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Iran : le Kremlin s'inquiète de "l'escalade des tensions" malgré les assurances américaines

Le président russe Vladimir Poutine rencontre le conseiller à la sécurité nationale du président des États-Unis, John Bolton, au Kremlin, Moscou, 23 octobre 2018.

Le Kremlin s'est inquiété mercredi de la poursuite de "l'escalade des tensions" autour de l'Iran malgré les déclarations du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo assurant en Russie ne pas vouloir de guerre avec Téhéran.

"Pour l'instant, nous constatons que l'escalade des tensions sur ce thème se poursuit", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, accusant les Etats-Unis de "provoquer" l'Iran.

Les relations déjà tendues entre Washington et Téhéran se sont envenimées il y a une semaine : l'Iran a suspendu certains de ses engagements pris en vertu de l'accord de 2015 encadrant son programme nucléaire, un an après le retrait américain de ce texte, tandis que le gouvernement Trump a renforcé ses sanctions contre l'économie iranienne.

Accusant Téhéran de préparer des "attaques" contre les intérêts américains au Moyen-Orient, le Pentagone a dépêché dans la région un porte-avions, un autre navire de guerre, des bombardiers B-52 et une batterie de missiles Patriot.

"Fondamentalement, nous ne cherchons pas une guerre avec l'Iran", a affirmé M. Pompeo mardi soir au cours d'une conférence de presse avec son homologue russe Sergueï Lavrov à Sotchi (sud-ouest de la Russie), avant de rencontrer Vladimir Poutine.

"On peut difficilement parler de quelconques assurances : il y a une situation évidente qui est la tendance à la poursuite de l'escalade", a réagi M. Peskov.

Ce dernier a ajouté "voir avec regret les décisions prises par l'Iran", tout en disant "comprendre que l'Iran ne prenne pas ces décisions volontairement mais en réaction à la pression" : "Et ce sont précisément les actions des Etats-Unis qui provoquent l'Iran".

Pour sa part, le président russe Vladimir Poutine a jugé mercredi "plus approprié" pour l'Iran de "ne pas quitter l'accord malgré tout".

"Nous avons toujours soutenu cet accord et nous regrettons qu'il soit en train d'être détruit", a déclaré M. Poutine, au cours d'une conférence de presse avec le président autrichien Alexander Van der Bellen à Sotchi, sur la mer Noire.

"La Russie n'est pas une équipe de pompiers. Nous ne pouvons pas tout sauver, surtout lorsque cela ne dépend pas entièrement de nous", a-t-il toutefois souligné.

De son côté, M. Van der Bellen estime que "toute pression supplémentaire sur l'Iran risque d'aggraver encore plus" la situation.

Mercredi, le département d'Etat américain a ordonné à son personnel diplomatique non-essentiel de quitter l'ambassade à Bagdad et le consulat d'Erbil (nord).

La Russie, comme les Européens et la Chine, est favorable à un maintien de l'accord sur le nucléaire signé en 2015.

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La faim s'étend dans le monde pour la troisième année consécutive

David Beasley, directeur exécutif du PAM, à Koundougou, au Mali, le 20 mai 2018. (VOA/Kassim Traoré)

La faim dans le monde continue d'affecter de plus en plus de personnes à cause des conflits et des dérèglements climatiques. En 2018, elles étaient 821,6 millions à en souffrir, contre 811 l'année précédente, selon un rapport annuel de l'ONU publié lundi.

"C'est une mauvaise tendance", a résumé lundi lors d'une conférence de presse au siège des Nations unies le patron du Programme alimentaire mondial (PAM), David Beasley. Et d'avertir: "Sans sécurité alimentaire, nous n'aurons jamais de paix et de stabilité!"

Partout où des groupes extrémistes ont de l'influence, la faim est utilisée par eux comme une arme pour diviser ou recruter, a précisé le responsable onusien, en évoquant le Sahel.

Après des décennies de baisse, il s'agit de la troisième année consécutive de hausse de la sous-alimentation, appelée aussi insécurité alimentaire.

En ajoutant les populations souffrant de famine aux personnes touchées par l'insécurité alimentaire, l'ONU estime dans son rapport annuel que plus de deux milliards de personnes, dont 8% vivent en Amérique du Nord et en Europe, n'ont pas régulièrement accès à des aliments sains, nutritifs et en quantité suffisante.

Le document souligne que les chiffres de 2018 font de l'objectif d'un monde sans aucune personne en état de sous-alimentation un "immense défi".

Ce but faisant partie des 17 Objectifs de développement durable établis par l'ONU pour être atteints en 2030 est hors de portée, a asséné David Beasley, en déplorant qu'on parle davantage dans les médias de Donald Trump ou de Brexit que des enfants qui continuent de mourir de faim dans le monde.

Le rapport a été rédigé par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), avec le concours du Fonds international pour le développement de l'agriculture, de l'Unicef, du PAM et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"Il est essentiel de mettre en place des politiques économiques et sociales pour contrecarrer à tout prix les effets des cycles économiques défavorables, tout en évitant de réduire les services essentiels tels que les soins de santé et l'éducation", affirme le document.

- Femmes exposées -

Dans un rapport séparé également publié lundi,l'ONG Oxfam juge que les femmes payent un plus lourd tribut que les hommes à l'insécurité alimentaire.

"Elles constituent jusqu'à la moitié des producteurs alimentaires dans les pays en développement, mais mangent généralement moins, en dernier, et moins bien lorsque les ménages sont à court de nourriture", note ce rapport.

Selon le document de l'ONU, la sous-alimentation reste prévalente sur de nombreux continents: en Afrique (près de 20% de la population concernée), en Amérique latine et dans les Caraïbes (moins de 7%) et en Asie (plus de 12%).

Plusieurs ONG ont réagi défavorablement aux chiffres du rapport onusien.

"La faim fait rage mais a disparu de l'agenda politique", a dénoncé dans un communiqué Oxfam, en réclamant d'urgence de nouvelles stratégies.

En Afrique et Amérique latine, la hausse de l'insécurité alimentaire touche principalement les pays émergents et non plus uniquement ceux considérés comme les moins avancés, a observé l'ONG française CCFD-Terre solidaire.

La FAO juge par ailleurs que les progrès sont insuffisants pour réaliser l'objectif 2030 de réduire de moitié le nombre d'enfants souffrant d'un retard de croissance. Aujourd'hui, 149 millions d'enfants sont concernés.

Paradoxalement, le rapport note que la surcharge pondérale et l'obésité continuent d'augmenter dans toutes les régions, en particulier chez les enfants d'âge scolaire et les adultes.

En 2018, environ 40 millions d'enfants de moins de cinq ans avaient un excès de poids. En 2016, 131 millions d'enfants de 5 à 9 ans, 207 millions d'adolescents et 2 milliards d'adultes étaient en surpoids, selon le rapport.

Avec AFP

Les astronautes d'Apollo 11 ont décollé il y a 50 ans mardi

L'astronaute Edwin E. "Buzz" Aldrin Jr. pose pour une photo à côté du drapeau américain déployé sur la lune lors de la mission Apollo 11 du 20 juillet 1969. (Photo AP / NASA / Neil A. Armstrong)

C'était il y a 50 ans jour pour jour: le 16 juillet 1969, trois astronautes américains décollaient pour la Lune depuis la Floride, où deux d'entre eux se retrouveront mardi pour commémorer le lancement de leur mission, Apollo 11.

La Nasa organise toute la semaine une série d'événements pour faire revivre l'aller-retour historique de Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins vers la Lune.

Le commandant Armstrong est mort en 2012, mais ses deux coéquipiers, âgés respectivement de 89 et 88 ans, se retrouveront à l'heure du décollage de leur fusée, mardi à 9H32 exactement (13H32 GMT), sur le mythique pas de lancement 39A du centre spatial Kennedy pour lancer les festivités.

L'équipage avait mis quatre jours pour atteindre la Lune. Le module lunaire, Eagle, avec Armstrong et Aldrin à bord, a aluni le 20 juillet 1969 à 20H17 GMT, et Armstrong en est sorti quelques heures plus tard, posant le pied sur la Lune à 02H56 GMT le 21 juillet 1969 -- tard aux Etats-Unis, et en pleine nuit pour l'Europe.

Michael Collins était resté seul en orbite lunaire dans la capsule principale, Columbia, seul moyen de transport pour revenir sur Terre.

"Nous savions tous que s'ils ne pouvaient pas redécoller pour une raison quelconque, je n'aurais rien pu faire. Columbia n'avait aucun train d'alunissage. Je n'aurais pas pu descendre pour les secourir", a-t-il dit à New York fin mai lors d'un des nombreux événements auxquels l'ancien astronaute a participé ces derniers mois.

Buzz Aldrin se fait plus rare, mais il a participé à quelques événements, comme un gala samedi dernier en Californie où le billet le moins cher coûtait 1.000 dollars.

L'homme, vieillissant mais actif sur Twitter et toujours excentrique avec ses chaussettes aux couleurs du drapeau américain, a connu des soucis de santé et de famille, culminant par un conflit judiciaire avec ses enfants concernant ses finances, qui s'est réglé par une trêve en mars dernier.

Mardi, Buzz Aldrin sera toutefois la vedette incontestable, comme deuxième homme à avoir marché sur la Lune. Seuls quatre des 12 hommes à l'avoir fait sont encore en vie.

- Turbulences à la Nasa -

Mais ces festivités révèlent une cruelle réalité: les Etats-Unis, ni aucun autre pays, n'ont jamais renvoyé d'humains sur la Lune depuis 1972, date de la dernière mission Apollo. Seuls des robots y sont retournés.

Les présidents Bush père, en 1989, et fils, en 2004, avaient bien promis que les Américains y retourneraient, avant d'aller marcher sur Mars... Mais à chaque fois, les discours se sont heurtés à un Congrès et une opinion publique peu enclins à engloutir les mêmes fortunes que dans les années 1960.

A son tour, Donald Trump a relancé la conquête de la Lune (et de Mars), en 2017. Mais l'effet immédiat de cette injonction a été de créer de fortes turbulences au sein de l'agence spatiale.

Mercredi dernier, le patron de l'agence, Jim Bridenstine, un ancien parlementaire nommé par le président Trump, a démis de ses fonctions une figure de la Nasa, Bill Gerstenmaier, qui était responsable de tous les programmes de vols habités.

La raison probable de sa mutation: des désaccords sur l'ultimatum fixé par le gouvernement Trump, 2024, pour le retour d'Américains, dont la première femme, sur le sol lunaire. Cinq années semblent un délai bien trop court alors que ni la fusée, ni la capsule, ni l'alunisseur ne sont prêts voire définis.

"Nous n'avons aucun temps à perdre, s'il faut changer de responsables, il faut le faire maintenant", a justifié Jim Bridenstine sur CSPAN.

Donald Trump a aussi semé le trouble en enjoignant à la Nasa, dans un tweet, d'arrêter de parler de la Lune, et de se concentrer sur Mars.

Le président républicain veut "un drapeau sur Mars", a dit Jim Bridenstine. Officiellement, l'objectif est 2033, mais la date est jugée irréaliste par nombre d'experts.

"Nous travaillons à la création d'un plan pour Mars", a-t-il affirmé lundi. "Je ne veux pas dire que 2033 est impossible, pas du tout". Mais pour l'instant, la priorité est la Lune.

Avec AFP

ONU: critiques après des restrictions américaines à une visite de Zarif à New York

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, à Téhéran, en Iran, le lundi 10 juin 2019.

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, doit participer mercredi à une réunion de l'ONU sur le développement durable, après avoir obtenu un visa entouré de restrictions américaines qui ont suscité des critiques lundi de l'Organisation.

Washington, qui a menacé récemment de prendre des sanctions contre le ministre iranien, lui a accordé un visa d'entrée aux Etats-Unis, mais qui a été assorti de limites sur sa capacité à se déplacer, selon le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo.

Le secrétariat de l'ONU "est au courant de mesures restrictives imposées récemment par le pays d'accueil (du siège des Nations unies, les Etats-Unis) au personnel de la mission permanente de l'Iran" auprès de l'Organisation, a indiqué à des médias son porte-parole adjoint, Farhan Haq. Il "est en contact étroit avec les missions (diplomatiques) permanentes des Etats-Unis et de l'Iran à ce sujet et a transmis ses préoccupations au pays hôte", a-t-il ajouté.

Arrivé ce week-end à New York, Mohammad Javad Zarif a donné lundi plusieurs entretiens à des médias américains, selon la mission iranienne auprès de l'ONU.

Dans un entretien avec la chaîne NBC, M. Zarif a accusé les Etats-Unis de "jouer avec le feu" tout en assurant une nouvelle fois que son pays ne souhaitait pas se doter de l'arme nucléaire.

"Nous ne somme pas sur le point de développer des armes nucléaires. Si nous avions voulu développer des armes nucléaires, nous aurions été capable de le faire il y a longtemps", a-t-il affirmé.

