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Jour du Soleil à Pyongyang: hommage des Nord-Coréens à Kim Il Sung

Les 2 statues géantes de Kim Il Sung et Kim Jong Il sur la colline Mansu, Pyongyang, le 17 décembre 2018.

Des dizaines de milliers de Nord-Coréens ont rendu hommage lundi à leurs dirigeants à l'occasion du Jour du Soleil commémorant la naissance du fondateur du régime, journée la plus importante du calendrier rituel de ce pays isolé en proie aux sanctions internationales.

Décédé en 1994, Kim Il Sung était né le 15 avril 1912. Son fils Kim Jong Il lui a succédé, avant que son petit-fils Kim Jong Un n'hérite du pouvoir fin 2011.

Les Nord-Coréens sont élevés depuis leur naissance dans le culte de cette dynastie et toutes les commémorations relatives à la famille des Kim sont pour le régime une occasion d'asseoir son pouvoir.

Dès lundi matin, c'est un flux constant de Nord-Coréens qui s'est rendu sur la colline Mansu de Pyongyang, où deux statues géantes de Kim Il Sung et Kim Jong Il dominent la capitale.

Des bataillons de soldats, des membres d'unités de travail, des familles, des jeunes mariés, des touristes... Tous se sont à leur tour alignés devant le monument, avant de s'avancer pour déposer des fleurs à sa base.

"Rendons hommage au grand président Kim Il Sung et au grand leader Kim Jong Il", intimait un speaker à moitié caché derrière une montagne de gerbes de fleurs. Et tous s'inclinaient d'un seul geste, tandis que les soldats faisaient le salut militaire.

- A la gloire de Kim Jong Un -

Ra Man Ok, colonel à la retraite de 84 ans, a essuyé ses larmes devant les statues avant de faire quelques pas en arrière et de s'incliner à nouveau, pour la seconde fois.

"Je veux rendre hommage avec mon esprit aux deux grands leaders parce que je suis trop vieille pour les remercier de leur générosité en travaillant", a-t-elle expliqué à l'AFP, vêtue de l'uniforme dans lequel elle avait défilé il y a des décennies.

"On ne peut être à la hauteur de ses espérances, dans les périodes difficiles, qu'en suivant le leadership de notre parti", a-t-elle ajouté.

Les Nord-Coréens interrogés dans la rue par les médias étrangers expriment toujours leur dévouement et un soutien sans borne envers le régime.

A une place d'honneur devant les statues, protégée par une chaîne, figurait une composition florale géante à la gloire du nom de Kim Jong Un.

Cet anniversaire -qui sera aussi marqué par un festival floral ou encore un spectacle gigantesque de danse- intervient au moment où ce dernier vient encore de consolider son pouvoir avec un remaniement générationnel au poste très largement honorifique de président de l'Assemblée suprême, qui est sur le papier le chef de l'Etat.

Kim Yong Nam, 91 ans, a été remplacé par Choe Ryong Hae, né en 1950. Le vrai pouvoir en Corée du Nord étant détenu par Kim Jong Un et les membres de sa famille les plus proches de lui. Sachant que son grand-père, bien que décédé en 1994, demeure officiellement président éternel.

- "Cultiver la loyauté" -

Lors d'un discours vendredi devant l'Assemblée suprême du peuple, Kim Jong Un s'est dit ouvert à l'idée d'un troisième sommet avec le président américain Donald Trump si Washington arrivait à la table de négociations avec "la bonne attitude".

Le premier sommet historique, en juin 2018 à Singapour, entre les deux hommes s'était terminé avec une déclaration commune très vague sur la "dénucléarisation complète de la péninsule coréenne". Le deuxième, en février à Hanoï, s'est soldé par un fiasco, sans la moindre avancée concrète sur ce dossier, et même pas de déclaration.

Cette déconvenue avait soulevé des questions quant à l'avenir du processus. Au Vietnam, le Nord avait expliqué qu'il voulait la levée des seules sanctions pesant sur les conditions de vie des Nord-Coréens. Mais les Etats-Unis avaient considéré que Pyongyang exigeait de fait la disparition des principales sanctions sans proposer grand chose de précis en retour.

