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Au moins trois morts au Kenya lors de la présidentielle boycottée

  • VOA Afrique

Les résidents fuient les gaz lacrymogènes lancés par la police, dans le village de Katwekera, Kenya, le 26 octobre 2017.

Le bilan des violences en marge de la présidentielle de jeudi au Kenya, boycottée par l'opposition, s'élève désormais à trois morts, après le décès de deux hommes dans un bidonville de Nairobi et à Homa Bay (ouest).

Un jeune homme a succombé à une blessure par balle à la tête dans le bidonville de Mathare à Nairobi, a déclaré à l'AFP le directeur d'un hôpital, Dickens Osimba. Par ailleurs, un communiqué de la police a annoncé la mort par balle d'un homme à Homa Bay dans des affrontements avec la police.

Un précédent bilan faisait état de la mort d'un partisan de l'opposition, également tué dans des heurts avec la police, à Kisumu, bastion de l'opposition qui a appelé à boycotter le scrutin.

Au total, au moins une vingtaine de personnes ont été blessées dans ces violences dans l'ouest du pays (à Kisumu et Homa Bay), dont 10 blessées par balle - certaines grièvement - et deux blessées par des balles en caoutchouc et soignées à l'hôpital Jaramogi Oginga Odinga de Kisumu.

De son côté, la police a annoncé qu'un policier avait été grièvement blessé à la mâchoire après avoir reçu une pierre en plein visage lors d'échauffourées avec une foule dans la ville de Oyugis (ouest).

Report dans quatre compté

La présidentielle a été reportée à samedi dans quatre comtés de l'ouest touchés par les violences.

"Nous avons décidé que dans les zones touchées (par les violences), qui incluent les comtés suivants: Homa Bay, Kisumu, Migori et Siaya (...), la commission a reporté les élections au samedi 28 octobre", a annoncé Wafula Chebukati, dans une conférence de presse. Le Kenya compte 47 comtés.

La situation était très tendue jeudi après-midi à Kisumu, où des dizaines de barrages - faits de branches d'arbres, de pierres, de fils électriques - ont été érigés par les manifestants dans et autour de la ville, où les magasins étaient par ailleurs fermés et les rues désertées, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les Kényans ont largement boudé les urnes jeudi. Quelque 19,6 millions d'inscrits étaient en théorie attendus dans les 40.883 bureaux de vote. Mais le contraste était saisissant avec l'effervescence qui avait marqué le scrutin présidentiel du 8 août, invalidé par la justice pour "irrégularités".

Gaz lacrymogènes

Dans le bidonville de Kibera, à Nairobi, la police est intervenue à coup de gaz lacrymogènes et a tiré en l'air pour disperser des manifestants qui essayaient d'empêcher l'accès à plusieurs bureaux de vote.

Des scènes similaires ont eu lieu dans un autre bidonville de Nairobi, Mathare, ainsi qu'à Kisumu et Migori, des villes de l'ouest, autant de bastions de l'opposant Raila Odinga, qui a appelé à boycotter le scrutin.

A Siaya et Homa Bay, toujours dans l'ouest, la police était engagée dans des confrontations sporadiques avec des groupes de jeunes ayant placé des barricades sur les principaux axes routiers, interdisant toute circulation.

"Nous n'irons pas voter. Ca ne nous intéresse pas car nous savons déjà qui va gagner. C'est une parodie d'élection", a déclaré à l'AFP Jackson Otieno, à Siaya.

Raila Odinga avait appelé mercredi ses partisans à ne pas aller voter et à rester chez eux ou à participer à des prières collectives à l'écart des bureaux de vote. Mais certains d'entre eux ont passé outre cet appel à la retenue et ont érigé des barricades dès les premières heures de la journée.

La ville de Kisumu englobe trois circonscriptions et, plus de trois heures après l'ouverture des bureaux de vote, à 6 heures (3 heures GMT), seuls huit bureaux étaient ouverts sur plus de 450, un nombre important d'employés de la commission électorale ne s'étant pas présentés, selon des responsables de la commission électorale sur place.

Ailleurs dans le pays, y compris dans les zones acquises au président sortant Uhuru Kenyatta, la participation semblait en très forte baisse par rapport au scrutin du 8 août, dont l'invalidation par la justice a conduit à l'organisation de la présidentielle de jeudi.

Avec AFP

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