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Kim Jong Un supervise l'essai d'une nouvelle arme dotée d'une "puissante ogive"

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, accompagné de deux responsables militaires16 avril 2019.

Le leader nord-coréen Kim Jong Un a supervisé l'essai d'une nouvelle "arme tactique guidée" avec une "puissance ogive", ont annoncé jeudi les médias d'Etat nord-coréens, alors que les doutes s'accumulent quant au processus de dénucléarisation de Pyongyang.

Cet essai a permis de vérifier le fonctionnement du "système particulier de guidage en vol et le chargement d'une puissante ogive", a affirmé l'agence officielle KCNA sans plus de détails sur la nature de l'arme.

Kim Jong Un a qualifié ce test d'"événement d'une très grande importance pour accroître la puissance de combat de l'Armée populaire" nord-coréenne, selon la même source.

Le leader a lui-même "guidé l'essai de tir" qui a été dirigé sur plusieurs cibles, a ajouté l'agence officielle.

C'est la deuxième fois que la Corée du Nord affirme avoir procédé à un essai d'arme depuis le début, en 2018, de ses négociations avec les Etats-Unis sur ses programmes de missiles balistiques et d'armement nucléaire.

Pyongyang avait déjà annoncé, en novembre, avoir testé "une nouvelle arme tactique de haute technologie" dont elle n'avait pas précisé la nature. On ignore s'il s'agit de la même arme que celle du nouvel essai rendu public jeudi.

La Corée du Sud n'a rien détecté sur ses radars, a indiqué à l'AFP un responsable militaire, jugeant improbable qu'un missile ait été tiré.

"Quand la Corée du Nord lance un missile, nos radars le voient. Mais aucun missile n'a été détecté", a-t-il dit sous couvert de l'anonymat.

La présidence sud-coréenne a dit n'avoir aucun commentaire. Des responsables du Pentagone ont également refusé de s'exprimer sur cette annonce.

"La description de ce qui a été testé fait penser à un missile, mais il peut s'agir de n'importe quoi, depuis un petit missile antichar téléguidé jusqu'à un missile sol-air, en passant par un système de roquettes d'artillerie", a estimé Ankit Panda, analyste spécialisé dans les questions nord-coréennes.

L'utilisation par KCNA du terme "tactique" suggère que ces essais n'ont impliqué aucun missile balistique de longue de portée ni aucun dispositif nucléaire.

"Kim tente de faire savoir au gouvernement de Trump que son potentiel militaire grandit jour après jour", a expliqué l'analyste Jarry Kazianis, du Center for the National Interest.

- Regain d'activité à Yongbyon -

"Son régime commence à se sentir frustré par le manque de souplesse de Washington dans les récentes négociations", a-t-il ajouté.

Le professeur d'études nord-coréennes Koh Yu-hwan, de l'Université Dongguk en Corée du Sud, a estimé lui aussi que ce nouvel essai était un message adressé aux Etats-Unis pour montrer le mécontentement de Pyongyang face à l'enlisement des pourparlers.

Mais le fait qu'il ne s'agisse pas d'un missile stratégique ou d'un essai nucléaire "souligne la volonté de Pyongyang de maintenir vivant le dialogue avec Washington", a-t-il estimé.

Selon lui, le régime nord-coréen "ne peut mener un essai nucléaire ou de missile à longue portée à ce stade, à moins de vouloir faire totalement voler en éclats ce qui reste des pourparlers entre les Etats-Unis et le Nord".

L'annonce du nouvel essai intervient alors que le Centre des études stratégiques et internationales (CSIS), basé à Washington, a fait état mercredi de signes d'activité sur le complexe de Yongbyon, principal site nucléaire nord-coréen, laissant penser que Pyongyang pourrait avoir repris des opérations de retraitement de matières radioactives à des fins militaires depuis le fiasco en février du sommet entre Kim Jong Un et le président américain Donald Trump.

Depuis cet échec, la Corée du Nord a indiqué qu'elle examinait ses options diplomatiques avec les Etats-Unis. Kim Jong Un s'est dit la semaine dernière ouvert à un troisième sommet avec M. Trump si Washington arrivait à la table des négociations avec "la bonne attitude".

La Corée du Nord s'est abstenue de procéder à de nouveaux tests balistiques ou nucléaires depuis le premier sommet entre MM. Trump et Kim en juin 2018 à Singapour.

Cette rencontre historique, survenue contre toute attente après des mois d'escalade militaire et d'échange d'insultes entre les deux dirigeants, avait abouti à un accord sur le désarmement nucléaire de la péninsule coréenne dont les termes étaient restés très vagues.

