Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Asie

Kim Jong Un en Russie pour rallumer la flamme d'une amitié ancienne

Le leader nord-coréen Kim Jong Un discusse avec Ri Pyong Chol, un des des programmes balistiques nord-coréens. à gauche, dans cette photo non datée publiée par l'Agence de presse coréenne du Nord (KCNA) le 15 mai 2017.

En allant cette semaine en Russie rencontré le président Vladimir Poutine, Kim Jong Un entend renouer avec un allié historique afin de ne pas dépendre exclusivement de Pékin, au moment où la diplomatie s'enlise avec Washington.

Peu de détails ont filtré sur ce sommet, qui est le premier à ce niveau depuis la rencontre il y a huit ans entre Kim Jong Il, le père du dirigeant actuel, et l'ex-président russe Dmitri Medvedev.

M. Kim doit rencontrer M. Poutine à Vladivostok -possiblement mercredi et jeudi- deux mois après le fiasco du second sommet, à Hanoï, entre le dirigeant nord-coréen et le président américain Donald Trump, alors que les discussions sur la dénucléarisation sont au point mort.

Voilà plusieurs décennies que les relations entre la Corée du Nord et la Russie ont perdues de leur éclat. Et on en oublierait presque que ce fut Moscou qui installa dans les années 1940 à la tête du régime nord-coréen Kim Il Sung, grand-père de Kim Jong Un.

Pourtant, à Pyongyang, le souvenir de cette amitié perdure.

C'est à deux pas de la colline de Mansu, qui est dominée par les deux statues géantes de Kim Il Sung et Kim Jong Il, que l'on trouve dans la capitale nord-coréenne un des témoignages de propagande les plus forts de cette relation.

Là, trône la Tour de la libération, un obélisque de pierre surmontée d'une étoile. A sa base, un drapeau soviétique en bronze et un panneau montrant Coréens et Soviétiques combattant ensemble les Japonais.

- Histoire sélective -

Une inscription proclame que "la grande armée de l'Union soviétique" a "libéré les Coréens de l'oppression japonaise" et que son "héroïsme illuminera 10.000 générations et plus".

En réalité, l'URSS, qui avait signé un pacte de neutralité avec Tokyo en 1941, ne déclara la guerre au Japon que le 8 août 1945, soit après le bombardement nucléaire américain de Hiroshima.

L'histoire officielle nord-coréenne -très sélective- ne donne presque aucun crédit aux Etats-Unis pour la fin de 45 années de colonisation japonaise. Au contraire, le régime attribue à Washington la partition de la Corée, faisant abstraction d'un accord en ce sens entre les Etats-Unis et l'URSS.

Mais ce furent bien les Soviétiques qui installèrent à la tête du Nord Kim Il Sung, un Coréen qui avait combattu les forces japonaises dans la Chine occupée avant de se réfugier en URSS. Et c'est dans un village russe des rives de l'Amour que serait né Kim Jong Il, et non, comme le disent les livres d'histoire nord-coréens, sur le Mont Paektu, une montagne sacrée pour les Coréens.

Pendant la Guerre froide, Moscou demeura un soutien important de Pyongyang. Le russe était obligatoire à l'école et Kim Jong Il, dit-on, le parlait couramment.

Cet héritage pourrait aider MM. Kim et Poutine, estime le chercheur Ahn Chan-il, un transfuge du Nord.

"Kim Jong Un a toujours eu pour modèle son grand père, et non son père", explique-t-il.

"Beaucoup pensent qu'il a une vision enjolivée de ce que fut la relation avec l'Union soviétique, essentiellement en raison de la haute idée qu'il a de son grand-père."

L'URSS réduisit dans les années 1980 son aide au Nord à mesure qu'elle se rapprochait de Séoul. Puis Pyongyang prit de plein fouet la chute de l'Union soviétique.

- Jouer un allié contre l'autre -

Pékin a profité de ce vide pour devenir le plus proche allié et le premier partenaire commercial du Nord.

Pour preuve, M. Kim a rencontré quatre fois en un an le président chinois Xi Jinping. Il pourrait désormais chercher à rééquilibrer les choses avec Moscou, estiment des experts, et contrebalancer ainsi la dépendance vis-à-vis de Pékin.

Moscou a déjà demandé un allègement des sanctions internationales pesant sur le Nord. De leur côté, les Etats-Unis accusent la Russie d'aider Pyongyang à contourner ces sanctions, ce que nie Moscou.

Après Hanoi, l'ambassadeur de Russie en Corée du Nord Alexandre Matsegora avait estimé auprès de l'AFP que Pyongyang semblait déçu.

Au temps de la Guerre froide, Kim Il Sung était passé maître dans l'art d'exploiter la rivalité sino-soviétique.

"Cela fait partie de l'idéologie d'auto-suffisance du Nord, ne pas dépendre d'un seul allié", explique Jeong Young-tae, de l'Institut des études nord-coréennes de Séoul.