Néanmoins, les deux camps avaient fait part de leur souhait de poursuivre les discussions.

"Les Etats-Unis étaient venus à la table de négociations en ayant à l'esprit des méthodes complètement inapplicables", a déclaré M. Kim selon une transcription de son discours publiée par l'agence officielle KCNA.

"La conception américaine du dialogue qui consiste à pousser unilatéralement leurs demandes ne nous va pas", a-t-il dit. "Nous ne voulons pas voir de répétition de discussions comme celles du sommet de Hanoï".

Les gestes hostiles des Etats-Unis, a-t-il ajouté "sont vraiment agaçants. Je suis très mécontent de cette tendance".

Lundi matin, Ri Yang Myong, un ingénieur de 60 ans, était venu en amenant pour la première fois devant les statues sa petite fille Ji Ye, cinq ans.

"Venir ici pour les fêtes nationales est une règle dans ma famille", dit-il. "Je veux être sûr qu'elle cultivera sa loyauté".

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L'EI a revendiqué les attentats qui ont tué plus de 320 personnes au Sri Lanka

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Attentats au Sri Lanka : Macron exprime "sa tristesse"

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Le groupe État islamique revendique les attentats de Pâques au Sri Lanka

Enterrement d'une victime des attentats-suicides dans un cimetière près de l'église Saint-Sébastien à Negombo, au Sri Lanka, le 23 avril 2019.

Le groupe jihadiste État islamique (EI) a revendiqué mardi les attaques suicides contre des églises et hôtels de luxe qui ont fait plus de 320 morts et 500 blessés le dimanche de Pâques au Sri Lanka, attentats parmi les plus meurtriers depuis le 11 septembre 2001.

"Les auteurs des attaques ayant visé des ressortissants des pays de la Coalition (anti-EI) et les chrétiens au Sri Lanka avant-hier sont des combattants de l'EI", a annoncé l'organisation jihadiste sur son agence de propagande Amaq.

Des kamikazes ont provoqué un carnage le dimanche de Pâques dans trois hôtels de luxe et trois églises, en pleine messe, à Colombo et ailleurs dans le pays. Les autorités ont attribué le bain de sang au mouvement islamiste local National Thowheeth Jama'ath (NTJ), qui ne l'a pas revendiqué, et cherchent à savoir s'il a bénéficié d'un soutien logistique international.

Les éléments de l'enquête dont l'AFP a eu connaissance mardi permettent d'éclaircir la chronologie et les circonstances de ces Pâques sanglantes.

Sur les huit explosions de bombes au total ce jour-là, les six premières, en début de matinée, sont des attentats suicides contre trois églises et trois hôtels de luxe, le Cinnamon Grand Hotel, le Shangri-La et le Kingsbury. Deux explosions ultérieures, survenues en début d'après-midi à Colombo, sont le fait de suspects qui se sont donné la mort pour échapper à l'arrestation.

Deux frères sri-lankais musulmans, figurant parmi les kamikazes, ont joué un rôle-clé dans ce déchaînement de violence, au cours duquel un autre attentat suicide a échoué dans un quatrième hôtel de luxe à Colombo, ont révélé mardi des sources proches de l'enquête.

Selon les policiers, ces deux frères, d'une vingtaine d'années et dont les noms n'ont pas été révélés, opéraient une "cellule terroriste" familiale et jouaient un rôle-clé au sein du NTJ. Les enquêteurs ignorent toutefois encore si les attaques sont le fait de cette seule "cellule", ou d'équipes séparées mais coordonnées.

Un quatrième hôtel de luxe de la capitale sri-lankaise, adjacent aux trois frappés, figurait sur la liste des objectifs du dimanche de Pâques. Pour une raison inconnue, le sac à dos rempli d'explosifs du kamikaze chargé de cette cible n'a pas explosé et il a pris la fuite, ont indiqué des sources policières à l'AFP.