La deuxième rencontre, en février à Hanoï, s'était terminée de façon abrupte, sans la moindre avancée concrète ni même de déclaration.

Cette déconvenue avait soulevé des questions quant à l'avenir du processus. Au Vietnam, la Corée du Nord avait expliqué vouloir la levée des seules sanctions pesant sur les conditions de vie des Nord-Coréens. Mais les Etats-Unis avaient considéré que Pyongyang exigeait de fait la disparition des principales sanctions sans proposer grand chose de précis en retour.

Néanmoins, les deux camps avaient fait part de leur souhait de poursuivre les discussions.

Avec AFP

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Nouveaux tirs de Pyongyang, qui rejette l'appel "insensé" au dialogue de Séoul

Le président sud-coréen Moon Jae-in, à droite, s’embrasse avec le leader nord-coréen Kim Jong Un lors de leur deuxième sommet au nord du village de Panmunjom dans la zone démilitarisée (DMZ), 26 mai 2018.

La Corée du Nord a tiré vendredi deux "projectiles non identifiés" qui se sont abîmés en mer et rejeté l'appel "insensé" au dialogue du président sud-coréen, en refusant toute discussion de paix avec Séoul.

Ce lancement, le sixième du genre en trois semaines, est une façon de protester contre les exercices militaires conjoints entre la Corée du Sud et les Etats-Unis. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un avait présenté début août ces tirs comme "un avertissement solennel" au Sud.

Pyongyang proteste toujours contre ce genre de manoeuvres au Sud, qu'il voit comme la répétition générale d'une invasion de son territoire. Mais le Nord se garde généralement d'effectuer des essais d'armes pendant ces exercices militaires.

L'état-major sud-coréen a indiqué que ces projectiles avaient été tirés depuis les environs de Tongchon, dans la province de Kangwon (sud-est), et avaient volé 230 km pour se perdre en mer du Japon, connue en Corée sous le nom de mer de l'Est.

- "Impudent" -

Un responsable de l'état-major a dit à l'AFP qu'il présumait qu'il s'agissait de "missiles balistiques de courte portée" mais que davantage d'analyses étaient nécessaires pour confirmer cela.

Parallèlement, la Commission pour la réunification pacifique, une institution nord-coréenne, a annoncé vendredi dans un communiqué que Pyongyang rejetait les propos tenus jeudi par le président sud-coréen Moon Jae-in sur son désir d'unification, en affirmant que le Nord n'avait plus rien à discuter avec le Sud.

La Commission s'est fendue de critiques cinglantes envers M. Moon, qui a joué un rôle clé dans la détente apparue en 2018 sur la péninsule, en le qualifiant de personnage "impudent comme on en trouve peu" en raison, dans le contexte des manoeuvres, de ses espoirs de négociations intercoréennes.

Jeudi, à l'occasion de l'anniversaire de la fin de la colonisation japonaise de la péninsule (1910-1945), M. Moon a affirmé que l'objectif était de "réaliser la paix et l'unification d'ici 2045". Son mandat unique se termine en 2022.

"Son discours devrait s'appeler +Discours commémoratif insensé+", a estimé dans son communiqué la Corée du Nord.

"Nous n'avons plus rien à discuter avec les autorités sud-coréennes et nous n'avons aucune intention de nous réunir de nouveau avec elles", déclare le document.

- Des propos qui "n'aident pas" -

Le ministère sud-coréen de l'Unification a répliqué que ces propos n'étaient pas "cohérents" avec l'esprit des accords inter-coréens et notamment avec la Déclaration de Panmunjom signée en avril 2018 entre MM. Moon et Kim.

"Nous tenons à souligner que ces propos n'aideront pas du tout à améliorer les relations inter-coréennes", a ajouté un responsable du ministère.

Voilà des années que Washington et Séoul mènent des exercices militaires conjoints. Leur ampleur a cependant été réduite au cours de l'année écoulée pour ne pas échauder Pyongyang dans le contexte de la détente.

M. Moon avait minimisé l'importance des récents tirs nord-coréens, avançant même la possibilité de relancer des projets économiques inter-coréens pour contrer l'impact de la crise commerciale bilatérale avec le Japon. Ses détracteurs l'avaient taxé d'angélisme.

Pyongyang n'a jamais confirmé qu'il s'agissait de missiles balistiques de courte portée, parlant d'un "système de lancement multiple de fusées guidées de gros calibre".

