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"Joseph" contre "Moïse" en RDC

Les partisans de Moise Katumbi, chef de la plate-forme politique Ensemble, lors un rassemblement de tous les partis d'opposition de la coalition à Kinshasa, le 9 juin 2018.

"Vous avez voulu tuer Moïse. Mais Dieu vous a confondu. Nous sommes derrière lui jusqu'à la mort": les dimanches à Lubumbashi, cet hymne au martyr ne s'échappe pas du choeur des églises mais des tribunes du TP Mazembe, gloire de l'Afrique et de la République démocratique du Congo.

Grand prêtre des ultras du "100% Mazembe", Serge Iweza et ses 150 disciples entonnent à chaque match les louanges de Moïse Katumbi, président du club et opposant en exil.

Par la force du football, M. Katumbi, candidat à l'élection présidentielle prévue en décembre, reste présent en esprit dans sa lutte à distance contre le président Joseph Kabila, qui ne peut pas se représenter après deux mandats aux termes de la Constitution.

>> Lire aussi : Nouvelles accusations contre l'opposant Katumbi en RDC

Ex-alliés, tous deux fils du Katanga minier, coffre-fort des ressources géologiques du pays, l'ex-gouverneur et le président se livrent à une bataille d'influence dans leur province grande comme l'Espagne, dont le démembrement en quatre entités a nourri leur divorce politique en 2015.

Dans la plupart des stades du monde, les supporteurs - même les ultras - paient pour encourager leur équipe. A Lubumbashi, ce sont les fidèles du "100% Mazembe" qui reçoivent un salaire pour chanter la gloire de "Moïse".

"Père de la démocratie congolaise"

"Nous ne serons jamais ingrats. Nos familles vivent dans de bonnes conditions grâce à lui", jure Serge Iweza. Le supporteur professionnel affirme même avoir refusé l'offre d'un parti pro-Kabila.

Le président Kabila, sommé par ses adversaires de déclarer publiquement qu'il va bien quitter le pouvoir, s'est rendu début juin à Lubumbashi, un déplacement aux allures de tournée pré-électorale.

Le chef de l'Etat a inauguré une série d'édifices présentés comme le symbole de sa volonté de moderniser le Congo, à grand renfort d'affiches géantes dans la ville saluant "le père de la démocratie congolaise".

>> Lire aussi : Ouverture d'une "information judiciaire" contre l'opposant Katumbi

En sa présence, devant les caméras de la chaîne d'Etat RTNC, le bourgmestre d'une des communes de Lubumbashi a soutenu avec ferveur sa candidature à la prochaine présidentielle, sujet explosif à l'approche de l'ouverture du dépôt des dossiers le 25 juillet.

"J'ai reçu des messages de félicitations", affirme le bourgmestre PPRD (parti présidentiel), Augustin Kahozi Bin Malisawa.

Surnommé "bulldozer" pour sa carrure massive, Kahozi reprend la thèse d'un juriste qui a enflammé les réseaux sociaux: Kabila n'a fait qu'un seul mandat sous le mode de scrutin actuel instauré en 2011 (présidentielle à un tour).

Les partisans de Katumbi, réunis au sein de la coalition Ensemble, affirment qu'ils sont empêchés de faire campagne au Katanga. "Cela fait deux ans que la siège de mon parti Unafec est sous scellé", dénonce Gabriel Kyungu Wa Kumwanza, figure historique du Katanga et du Congo. Le portrait de Katumbi, qui ornait la porte d'entrée du siège d'un autre parti (le PND), a été incendié en juin.

Les magistrats dénoncent

Les "katumbistes" vivent dans l'attente du retour maintes fois annoncé de leur héros, parti en mai 2016 pour se faire soigner à l'étranger puis condamné dans une affaire immobilière.

Les deux juges de Lubumbashi chargés de l'affaire ont fui la RDC en dénonçant des pressions du pouvoir et de ses cadres katangais. Depuis l'Afrique du Sud, Jacques Mbuyi accuse directement les autorités d'avoir commandité la tentative d'assassinat dont il a été victime à Lubumbashi en juillet dernier.

Depuis la France, la juge Chantal Ramazani, qui a condamné M. Katumbi à trois ans de prison, affirme avoir agi "sous menace".

Il reste que cette condamnation bloque le retour de M. Katumbi à un mois du dépôt des candidatures. "S'il revient, il sera entre les mains de la justice", a affirmé dimanche le ministre congolais des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu.

>> Lire aussi : Un front de l'opposition congolaise derrière Moïse Katumbi en Afrique du Sud

Le frère de Moïse Katumbi, Abraham Soriano, parti avec lui en mai 2016, a pu rentrer sans encombre début juin à Lubumbashi.

La bataille pour le Katanga passe enfin sur le terrain des intérêts privés. Les adversaires de Katumbi l'accusent d'avoir précipité la ruine des chemins de fer congolais avec ses trois sociétés qui transportent des chargements de cuivre et de cobalt à bord de camions sous surveillance satellitaire.

"Si ces sociétés m'appartenaient, elles auraient déjà été fermées. Tout ce qui m'appartient a été fermé", affirme M. Katumbi. "Pour éviter tout conflit d'intérêt, j'ai vendu mes sociétés Hakuna Matata et MCK quand j'ai été élu à la tête de la province (en 2007)".

