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RDC

Une longue crise politique émaillée de violences

Les bannières du chef de l'opposition en RDC, Felix Tshisekedi du parti UDF, et Vital Kamerhe du parti UNC, le 23 novembre 2018.

La République démocratique du Congo, où le candidat de l'opposition Félix Tshisekedi a été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle historique, est minée depuis plusieurs années par une crise politique.

Celle-ci s'est aggravée avec le maintien au pouvoir de Joseph Kabila après l'expiration de son deuxième et dernier mandat constitutionnel fin 2016.

- Elections controversées -

Joseph Kabila est investi président en janvier 2001, après l'assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila.

Le 29 octobre 2006, il est élu face à Jean-Pierre Bemba, du Mouvement de libération du Congo (MLC, opposition), lors des premières élections libres depuis l'indépendance, après un entre-deux-tours émaillé de violences.

En mars 2007, des combats entre l'armée et la garde rapprochée de Jean-Pierre Bemba font plus de 300 morts. Bemba quitte la RDC.

Le 28 novembre 2011, M. Kabila est réélu lors d'élections marquées par des violences et entachées d'irrégularités. L'opposant Etienne Tshisekedi rejette les résultats.

A partir de janvier 2015, des manifestations contre un possible maintien au pouvoir de Kabila après la fin de son dernier mandat fin 2016 font des dizaines de morts.

- Accord sous l'égide de l'épiscopat -

Le 31 décembre 2016, pouvoir et opposition signent un accord sous l'égide de l'épiscopat autorisant M. Kabila à rester jusqu'à "fin 2017", en contrepartie de la création d'un Conseil national de suivi de l'accord et la nomination d'un Premier ministre issu de l'opposition.

Le 7 avril 2017, Bruno Tshibala est nommé Premier ministre, poste que briguait Félix Tshisekedi, fils d'Étienne Tshisekedi décédé en février.

- Kabila au pouvoir jusqu'au début 2019 -

Le 5 novembre 2017, la Commission électorale annonce plusieurs scrutins, dont la présidentielle, pour le 23 décembre 2018. M. Kabila restera jusqu'en janvier 2019. L'opposition exige son départ dès fin 2017.

L'épiscopat déplore "l'usage disproportionné de la force" par la police, citant "au moins" 56 morts dans des manifestations entre avril et octobre 2017.

Fin 2017 et début 2018, plusieurs marches interdites de catholiques contre le maintien au pouvoir de Kabila sont réprimées et font plusieurs morts. La communauté internationale durcit le ton contre Kinshasa.

- Dauphin et opposition divisée -

Le 8 juin 2018, la Cour pénale internationale (CPI) acquitte en appel l'ancien chef de guerre Jean-Pierre Bemba, arrêté en 2008 et condamné en première instance à 18 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité en Centrafrique.

Le 8 août 2018, Kabila désigne l'ex-ministre de l'Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary comme son dauphin à la présidentielle, s'engageant "à quitter le pouvoir".

Le 19 septembre, la commission électorale publie la liste des 21 candidats à la présidentielle, excluant Jean-Pierre Bemba et l'opposant en exil Moïse Katumbi.

Le 11 novembre, sept ténors de l'opposition choisissent un candidat unique, Martin Fayulu. Le lendemain Félix Tshisekedi et le président de l'UNC Vital Kamerhe se retirent de l'accord. Kamerhe se rallie à Tshisekedi pour former "un ticket".

- Elections encore reportées -

Le 20 décembre, trois jours avant le scrutin, celui-ci est repoussé pour la troisième fois, au 30 décembre.

Le 26 décembre, les élections sont reportées en mars dans deux zones touchées par une épidémie d'Ebola et des tueries, Béni-Butembo (est) et Yumbi (ouest).

La veille du scrutin Martin Fayulu et Félix Tshisekedi refusent de signer un document rejetant toute violence, parce qu'il n'intégrait par leurs amendements en faveur de la transparence des opérations de vote et de dépouillement.

- Les résultats des élections tardent -

Le 31 décembre, au lendemain des élections, internet est suspendu. L'Eglise relève des anomalies dans le comptage des voix.

Le 2 janvier 2019, Kinshasa retire son accréditation à la correspondante de RFI et coupe le signal de cette radio très écoutée.

Les appels de la communauté internationale à respecter le choix des électeurs se multiplient.

Le 5 janvier, la publication des résultats provisoires, prévue le 6, est reportée.

