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Kim Jong Un évoque pour la première fois officiellement un "dialogue" avec Washington

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un salue les participants au défilé de la place Kim Il Sung le mardi 10 mai 2016 à Pyongyang, en Corée du Nord. (Photo AP / Wong Maye-E)

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a évoqué pour la première fois publiquement, lors d'une réunion du parti au pouvoir à Pyongyang, un "dialogue" avec les États-Unis, alors que se prépare un sommet historique avec Aldol Trump.

Le chef de la Maison Blanche a accepté le mois dernier la tenue d'une rencontre avec le Nord, qui serait la première de l'Histoire entre un président américain en fonction et un leader nord-coréen. Mais ni la date ni le lieu de ce sommet n'ont été arrêtés.

Lors d'une réunion de hauts responsables du Parti des travailleurs, lundi, M. Kim a discuté du "développement actuel des relations Nord-Sud et de la perspective du dialogue entre les États-Unis et la RPDC" (acronyme officiel de la Corée du nord), a rapporté l'agence officielle nord-coréenne KCNA.

Il a présenté un rapport "sur la situation dans la péninsule coréenne" et notamment l'autre sommet, prévu à la fin du mois avec la Corée du Sud, selon KCNA.

>> Lire aussi : Trump évoque une rencontre avec Kim Jong Un "en mai ou début juin"

Après deux années de montée des tensions liées aux programmes nucléaire et balistique nord-coréens, la péninsule est depuis le début de l'année le théâtre d'une remarquable détente que doit illustrer la tenue le 27 avril d'un sommet exceptionnel entre M. Kim et le président sud-coréen Moon Jae-in.

M. Trump avait annoncé le mois dernier qu'il acceptait le principe d'un sommet avec M. Kim pour discuter de la dénucléarisation. Mais Pyongyang ne s'était jamais exprimé publiquement sur une telle rencontre, depuis que l'invitation de M. Kim avait été transmise à M. Trump par des responsables sud-coréens.

- "En mai ou début juin" -

Certaines sources laissaient entendre que les semaines de silence nord-coréen sur le sujet suscitaient la nervosité de responsables américains redoutant que les émissaires sud-coréens aient surestimé la volonté réelle du Nord de négocier son arsenal nucléaire.

Les propos de M. Kim rapportés lundi viennent rompre ce silence, même s'il n'a pas spécifiquement parlé du "sommet" avec le président américain.

>> Lire aussi : Pourparlers entre les deux Corées pour préparer le sommet du 27 avril

Devant la presse lundi, Donald Trump a annoncé, lui, que cette rencontre historique aurait lieu "en mai ou début juin".

"Je pense qu'il y aura un grand respect mutuel et nous espérons qu'il y aura un accord sur la dénucléarisation" lors de cette rencontre, a dit M. Trump.

"Nous espérons que la (nouvelle) relation sera très différente de ce qu'elle a été pendant beaucoup, beaucoup d'années", a ajouté le président américain.

Dimanche, le Wall Street Journal avait rapporté que la Corée du Nord avait confirmé directement auprès des États-Unis qu'elle était prête à négocier sur la dénucléarisation.

Dans les stations de métro de Pyongyang, de nombreux usagers étaient massés mardi matin autour des kiosques pour lire en "une" du Rodong Sinmun, l'organe officiel du parti, la dépêche de KCNA illustrée d'une photo de M. Kim présidant la réunion du politburo.

>> Lire aussi : La Chine salue les "efforts importants" de la Corée du Nord

A la veille de l'ouverture de la session annuelle de l'Assemblée populaire suprême, le "Parlement" nord-coréen, l'inhabituelle couverture fournie de la réunion de lundi pourrait témoigner d'un désir de Kim Jong Un de projeter à l'étranger l'image d'un système politique "normal", selon un expert.

"Kim Jong Un est passé d'un système d'État d'urgence dominé par l'armée à un système normal dominé par le parti", observe Yang Moo-jin, professeur à l'Université des études nord-coréennes.