M. Katumbi n'a vendu MCK qu'en 2015 pour environ 140 millions de dollars au français Necotrans. Il affirme n'avoir touché que 20 millions de dollars. Le tribunal de commerce de Paris lui a donné raison en mai en appel contre le Français Pascal Beveraggi...En février, l'avocat du Corse avait disposé d'une longue tribune dans un journal proche du pouvoir.

Avec AFP

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Le bois précieux à l'origine d'un scandale va être vendu aux enchères

Les gens visitent la Société Nationale des Bois du Gabon (SNBG) à Owendo, port de Libreville le 11 octobre 2012.

Cent-vingt-cinq conteneurs de kevazingo, un bois précieux très prisé en Asie, dont la saisie fin février au Gabon avait créé un scandale politique, vont être vendus aux enchères, a annoncé le ministre de l'Environnement.

Les autorités gabonaises ont transféré dimanche vers un parc à bois 125 des 353 conteneurs de kevazingo qui avait été saisis au port d'Owendo à Libreville, selon un communiqué du gouvernement publié dimanche soir.

Sous l'autorité du ministre de la forêt et de l'environnement, Lee White, ces 1.500 m3 de bois vont être "revalorisé puis vendus au bénéfice de l'Etat", ce qui pourrait rapporter 45 milliards de francs CFA (environ 40,6 millions d'euros) à l'Etat gabonais, selon le ministère.

En transférant le kevazingo du port au parc à bois, les autorités ont "pour objectif de convertir ce bois illégal en bois légal autorisé à la vente", a expliqué le ministre dans un communiqué.

La coupe de kevazingo est en effet interdite. La découverte de ces conteneurs de bois illégaux fin février, puis leur disparition quelques semaines plus tard, avaient mis à jour la complicité de plusieurs hauts responsables politiques et mené aux limogeages du vice-président du pays et du ministre des Eaux et forêts.

Après ce scandale, le président Ali Bongo Ondimba avait procédé à un remaniement ministériel, nommant notamment M. White, un Britannique naturalisé gabonais réputé pour être un écologiste intransigeant, à la tête du ministère des Forêts.

Le kévazingo est un bois rare d'Afrique centrale, considéré comme sacré par certaines communautés locales et très apprécié en Asie, notamment pour la réalisation de parquets, escaliers, meubles de luxe.

Représentant 60% du PIB (hors hydrocarbures), le secteur forestier est l'un des piliers historiques de l'économie du Gabon, un pays recouvert à près de 80% par la forêt.

L'OMS appelle à la solidarité régionale dans la lutte contre Ebola

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS, lors de la 72ème Assemblée mondiale de la santé à Genève, en Suisse, le 20 mai 2019.

L'appel concerne les neuf pays voisins de la République démocratique du Congo et a été lancé lundi à Brazzaville par le Dr Tedros Adhanom Ghebreyessus, directeur général de l'OMS, lors de la 69e Session du comité régional de l'organisation onusienne pour l'Afrique.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé lundi à Brazzaville les partenaires des Nations unies, principalement les neuf pays frontaliers de la République démocratique du Congo (RDC) à faire "preuve de solidarité" dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola qui a déjà tué plus de 1.930 personnes dans ce pays.

"Le moment est venu pour que tous les partenaires, notamment les neuf pays voisins de la RDC, fassent preuve de solidarité pour barrer la route à la propagation d'Ebola", a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyessus, directeur général de l'OMS.

"La stratégie régionale de surveillance et de riposte de la maladie est si importante. Elle (...) peut combler toutes les lacunes constatées", a-t-il estimé.

"Ebola est une urgence de santé qui est complexe", en RDC où les agents de santé font parfois face à l'insécurité dans les zones touchées puis au manque de confiance de certaines communautés, a-t-il souligné.

Le Dr Ghebreyessus prenait part lundi à Brazzaville à la 69e Session du comité régional de l'OMS pour l'Afrique, qui sera marquée par l'élection du nouveau directeur de l'OMS/Afrique, qui a son siège dans la capitale congolaise.

Au moins 400 participants, dont 47 ministres de la Santé du continent, prennent part à cette session, dont les assises ont été inaugurées par le président congolais Denis Sassou Nguesso.

"Ebola est une maladie évitable et traitable. Nous avons un vaccin qui est à plus de 97% efficace et des médicaments qui le sont à plus de 90%", a affirmé le directeur général de l'OMS.

Par ailleurs, une équipe japonaise spécialisée dans la réponse aux urgences concernant les maladies infectieuses sera déployée à partir de vendredi.

Elle doit permettre le renforcement de la quarantaine et la participations à d'autres activités pertinentes en vue de prévenir la propagation de l'épidémie, a annoncé l'ambassade du Japon en RDC.

En juillet, le comité d'urgence de l'OMS avait élevé la dixième épidémie d'Ebola en RDC au rang d'une urgence de santé publique de portée internationale.

Cette épidémie a déjà tué plus de 1.934 personnes en RDC où elle sévit dans la partie orientale, frontalière de l'Ouganda, du Rwanda ou encore du Burundi.

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