Au cours de son séjour, Mohammad Javad Zarif peut se rendre au siège des Nations unies, situé dans l'est de Manhattan, mais il doit rester dans un périmètre restreint autour de ce lieu, qui inclut, à quelques rues de là, l'immeuble abritant la mission iranienne auprès de l'ONU.

"Les diplomates américains ne se promènent pas autour de Téhéran, nous ne voyons donc aucune raison à ce que les diplomates iraniens puissent se déplacer librement à New York", a expliqué Mike Pompeo au quotidien Washington Post. Selon lui, le chef de la diplomatie iranienne utilise les libertés d'accueil octroyées par les Etats-Unis afin "de diffuser une propagande malveillante".

Etat hôte du siège des Nations unies, les Etats-Unis ont en principe l'obligation d'accorder rapidement des visas aux Etats qui en font la demande pour permettre à leurs responsables d'assister à des réunions à l'ONU.

Visiteur régulier de New York où il participe à des tables-rondes et rencontre des médias américains, Mohammad Javad Zarif doit intervenir mercredi à une réunion de l'ONU sur les objectifs de développement durable 2030 organisée par le Conseil économique et social de l'Organisation.

Le fait que les Etats-Unis n'aient pas imposé de sanctions à son encontre, comme annoncé récemment, est interprété comme le signe d'une volonté de l'administration de Donald Trump de garder un canal de communication possible avec l'Iran.

Mohammad Javad Zarif a indiqué récemment au quotidien New York Times que d'éventuelles sanctions ne l'affecteraient pas, ne possédant pas de biens aux Etats-Unis.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès de la mission iranienne auprès de l'ONU.

Les Etats-Unis et l'Iran n'ont plus de relations diplomatiques depuis la révolution islamique iranienne de 1979.

Avec AFP

L'ONU prolonge de six mois sa mission d'observation au Yémen

Des policiers entrent dans l'enceinte de l'ambassade américaine, à Sanaa, Yémen, le 11 février 2015.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé à l'unanimité lundi de prolonger de six mois, jusqu'au 15 janvier, sa mission d'observation du cessez-le-feu à Hodeida, dans l'ouest du Yémen, en réclamant au secrétaire général "de déployer rapidement" l'ensemble de ses effectifs.

En vertu d'une résolution adoptée en fin d'année dernière, la mission peut comprendre jusqu'à 75 observateurs mais à peine une vingtaine d'entre eux seraient jusqu'à présent à pied d'oeuvre, selon l'ONU.

Le nouveau texte adopté lundi souligne que la mission de l'ONU doit notamment "surveiller le respect, par les parties, du cessez-le-feu dans la province de Hodeida et le redéploiement mutuel des forces à l'extérieur de la ville de Hodeida et des ports de Hodeida, de Salif et de Ras Issa".

Il précise que les observateurs doivent "collaborer avec les parties pour que la sécurité de la ville de Hodeida et des ports de Hodeida, de Salif et de Ras Issa soit assurée par les forces de sécurité locales, dans le respect de la loi yéménite".

En demandant au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, "de déployer rapidement l'ensemble de la Mission", le Conseil de sécurité réclame "aux parties à l'Accord sur Hodeida de fournir un appui à l'Organisation des Nations unies".

Pour ce faire, elles doivent notamment assurer "la sûreté et la sécurité du personnel de la Mission et l'entrée et la circulation dans le pays, sans entrave ni retard, du personnel et du matériel de la Mission, des vivres et des articles de première nécessité".

Prévu par des accords conclus à Stockholm fin 2018, un retrait des combattants de la ville portuaire de Hodeida a été longtemps retardé, pour cause de méfiance persistante entre les belligérants, gouvernement et rebelles. Ces derniers mois, les rebelles Houthis ont par ailleurs renâclé à fournir des visas aux observateurs de l'ONU stationnés au large sur un navire de l'ONU.

Lundi, à l'issue de deux jours de discussions entre les belligérants à bord d'un navire de l'ONU au large de Hodeida, les premières depuis février, un comité mis en place en vertu des accords de Suède a annoncé avoir convenu "d'un mécanisme et de nouvelles mesures pour renforcer le cessez-le-feu" à Hodeida.

Ce mécanisme sera mis en oeuvre au plus tôt avec le soutien de l'ONU, qui fait partie de ce Comité de coordination du redéploiement (des troupes) réunissant également des représentants du gouvernement yéménite et des rebelles, selon un communiqué.

L'émissaire de l'ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, a lui appelé à maintenir le pays à l'abri des tensions au Moyen-Orient lors d'une rencontre "productive" lundi avec le vice-ministre de la Défense saoudien Khaled ben Salmane à Jeddah, dans l'ouest saoudien.

"Nous avons discuté de comment maintenir le Yémen en-dehors des tensions régionales, des progrès dans la mise en oeuvre des accords de Stockholm et du soutien (de l'Arabie saoudite) au processus de paix", a tweeté M. Griffiths.

L'émissaire a également rencontré le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi à Ryad.

"Je viens tout juste de sortir d'une réunion avec le président Hadi. Je suis reconnaissant de son engagement et de celui de son gouvernement envers l'accord de Stockholm et de son soutien personnel pour trouver une solution politique au conflit au Yémen", a tweeté M. Griffiths.

Il s'agit de la première rencontre entre l'émissaire et M. Hadi, depuis que ce dernier l'a accusé en mai de prendre le parti des Houthis et de leur permettre de rester à Hodeida.

M. Hadi avait alors dit dans une lettre adressée à M. Guterres donner "une dernière chance" à M. Griffiths pour mettre en oeuvre la trêve conclue en décembre.

Opposant les Houthis, soutenus par Téhéran, aux forces gouvernementales, appuyées par une coalition militaire emmenée par Ryad, le conflit au Yémen a fait en quatre ans des dizaines de milliers de morts, dont de nombreux civils, selon diverses organisations humanitaires. Environ 3,3 millions de personnes sont déplacées.

Les accords de Suède sont fragilisés depuis que les rebelles yéménites ont intensifié ces dernières semaines les attaques de drones et les tirs de missiles contre le royaume saoudien.

Lundi soir, la coalition a indiqué dans un communiqué avoir intercepté et abattu des drones lancés pas les rebelles Houthis sur la ville de garnison Khamis Mushait, dans le sud-ouest saoudien frontalier du Yémen.

Seuls des "dégâts mineurs" sur un immeuble résidentiel et sur des véhicules ont été rapportés par la coalition.

Ryad accuse régulièrement l'Iran de soutenir militairement les rebelles houthis, ce que Téhéran dément.

Le chef de la diplomatie iranienne cette semaine à l'ONU

Le secrétaire d'État John Kerry a rencontré le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif à New York le 22 avril 2016.

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, est attendu cette semaine à l'ONU pour une réunion mercredi sur le développement durable, après avoir obtenu un visa conditionnel des Etats-Unis sur fond de tensions bilatérales.

Washington, qui a menacé récemment de prendre des sanctions contre le ministre iranien, lui a accordé un visa d'entrée aux Etats-Unis mais assorti de limites sur sa capacité à se déplacer, selon le secrétaire d'Etat Mike Pompeo.

Déjà présent à New York lundi, M. Zarif donnait des entretiens à des médias américains, selon des tweets du porte-parole de la mission iranienne auprès de l'ONU.

Mohammad Javad Zarif peut se rendre au siège des Nations unies, situé dans l'est de Manhattan, mais il doit rester dans un périmètre restreint autour de ce lieu, incluant l'immeuble abritant la mission iranienne auprès de l'ONU.

"Les diplomates américains ne se promènent pas autour de Téhéran, nous ne voyons donc aucune raison à ce que les diplomates iraniens puissent se déplacer librement à New York", a déclaré Mike Pompeo au quotidien Washington Post.

Selon lui, le chef de la diplomatie iranienne utilise les libertés d'accueil octroyées par les Etats-Unis afin "de diffuser une propagande malveillante".

Etat hôte du siège des Nations unies, les Etats-Unis ont l'obligation d'accorder rapidement des visas aux Etats qui en font la demande pour des réunions à l'ONU.

Visiteur régulier de New York où il participe à des tables-rondes et rencontre des médias américains, Mohammad Javad Zarif doit intervenir mercredi à une réunion sur les objectifs de développement durable 2030 organisée par le Conseil économique et social de l'ONU.

Le fait que les Etats-Unis n'aient pas imposé de sanctions à son encontre, comme annoncé récemment, est interprété comme le signe d'une volonté de l'administration de Donald Trump de garder un canal de communication ouvert avec l'Iran.

Mohammad Javad Zarif a indiqué récemment au quotidien New York Times que d'éventuelles sanctions ne l'affecteraient pas, ne possédant pas de biens aux Etats-Unis.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès de la mission iranienne auprès de l'ONU.

Les Etats-Unis et l'Iran n'ont plus de relations diplomatiques depuis la révolution islamique iranienne de 1979.

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