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Niger

Interpellation de l'ancien chef d'état-major des armées Moumouni Boureima

Les partisans de l'opposition nigérienne scandent des slogans alors qu'ils participent à une manifestation dans les rues de Niamey, le 23 février 2021 pour protester contre les résultats du second tour de la présidentielle dans leur pays. (Photo par Issouf SANOGO / AFP)

L'ancien chef d'état-major des armées Moumouni Boureima, a été interpellé à son domicile mercredi, selon une source sécuritaire de haut rang. Il est accusé d'être "un meneur" des troubles qui ont émaillé l'annonce des résultats.

L'ancien chef d'état-major des armées Moumouni Boureima était en poste sous le régime de Mamadou Tandja, jusqu'en 2010. Il est réputé être un proche de Hama Hamadou, principal opposant nigérien qui n'a pu se présenter mais a soutenu la candidature de Mahamane Ousmane.

Il est accusé d'être "un meneur" des troubles qui ont émaillé l'annonce des résultats, a ajouté cette source.

"Plusieurs personnes" ont été arrêtées et d'autres étaient recherchées mercredi soir, a déclaré le procureur de la République Maman Sayabou Issa sur la télévision publique, sans donner plus de détails.

Les forces de défense "se sont organisées pour rétablir l'ordre" après des "actes de vandalisme" depuis mardi soir, a-t-il dit.

Déclarations de l'opposition

Quelques échauffourées ont éclaté mercredi au Niger où l'opposition a revendiqué sa victoire à la présidentielle après l'annonce officielle de celle du candidat du pouvoir.

"La compilation des résultats des PV en notre possession à travers nos délégués dans les différents bureaux de vote nous donne gagnants avec 50,3% des voix", a affirmé Mahamane Ousmane depuis son fief de Zinder (sud-est) dans la nuit de mardi à mercredi.

L'accès au réseau internet a été très réduit mercredi dans la capitale Niamey et à Zinder, deuxième ville du pays.

A Agadez, dans la circonscription de Timia, "le taux de participation de 103% a été rapporté avec un score de 99% en faveur du candidat du pouvoir", a accusé Ousmane, en disant qu'il allait déposer des recours devant la Cour constitutionnelle comme le prévoit la loi.

"Dans ces zones nos délégués ont été contraints sous la menace d'armes à feu à signer les PV, sans aucune possibilité de porter des observations", a-t-il affirmé.

Cette annonce a été suivie mercredi matin par quelques troubles dans la capitale, notamment dans le quartier central du grand-marché, où au moins une station Total a été vandalisée.

Dans l'après-midi, quelques groupes de jeunes opposés à la victoire du candidat du pouvoir Mohamed Bazoum ont affronté les forces de l'ordre à Kollo, à une cinquantaine de km de Niamey, selon des habitants sur place, ainsi que dans certaines zones de l'ouest de Niamey.

"Hold-up électoral"

Mardi, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) avait donné vainqueur avec 55,75% des voix Mohamed Bazoum, dauphin du président sortant Mahamadou Issoufou, selon des résultats provisoires qui doivent être confirmés par la Cour constitutionnelle.

Avant cette annonce, l'opposition avait déjà dénoncé un "hold-up électoral" et demandé la suspension de l'annonce des résultats.

Des heurts sporadiques avaient alors eu lieu à Niamey, des jeunes marchant dans les rues du centre-ville en jetant des pierres vers les forces de l'ordre.

Aux abords du siège du parti au pouvoir où Bazoum a fait une déclaration en saluant le score d'Ousmane et en souhaitant "que nous regardions dans la même direction", des gaz lacrymogènes avaient été tirés contre des manifestants tentant de s'en approcher.

La nuit a ensuite été agitée dans la capitale et à Dosso, à 100 km au sud de Niamey, où des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont eu lieu.

A Niamey, au moins un commissariat et des boutiques de présumés proches du pouvoir ont été saccagés par des manifestants, selon diverses sources contactées par l'AFP.

Condamnation et félicitations

L'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a condamné ces "violences post-électorales", tandis que Bazoum a été félicité par plusieurs de ses pairs de la région: Alassane Ouattara (Côte d'Ivoire), Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso), Idriss Déby Itno (Tchad), ou encore Mohamed Ould Ghazouani (Mauritanie).

La vraie réussite du scrutin dans ce pays sahélo-saharien à l'histoire marquée par les putschs et déjà confronté à de multiples défis - dont celui des attaques jihadistes - réside dans l'acceptation des résultats par toutes les parties une fois les résultats annoncés, selon de nombreux observateurs.

Entre les deux tours, l'opposition avait déclaré qu'elle ne reconnaîtrait pas les résultats si elle les estimait entachés de fraudes. Elle avait déjà dénoncé des irrégularités lors du premier tour, mais avait été déboutée par la justice.

Si elle avait refusé de participer à la Céni au premier tour, elle l'avait finalement rejointe pour le second.

"Si l'opposition a des doutes, elle doit pouvoir disposer d'éléments de preuves" à transmettre à la Cour constitutionnelle, a relevé M. Bazoum mardi soir en s'adressant à la presse.

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Douze militaires et "des dizaines de terroristes" tués au Niger

Un conseiller en contre-terrorisme parle à des soldats nigériens au Burkina Faso, le 21 février 2019.

Au moins 12 militaires nigériens et "des dizaines de terroristes" ont été tués samedi dans d'intenses combats dans l'ouest du Niger, à l'intérieur de la zone dite des "trois frontières", a annoncé dimanche le ministère nigérien de la Défense.

Les "accrochages" ont eu lieu "à cinq kilomètres" de la localité de Fantio, entre les militaires nigériens et "des centaines de terroristes armés : 12 éléments tombés sur le champ d'honneur, huit blessés. Côté ennemi, des dizaines de terroristes neutralisés (tués)", selon un communiqué.

