentif à sa base électorale et à ses promesses faites lors de sa campagne victorieuse de 2016, Donald Trump répète depuis son arrivé à la Maison Blanche qu'il veut sortir des "guerres sans fin" qui, estime-t-il, ont trop couté aux Etat-Unis, humainement comme financièrement.

Pour Richard Haass, président du Council on Foreign Relations (CFR), il serait "ironique, mais aussi tragique et dangereux", que le président qui voulait réduire l'emprunte des Etats-Unis au Moyen-Orient ait "enclenché une dynamique qui nous y entraînera encore davantage au moment où nous sommes confrontés à des défis face à la Chine, la Corée du Nord ou la Russie".

Si la plupart des ténors républicains du Congrès ont fait bloc et loué le "courage" du président, les démocrates ont clamé leur inquiétude.

"Un drapeau n'est pas une stratégie", a ironisé Samantha Power, ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU sous Barack Obama. "Trump est entouré de lèche-bottes (ayant viré tous ceux qui n'étaient pas d'accord avec lui) (...) Cela risque de mal tourner très rapidement".

Parmi les différentes hypothèses avancées par des analystes, celle d'un retrait intégral des troupes américaines d'Irak revient avec insistance. Donald Trump pourrait s'appuyer sur les menaces pesant sur les Américains et les déclarations de Bagdad pour justifier sa décision tout en menaçant de frapper de nouveau l'Iran à distance.

"Cela lui permettrait de faire un clin d'œil à sa base électorale en apparaissant comme ferme tout en procédant à un retrait", estime Colin Kahl, expert à l'université de Stanford et ancien conseiller de Barack Obama.

Reste la question des éventuelles motivations politiques du président américain au moment où il a donné le feu vert pour éliminer le puissant général iranien.

Ironie de l'histoire, c'est Donald Trump lui-même qui avait évoqué, il y a près d'une décennie, la tentation pour le locataire de la Maison Blanche de lancer un conflit avec Téhéran à l'approche d'une grande échéance électorale. Il l'avait fait en termes très critiques et ironiques en évoquant... Barack Obama.

"Afin d'être réélu, Barack Obama lancera une guerre avec l'Iran", tweetait-il en 2011, époque à laquelle il n'était pas encore entré en politique, mais ne manquait jamais une occasion d'attaquer le dirigeant démocrate.

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La Maison Blanche hôte des accords historiques israëlo-arabes

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Israël: Un système pour détruire les ballons explosifs lancés depuis Gaza

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Paris demande la suspension "définitive" du projet d'annexion de territoires palestiniens

Le président français Emmanuel Macron, à droite, serre la main du président palestinien Mahmoud Abbas lors d'une conférence de presse conjointe à l'Elysée après leurs entretiens à Paris, vendredi 22 décembre 2017. (AP Photo / François Mori, Piscine)

La France s'est félicitée lundi de l'accord de normalisation des relations entre Israël et Bahreïn mais a souligné qu'elle devait s'accompagner d'une suspension "définitive" du projet d'annexion de territoires palestiniens.

"La France se félicite de l'annonce de l'établissement de relations diplomatiques entre le Royaume de Bahreïn et Israël", a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

"La dynamique nouvelle dans laquelle s'inscrit cette annonce doit contribuer à la paix et à la stabilité régionales", a toutefois souligné Agnès von der Mühll.

"Il est pour cela nécessaire que la suspension de l'annexion des territoires palestiniens devienne une mesure définitive et que des négociations directes entre Israéliens et Palestiniens reprennent en vue de l'établissement de deux États viables dans le cadre du droit international et des paramètres agréés", a-t-elle ajouté.

Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi la normalisation des relations entre Bahreïn et Israël, après celle intervenue mi-août entre les Émirats arabes unis et l'État hébreu.

Les chefs de la diplomatie des deux monarchies du Golfe et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doivent signer mardi à Washington, en présence de Donald Trump, les accords établissant officiellement des relations diplomatiques entre Israël et les deux pays.

Les Palestiniens ont, de leur côté, appelé à des manifestations pour dénoncer des accords "honteux".

Aux yeux des Émirats, en échange de cet accord, Israël a accepté de "mettre fin à la poursuite de l'annexion des territoires palestiniens".

Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que si l'annexion de pans de la Cisjordanie occupée est "reportée", Israël n'y a "pas renoncé".

Mike Pompeo assiste à des pourparlers historiques sur l'Afghanistan au Qatar

Les délégués des talibans se saluent à l'entame des négociations avec le gouvernement afghan à Doha, au Qatar, le 12 septembre 2020. (Photo: REUTERS/Ibraheem al Omari)

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a assisté samedi à Doha, au Qatar, aux négociations de paix historiques entre le gouvernement d'Afghanistan et les talibans.

Ces discussions s'annoncent laborieuses en raison des profondes divergences entre les deux camps.

La cérémonie a été ouverte par le chef de la diplomatie du Qatar, cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, auquel a succédé le négociateur du gouvernement afghan, l'ancien chef de l'exécutif Abdullah Abdullah.

Celui-ci a appelé à un "cessez-le-feu humanitaire". "Notre pays se souviendra de ce jour comme de celui de la fin de la guerre et des souffrances de notre peuple", a-t-il espéré.

Une revendication soutenue par l'Union européenne, qui dans un communiqué a demandé un arrêt des combats "immédiat (...), national et inconditionnel", mais rapidement contredite par l'émissaire américain pour la paix en Afghanistan, l'ambassadeur Zalmay Khalilzad.

Les négociations "conduiront" à un cessez-le-feu, qui n'est pas un préambule des pourparlers, a-t-il rappelé lors d'une conférence de presse à Doha.

Une trêve ne suffit pas, les Afghans veulent une paix durable
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Ces négociations, retardées de six mois en raison de désaccords profonds sur un échange de prisonniers, interviennent au lendemain du 19e anniversaire des attentats du 11 septembre 2011, qui ont entraîné l'intervention internationale menée par les Etats-Unis ayant chassé les talibans du pouvoir en Afghanistan.

Les deux camps doivent trouver un moyen "de faire aller le pays de l'avant (...) et accéder aux demandes des Afghans: un pays réconcilié avec un gouvernement qui reflète une nation qui n'est pas en guerre", a déclaré vendredi M. Pompeo.

Les discussions se déroulent dans une salle de conférence de l'hôtel de luxe ayant accueilli en février la signature de l'accord historique entre Washington et les talibans, qui a ouvert la voie aux pourparlers. Ce texte avait entériné le départ des forces étrangères d'Afghanistan d'ici mi-2021 en échange de vagues garanties talibanes, dont la tenue de ce "dialogue interafghan".

Mike Pompeo se rendra à Doha pour les pourparlers sur l'Afghanistan

Le président Donald Trump à la Maison Blanche aux Etats-Unis le 4 septembre 2020.

Le président des Etats-Unis a annoncé jeudi que le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo se rendrait à Doha pour participer au début des pourparlers de paix sur l'Afghanistan.

Les discussions entre les talibans et Kaboul, retardées depuis plus de six mois, démarreront samedi au Qatar afin d'essayer de mettre un terme à près de 19 ans de conflit entre les deux parties en Afghanistan.

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