Le Conseil de sécurité de l'ONU interdit à la Corée du Nord de tester des missiles.

Après des années de montée des tensions, la péninsule a été à partir de 2018 le théâtre d'une remarquable détente avec trois rencontres entre M. Kim et le président américain Donald Trump.

A Singapour en juin 2018, les deux hommes avaient signé un engagement vague en faveur de la "dénucléarisation de la péninsule coréenne". Leur deuxième sommet, en février à Hanoï, avait été écourté sur des désaccords profonds.

Mais lors de leur rencontre impromptue en juin dans la Zone démilitarisée (DMZ) entre les deux Corées, ils ont convenu de reprendre le dialogue. Les discussions de travail n'ont cependant toujours pas repris.

Pyongyang a récemment affirmé que des discussions nucléaires ne se feraient qu'avec les Etats-Unis, refusant un dialogue avec le Sud.

Le pétrolier iranien à Gibraltar va partir en Méditerranée selon Téhéran

Le supertanker Grace 1 sur le territoire britannique de Gibraltar, le jeudi 15 août 2019.

Le pétrolier iranien, arraisonné puis relâché par Gibraltar, va partir en Méditerranée après avoir changé de pavillon, a indiqué vendredi un haut responsable iranien.

La saisie le 4 juillet du pétrolier Grace 1 par les autorités de Gibraltar et la marine britannique a provoqué une importante crise diplomatique entre Téhéran et Londres, ainsi que des mesures de représailles de l'Iran qui a arraisonné trois autres pétroliers, dont un battant pavillon britannique.

Le Grace 1 naviguera sous pavillon iranien, et non plus panaméen, a déclaré le vice-directeur des Ports iraniens et de l'Organisation maritime, Jalil Eslami.

"Conformément à la demande de son propriétaire, le Grace 1 partira en mer Méditerranée après avoir changé de pavillon pour celui de la République islamique d'Iran et avoir été renommé Adrian Darya pour le voyage", a indiqué M. Eslami, dont les propos ont été retransmis par la télévision iranienne.

"Le navire était d'origine russe et (...) transportait deux millions de barils de pétrole iranien", a-t-il dit, sans préciser la destination finale du pétrolier.

Le Grace 1 était soupçonné par les autorités de Gibraltar, territoire britannique, de transporter ces barils jusqu'en Syrie --frappée par un embargo de l'Union européenne--, ce que l'Iran a démenti.

Le chef du gouvernement de Gibraltar, Fabian Picardo, a dit jeudi avoir reçu la promesse écrite de Téhéran de ne pas envoyer ce pétrole en Syrie.

Mais le porte-parole de la diplomatie iranienne, Abbas Moussavi, a affirmé vendredi que son pays n'avait pas fait de telle promesse.

"L'Iran n'a donné aucune garantie concernant le fait que le Grace 1 n'irait pas en Syrie", a-t-il déclaré, cité par un site de la chaîne de télévision d'Etat IRIB. "La destination du pétrolier n'était pas la Syrie (...) et même si c'était le cas, cela n'est l'affaire de personne".

A la suite d'une demande des autorités de Gibraltar, la Cour suprême de ce petit territoire situé à l'extrême sud de l'Espagne, a levé jeudi l'immobilisation du pétrolier iranien.

Peu avant cette annonce, les Etats-Unis avait demandé de prolonger l'immobilisation du pétrolier. Mais le président de la Cour suprême, Anthony Dudley, a affirmé ne pas avoir reçu par écrit cette demande.

La "tentative de piraterie" américaine a échoué, s'est réjoui sur Twitter le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

Toutefois, rien n'empêche les Etats-Unis de reformuler leur demande, afin de bloquer le navire avant qu'il ne quitte les eaux territoriales de Gibraltar.

Gibraltar autorise le pétrolier iranien à partir malgré la tentative américaine de blocage

Le pétrolier Grace 1 avec en arrière-plan par le rocher de Gibraltar, le 15 août 2019.

Gibraltar a autorisé un pétrolier iranien arraisonné début juillet à partir malgré une demande de dernière minute des Etats-Unis de prolonger l'immobilisation du navire, soupçonné d'avoir voulu livrer sa cargaison à la Syrie.

Le chef du gouvernement de Gibraltar, Fabian Picardo, a expliqué avoir reçu la promesse écrite de Téhéran de ne pas envoyer les 2,1 millions de barils de pétrole en Syrie, frappée par un embargo de l'Union européenne.