"Plusieurs motos" des assaillants ont été "détruites" et "des moyens de communication récupérés", souligne-t-il. Dans un premier temps, les militaires nigériens se sont "farouchement défendus et ont occasionné des dizaines de morts à l'ennemi, avant d'être submergés par leur nombre", explique le ministère.

Mais des "renforts venus" des villes "de Wanzarbé et de Téra", ainsi que "le soutien aérien (...) contribuèrent à mettre l'ennemi en déroute qui a abandonné des dizaines de morts et du matériel", relève-t-il.

Fantio est une commune rurale du département de Téra dans la région de Tillabéri, qui est régulièrement frappée par des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda ou à l'Etat islamique.

En mai, cinq villageois avaient été tués à Fantio "par une hordes de terroristes venus à moto", au moment où le pays célébrait la fête de l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan musulman. L'attaque avait fait également deux blessés graves et l'église été incendiée.

Fin juin, deux civils, un directeur d’école et un inspecteur de la police à la retraite, y avaient été assassinés et du bétail emporté.

Outre les attaques des groupes jihadistes sahéliens, dont l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), dans sa partie ouest, le Niger doit également faire face à celles de Boko Haram et de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) dans sa partie sud-est, proche du Nigeria.

Michelle Bachelet au Burkina et au Niger

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Manifestations contre le convoi de l'armée française au Sahel: 3 morts au Niger

Des manifestants tiennent une pancarte sur laquelle on peut lire "Non à la France" lors d'une manifestation à Ouagadougou, au Burkina Faso, le 16 novembre 2021.

Un convoi militaire français se rendant à Gao, au Mali, déjà bloqué plusieurs jours par des manifestations au Burkina Faso, a de nouveau fait l'objet de contestation samedi à Téra, dans l'ouest du Niger.

Ces heurts ont fait "3 morts et 18 blessés dont 4 évacués sur Niamey", a affirmé le maire de la ville, Hama Mamoudou, qui était dans la capitale au moment des manifestations contre le passage du convoi militaire français.

L'état-major français n'était "pas en mesure de confirmer ce bilan à ce stade", et tentait de faire la lumière sur ces chiffres avec les autorités nigériennes. Par ailleurs, "aucun soldat français n'a été blessé", mais "deux conducteurs civils du convoi ont été blessés par des pierres et des camions civils endommagés", a précisé à l'AFP son porte-parole, le colonel Pascal Ianni.

Le convoi s'est arrêté vendredi soir à Téra, selon le porte-parole. Samedi matin, quand ils ont voulu reprendre leur progression vers Niamey, à 200 km de là, ils ont été arrêtés par un millier de manifestants et "un groupe violent parmi eux a tenté de s'emparer des camions", a-t-il affirmé.

Les gendarmes nigériens et les soldats français ont "effectué des tirs de sommation", a poursuivi le porte-parole français.

Le convoi a finalement pu quitter Téra à la mi-journée et reprendre sa progression vers Niamey.

Contestés de toutes parts

Les critiques à l'égard de la présence militaire française se multiplient au Niger, au Mali et au Burkina Faso.

A son entrée en territoire burkinabè la semaine dernière, le convoi avait d'abord été ralenti dans sa progression par des manifestants à Bobo Dioulasso (sud-ouest), dans la capitale Ouagadougou (centre) puis à Kaya, à une centaine de km au nord-est de la capitale. Quatre manifestants avaient été blessés par balle dans des circonstances indéterminées.

Plusieurs manifestants accusaient les soldats français de transporter des armes pour les groupes jihadistes qui terrorisent depuis des années plusieurs pays du Sahel.

Entretien exclusif avec Mohamed Bazoum sur le terrorisme

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Sahel: Macron réunit les dirigeants burkinabé, tchadien et nigérien

Le président français Emmanuel Macron (au centre) escorte le président nigérien Mohamed Bazoum (à gauche) alors que lui et le président burkinabè Roch Marc Christian Kabore (à droite) quittent le palais de l'Élysée à Paris le 12 novembre 2021.

Le président français a reçu vendredi ses homologues burkinabé Roch Marc Christian Kaboré, nigérien Mohamed Bazoum et le président du Conseil militaire de transition du Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, pour évoquer "la situation au Sahel".

Cette réunion a été organisée dans la matinée en marge d'une conférence internationale pour la Libye et le Forum pour la paix. Elle a porté "sur la dimension régionale de la crise libyenne", a précisé une source proche de la présidence.

Elle intervient alors que les relations entre la France, ex-puissance coloniale et partenaire historique, et le Mali se sont dégradées, après un nouveau coup d'Etat à Bamako.

Paris a entrepris en juin de réorganiser son dispositif militaire au Sahel, en quittant notamment ses trois bases les plus au nord du Mali pour le recentrer autour de Gao et Ménaka, aux confins du Niger et du Burkina Faso. Ce plan prévoit une réduction des effectifs, de plus de 5.000 actuellement, à 2.500-3.000 d'ici 2023.

La tension est montée d'un cran en septembre quand le Premier ministre de transition malien Choguel Kokalla Maïga a accusé Paris d'un "abandon en plein vol" en raison de ce plan. Des critiques censées justifier le possible recours par Bamako à la société paramilitaire privée russe Wagner, décrite comme proche du président russe Vladimir Poutine.

Les chefs des diplomaties russe Sergueï Lavrov et malienne Abdoulaye Diop ont réaffirmé jeudi leur volonté de poursuivre le partenariat militaire entre les deux pays, arguant d'un risque terroriste renforcé par le retrait partiel des troupes françaises.

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