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Nouvelles tractations attendues pour tenter de former un gouvernement en Italie

L'ancien haut responsable du Fonds monétaire international (FMI), Carlo Cottarelli, s'adresse aux médias après une rencontre avec le président italien Sergio Mattarella au palais du Quirinal à Rome, en Italie, le 28 mai 2018.

De nouvelles tractations sont attendues jeudi pour tenter de constituer un gouvernement italien, près de trois mois après les élections législatives du 4 mars dominées par le Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite).

Luigi Di Maio, le chef de file du M5S, a proposé mercredi un compromis pour relancer l'idée d'un gouvernement d'union avec la Ligue, bloquée quelques jours plus tôt par le président italien Sergio Mattarella. Et Carlo Cottarelli, l'ancien haut fonctionnaire du Fonds monétaire international (FMI) chargé par M. Mattarella de former un gouvernement de techniciens dans l'attente de nouvelles élections, a gelé la formation de son équipe pour laisser du temps aux tractations.

Extrême incertitude

Malgré le climat d'extrême incertitude qui a marqué toute la journée de mercredi, les marchés financiers, très fébriles ces derniers jours, ont enregistré un léger rebond.

L'idée d'un gouvernement d'union M5S-Ligue avait été abandonnée dimanche soir à la suite du veto spectaculaire du président Mattarella à la nomination de Paolo Savona, un économiste eurosceptique, à la tête du ministère de l'Economie et des Finances.

Mais M. Di Maio, le dirigeant du M5S, en a relancé l'idée mardi soir. Sa proposition a été reçue avec réticence par le chef de la Ligue, Matteo Salvini, qui a enchaîné toute la journée les meetings de campagne et les bains de foule en Toscane et en Ligurie.

"J'ai passé des semaines à Rome à essayer de faire un gouvernement. Cela a été un effort inutile, maintenant je retourne au milieu des Italiens", a déclaré M. Salvini.

Il s'est dit prêt à reconstituer un gouvernement politique - par opposition au gouvernement d'experts que M. Cottarelli est censé former - mais uniquement avec le programme commun et l'équipe retoqués dimanche par le président.

Pour M. Salvini, seule l'équipe constituée par la Ligue et le M5S sur la base de leurs succès respectifs aux législatives de mars est acceptable, avec éventuellement le soutien de Fratelli d'Italia, la petite formation d'extrême droite dirigée par Giorgia Meloni.

Dans le cas contraire, M. Salvini assure qu'il ne vendra pas sa "dignité pour dix ministères".

Avec Savona mais pas aux Finances ?

Mercredi soir, après une discrète entrevue avec M. Mattarella au palais du Quirinal, le siège de la présidence, M. Di Maio a proposé une solution de compromis.

"Trouvons une personne de la même envergure que Paolo Savona pour le ministère de l'Economie et des Finances et M. Savona peut rester dans le gouvernement mais à un autre poste", a-t-il expliqué sur Facebook.

Selon des sources de la présidence, M. Mattarella "étudie avec attention" cette proposition.

"Quand nous avons proposé le professeur Savona, c'est parce qu'il était le meilleur pour être ministre de l'Economie. Si Di Maio a changé d'avis, j'en parlerai avec lui", a réagi le chef de la Ligue.

Pendant ce temps, M. Cottarelli a multiplié les navettes et les consultations entre le Quirinal et le Parlement.

Selon des sources de la présidence, la composition du gouvernement d'experts de M. Cottarelli ne pose pas de problème, mais comme aucun des principaux partis ne prévoit pour l'instant de lui voter la confiance, lui et M. Mattarella ont décidé de laisser du temps aux tractations politiques en cours.

Léger rebond des marchés

Depuis le report sans explication de l'annonce des noms des membres du gouvernement Cottarelli qui était attendue mardi, les médias se perdent en conjectures.

Certains évoquent des démarches d'élus de tous bords en faveur d'élections anticipées dès le 29 juillet, afin de laisser le temps à la prochaine majorité de préparer et d'adopter le budget 2019. Compte tenu des délais d'organisation d'un tel scrutin, la dissolution du Parlement devrait pour cela avoir lieu au plus tard vendredi.

En pleine ascension dans les sondages, M. Salvini, qui a transformé son parti sécessionniste, anciennement Ligue du Nord, en une formation souverainiste, opposée à l'euro et à l'immigration, est déjà reparti en campagne. Il doit encore enchaîner une dizaine de meetings jeudi.

Après avoir obtenu 17% des voix aux élections de mars (contre 4% à celles de 2013) et supplanté Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, au sein de la coalition de droite, la Ligue dépasse désormais les 20% d'intentions de vote (jusqu'à 27% selon certains sondages), tandis que les autres formations stagnent ou baissent.

En dépit de ce climat de complète incertitude, les marchés financiers se sont repris mercredi après plusieurs jours d'une fébrilité qualifiée d'"émotive" par le gouverneur de la Banque d'Italie, Ignazio Visco.

La Bourse de Milan a clos en hausse de 2,09% à 2.798 points et le "spread", l'écart très surveillé entre les taux allemand et italien à dix ans qui avait franchi la barre des 300 points mardi, est redescendu à 247 points.

Avec AFP

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Brésil: pire mois de juin en 13 ans pour les incendies en Amazonie

Feux en Amazonie

Le nombre d'incendies de forêt en Amazonie brésilienne a augmenté de 19,5% en juin par rapport au même mois de l'année dernière, avec 2.248 foyers recensés, le pire total depuis 13 ans, d'après les données officielles rendues publiques mercredi.

Le mois de juin marque le début de la saison sèche et ces chiffres confirment les prévisions des analystes, qui tablent sur une année encore plus dévastatrice que 2019, quand la recrudescence des feux de forêt en Amazonie avait suscité une vive émotion dans le monde entier.

Le site de l'Institut national de recherches spatiales (INPE), qui permet de suivre en temps réel les alertes d'incendies identifiées par satellite, n'avait jamais fait état d'autant de foyers pour ce mois de l'année depuis les 3.519 recensés en 2007.

Mais le pire est attendu pour le mois d'août: plus de 30.000 foyers avaient été enregistrés en 2019, trois fois plus que lors de ce même mois en 2018.

Les incendies de forêt en Amazonie sont pour la plupart criminels et directement liés à la déforestation, étant souvent causés par des agriculteurs pratiquant le brûlis sur les zones déboisées pour pouvoir cultiver ou faire paître le bétail.

La déforestation au Brésil était déjà très élevée cette année avant même le début de la saison sèche, avec plus de 2.000 km2 déboisés de janvier à mai, 34% de plus que sur la même période de 2019, selon les dernières données de l'INPE.

L'Institut de recherches environnementales de l'Amazonie (Ipam) estime que 9.000 km2 de forêt déjà déboisés depuis l'an dernier pourraient partir en fumée d'ici le mois d'août.

Les écologistes accusent le gouvernement du président d'extrême droite Jair Bolsonaro, un climatosceptique notoire, de favoriser la déforestation en appelant à légaliser l'agriculture ou les activités minières dans des zones protégées.

Les spécialistes craignent par ailleurs que l'augmentation des incendies ne cause davantage de troubles respiratoires chez une population déjà touchée de plein fouet par le coronavirus.

Autre problème de taille: les pouvoirs publics disposent de moins de moyens humains et financiers pour protéger l'environnement à cause de la pandémie, qui a fait près de 60.000 morts au Brésil.

L'ONU exige un arrêt des conflits pour faciliter la lutte contre la pandémie

L'ambassadeur français à l'ONU, Nicolas de Rivière, à New York le 3 octobre 2019.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté mercredi à l'unanimité une résolution réclamant l'arrêt des conflits dans le monde pour faciliter la lutte contre la pandémie de Covid-19, après plus de trois mois de blocages entre la Chine et les Etats-Unis.

La résolution a été rédigée conjointement par la France et la Tunisie, qui ont salué son adoption, l'ambassadeur tunisien à l'ONU, Kais Kabtani, évoquant un "acquis historique". "C'est la première fois que le Conseil de sécurité (adopte) une résolution sur la santé", s'est félicité la présidence tunisienne en parlant d'"avancée extraordinaire".