Cerné par les forces de l'ordre quelques heures plus tard dans la banlieue sud de Dehiwala, le suspect s'est alors fait exploser, causant la mort de deux passants. À peu près au même moment, dans le nord de la ville, à Orugodawatta, la femme d'un des frères kamikazes a actionné des explosifs lorsque les forces de l'ordre sont arrivées à leur résidence familiale, tuant avec elle-même ses deux enfants et trois policiers.

- Larmes et deuil -

Le Sri Lanka a rendu mardi un hommage poignant aux 321 morts des attentats, selon un nouveau bilan. Parmi les tués figurent au moins 39 étrangers - dont une personne de nationalité française, selon Colombo - et 45 enfants et adolescents.

L'île de 21 millions d'habitants est restée silencieuse durant trois minutes à 08H30 locales (03H00 GMT), heure de la première explosion d'un kamikaze deux jours auparavant, à l'église catholique Saint-Antoine de Colombo.

Des Sri-Lankais laissaient libre cours à leur douleur mardi lors de messes en hommage aux morts de ces attentats, les pires violences qu'ait connu le pays depuis, il y a dix ans, la fin de la guerre civile entre la majorité cinghalaise et la rébellion indépendantiste tamoule.

Anéantis, des proches de victimes s'effondraient dans les bras de leurs voisins.

"Nous n'avons pas ressenti une telle tristesse depuis la guerre", a assuré Rashmi Fernando, une femme de 36 ans, qui participait à l'une de ces cérémonies.

Le gouvernement a décrété une journée de deuil national. Les magasins vendant de l'alcool sont fermés, les drapeaux sont en berne et les radios et télévisions doivent adapter leur programmation musicale.

À l'église Saint-Antoine, des dizaines de personnes ont prié en silence, des bougies à la main, certaines retenant à grand peine leurs larmes. À l'issue des trois minutes de silence, la foule a entamé une prière à voix haute.

À une trentaine de kilomètres plus au nord, dans la localité de Negombo, une messe commémorative a eu lieu à l'église Saint-Sébastien, autre lieu d'un attentat suicide. Des cercueils étaient portés à tour de rôle sur des tables, devant des proches secoués de sanglots.

"Il y a tant de corps que nous ne pouvons pas les présenter tous en même temps", a expliqué à l'AFP Anthony Jayakody, évêque auxiliaire de Colombo qui célébrait la messe.

- Rivalités au sommet de l'État -

Les premiers éléments de l'enquête montrent que ces attentats ont été commis en représailles au récent massacre des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande (50 morts), a annoncé mardi le vice-ministre sri-lankais de la Défense Ruwan Wijewardene.

L'organisation NTJ avait fait il y a dix jours l'objet d'une alerte diffusée aux services de police, selon laquelle elle préparait des attentats suicides contre des églises et l'ambassade d'Inde à Colombo.

D'après le porte-parole du gouvernement, cette alerte n'avait pas été transmise au Premier ministre Ranil Wickremesinghe ou à d'autres ministres de haut rang. Un élément qui pourrait relancer la crise au sommet de l'État sri-lankais.

La police est en effet de la juridiction du président Maithripala Sirisena, en conflit ouvert avec son chef de gouvernement. Il l'avait limogé à l'automne mais avait été forcé de le réinvestir après sept semaines de chaos politique. Les deux têtes de l'exécutif se vouent une animosité réciproque.

Environ 1,2 million de catholiques vivent au Sri Lanka, un pays majoritairement bouddhiste (70%) qui compte aussi 12% d'hindous et 10% de musulmans.

Les ambassades étrangères au Sri Lanka ont recommandé à leurs ressortissants d'éviter tout déplacement non impératif. Les États-Unis ont, dans leurs conseils aux voyageurs, évoqué la possibilité de nouvelles attaques.

Le Sri Lanka traque les responsables des attentats

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Les auteurs des attentats de Pâques recherchés

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