"La Corée du Nord aspire à améliorer ses relations avec le Sud et les États-Unis pour cesser d'être un État paria."

L'amélioration des relations sur la péninsule, après deux années marquées par trois essais nucléaires nord-coréens et des dizaines de tests de missiles balistiques, a été favorisée par les jeux Olympiques de Pyeongchang auxquels le Nord a finalement participé.

Depuis lors, Kim Jong Un a fait ses grands débuts diplomatiques avec une visite surprise à Pékin, son premier déplacement officiel à l'étranger depuis son arrivée au pouvoir fin 2011.

>> Lire aussi : Trump rencontre Abe le 17-18 avril pour parler de la Corée du Nord

Le chef de la diplomatie nord-coréenne, Ri Yong Ho, est arrivé lundi à Moscou où il doit être reçu par son homologue russe Sergueï Lavrov. M. Ri s'est également rendu le mois dernier en Suède, qui joue le rôle d'intermédiaire entre Washington et Pyongyang.

Beaucoup d'experts s'interrogent sur les chances de succès d'un éventuel sommet entre MM. Trump et Kim, deux dirigeants imprévisibles.

D'autant que la rencontre aurait lieu sans les mois de travaux préparatoires qui interviennent généralement avant ce type de sommet.

Avec AFP

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Xi Jinping, allié et rival, en visite d'Etat en France

Le président français Emmanuel Macron, son épouse Brigitte, le président chinois Xi Jinping, et son épouse Peng Liyuan posent devant la porte de la villa Kerylos avant un dîner le 24 mars 2019 à Beaulieu-sur-Mer, près de Nice.(Photo de JEAN-PAUL PELISSIER / POOL / AFP)

Le président chinois Xi Jinping est en France pour une visite d’Etat de trois jours sur fond d’inquiétudes grandissantes sur les investissements tous azimuts de Pékin qui poussent Paris, Berlin et Bruxelles à tenter de mettre en place une stratégie commune européenne face à cet allié “stratégique”.

Au lendemain de la signature d’un protocole d’accord entre Rome et Pékin sur les “nouvelles routes de la soie” mettant à mal cette unité européenne, le dirigeant de la deuxième puissance économique mondiale a été accueilli dimanche par Emmanuel Macron à Beaulieu-sur-Mer (Alpes-Maritimes).

Après une séance de travail à l’Elysée et un dîner d’Etat lundi, une réunion se tiendra mardi au palais présidentiel avec le chef de l’Etat français, le président chinois, la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

“On a laissé faire une stratégie de concurrence interne et de division qu’il faut maintenant surmonter”, souligne-t-on à l’Elysée pour expliquer la tenue de cette réunion, inédite dans ce format. “Le temps de la concurrence interne entre Européens doit s’achever, c’est ce changement de logiciel qui est aujourd’hui à l’oeuvre”.

Le chemin vers une coordination européenne s’annonce toutefois difficile.

Certes, Paris, Berlin et Bruxelles affichent une détermination sans faille. Certes, les dirigeants européens ont durci le ton lors du Conseil européen vendredi à Bruxelles où la Chine est désormais qualifiée de “rival systémique”. Et l’UE est échaudée par la lenteur de l’ouverture de l’économie chinoise et la multiplication d’acquisitions chinoises dans des secteurs stratégiques européens.

PARTITION EN SOLO DE L’ITALIE

Mais dans les faits, les pays européens continuent d’agir en ordre dispersé, comme en témoignent les décisions unilatérales prises tant sur les questions des télécoms que sur celle relative aux “nouvelles routes de la soie”.

Lancé en 2013 par le président Xi Jinping et connu en Chine sous le nom de “Belt and Road initiative” (BRI), ce projet est un vaste plan de développement des liens terrestres et maritimes entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe.

Plusieurs pays de l’UE, dont la Croatie, la Hongrie, la Grèce, la Pologne et le Portugal, ont d’ores et déjà conclu des protocoles d’accord avec Pékin dans le cadre de cette initiative, rejointe par Rome, et à laquelle Paris, Berlin et Londres refusent d’adhérer sans garanties de “réciprocité”.

