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Les millions des entreprises de la famille Kabila

Le président Joseph Kabila de la RDC, 3 avril 2017.

La richesse accumulée par le président congolais et sa famille est dévoilée dans un rapport d’un groupe de recherche de l’université de New York (Congo Research Group at New York University). Le rapport révèle entre autres que la famille a acquis des concessions diamantifères qui s’étendent sur 720 km le long de la frontière avec l’Angola.

Il s’agit d’un rapport fait sur la base des documents légaux obtenus à partir du système légal et des registres congolais, a expliqué à VOA Afrique Jason Stearns, du Groupe de recherche pour le Congo.

"Le président Kabila et sa famille ont plus de 80 compagnies qui leur appartiennent. Il est plus difficile d’évaluer la valeur de ces compagnies. Ce que nous savons c’est que des centaines des millions de dollars sont passés dans ces compagnies depuis 2003. On peut estimer à des dizaines de millions de dollars leurs avoirs, " laisse entendre M. Stearns

Le chercheur américain précise qu’il ne s’agit pas d’une évaluation compréhensive des avoirs de la famille Kabila, mais d'un rapport qui souligne plutôt le manque de transparence et de redevabilité du système congolais en général.

"Nous soulevons plusieurs questions sérieuses notamment la façon dont ils ont acquis ces compagnies et les possibles conflits d’intérêts qui pourraient exister entre les membres de la famille et leurs affaires. Il faut noter que le président Kabila et sa famille sont au sommet du pouvoir au Congo et donc il y a des questions sérieuses que le parlement et le système judiciaire devraient se poser, " avance M. Stearns.

Comme illustration, le rapport attire l’attention sur l’enrichissement remarquable de la famille de Kabila avec, notamment, d’énormes concessions dans le secteur minier.

"Dans une interview publiée il y a plusieurs années, la mère de Joseph Kabila a parlé de la pauvreté dans laquelle ils étaient là où ils habitaient à Dar-es-Salam avant d’arriver au pouvoir en 1997. Si cela est vrai, comment expliquer qu’aujourd’hui ils aient des compagnies qui incluent des concessions diamantifères qui s’étendent sur 720 km le long de la frontière avec l’Angola. Ils ont une partie de la plus grande compagnie qui fabrique le textile au Congo. Ils ont des actions dans Vodacom, la plus importante compagnie de téléphone au Congo et j'en passe..." fait remarquer M. Stearns.

En réaction, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende estime que le président Kabila et sa famille n’ont pas fait quelque chose qui soit illégal. Il souligne, cité par Reuters, que "la Constitution n’interdit pas à la famille de Kabila de disposer des avoirs"’

"Si quelqu'un pense que (Kabila) a commis un acte répréhensible lié à ces biens, (cette personne) peut s'adresser au système de justice," défie M. Mende.

M. Stearns rétorque que les éléments avancés par le porte-parole du gouvernement congolais ne sont vrais qu'en partie.

"La Constitution interdit au président Kabila de mener des activités qui pourraient constituer un conflit d’intérêt. D’ailleurs, tout membre du gouvernement, tout fonctionnaire de l’Etat est interdit d’entrer dans les affaires qui pourraient poser un (problème de) conflit d’intérêt. Il est aussi interdit au président Kabila d’obtenir des avoirs de l’Etat. Il est possible qu’il ait obtenu des concessions foncières de l’Etat. Et, il parait assez clair que ça devrait être en dehors du mandat de la garde républicaine de garder les affaires (privées) du chef de l’Etat et de toute sa famille. Donc nous, nous soulignons que nous ne sommes pas les instances judiciaires appropriées mais nous avons soulevé des questions assez sérieuses par rapport aux avoirs de la famille que le système judiciaire devrait régler, " se défend M. Stearns.

Le rapport ne dit pas nécessairement que Kabila est sa famille ont fait quelque chose d’illégal, explique M. Stearns. "Ce que nous voulons faire, nous, c’est mettre à la lumière de tout le monde leurs avoirs. Nous allons dans les jours à venir étendre le rapport à d’autres compagnies, " affirme M. Stearns.

Congo Research Group promet d’étoffer le rapport dans les jours à venir. Il pointe du doigt une partie de l’élite congolaise qui s’accapare des richesses du pays, y compris dans l’opposition. M. Stearns cite entre autres l’enrichissement de celui qui passe actuellement pour le leader de l’opposition congolaise, Moïse Katumbi, candidat déclaré à la prochaine présidentielle.

