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Europe

Interdire le voile au travail n'est pas discriminatoire, selon la justice européenne

La docteure Sevdegul Aydin Mungan, professeure de pathologie, dans son laboratoire au CHU de Trabzon, en Turquie, le 5 avril 2017.

Interdire le port du voile islamique sur le lieu de travail n'est pas discriminatoire et peut au contraire permettre d'éviter des conflits sociaux, a estimé la Cour de justice de l'Union Européenne.

"L'interdiction du port de toute expression visible de convictions politiques, philosophiques ou religieuses peut être justifiée par la nécessité pour l'employeur de projeter une image de neutralité à l'égard de la clientèle ou d'éviter des conflits sociaux", a estimé jeudi la Cour dans un communiqué.

La Cour de Luxembourg était saisie par deux femmes musulmanes vivant en Allemagne, une employée d'une pharmacie, l'autre comme puéricultrice.

Elles contestaient devant la justice européenne l'interdiction de porter le voile islamique sur leur lieu de travail.

La CJUE a estimé dans un arrêt qu'interdire le port d'un signe religieux visible n'était pas discriminatoire, s'appliquant à toutes les religions, et pouvait permettre d'éviter des conflits au sein d'une entreprise.

L'employeur doit cependant prouver, selon la Cour, qu'il s'agit d'un "besoin réel" et que sans cette interdiction, la neutralité de l'entreprise serait remise en cause.

"Il est particulièrement important que l'employeur ait démontré qu'en l'absence d'une telle politique de neutralité, sa liberté d'entreprendre serait entravée parce qu'il subirait des conséquences négatives en raison de la nature de ses activités ou de l'environnement dans lequel elles sont exercées", écrit la Cour.

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Affaire Rusesabagina: Kigali annule une rencontre avec la Belgique

Le président rwandais Paul Kagame assiste à un service commémoratif de l'ancien président kényan Daniel Arap Moi au stade Nyayo à Nairobi, Kenya, le 11 février 2020.

Le gouvernement rwandais a annulé mardi une rencontre prévue avec la ministre belge des Affaires étrangères, qui a critiqué la condamnation à 25 ans de prison pour "terrorisme" de Paul Rusesabagina, ancien hôtelier rendu célèbre par le film "Hotel Rwanda".

La cheffe de la diplomatie belge Sophie Wilmès a estimé dans un communiqué que "M. Rusesabagina n'a pas bénéficié d'un procès juste et équitable; particulièrement en ce qui concerne les droits de la défense", et que "la présomption d'innocence n'a pas été respectée".

Cette déclaration "reflète le mépris dont fait preuve le gouvernement du Royaume de Belgique envers le système judiciaire rwandais depuis le début de ce procès, malgré la contribution importante des institutions belges compétentes à l'instruction de cette affaire", ont estimé les autorités rwandaises dans un communiqué.

"Pour cette raison, une réunion bilatérale prévue au niveau ministériel, en marge de l'assemblée générale des Nations unies à New York, n'aura plus lieu", concluent-elles.

Paul Rusesabagina, connu pour avoir permis le sauvetage de plus d'un millier de personnes durant le génocide de 1994 et qui possède la nationalité belge, a été reconnu coupable lundi par un tribunal de Kigali "d'avoir fondé et d'appartenir" au Front de libération nationale (FLN), groupe rebelle accusé d'avoir mené des attaques meurtrières au Rwanda en 2018 et 2019.

Paul Rusesabagina, 67 ans, a été rendu célèbre par le film "Hotel Rwanda" sorti en 2004, qui a raconté comment ce Hutu modéré a sauvé plus de 1.000 personnes réfugiées dans son établissement durant le génocide de 1994 qui a fait 800.000 morts, principalement des Tutsi.

Il est aussi un des plus virulents opposants à Paul Kagame, et a utilisé sa notoriété hollywoodienne pour donner un écho mondial à ses positions contre le régime.

Il vivait depuis 1996 en exil aux Etats-Unis -où il est détenteur d'une "carte verte"- et en Belgique, avant d'être arrêté à Kigali en 2020 dans des circonstances troubles, à la descente d'un avion qu'il pensait à destination du Burundi.

Les Etats-Unis, qui lui ont décerné la médaille présidentielle de la liberté en 2005, se sont dits "préoccupés" lundi par cette condamnation. "L'absence de garanties d'un procès juste remet en cause l'équité du verdict", a indiqué le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price.

Sa famille, qui n'a cessé de clamer son innocence, a également condamné ce verdict, estimant qu'étant donné son état de santé, cela équivalait à une "condamnation à mort".

La France obtient le soutien des Européens face à Washington

Le président américain Joe Biden, à droite, s'entretient avec le président français Emmanuel Macron lors d'une session plénière lors d'un sommet de l'OTAN au siège de l'OTAN à Bruxelles, le lundi 14 juin 2021. (Photo Brendan Smialowski/ AP)

Crise diplomatique transaltantique: les Européens ont apporté lundi leur soutien à la France, qui ne décolère pas contre les Etats-Unis, malgré la tentative d'apaisement du président Joe Biden.

Les ministres des Affaires étrangères des Vingt Sept, réunis à New York en marge de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU, "ont exprimé clairement leur solidarité à l'égard de la France", a déclaré le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Pour eux, la dispute franco-américaine autour de l'annonce d'une alliance indo-pacifique entre les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie "affecte" toute l'UE" par ses implications stratégiques, a-t-il expliqué.

Joe Biden, arrivé lundi à New York pour sa première Assemblée générale des Nations unies, a de son côté pris les devants en promettant de rouvrir les frontières américaines, fermées aux Européens depuis plus d'un an pour cause de Covid.

Si la décision a été prise sur des bases sanitaires, la solution trouvée est aussi le fruit de la diplomatie, a glissé un haut responsable américain, laissant entendre que le timing n'était pas sans lien avec la crise transatlantique.

Un lot de consolation peu goûté par Paris. "C'est une bonne chose. Pourquoi viens-tu si tard ?", a ironisé le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, lors d'une conférence de presse en rappelant que c'était une demande de longue date des Européens.

A New York, Joe Biden va pouvoir mettre en avant le "retour" de l'Amérique comme partenaire fiable auprès de ses alliés malmenés pendant quatre années de mandat de Donald Trump.

Mais son message est brouillé depuis son annonce, le 15 septembre, d'un pacte de sécurité conclu avec l'Australie et le Royaume-Uni pour contrer Pékin, surnommé AUKUS. Ce nouveau partenariat a mis le feu aux poudres transatlantiques, car il s'est fait dans le dos des Français, qui ont perdu un énorme contrat de sous-marins commandés par Canberra.

- "Epoque révolue" -

Jean-Yves Le Drian a dénoncé, comme il le fait depuis plusieurs jours mais cette fois sur le sol américain, une décision "brutale", un "défaut de concertation", et une "rupture de confiance entre alliés". Cela s'apparente aux "réflexes d'une époque que nous espérions révolue", a-t-il martelé, dans une nouvelle allusion claire à l'ère Trump.

La France, qui a rappelé ses ambassadeurs à Washington et Canberra dans un geste sans précédent, reste vent debout contre cette "trahison". Elle avait déjà reçu plutôt dans la journée le soutien des dirigeants de l'UE.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a jugé "inacceptable" la manière dont Paris a été "traitée", dans un entretien sur la chaîne américaine CNN.

Le président du Conseil européen Charles Michel a aussi dénoncé un "manque de loyauté" des Etats-Unis et plaidé pour un renforcement de la "capacité d'action" de l'UE sur la scène internationale.

Les ministres des Vingt-sept ont aussi fait le point sur la "présence européenne" en Afghanistan afin de faciliter les évacuations d'Afghans menacés par les talibans et l'apport d'une aide humanitaire dans le pays, a indiqué Josep Borrell, sans plus de précisions.