"Nous avons privé le régime d'Assad en Syrie de plus de 140 millions de dollars de pétrole brut", s'est-il félicité dans un communiqué.

Les autorités ont donc demandé à la Cour suprême de lever l'immobilisation dans un document rendu public, incluant des courriers échangés avec les autorités iraniennes.

Le président de la Cour suprême, Anthony Dudley, a alors décidé que "le navire (n'était) plus détenu", lors d'une audience dans l'après-midi.

Initialement attendue dans la matinée, cette audience prévue depuis des semaines avait dû être repoussée de plusieurs heures après l'annonce surprise par le ministère public de Gibraltar d'une demande des Etats-Unis de prolonger l'immobilisation du pétrolier, déposée dans la nuit.

Mais le juge Dudley a déclaré qu'il n'avait pas été saisi par écrit d'une telle demande. "Cela ne m'a pas été soumis", a-t-il dit.

La "tentative de piraterie" américaine a échoué, s'est réjoui sur Twitter le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

M. Zarif a fustigé "le niveau de mépris qu'a l'administration (du président américain Donald) Trump pour la loi". Les Etats-Unis, a-t-il ajouté, avaient "tenté d'abuser du système judiciaire et de voler les biens (iraniens) en haute mer".

Toutefois, rien n'empêche les Etats-Unis de reformuler leur demande d'entraide judiciaire, afin de bloquer le navire avant qu'il ne quitte les eaux territoriales de Gibraltar, dans les heures ou les jours qui viennent.

- Désescalade -

La demande américaine avait fait l'effet d'un coup de théâtre alors qu'un accord entre Londres et Téhéran semblait à portée de main après des semaines de tractations diplomatiques.

Sans cette demande reçue à 01h30 jeudi (23h30 GMT mercredi), "le navire serait reparti", avait d'ailleurs souligné le juge Dudley.

Entretemps, le capitaine et les trois officiers du Grace 1, qui étaient en liberté sous caution, ont été formellement libérés.

L'équipage du pétrolier iranien est désormais menacé d'interdiction de visa par Washington.

"Les Etats-Unis affirment que le Grace 1 aidait le corps des Gardiens de la Révolution islamique en transportant du pétrole depuis l'Iran vers la Syrie", a déclaré le département d'Etat dans un communiqué. "Les membres d'équipage de bateaux aidant les Gardiens de la Révolution en transportant du pétrole depuis l'Iran pourraient ne plus pouvoir bénéficier de visas ou être admis sur le territoire américain".

Fabian Picardo a expliqué avoir rencontré des représentants iraniens le 19 juillet à Londres "avec une volonté de désescalade par rapport à tous les différents problèmes soulevés par la détention du Grace1".

"J'ai expliqué très clairement que l'arraisonnement du navire était exclusivement liée à l'application des sanctions contre la Syrie", assure-t-il dans son communiqué.

Le Grace 1, chargé de 2,1 millions de barils de pétrole, a été arraisonné le 4 juillet par la police de Gibraltar et les forces spéciales britanniques, ce qui a provoqué une crise diplomatique entre Téhéran et Londres.

Téhéran assurait que le pétrolier naviguait dans les eaux internationales et accusait le Royaume-Uni de "piraterie".

Le 19 juillet, l'Iran a immobilisé dans le détroit d'Ormuz un pétrolier britannique, le Stena Impero, soupçonné de "non-respect du code maritime international", une décision vue comme une mesure de représailles par les analystes.

Le Royaume-Uni a redemandé jeudi à Téhéran de relâcher ce pétrolier. "Il n'y a pas de comparaison ni de lien entre la saisie ou l'attaque de navires de commerce par l'Iran dans le détroit d'Ormuz et l'application de sanctions europénnes contre la Syrie par le gouvernement de Gibraltar", a déclaré un porte-parole du Foreign office.

Dans les documents publiés jeudi, le gouvernement de Gibraltar réaffirme sa conviction que le Grace 1 faisait bien route vers la Syrie.

Le plan de navigation du bateau montrait ainsi "une route complètement balisée depuis le Golfe persique jusqu'à Baniyas en Syrie", explique-t-il.

Début juillet, le chef de la diplomatie espagnole Josep Borrell avait affirmé que l'arraisonnement avait été fait à la demande des Etats-Unis.

L'immobilisation du pétrolier et le regain de tensions diplomatiques qui en ont découlé ont brouillé les efforts des Etats européens qui tentent de sauver l'accord nucléaire avec l'Iran. Les Etats-Unis se sont retirés de cet accord l'an dernier, imposant de lourdes sanctions à la République islamique.