"Pyongyang compte des diplomates en poste depuis des décennies. Il savent jouer le coup pour monter les alliés de la Corée du Nord les uns contre les autres."

Toutes les actualités

Le diplomate Milan Meetarbhan décortique la victoire de Narendra Modi en Inde

Le diplomate Milan Meetarbhan décortique la victoire de Narendra Modi en Inde
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:14 0:00

En Inde, verdict attendu pour le plus grand vote de l'Histoire

Le Premier ministre indien Narendra Modi, saluant ses partisans lors d'un meeting de campagne à New Delhi, le 8 mai 2019.

Polarisée comme rarement dans son histoire, l'Inde reconduira-t-elle à sa tête le nationaliste hindou Narendra Modi ? Après six semaines de vote et une campagne agressive, les urnes révèlent jeudi les résultats des plus grandes élections jamais organisées.

Des stars de Bollywood aux modestes vendeurs de rue, des agriculteurs de la plaine du Gange aux magnats milliardaires, 67% des 900 millions d'électeurs indiens ont exprimé leur voix pour ces 17e législatives depuis l'indépendance du géant d'Asie du Sud, un niveau de participation normal.

Appelée à élire ses députés lors de sept gigantesques phases réparties sur avril et mai, la démocratie la plus peuplée du globe attend, entre excitation et inquiétude, de découvrir la couleur politique de son gouvernement pour les cinq prochaines années.

Les marchés financiers indiens parient eux que ce sera à nouveau le safran des nationalistes hindous. La Bourse de Bombay a bondi en début de semaine sur la foi de sondages sortie des urnes, notoirement peu fiables, suggérant un deuxième mandat pour le Premier ministre Modi et son Bharatiya Janata Party (BJP).

Le comptage des voix, enregistrées sur des machines électroniques dans plus d'un million de bureaux de vote, débute à 08H00 locales (02H30 GMT). Les résultats pourraient être connus dans la journée.

Le ministère de l'Intérieur a demandé aux autorités locales de se tenir en alerte sur de possibles éruptions de violence.

Pratiquant une ultra-personnification du pouvoir et doté d'un sens politique redoutable, Narendra Modi a fait de ces législatives un quasi-référendum sur sa personne. Cet adepte d'une gouvernance par coups d'éclat a axé sa campagne sur un discours sécuritaire anxiogène, s'érigeant en défenseur de la nation.

- Modi contre Gandhi -

À la télévision, sur internet, sur des affiches dans la rue, le visage orné d'une barbe blanche et barré de fines lunettes de Narendra Modi est une présence constante dans la vie quotidienne des Indiens depuis son arrivée au pouvoir en 2014. Une saturation de l'espace public que l'Inde n'avait plus connue depuis la Première ministre Indira Gandhi, assassinée en 1984.

Le charismatique fils d'un vendeur de thé du Gujarat (ouest) affronte une myriade de puissants partis régionaux bien décidés à le faire chuter, ainsi que le parti du Congrès emmené par l'héritier de la dynastie politique des Nehru-Gandhi, Rahul Gandhi.

Arrière-petit-fils, petit-fils et fils de Premiers ministres indiens, Rahul Gandhi, 48 ans, a la lourde charge de rajeunir et ramener aux responsabilités une formation hétérogène et usée par sa longévité. Longtemps dépassé par le rouleau compresseur des nationalistes hindous, il s'est aguerri ces derniers mois et leur a infligé plusieurs revers électoraux dans des Etats-clés.

Les analystes doutent que "NaMo", 68 ans et 142 centimètres de tour de poitrine - comme il s'en est un jour vanté -, parvienne à réitérer son exploit de 2014 en obtenant la majorité absolue avec son seul parti. Il pourrait devoir former une coalition plus large pour se maintenir à son poste.

Le dirigeant nationaliste hindou était à l'époque l'un des premiers représentants de la vague populiste mondiale actuelle à accéder au pouvoir. Vu comme réformateur et favorable aux affaires, il promettait de dynamiser la croissance et de propulser l'Inde au statut de puissance économique majeure.

Après cinq ans de mandat, qui ont aussi vu une crispation politico-religieuse de la société indienne, le Premier ministre présente un bilan économique en demi-teinte. Malgré un taux de croissance enviable vu de l'extérieur (6,7% en 2017-2018), la progression est jugée insuffisante au regard du potentiel et des besoins du géant de 1,3 milliard d'habitants.

Les Indiens devaient élire 543 députés de la Lok Sabha, chambre basse du Parlement, au scrutin uninominal majoritaire à un tour.

Avec AFP

Quatorze civils tués dans des frappes sur Idleb

Quatorze civils tués dans des frappes sur Idleb
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:33 0:00

L'ONU enquête sur 12 charniers en Irak

L'ONU enquête sur 12 charniers en Irak
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:14 0:00

Les "railleries génocidaires" de Trump "ne mettront pas fin à l'Iran"

Les "railleries génocidaires" de Trump "ne mettront pas fin à l'Iran"
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:02 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG