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John Dean, ancien du Watergate, voit des "parallèles" entre Nixon et Trump

John Dean, figure clé du scandale du Watergate, lors de son témoignage, à Capitol Hill, Washington, 10 juin 2019. REUTER

L'ancien chef juriste de la Maison Blanche et participant repenti au scandale du Watergate John Dean a affirmé lundi qu'il voyait des "parallèles remarquables" entre l'affaire qui a fait tomber Richard Nixon et les conclusions de l'enquête Mueller plombant la présidence de Donald Trump.

Une "ordure", "déshonorée": le président américain Donald Trump n'a pas caché son mépris pour John Dean, qui l'a également souvent critiqué dans des termes très durs.

Lors d'un spectaculaire témoignage devant le Congrès en 1973, M. Dean, alors chef des services juridiques de la Maison Blanche, avait impliqué Richard Nixon dans le scandale du Watergate, un programme d'espionnage politique qui a visé les démocrates.

Des accusations qui avaient contribué à pousser le président républicain Nixon à la démission un an plus tard, sous la menace d'une procédure de destitution.

Un parallèle potentiellement embarrassant pour Donald Trump, que M. Dean, 80 ans, a pris soin de souligner devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants.

Il était cette fois invité par les démocrates, qui multiplient les enquêtes parlementaires contre Donald Trump depuis la publication, en avril, du long rapport d'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016.

M. Mueller a conclu qu'il n'y avait pas eu d'entente entre l'équipe de campagne de Donald Trump et Moscou mais il ne l'a en revanche pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice, détaillant une dizaine de pressions troublantes exercées sur son enquête par le 45e président américain.

S'il n'a pas recommandé l'inculpation du milliardaire, républicain protégé par son immunité présidentielle, M. Mueller a semblé renvoyer la balle dans le camp du Congrès, doté de puissants pouvoirs d'investigation.

"Sous de nombreux aspects, le rapport Mueller est pour le président Trump ce que la dite +feuille de route du Watergate+ était pour le président Richard Nixon", a estimé John Dean devant la commission, affirmant que le procureur spécial Mueller avait fourni au Congrès "une feuille de route".

"Je voudrais aborder certains des parallèles remarquables que je détecte entre le rapport Mueller et le Watergate, particulièrement ceux liés à l'entrave à la justice", a-t-il souligné.

"Et je m'empresse d'ajouter que j'ai appris ce que je sais sur l'entrave à la justice à la dure, en me retrouvant du mauvais côté de la loi", a poursuivi M. Dean, en référence aux quelques mois qu'il avait passés en prison à la suite du Watergate.

- Débat sur la destitution -

M. Dean établit notamment une comparaison entre Richard Nixon et l'hypothèse que M. Trump a brandi la possibilité de grâces présidentielles à certains ex-proches collaborateurs, "en échange de leur silence ou afin de les empêcher de coopérer avec les enquêteurs".

Il compare également les tentatives supposées des deux présidents républicains d'influencer les enquêtes du FBI.

Martelant qu'il a été totalement innocenté par le rapport Mueller, Donald Trump s'est indigné de l'audience de M. Dean.

"Je n'arrive pas à croire qu'ils fassent venir John Dean, le conseil déshonoré de la Maison Blanche", a tweeté le président républicain lundi, après l'avoir traité d'"ordure" la veille.

Puis il s'est dit serein face à la menace --encore minoritaire mais grandissante chez les démocrates--, de l'ouverture d'une procédure de destitution.

"On ne peut pas destituer quelqu'un quand rien de mal n'a été fait", a-t-il déclaré depuis la Maison Blanche. "Quand on regarde les précédentes destitutions (...) il y a une grosse différence. Je ne pars pas".

Les chefs des démocrates, majoritaires à la Chambre, continuent de tempérer les appels à ouvrir une telle procédure, par crainte notamment qu'elle ne divise profondément l'électorat à l'approche des élections présidentielle et parlementaires de 2020.

Mais leur tâche est compliquée depuis plusieurs semaines par le refus de la Maison Blanche de répondre à de multiples requêtes de leurs commissions d'investigation.

Lundi, les démocrates ont toutefois annoncé que l'administration Trump avait finalement accepté de livrer au Congrès certains documents liés à l'enquête Mueller.

Les démocrates prévoient quand même un vote de défiance mardi à la Chambre, sur une résolution qui permettrait aux chefs des commissions de demander directement aux tribunaux fédéraux de faire appliquer leurs injonctions.

Avec AFP

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Le favori centriste Biden combatif dans un vif débat démocrate

L'ancien vice-président Joe Biden, entouré d'autres candidat de la primaire démocrate.