"Cette résolution doit maintenant être mise en oeuvre", a relevé l'ambassadeur français à l'ONU, Nicolas de Rivière, lors d'une déclaration conjointe avec son homologue tunisien.

Certains experts doutent de la suite qui sera donnée à ce texte après une très longue paralysie du Conseil qui a mis à bas sa crédibilité.

Bloquée pendant des mois par la Chine et les Etats-Unis, opposés sur la place à accorder dans le texte à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), la résolution vise à soutenir un appel du 23 mars du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, pour un cessez-le-feu mondial.

Dans un communiqué, Antonio Guterres a estimé que "l'adoption de la résolution allait envoyer un signal important aux parties en conflit et pourrait aider à modifier les calculs sur le terrain".

Le texte demande "une cessation des hostilités immédiate et générale" dans tous les conflits à l'agenda du Conseil de sécurité, à l'exception des combats contre les groupes jihadistes. Il réclame "une pause humanitaire pour au moins 90 jours consécutifs" afin de faciliter l'assistance internationale aux populations.

La résolution adoptée ne comporte plus comme sa version précédente de paragraphe faisant allusion à l'OMS, auquel s'étaient opposés catégoriquement le 8 mai les Etats-Unis.

Selon des diplomates, c'est à l'initiative de l'Indonésie, membre non permanent du Conseil, qu'un compromis a pu être trouvé. Un paragraphe a été ajouté au préambule se bornant à rappeler l'adoption d'une résolution le 2 avril par l'Assemblée générale de l'ONU.

Dans ce texte sur la nécessité d'une solidarité mondiale pour surmonter la pandémie, l'Assemblée générale engage les 193 membres de l'ONU "à apporter tout l’appui et toute la coopération nécessaires à l’Organisation mondiale de la Santé".

- "Occasion manquée" -

Cette vague référence à un texte de l'Assemblée générale a été jugée acceptable par la Chine qui voulait souligner le rôle de l'OMS et par les Etats-Unis qui ont rompu avec l'agence onusienne accusée de mauvaise gestion de la pandémie et qui ne voulaient aucune mention explicite ou implicite à son égard.

"Que nous citions ou pas l'OMS dans la résolution, le soutien à l'OMS, au multilatéralisme, est là", a fait valoir lors d'une conférence de presse l'ambassadeur chinois à l'ONU, Zhang Jun.

La résolution du Conseil de sécurité est sa première réelle prise de position officielle depuis le déclenchement en début d'année de la pire crise depuis 1945. A l'exception d'une réunion le 9 avril, organisée par l'Allemagne et l'Estonie, deux membres non permanents, le Conseil était resté jusqu'à présent largement silencieux sur l'épidémie meurtrière qui bouleverse la planète.

Depuis trois mois, la paralysie du Conseil de sécurité due à la rivalité croissante de ses deux plus gros contributeurs financiers, les Etats-Unis et la Chine, tous deux menaçant de recourir à leur droit de veto, a été souvent dénoncée. Certains membres de l'instance ont été jusqu'à la qualifier de "honte".

La semaine dernière, le chef de l'ONU s'était félicité que sa demande de cessez-le-feu ait été soutenue par près de 180 pays et plus de 20 groupes armés. Il avait cependant reconnu qu'elle manquait de concrétisation.

Au Yémen ou en Libye, la violence a même redoublé.

"Il semble peu probable" que la résolution du Conseil de sécurité "ait réellement beaucoup d'impact dans de nombreuses zones de guerre", affirme à l'AFP Richard Gowan du centre de réflexion International Crisis Group.

"Après des mois de diplomatie difficile", cette adoption permet "de sauver la face". Mais le Conseil a "manqué l'occasion de renforcer l'appel du secrétaire général en faveur d'un cessez-le-feu mondial en avril ou mai, lorsqu'une résolution aurait pu faire une différence significative", estime-t-il.

