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RDC

Législatives partielles remportées par l'opposition dans l'est

Les agents électoraux improvisés comptent les votes après un vote symbolique le 30 décembre 2018 au Stade Kalinda de Beni, où le vote a été reporté aux élections générales en République démocratique du Congo.

Des élections législatives partielles ont été remportées à Beni et Butembo, dans l'est de la RDC, par les proches de Martin Fayulu et par les pro-Kabila à Yumbi, dans le sud-ouest, d'après les résultats provisoires publiés mardi par la commission électorale.

Sur les 14 sièges à la députation nationale dans la province du Nord-Kivu (Beni et Butembo) les regroupement membres de la coalition Lamuka - qui soutenait la candidature de M. Fayulu à la présidentielle - ont remporté 10 sièges contre 3 pour les proches de l'ancien président Joseph Kabila et un seul pour le camp du nouveau président Félix Tshisekedi.

Par contre dans la circonscription de Yumbi (province de Mai-Ndombe), théâtre d'un massacre mi-décembre, l'unique siège à la députation nationale a été remporté par un membre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD , parti de M. Kabila). De même pour la députation provinciale, le seul siège a été gagné par un membre du même parti.

Un délai de 8 jours est accordé aux candidats et regroupements politiques pour faire recours en cas de contestation.

Les élections générales (présidentielle et législatives) du 30 décembre avaient été reportées dans ces circonscriptions officiellement en raisons de l'épidémie d'Ebola et l'insécurité à Beni-Butembo, et un conflit communautaire qui venait de faire des centaines de morts mi-décembre à Yumbi.

Le vote n'a donc aucune incidence sur l'élection à la présidence de Félix Tshisekedi, proclamé vainqueur par la Commission électorale puis la Cour constitutionnelle en janvier, sous les critiques de M. Fayulu.

Par ailleurs, l'élection de ces 15 nouveaux députés ne pèsera pas non plus sur les rapports de force à l'Assemblée nationale où les partisans de l'ancien président Kabila disposent déjà de la majorité absolue.

L'élection de gouverneurs aura lieu mercredi dans 24 provinces sur 26. Ce scrutin sera organisé dans les provinces du Nord-Kivu et de Mai-Ndombe le 30 mai 2019, selon le calendrier publié mardi par la commission électorale.

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Un agent de santé congolais, vacciné contre la maladie à virus Ebola

Un agent de santé congolais, vacciné contre la maladie à virus Ebola
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Un an après la "transition", une coalition sous tension

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Ebola en RDC: infection d'un agent de santé vacciné

Les agents de santé à un point de passage non annoncé au journal officiel dans le village de Mirami, près du point de contrôle à la frontière de Mpondwe entre l'Ouganda et la République démocratique du Congo, le 14 juin 2019.

Un agent de santé congolais, pourtant vacciné contre la maladie à virus Ebola, a été contaminé par le virus de la fièvre hémorragique dans l'est de la République démocratique du Congo, ont indiqué mardi les autorités sanitaires.

L'agent de santé a été contaminé à Beni, l'un des épicentres de l'épidémie déclarée le 1er août 2018, selon le bulletin quotidien des autorités sanitaires.

Au total, 167 agents de santé ont contacté la maladie et 41 sont morts, ajoute cette source. Ebola a tué en tout 2.237 personnes depuis la déclaration de l'épidémie.

L'agent avait reçu une dose du premier vaccin utilisé depuis août 2018, le rVSV-ZEBOV fabriqué par le groupe américain Merck Sharp and Dohme.

"Il faut attendre 8 à 10 jours pour qu'il produise des anticorps pour être efficace", ont expliqué les autorités sanitaires, ajoutant qu'une contamination est possible pendant ce délai.

Quelque 270.138 personnes ont été vaccinées avec cette molécule. D'autres, au nombre de 6.317, ont été vaccinées avec un deuxième vaccin, introduit en octobre 2019 à titre préventif dans les zones où le virus est absent. Ce vaccin, produit par la firme Janssen Pharmaceuticals pour la société Johnson & Johnson, est administré en deux doses à 56 jours d'intervalle.

Outre l'agent de santé, un autre cas confirmé a été enregistré à Beni en date du 20 janvier.