Avec AFP

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Retour de Jean-Pierre Bemba à Kinshasa

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Bemba fait son second "come-back" à Kinshasa

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La CPI rend son jugement sur l'ex-chef de guerre Ntaganda le 8 juillet

L'ancien chef de guerre congolais Bosco Ntaganda, à droite, salue son avocat Stéphane Bourgon, à gauche, dans la salle d'audience de la Cour pénale internationale (CPI) lors des déclarations finales de son procès à La Haye, le 28 août 2018.

La Cour pénale internationale (CPI) rendra le 8 juillet son jugement sur l'ancien chef de guerre congolais Bosco Ntaganda, détenu à La Haye depuis 2013 pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Surnommé "Terminator", Bosco Ntaganda est accusé d'avoir recruté des enfants soldats et d'avoir commandité des meurtres, pillages et viols commis par ses troupes en 2002 et 2003 en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).

La Chambre de première instance rendra son jugement en l'affaire "lors d'une audience publique le 8 juillet 2019 à 10 heures (8 heures GMT) au siège de la Cour à La Haye", a annoncé lundi la CPI.

"Lors de l'audience, la Chambre de première instance annoncera si elle déclare l'accusé innocent ou coupable, au-delà de tout doute raisonnable, des charges portées à son encontre", a-t-elle précisé dans un communiqué.

Aujourd'hui âgé de 45 ans, l'ancien général redouté de l'armée congolaise doit répondre de 13 crimes de guerre et de cinq crimes contre l'humanité, pour lesquels il a plaidé non coupable en 2015.

Selon des ONG, plus de 60.000 personnes ont perdu la vie depuis l'éclatement en 1999 de violences sanglantes en Ituri, région instable et riche en minéraux.

Bosco Ntaganda a joué un rôle central dans la planification des opérations de l'Union des patriotes congolais et de son bras armé, les Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC), avait martelé en août l'accusation lors de la dernière phase de son procès, qui s'est ouvert en septembre 2015.

Né au Rwanda, où il a fait ses armes avec le Front patriotique rwandais (FPR), Ntaganda, issue d'une famille tutsie, général de l'armée congolaise de 2007 à 2012, avait la réputation d'être un leader charismatique avec un penchant pour les chapeaux de cow-boy et la gastronomie.

Fondée en 2002 pour juger des pires atrocités commises dans le monde, la CPI a subi une série de revers ces dernières années, avec l'acquittement de plusieurs suspects. Certains pays d'Afrique reprochent également à la Cour de principalement viser des suspects africains.

En mars 2012, la CPI avait condamné à 14 ans de prison Thomas Lubanga, ancien chef de M. Ntaganda dans les FPLC.

L’opposant Jean-Pierre Bemba a regagné Kinshasa

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Ebola en RDC: plus de 1.500 décès enregistrés

Les agents de santé à un point de passage non annoncé au journal officiel dans le village de Mirami, près du point de contrôle à la frontière de Mpondwe entre l'Ouganda et la République démocratique du Congo, le 14 juin 2019.

Le nombre de décès de la maladie à virus Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo a dépassé la barre de 1.500 décès en dix mois dans deux provinces où elle sévit.

"Depuis le début de l’épidémie, le cumul des cas est de 2.239, dont 2.145 confirmés et 94 probables. Au total, il y a eu 1.506 décès (1.412 confirmés et 94 probables) et 621 personnes guéries", selon le bulletin quotidien du ministère de la Santé daté de dimanche.

"276 cas suspects sont en cours d’investigation", indiquent les autorités alors que "13 nouveaux cas sont confirmés" et "140.915 personnes sont vaccinées".

Le premier décès en dehors des limites des provinces congolaises du Nord-Kivu (est) et de l'Ituri (nord-est) est celui d'un enfant de 5 ans décédé le 12 juin en Ouganda voisin et de son frère le lendemain.

La RDC et l'Ouganda ont engagé des discussions sur la finalisation d'un protocole d’accord "qui définira les procédures de collaboration sanitaire approfondie entre les deux pays", selon les autorités congolaises.

Ebola: impact sur le commerce à la frontière
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L'épidémie déclarée le 1er aout sur le sol congolais est la dixième en RDC depuis 1976, et la deuxième la plus grave dans l'histoire de la maladie après les quelque 11.000 morts enregistrés en Afrique de l'Ouest (Liberia, Guinée, Sierra Leone) en 2014.

La lutte contre cette épidémie déclarée dans une zone des conflits est rendue davantage difficile à cause des résistances communautaires face aux activités de ripostes organisées par les autorités et leurs partenaires.

Les Nations unies ont nommé le 23 mai un "coordinateur de l'intervention d'urgence" contre l'épidémie d'Ebola en RDC, pour entreprendre de nouveaux efforts dans la riposte.

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