Sur la question de Huawei, l’équipementier télécoms chinois soupçonné par des pays occidentaux d’être utilisé par Pékin à des fins d’espionnages, la coordination européenne peine également à se concrétiser. Monaco, où Xi Jinping sera dimanche, a signé un partenariat avec Huawei en septembre dernier.

“Chaque Etat souverain a fait ses choix plus ou moins rapidement”, commente-t-on diplomatiquement à Paris, où les arbitrages sur Huawei n’ont pas encore été rendus.

BILAN BILATÉRAL “SATISFAISANT”

Sur le plan bilatéral, un an après la feuille de route actée en janvier 2018 lors de la visite d’Emmanuel Macron à Pékin, Paris évoque un “bilan satisfaisant”, citant entre autres la mise en service de l’EPR de Taishan, le lancement d’un satellite franco-chinois et la levée de l’embargo sur le boeuf français.

Lundi, lors de la visite de Xi Jinping qui intervient au moment symbolique du 55e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre Paris et Pékin, “il y aura des contrats”, a-t-on indiqué à l’Elysée sans plus de précisions.

La semaine dernière, une source à la présidence française avait fait état de “signaux positifs” concernant la finalisation prochaine d’un contrat portant sur une commande de 184 Airbus A320, qui représenterait un montant de plus de 18 milliards de dollars.

“La Chine, c’est pour nous à la fois un défi et un partenaire”, a souligné mercredi le chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian. “Nous devons être très vigilants sur les actions que peut entreprendre la Chine en essayant d’aspirer à elle nos propres technologies”.

Autre point qui sera abordé lors de cette visite, la question des droits de l’Homme et de la situation des Ouighours, minorité musulmane et turcophone persécutée selon les ONG.

Interpellée par Human Rights Watch en amont de cette visite, la présidence française a indiqué qu’il s’agissait d’un “grand sujet de préoccupation” et assuré que la question des droits de l’Homme serait “comme toujours” abordée, “dans le respect et la franchise”.

Avec Reuters

Nouvelle-Zélande: enquête nationale officielle sur le massacre des mosquées

La première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, près de la mosquée Al-Noor, à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le 22 mars 2019. REUTERS / Jorge Silva TPX - IMAGES DU JOUR

La Première ministre de Nouvelle-Zélande Jacinda Ardern a ordonné lundi une enquête nationale officielle sur les attaques contre les mosquées de Christchurch afin d'établir si la police et le renseignement auraient pu empêcher le carnage.

Cette Commission royale, soit l'enquête judiciaire aux pouvoirs les plus étendus de Nouvelle-Zélande, doit déterminer comment un seul tueur a pu abattre 50 fidèles le 15 mars, une attaque qui a ébranlé le monde entier, a-t-elle déclaré.

"Il est important que rien ne soit laissé au hasard pour déterminer comment cet acte de terrorisme s'est produit et comment nous aurions pu l'empêcher", a dit Mme Ardern à la presse.

Les services de renseignement et de police se sont retrouvés au centre de critiques dans la foulée de l'attaque, certains leur reprochant de s'être trop focalisés sur les menaces islamistes.

Les victimes à Christchurch étaient toutes musulmanes, et le tueur est un suprémaciste blanc convaincu que les musulmans "envahissent" les pays occidentaux.

"Une question à laquelle nous devons répondre c'est de savoir si oui ou non nous aurions dû en savoir plus", a déclaré Mme Ardern. "La Nouvelle-Zélande n'est pas un Etat de surveillance (...) mais il y a des questions qui attendent des réponses".

La Première ministre a exclu le retour de la peine de mort pour le suspect, un extrémiste australien de 28 ans. Brentan Tarrant a été arrêté quelques minutes après les attaques et a été pour l'heure inculpé d'un chef de meurtre.

Des détails concernant cette enquête doivent encore être précisés mais celle-ci sera exhaustive et rendra ses conclusions dans un délai raisonnable, a-t-elle ajouté.

Avec AFP

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