Attendu sur sa pugnacité, le favori de la primaire démocrate Joe Biden a opté pour l'offensive jeudi lors d'un débat télévisé, taclant ses principaux rivaux, les sénateurs Elizabeth Warren et Bernie Sanders, sans se laisser déstabiliser par les plus petits candidats.

Après un été marqué par des erreurs et propos confus qui ont réveillé des doutes sur sa forme physique et intellectuelle, Joe Biden, 76 ans, s'est montré incisif dans ce débat marathon de trois heures, défendant farouchement ses positions centristes face aux deux candidats plus à gauche.

"Nous sommes les Etats-Unis d'Amérique. Jamais, lorsque nous nous sommes décidés à faire quelque chose, avons nous été incapables de le faire", a-t-il déclaré, comme pour prouver sa détermination.

L'ancien vice-président de Barack Obama a également revendiqué, à plusieurs reprises, ses liens avec le premier président noir des Etats-Unis encore très populaire dans l'électorat démocrate.

Malgré ses faux pas, Joe Biden reste solidement en tête des sondages(26,8% selon la moyenne établie par le site RealClearPolitics), bénéficiant d'un grand capital sympathie, de son image de modéré capable de battre Donald Trump en 2020 et du fort soutien des Noirs.

Juste derrière lui dans les sondages, Bernie Sanders, 78 ans (17,3%) et Elizabeth Warren, 70 ans (16,8%), ont maintenu un front uni lors de ces échanges, à Houston (Texas).

Dans un moment remarqué, un petit candidat, plafonnant à 1% des sondages, a attaqué M. Biden: "Avez-vous déjà oublié ce que vous avez dit il y a deux minutes?", a lancé Julian Castro, ancien ministre de Barack Obama, s'attirant des huées dans le public. Biden a ignoré la pique.

- "cassé" -

Etoile montante de la primaire, Elizabeth Warren a évité de s'en prendre à ses rivaux.

Se démarquant par sa veste rouge vif parmi les costumes sombres, elle a joué sur son image de candidate au programme déjà très étoffé.

"Je sais ce qui est cassé, je sais comment le réparer et je vais mener la lutte pour le faire", a-t-elle affirmé, en déclinant ses promesses très à gauche.

Après plusieurs fusillades très meurtrières cet été dont deux au Texas, les questions sur les armes à feu ont donné certains des moments forts, l'ex-élu de la Chambre des représentants Beto O'Rourke, originaire de cet Etat, a plaidé pour la confiscation des fusils d'assaut, dans un pays où la question du droit au port d'armes divise profondément.

"Bien sûr qu'on va prendre votre AR-15, votre AK-47", a-t-il lancé sous des applaudissements nourris.

Cinq mois avant les premiers votes de la primaire, dans l'Iowa, cette émission marque le vrai coup d'envoi de la rentrée, et l'accélération de cette longue campagne. Vingt candidats sont toujours en lice, un record.

- Tous contre Trump -

Pour les petits candidats, tous loin derrière, ce débat marque l'une des dernières occasions de grimper dans les sondages... et de s'attirer les financements indispensables pour poursuivre la campagne.

Après un coup d'éclat face à Biden en juin, la sénatrice Kamala Harris est retombée dans les sondages (6,5%).

Complètent la liste le jeune maire de South Bend, Pete Buttigieg (4,8%), l'homme d'affaires et seul non-professionnel de la politique sur scène Andrew Yang (3%), Beto O'Rourke (2,8%), le sénateur Cory Booker (2,3%), la sénatrice Amy Klobuchar (1,2%) et l'ancien ministre d'Obama Julian Castro (1%).

Derrière les échanges souvent vifs sur la santé ou le commerce international, un seul sujet a fait l'unanimité parmi les dix candidats à l'investiture démocrate sur le plateau de ce débat : l'impératif de battre Donald Trump.

"Le président le plus dangereux de l'Histoire", un "extrémiste blanc", un homme d'affaires qui profite des troupes pour s'enrichir: les attaques ont fusé contre le milliardaire républicain.

En face, Donald Trump fait campagne pour sa réélection en dépeignant ses opposants comme des "socialistes" menaçant le "rêve américain".

Pendant que les démocrates débattait, lui s'en moquait lors d'un dîner avec des élus républicains à Baltimore près de Washington, en reprenant les surnoms dont il les affuble régulièrement: "Joe l'endormi", "Pocahontas" en référence à la polémique sur les origines amérindiennes longtemps revendiquées par Elizabeth Warren et "Bernie le fou".

Avec AFP

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