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Israël approuve des plans pour 1.292 logements de colons en Cisjordanie


Amichai, une nouvelle colonie qui abritera 300 colons juifs expulsés en février de la colonie illégale d'Amona en Cisjordanie, le 20 juin 2017.

Les plans ont été approuvés par l'Administration civile, autorité israélienne faisant office de gouvernement en Cisjordanie.

En tout, c'est l'examen des dossiers de plus de 2.000 habitations qui était prévu mardi et mercredi, à différents stades des procédures d'instruction, a dit la Paix maintenant.

L'Administration civile avait approuvé lundi la construction de 31 logements pour colons juifs à Hébron, une première depuis 2002 dans une ville de Cisjordanie où la coexistence de centaines de juifs et de dizaines de milliers de Palestiniens est une source de tensions et de violences permanentes.

La présidence palestinienne a condamné ces nouvelles annonces.

"Netanyahu défie la communauté internationale, à commencer par l'administration du président Trump" au moment où celle-ci cherche les moyens de relancer l'entreprise de paix, a dit le porte-parole de la présidence, Nabil Abou Roudeina, cité par l'agence palestinienne Wafa.

La colonisation est illégale au regard du droit international et est considérée comme un obstacle majeur à un règlement du conflit entre Israéliens et Palestiniens et à une solution dite à deux Etats, c'est-à-dire la création d'un Etat palestinien coexistant avec Israël.

- 'Expansion massive' -

Outre le plan pour Hébron, La Paix Maintenant s'alarme en particulier du fait que certaines habitations avalisées mardi sont appelées à être construites dans des colonies situées très à l'intérieur de la Cisjordanie, renforçant la présence israélienne jusqu'au cœur du territoire palestinien et compliquant encore un règlement négocié du conflit.

Autre motif d'alarme pour l’organisation anti-colonisation: le projet de proposer 17 logements de substitution aux habitants de Netiv Haavot, un établissement illégal au regard du droit international et israélien, et voué à la démolition d'ici à mars 2018 par une décision de la justice israélienne.

Cette façon de procéder revient à cautionner les implantations sauvages de colons en territoire occupé, dénoncent les détracteurs de la colonisation.

Confronté aux pressions des défenseurs de la colonisation et aux enquêtes de police le visant, le Premier ministre israélien "s'emploie à prouver son extrémisme, sans se soucier des conséquences d'une expansion massive de la colonisation sur l'avenir de la solution à deux Etats", a réagi l’Ong dans un communiqué.

Non seulement la colonisation juive rogne les terres sur lesquelles les Palestiniens aspirent à former un Etat indépendant, mais en fragmentant la continuité des territoires, elle menace de rendre impossible la création d'un tel Etat, disent ses détracteurs.

- Le trouble travailliste -

Quelque 430.000 colons vivent en Cisjordanie, territoire occupé depuis 50 ans par l'armée israélienne, aux côtés de 2,6 millions de Palestiniens.

Le gouvernement israélien, considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël, conteste que la colonisation entrave la paix et impute l'enlisement du conflit au refus palestinien de reconnaître l'existence d'un Etat juif dans quelque frontière que ce soit.

M. Netanyahu est soumis à la surenchère de ses rivaux de droite et du lobby de la colonisation, partisans d'une construction débridée en Cisjordanie et, pour nombre d'entre eux, d'une annexion d'au moins une partie du territoire.

Un responsable israélien avait indiqué il y a une semaine que le gouvernement ferait avancer la construction de plus de 3.700 logements pour les colons. Au total, ce sont environ 12.000 unités qui auront été approuvées en 2017, "quatre fois plus qu'en 2016", disait ce responsable.

"Aucun gouvernement n'a fait autant pour la colonisation que celui que je dirige", se targue M. Netanyahu. "On ne déracinera plus d'implantation sur la terre d'Israël", a-t-il également déclaré.

Un règlement du conflit est largement considéré comme très compliqué sans l'évacuation par Israël des colonies situées à l'intérieur de la Cisjordanie.

Dans ce qui peut être interprété comme une inclinaison à droite ou un nouveau signe de l'éloignement de la solution à deux Etats, le nouveau chef du parti travailliste israélien, Avi Gabbay, a semé le trouble dans l'opposition en envisageant un accord de paix avec les Palestiniens sans évacuation de colonies.

Avec Afp

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