"Ebola ne refait pas surface ici à Beni. Les cas que nous voyons ici à Beni sont importés de l'Ituri. Une fois le foyer en Ituri maîtrisé, il n'y aura plus de cas ici à Beni", a déclaré vendredi le responsable congolais de la riposte anti-Ebola, le docteur Jean-Jacques Muyembe.

Les activités de riposte contre la maladie sont régulièrement perturbées en raison de l'insécurité due à des violences armées en Ituri, où opèrent des groupes armés.

Trois personnes sont mortes fin novembre dans l'attaque d'équipes anti-Ebola dans cette région.

L'actuelle épidémie d'Ebola est la dixième sur le sol congolais depuis 1976 et la deuxième la plus grave de l'histoire après celle qui a fait quelque 11.000 morts en Afrique de l'Ouest en 2014.

Elle a été déclarée "urgence de santé publique de portée internationale" par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) fin juillet.

Tshisekedi menace de "virer" des ministres ou de dissoudre l'Assemblée

Le président Felix Antoine Tshilombo Tshisekedi devant l'ONU à New York, le 26 septembre 2019.

Le président congolais Félix Tshisekedi a menacé de "virer" des ministres, voire de dissoudre l'Assemblée nationale, si ses partenaires de la coalition fidèles à son prédécesseur Joseph Kabila sapaient son pouvoir en République démocratique du Congo.

"Le Congolais m'a confié une mission et je dois rendre compte à ce peuple. Et celui qui ne va pas suivre mes instructions et qui s'attachera aux instructions de sa famille politique, il sera viré", a déclaré le chef de l'Etat dimanche devant la diaspora congolaise à Londres.

Cet avertissement vise directement les ministres issus du Front commun pour le Congo (FCC, pro-Kabila), soit la majorité des 67 membres du gouvernement.

"Jusqu'à présent, je n'ai vu aucun ministre s'opposer à mes décisions. Mais certains ministres me disent qu'ils subissent des pressions", a-t-il ajouté dans un discours en lingala disponible sur le compte Twitter de la radio Top Congo.

"Je ne peux pas dissoudre l'Assemblée nationale tant qu'il n'y a pas crise", a-t-il ajouté. Mais en cas d'"obstruction", "je serai contraint, en fin de compte, de prendre la décision de dissoudre l'Assemblée nationale".

Le président a été investi il y a tout juste un an le 24 janvier 2019 en présence de son prédécesseur Joseph Kabila, première transition pacifique du pouvoir au Congo.

M. Kabila a gardé une vaste majorité au Parlement et à la tête de la plupart des 26 provinces. Les deux hommes gouvernent depuis en coalition sur la base de ces résultats officiels des élections du 30 décembre 2018.

Ce scénario est contesté par l'autre candidat de l'opposition Martin Fayulu qui revendique la victoire à l'élection présidentielle du 30 décembre 2018. Il accuse MM. Kabila et Tshisekedi d'avoir fabriqué les résultats avec la complicité de la commission électorale et de la Cour constitutionnelle.

M. Tshisekedi se trouve à Londres pour participer à un sommet sur l'investissement.

La peur d'une "balkanisation" enflamme les ressentiments contre le Rwanda

Les partisans de la coalition de l'opposition Lamuka

La peur d'une "balkanisation" de la République démocratique du Congo revient en force dans les discours, alimentée par des bruits insistants d'une intervention militaire du Rwanda à l'est, et les souvenirs d'un morcellement du pays il y a une vingtaine d'années.

La RDC est déjà "balkanisée à 70%" et l'actuel président Félix Tshisekedi poursuit l'oeuvre de son prédécesseur Joseph Kabila, a lancé cette semaine l'opposant et ex-candidat à la présidentielle Martin Fayulu.

Un de ses proches, l'ex-Premier ministre Adolphe Muzito, a même suggéré de "faire la guerre au Rwanda" pour ramener la paix dans l'est de la RDC.

Originaires de l'ouest, ces deux opposants soufflent sur les braises des conflits à l'est, où plusieurs événements fin 2019 ont ravivé le souvenir d'une division en trois du pays au début des années 2000.