Parmi les ONG ayant réagi à l'adoption de la résolution, Oxfam a estimé que la paralysie du Conseil s'était traduite par un échec "à protéger des millions de personnes" dans des conflits. "Le monde doit unir ses efforts pour vaincre le Covid-19", a estimé de son côté Amnesty International.

Poutine s'offre 16 années supplémentaires à la tête de la Russie

Russian President Vladimir Putin shows his passport to a member of an election commission as he arrives to take part in voting at a polling station in Moscow, Russia, July 1, 2020.

La Russie a adopté la vaste révision constitutionnelle autorisant Vladimir Poutine à se maintenir au Kremlin jusqu'en 2036, un référendum dénoncé par l'opposition qui y voit une manoeuvre pour perpétuer sa mainmise sur le pays.

Les Russes ont validé à 74,1% ce bloc d'amendements qui, outre la question des mandats du président en exercice, introduisent aussi ses principes conservateurs dans la Constitution, selon des résultats portant sur près de 30% des bureaux de vote répartis sur l'immense territoire russe et diffusés mercredi par la Commission électorale centrale.

La participation tournait, quant à elle, autour de 65%.

Le doute n'a jamais pesé quant à l'issue du scrutin : la réforme a été approuvée par le législateur en début d'année et le nouveau texte de la Constitution est déjà en vente dans les librairies.

Vladimir Poutine avait, pour sa part, demandé mardi aux Russes de garantir "la stabilité, la sécurité et la prospérité" de la Russie, qu'il se targue d'avoir sortie du chaos post-soviétique.

Le scrutin, prévu à l'origine pour avril, a été repoussé à cause de la pandémie de Covid-19. Pour éviter une trop forte affluence dans les bureaux de vote, il s'est déroulé sur une semaine et les électeurs devaient se munir de masques de protection et de gants.

Amendement le plus controversé : celui accordant à Vladimir Poutine l'option de deux mandats supplémentaires à l'issue de l'actuel en 2024. Une nécessité selon lui, car la classe politique ne doit pas se perdre dans "une quête de successeurs potentiels".

- Dieu, mariage, retraite -

Ce changement lui permettrait de rester au Kremlin jusqu'en 2036, l'année de ses 84 ans. D'autres amendements renforcent certaines prérogatives présidentielles.

La révision introduit aussi dans la Constitution des principes conservateurs chers au président - foi en Dieu, mariage réservé aux hétérosexuels, enseignement patriotique -, ainsi que des garanties sociales, comme l'indexation des retraites.

Ioulia Zabolotova, une retraitée de 83 ans, était enthousiaste dans un bureau de vote moscovite mercredi : "Il faut soutenir Poutine, jamais je n'ai vécu aussi bien qu'avec lui. Il a relevé le pays du chaos !".

Les détracteurs de M. Poutine, notamment l'opposant Alexeï Navalny, jugent quant à eux que le référendum n'a d'autre but que de lui garantir "une présidence à vie" et que les autres mesures ont visé à faire aller les Russes aux urnes.

Sergueï Lepnoukhov, un juriste moscovite de 47 ans, ne décolérait pas. "Il ne faut pas toucher à la Constitution, elle doit être inaliénable (...) mais (Poutine) veut s'accaparer le pouvoir, alors il s'est trouvé une porte dérobée. C'est honteux et malheureux".

Un petit groupe de Moscovites a manifesté son mécontentement place Pouchkine, dans le centre de Moscou, et en début de soirée mercredi, sans être dispersé par la police présente en nombre et malgré l'interdiction des rassemblements imposée à cause du nouveau coronavirus, selon des journalistes de l'AFP.

- Succès sur-mesure -

Le vote est intervenu sur fond de baisse de la popularité de M. Poutine à cause d'une réforme des retraites décriée et de la crise du Covid-19. De mai 2018 à juin 2020, le taux d'approbation de sa politique mesuré par l'institut indépendant Levada est descendu de 79% à 60%.

Selon les critiques du Kremlin, le pouvoir a multiplié les ruses pour s'assurer un succès retentissant et une participation électorale forte au scrutin.

L'aspect le plus insolite aura été l'installation de lieux de vote de fortune en extérieur, dans les cours ou sur des terrains de jeux, sans grand respect du secret du vote ni surveillance adéquate des urnes.