"Notre analyse est que depuis que le processus de paix a commencé en 2002-2003, on a toujours mis l’accent sur la réconciliation, le partage des pouvoirs et les élections. Les élections qui étaient très importantes, étaient plus ou moins une passation du pouvoir d’un groupe des élites à un autre groupe des élites sans beaucoup mettre l’accent sur la redevabilité et la transparence. Et nous, nous pensons que parmi les lacunes du processus de paix, (on peut compter le fait) qu’il y a une élite congolaise qui se trouve dans l’opposition comme dans le pouvoir et qui s’est beaucoup enrichie sans presqu’aucune redevabilité, sans que presque que les gens se posent des questions. Et il y a 99% de la population qui vit dans la misère et dans la pauvreté," souligne M. Stearns.

"Les gens disent que l’économie congolaise ne fonctionne pas. Ce n’est pas vrai. L’économie congolaise fonctionne bien pour une partie de l’élite congolaise. Et là encore une fois, ce n’est pas seulement la famille Kabila. Il y a beaucoup des gens qui ont prospéré, y compris dans l’opposition. Si on voit par exemple Moïse Katumbi, si on fait un rapport, je ne pense pas qu’il serait très différent de celui sur la famille de Kabila," précise M. Stearns.

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La France nomme un "envoyé spécial" dédié à l'épidémie Ebola en RDC

Le personnel médical de l'Unité de traitement Ebola à l'Hôpital général de Bwera, à la frontière avec la RDC.

La France, critiquée pour son absence de réaction, a annoncé mardi la nomination d'un envoyé spécial sur Ebola, le Pr Yves Lévy, chargé "d'orienter" sa réponse face à l'épidémie en République démocratique du Congo qui vient de gagner l'est du pays.

Selon le ministère des Affaires étrangères, le Pr Lévy est un spécialiste reconnu en immunologie, ancien PDG de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qui "exercera cette mission à titre bénévole".

"L'épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit actuellement dans l'est de la RDC est la plus grave jamais enregistrée dans le monde, après celle de 2014 en Afrique de l'Ouest" (qui avait fait 11.000 morts), a relevé un porte-parole lors d'un point de presse, s'inquiètant que "la réponse à l'épidémie (soit) aujourd'hui entravée par plusieurs facteurs dont la situation sécuritaire difficile".

"Face à cette situation très préoccupante, la France est déterminée à apporter une contribution renforcée aux efforts internationaux" a poursuivi le porte-parole rappelant que lors de sa visite à Kinshasa le 20 mai dernier, le ministre, Jean-Yves Le Drian, avait annoncé "la relance d'un partenariat bilatéral (...) dans lequel le secteur de la santé, et notamment la lutte contre l'épidémie Ebola, serait une priorité".

La France promet son soutien aux ONG déployées sur le terrain et son appui scientifique et de recherche, sans annoncer de budget dédié.

La confirmation mardi d'un cas d'Ebola à Goma, la grande ville de l'est de la RDC, constitue "un avertissement" a estimé l'Organisation mondiale de la santé (OMS) réunie lundi à Genève. Le patient, un pasteur, est décédé mardi.

Selon le responsable des situations d'urgence de l'OMS Mike Ryan "c'est un avertissement parce que chaque fois que la maladie se déplace, elle peut s'établir ailleurs", a-t-il déclaré à l'AFP.

L'épidémie, qui a fait 1.668 morts depuis qu'elle a été déclarée le 1er août, était circonscrite jusqu'à présent à la région de Beni-Butembo (environ 250 km à vol d'oiseau au nord de Goma) et très marginalement dans la province voisine de l'Ituri.

M. Ryan a regretté l'absence de contribution financière française notant que "l'OMS n'a reçu aucune contribution financière de la part du gouvernement".

Le ministre britannique du Développement international, Rory Stewart, dont le gouvernement a pris la tête de la mobilisation, a également appelé les pays francophones à redoubler d'efforts lors de cette réunion : "Ce serait bien que nous ayions davantage de personnels issus des pays francophones sur le terrain. Nous avons besoin d'expertise en français mais surtout nous allons avoir besoin de beaucoup d'argent, de centaines de millions de dollars pour apporter une vraie réponse et retomber à zéro (cas) cette année", a-t-il martelé.

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