Avec AFP

La Corée du Nord tire de nouveau des "projectiles non identifiés"

Retransmission à la télévision de tirs de projectiles nord-coréens à la gare de Séoul à Séoul, en Corée du Sud, le 16 août 2019.

La Corée du Nord a tiré vendredi deux "projectiles non identifiés" qui se sont abattus en mer, a annoncé l'état-major interarmes de la Corée du Sud, un lancement qui est le sixième du genre en trois semaines.

L'état-major sud-coréen a indiqué que ces projectiles avaient été tirés depuis les environs de Tongchon, une ville de la province de Kangwon, située dans le sud-est de la Corée du Nord, et étaient tombés dans la mer de l'Est, également appelée mer du Japon.

"L'armée observe la situation pour le cas où il y aurait d'autres lancements", a ajouté l'état-major sud-coréen.

Il s'agit du sixième essai effectué par Pyongyang depuis le 25 juillet. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a déclaré début août que ces tirs constituaient "un avertissement solennel" adressé à la Corée du Nord et aux Etats-Unis en raison des manoeuvres militaires conjointes menées par ces deux pays.

Pyongyang réprouve ces exercices conjoints réguliers. Le pouvoir nord-coréen les considère comme des manoeuvres hostiles préfigurant une invasion de la Corée du Nord. Il avait prévenu que le démarrage de ces manoeuvres annoncées serait de nature à empêcher la reprise des discussions entre Pyongyang et Washington sur l'arsenal nucléaire nord-coréen.

Vendredi, la Commission pour la Réunification pacifique du Pays, une institution du pouvoir nord-coréen, a annoncé vendredi dans un communiqué que Pyongyang rejetait les déclarations faites jeudi par le président sud-coréen Moon Jae-in sur le processus de paix dans la péninsule.

Dans un discours prononcé à l'occasion de l'anniversaire de la libération de la Corée de l'occupation japonaise (1910-1945), M. Moon avait déclaré que son objectif était d'"atteindre la paix et l'unification d'ici 2045", bien que le mandat présidentiel unique auquel il a été élu se termine en 2022.

- "Rien à discuter" -

Mais la commission nord-coréenne a accusé Séoul d'être responsable du gel actuel des discussions intercoréennes et de la non-application de "la déclaration historique de Panmunjom".

Cette déclaration avait été adoptée lors d'une rencontre impromptue de M. Kim avec le président des Etats-Unis Donald Trump à Panmunjom, dans la Zone démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux Corées.

Les deux hommes avaient alors décidé la reprise prochaine des discussions sur l'arsenal nucléaire nord-coréen, mais cette annonce ne s'est pas concrétisée jusqu'à présent.

La Corée du Nord a exclu dans le communiqué publié vendredi une reprise prochaine des pourparlers avec la Corée du Sud. "Nous n'avons plus rien à discuter avec les autorités sud-coréennes et nous n'avons aucune intention de nous réunir de nouveau avec elles", déclare le document.

Après le précédent essai de missiles nord-coréens, le cinquième, le président américain Donald Trump a déclaré samedi dernier dans un tweet que M. Kim lui avait présenté dans une lettre des "excuses" pour ces lancements.

Depuis le début de cette série d'essais, M. Trump en a minimisé l'importance, déclarant notamment qu'il s'agissait de missiles à courte portée dont le lancement ne constituait pas une violation de ce qui a été convenu depuis le début du dialogue entre M. Kim et le président américain.

M. Trump a même critiqué une nouvelle fois les manoeuvres pourtant menées par sa propre armée avec les forces sud-coréennes, les qualifiant d'"exercices chers et ridicules".

Et le président américain a indiqué que dans sa lettre, M. Kim déclarait souhaiter reprendre les négociations sur le dossier nucléaire, et cela "dès que les exercices militaires conjoints menés par les Etats-Unis et la Corée du Sud seraient terminés".

Avec AFP

Israël interdit l'entrée sur son territoire à deux élues américaines

La représentante Ilhan Omar, avec à sa droite la représentante Rashida Tlaib,lors du discours du président Donald Trump sur l'état de l'Union, au Capitole à Washington, le 5 février 2019.

Les autorités israéliennes ont interdit jeudi à deux élues américaines d'entrer en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés en raison de leur soutien à la campagne de boycott de l'Etat hébreu et à la suite d'une demande du président Donald Trump.