Le but de la manoeuvre, d'après l'opposition, n'était pas de protéger l'électorat du nouveau coronavirus mais de se fabriquer un résultat sur-mesure.

L'ONG Golos, spécialisée dans l'observation des élections et honnie des autorités, a en outre dénoncé des pressions hiérarchiques sur les fonctionnaires et les salariés pour qu'ils aillent voter.

La commission électorale russe n'a constaté pour sa part "aucune infraction sérieuse" pendant le scrutin.

New York revoit le budget de sa police

Des agents de police de New York arrêtent un homme sur une promenade à New York, le 21 juin 202

La ville de New York a adopté dans la nuit de mardi à mercredi un budget annuel réduisant les fonds alloués à ses services de police, illustration de l'impact des manifestations antiracistes même si la mesure a été critiquée de toutes parts.

Le budget de la première métropole américaine pour l'année fiscale 2021 qui s'ouvre ce 1er juillet rogne les dépenses policières de plus d'un milliard de dollars, par rapport à un budget opérationnel de la police new-yorkaise - la plus importante des Etats-Unis avec quelque 36.000 agents - de quelque 6 milliards, selon le maire de New York Bill de Blasio.

Selon lui, ces coupes répondent aux exigences de réformes des manifestations antiracistes portées par le mouvement #BlackLivesMatter qui ont suivi la mort de George Floyd, un homme noir asphyxié par un policier blanc à Minneapolis le 25 mai.

A New York comme ailleurs, les demandes de transfert des fonds alloués à la police municipale au profit des minorités défavorisées ont été une revendication phare des manifestants.

M. de Blasio souligne avoir renoncé à embaucher 1.100 policiers qui devaient commencer leur formation en juillet. Et assure que son budget répond aux demandes pour plus de justice sociale comme au "désir profond" de sécurité des 8,5 millions de New Yorkais.

Mais les mesures ont été jugées insuffisantes, voire purement cosmétiques, par l'aile gauche du parti démocrate, et ont été critiquées par les républicains qui voient dans une récente augmentation des fusillades à New York la preuve que la police doit être soutenue.

Donald Trump a ainsi accusé dans un tweet mercredi le maire de "neutraliser et mépriser" une police qu'"il déteste".

Le président américain s'en est aussi pris à la décision du maire de placer prochainement un panneau à l'emblème de "Black Lives Matter" devant la tour Trump, sur la 5e Avenue, où habitait le milliardaire jusqu'à son élection.

Après que le maire eut déclaré sur la chaîne MSNBC qu'il voulait ainsi que le président "entende (...) trois mots pour lesquels il n'a jamais montré aucun respect", M. Trump a estimé que la police ne devrait "peut-être" pas laisser apposer "ce symbole de haine sur la plus prestigieuse rue new-yorkaise".

Le budget new-yorkais 2021 s'inscrit dans un contexte de coupes budgétaires imposées par la pandémie, avec la crise économique et le manque à gagner fiscal qu'elle a générés.

Il atteint 88,1 milliards de dollars, soit sept milliards de moins qu'une version préliminaire adoptée en février, un mois avant que la pandémie ne mette la capitale économique américaine à l'arrêt.

Le maire explique depuis plusieurs semaines que si le gouvernement fédéral n'accorde pas d'aide substantielle à la ville ou si l'Etat de New York ne l'autorise pas à recourir à l'emprunt, quelque 22.000 postes municipaux devront être supprimés le 1er octobre, affectant tous les services de base.

Annexion en Cisjordanie: les regards sont tournés vers Netanyahu

De g. à d., le président israélien Reuven Rivlin, le président américain Donald Trump et le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Tel Aviv, Israël, le 22 mai 2017. (AP Photo/Evan Vucci)

Qui peut lire dans la tête de Benjamin Netanyahu? A la veille d'une échéance clé pour le plan d'annexion en Cisjordanie, la stratégie du Premier ministre israélien, dont le projet est vivement critiqué à l'étranger, reste difficile à décoder.