Au premier rang figurent les rumeurs persistantes d'une présence militaire Rwandaise au côté de l'armée congolaise dans la traque de rebelles hutus ex-génocidaires dans les montagnes autour de Goma.

- 'forces spéciales rwandaises' -

"Selon plusieurs sources militaires, diplomatiques et de la société civile, des soldats des forces spéciales rwandaises" ont participé à une offensive fin novembre, selon le "Kivu security tracker" (baromètre sécuritaire) du Groupe des expert du Congo (GEC).

"L'armée rwandaise, qui semble régulièrement présente dans ces territoires, aurait également tués trois civils, confondus avec des rebelles hutus rwandais", ajoutent les experts.

L'opération contre les rebelles hutus du FDLR et ses groupes dissidents "est conduite par l'armée congolaise", a cependant assuré le ministre rwandais des Affaires régionales, Olivier Nduhungirehe, joint par l'AFP à Kigali.

"Mais si jamais ils demandent de l'assistance ou des renseignements, nous sommes heureux de les leur fournir", ajoute le ministre, tout en niant toute présence de soldats rwandais en RDC.

Par ailleurs, le massacre d'un total de 123 civils pour le seul mois de novembre dans le territoire de Beni a nourri la théorie d'un remplacement des populations dans cette zone près de l'Ouganda.

De nombreux survivants fuient ces massacres attribués au groupe armé d'origine ougandaise des forces démocratiques alliées (ADF).

L'archevêque de Kinshasa Fridolin Ambongo a estimé que les massacres de Beni "sont des actes réfléchis, planifiés", avec pour objectif "la balkanisation de notre pays".

"Cela se vérifie à travers le remplacement de la population déplacée par des populations généralement rwandophones ou ougandophones", a-t-il ajouté, une théorie déjà entendue par l'AFP dans la région de Beni.

Enfin, le président Félix Tshisekedi a réuni en octobre les Etat-majors de plusieurs pays à Goma pour tenter -en vain- de lutter à plusieurs contre l'insécurité dans l'est congolais (RDC, Rwanda, Ouganda, Burundi, Tanzanie).

Un projet mal vécu en RDC. Les fidèles à l'ex-président Joseph Kabila, ont critiqué "toute initiative visant à offrir le territoire national aux forces étrangères des pays voisins", redoutant "un règlement de comptes entre ces forces".

L'histoire récente explique ces réticences. La RDC a frôlé l'éclatement au cours des deux guerres du Congo de 1996 à 2003. Après avoir particiPé à la chute du maréchal Mobutu (mai 1997), les pays voisins sont restés actifs au Congo.

Entre 1998 et 2001, le Rwanda et ses alliés du RCD ont contrôlé le Kivu (est), l'Ouganda et le MLC de Jean-Pierre Bemba avaient la mainmise sur le nord et le nord-est, face à Kinshasa qui exerçait sa souveraineté sur le reste du pays avec le soutien de l'Angola et du Zimbabwe.

- contrôle des richesses -

Les armées régulières du Rwanda et de l'Ouganda se sont même livré à une "guerre des six jours" pour le contrôle des richesses à Kisangani dans le nord-est (diamant, or) en juin 2000.

Après les accords de paix du début des années 2000, des milices plus ou moins soutenues par Kigali (RCD, CNDP, M23) ont continué de défier Kinshasa.

"Tant que je suis à la tête de l'Etat, la balkanisation n'aura pas pas lieu", a déclaré le président Félix Tshisekedi vendredi en Conseil des ministres.

"Le Congo, dans ses frontières héritées de la colonisation, personne ne le conteste", a estimé la représentante des Nations unies en RDC Leïla Zerrougui en conférence de presse mecredi.

"Il n'y a personne, que ce soit dans la communauté internationale, que ce soit chez les voisins, qui ait des visées territoriales sur le Congo", a-t-elle ajouté. "Je n'ai jamais vu de Congolais qui disent : +On veut créer un Etat, on veut se séparer du Congo+".

Les mouvements séparatistes qui se battaient pour l'indépendance du Katanga minier dans les années 60 (Moïse Tshombe) et 70 (les Simbas) semblent appartenir aux livres d'histoire.

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