Ilhan Omar et Rashida Tlaib, les deux premières femmes musulmanes élues au Congrès et membres de l'aile gauche du Parti démocrate américain, devaient atterrir ce weekend à Tel-Aviv afin de visiter ensuite les Territoires palestiniens, où elles étaient chaleureusement attendues.

Mais à la suite d'une polémique dans la presse locale et d'une demande du président américain Donald Trump dont elles sont des adversaires politiques, le ministère israélien de l'Intérieur a décidé jeudi de leur interdire l'entrée en Israël, estimant que leur visite s'inscrivait dans le cadre "d'activités de boycott anti-israélien".

Cette décision a été prise "en accord" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le ministre des Affaires étrangères et le ministre des Affaires stratégiques, a précisé le ministère.

"Ces élues utilisent la scène internationale pour apporter leur soutien aux associations BDS qui appellent au boycott d'Israël", a ajouté le ministère, justifiant sa décision sur la base d'une loi israélienne permettant depuis 2017 d'interdire l'entrée aux partisans du mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions).

Ce mouvement appelle au boycott économique, culturel ou scientifique d'Israël afin de protester contre l'occupation des Territoires palestiniens.

- Un "affront" -

La colonisation par Israël de la Cisjordanie occupée et de Jérusalem-Est annexée s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, mais elle s'est accélérée ses dernières années sous l'impulsion de Benjamin Netanyahu et de son allié à Washington, Donald Trump.

Ce dernier a jugé jeudi qu'Israël ferait preuve d'une "grande faiblesse" s'il autorisait Rashida Tlaib et Ilhan Omar, à effectuer leur visite. "Elles haïssent Israël et tout le peuple juif et il n'y a rien qui puisse être dit ou fait pour leur faire changer d'avis", a soutenu le président des Etats-Unis dans un tweet. "Elles sont une honte!"

"Aucun pays ne respecte plus les Etats-Unis et son Congrès que l'Etat d'Israël", a déclaré M. Netanyahu. "Israël est ouvert aux visites à une exception près, celle de gens appelant et militant pour son boycott", a-t-il ajouté.

"Que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, sous la pression de Donald Trump, refuse l'entrée (en Israël et dans les Territoires palestiniens) de deux représentantes de l'Etat américain, représente un affront", a rétorque l'une des deux élues, Ilhan Omar.

"Un Etat qui n'a rien à cacher ne penserait pas à empêcher la venue de deux membres du Congrès. Il s'agit encore d'une tentative désespérée de cacher la réalité au monde", a commenté Ayman Odeh, un député arabe israélien, tandis qu'une haute responsable palestinienne, Hanane Achraoui, a dénoncé "un acte d'hostilité scandaleux contre le peuple américain et ses représentants".

Disant "désapprouver" le soutien des deux élues au mouvement BDS, le lobby américain pro-israélien Aipac a toutefois critiqué la décision des autorités israéliennes. "Tout membre du Congrès devrait être en mesure de se rendre chez notre allié démocratique Israël pour le découvrir en personne", a indiqué l'Aipac, d'ordinaire proche de l'administration Trump.

- Au village -

Née à Détroit (nord-est des Etats-Unis), Rashida Tlaib est la première élue américaine d'origine palestinienne, ses deux parents ayant grandi en Cisjordanie occupée.

Dans le village de Beit Ur al-Fauqa, sa famille attendait avec impatience la venue de la "fierté locale", qui devait rencontrer à partir de dimanche des organisations locales et visiter sa famille.

"Nous préparons une fête pour elle et Ilhan. Nous voulons sacrifier un mouton à leur arrivée", a expliqué à l'AFP la grand-mère de l'élue démocrate, Muftia Taleb, 85 ans, entourée de membres de la famille dans la cour de la maison en pierre couleur de sable et bordée d'oliviers, peu avant que les autorités n'annoncent leur décision.

A 10 mètres à peine de la propriété, un grillage sépare la Cisjordanie occupée d'une autoroute israélienne menant à Tel-Aviv, ses tours effilées et son aéroport international où Rashida Tlaib et Ilhan Omar n'atterriront pas comme prévu.

Pourquoi lui bloquer l'entrée? "Parce qu'elle défend sa nation et la cause palestinienne", répond du tac au tac son oncle Bassam, 53 ans, qui dit attendre depuis 2006 le retour de sa nièce Rashida dans la maison familiale.

"Nous avons été surpris lorsque Trump a récemment demandé à Rashida et Ilhan de retourner dans leur pays d'origine. Aujourd'hui, Rashida veut rentrer chez elle alors pourquoi ils font tout pour l'en empêcher", ironise Bassam.

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