Selon l'accord passé en mai entre M. Netanyahu et son ancien rival électoral Benny Gantz, leur gouvernement d'union doit se prononcer à partir de mercredi sur la mise en oeuvre du plan américain pour le Proche-Orient, qui prévoit notamment l'annexion par Israël de colonies et de la vallée du Jourdain en Cisjordanie occupée.

Rejeté en bloc par les Palestiniens, ce plan a été salué comme étant une "opportunité historique" par M. Netanyahu, qui rencontre d'ailleurs mardi à Jérusalem Avi Berkowitz, conseiller spécial du président Donald Trump, et David Friedman, ambassadeur américain en Israël.

Mais M. Netanyahu est resté discret ces dernières semaines sur ses intentions exactes, au moment où certains observateurs estiment que le gouvernement pourrait temporiser ou commencer par annexer seulement certaines colonies ou blocs de colonies comme Maalé Adoumim, Goush Etzion ou Ariel.

Benny Gantz, actuellement ministre de la Défense, a lui-même affirmé que la date du 1er juillet n'était pas "sacrée", mettant la priorité sur la gestion de la pandémie de nouveau coronavirus. Après avoir réussi à relativement bien contenir le virus, Israël enregistre actuellement une hausse du nombre de cas de personnes contaminées.

"Tout ce qui n'est pas lié à la bataille contre le coronavirus attendra jusqu'après le virus", a dit lundi M. Gantz, propos auxquels les services de M. Netanyahu n'ont pas réagi.

Dans ce contexte de crise sanitaire, seuls 5% des Israéliens considèrent que l'annexion doit être la priorité du gouvernement, selon un récent sondage de la chaîne télévisée 12.

"On peut se demander, dans ce cas, pourquoi M. Netanyahu ferait la promotion de son projet, s'il y a si peu d'intérêt dans l'opinion publique", souligne Yohanan Plesner, président de l'Israel Democracy Institute, un centre de recherche de Jérusalem.

- Postérité -

"Une première explication pourrait être de vouloir faire glisser le débat public sur un autre sujet que celui d'un Premier ministre inculpé", estime l'analyste, faisant référence aux ennuis judiciaires de M. Netanyahu, dont le procès pour corruption s'est ouvert fin mai.

Une autre explication serait la volonté de M. Netanyahu, détenteur du record de longévité au poste de Premier ministre de toute l'histoire d'Israël, de garder le pouvoir.

"M. Netanyahu se demande toujours: +comment faire pour rester Premier ministre+", affirme Erez Yaacobi, expert en psychologie politique. "Il sait que l'annexion est importante pour la droite, sa base électorale. Stratégiquement, s'il n'annexe pas, ce sera problématique vis-à-vis de ses électeurs."

Mais M. Netanyahu doit aussi composer avec les vives critiques que son projet a soulevé à l'étranger.

Lundi, l'ONU a de nouveau dénoncé le plan israélien, mettant en garde contre des "ondes de choc (qui) dureront des décennies et seront extrêmement préjudiciables à Israël, ainsi qu'aux Palestiniens".

L'Union européenne a elle lancé une offensive diplomatique pour tenter d'empêcher Israël de poursuivre son projet d'annexion, sans sembler en mesure de menacer le pays de sanctions car l'imposition de telles mesures exige l'unanimité de ses Etats membres.

Les pays arabes ont de leur côté indiqué qu'une annexion menacerait la région d'un "conflit majeur", et mettrait fin aux ambitions israéliennes d'une "normalisation" des relations avec les Etats arabes du Golfe.

Et à Ramallah, l'Autorité palestinienne a déjà mis un terme à la coopération sécuritaire avec Israël et répété que toute annexion annulerait tous les accords avec l'Etat hébreu. Elle a cependant affirmé lundi être prête à reprendre des négociations bilatérales.

Malgré toutes les critiques, M. Netanyahu pourrait aller de l'avant avec son projet, par souci de marquer son legs politique.

"Il veut laisser quelque chose derrière lui au moment où il prendra se retraite ou mourra", juge M. Yaacobi. Dans ce cas, "l'annexion restera à jamais celle de Netanyahu".

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