Le retrait chaotique d'Afghanistan imposé par Joe Biden a aussi suscité plusieurs grincements de dents sur le Vieux Continent.

- Appel attendu Biden-Macron -

Londres et Washington avaient déjà tenté pendant le week-end d'amadouer leur allié français.

"Notre amour de la France est inébranlable", a déclaré le Britannique Boris Johnson dans l'avion qui l'emmenait à New York.

Face aux demandes de "clarification" de Paris et de Bruxelles, le président Biden est "impatient" de parler "de la voie à suivre" au téléphone avec son homologue français Emmanuel Macron, qui a lui renoncé à se rendre à New York, a déclaré un haut responsable américain, confirmant que le dirigeant démocrate avait demandé un tel entretien.

"Nous comprenons la position française" même si "nous ne la partageons pas", a-t-il ajouté.

Ce coup de fil très attendu aura lieu "dans les jours qui viennent", a seulement dit Jean-Yves Le Drian, glissant qu'il n'avait pas, pour sa part, "prévu de rendez-vous" avec le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.

De fait, l'agenda américain apparaît comme un résumé des priorités diplomatiques de la Maison Blanche.

Joe Biden n'a prévu de rencontrer mardi, en marge de la réunion onusienne, que le Premier ministre australien Scott Morrison, avant de recevoir le chef du gouvernement britannique Boris Johnson à son retour à la Maison Blanche. Antony Blinken s'est lui entretenu lundi avec sa nouvelle homologue britannique Liz Truss.

Pacte USA-Grande Bretagne-Australie: colère chez les Européens

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Canaries: éruption du volcan Cumbre Vieja sur l'île de La Palma

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Guerre d'Algérie: Macron "demande pardon" aux harkis au nom de la France

Le général François Meyer, Salah Abdelkrim et Bornia Tarall avec le président français Emmanuel Macron et la ministre adjointe de la Défense Geneviève Darrieussecq après avoir été récompensés lors d'une cérémonie à la mémoire des Harkis, le 20 septembre 2021.

Le président Emmanuel Macron a "demandé pardon" lundi au nom de la France aux harkis, auxiliaires musulmans ayant combattu aux côtés de l'armée française durant la Guerre d'Algérie, annonçant l'adoption prochaine d'une loi "de réparation".

"Aux combattants, je veux dire notre reconnaissance; nous n'oublierons pas. Je demande pardon, nous n'oublierons pas", a déclaré le président lors d'une cérémonie d'hommage au palais de l'Elysée, en présence d'anciens harkis, de leurs descendants, de responsables d'associations et de personnalités.

Il a promis la présentation "avant la fin de l'année d'un projet visant à inscrire dans le marbre de nos lois la reconnaissance et la réparation à l'égard des harkis".

"L'honneur des harkis doit être gravé dans la mémoire nationale", a-t-il ajouté, en appelant à "panser les plaies" qui doivent être "fermées par des paroles de vérité, gestes de mémoire et actes de justice".

Les Harkis sont ces anciens combattants - jusqu'à 200.000 hommes - recrutés comme auxiliaires de l'armée française pendant le conflit qui opposa de 1954 à 1962 des nationalistes algériens à la France.

Salah Abdelkrim reçoit le "Chevalier de la Légion d'honneur" par le président français Emmanuel Macron lors d'une cérémonie à la mémoire des Harkis, des Algériens qui ont aidé l'armée française dans la guerre d'indépendance algérienne, le 20 septembre 2021.
Salah Abdelkrim reçoit le "Chevalier de la Légion d'honneur" par le président français Emmanuel Macron lors d'une cérémonie à la mémoire des Harkis, des Algériens qui ont aidé l'armée française dans la guerre d'indépendance algérienne, le 20 septembre 2021.

A l'issue de cette guerre, une partie d'entre eux, abandonnés par Paris, ont été victimes de représailles en Algérie.

Plusieurs dizaines de milliers d'autres, souvent accompagnés de femmes et d'enfants, ont été transférés en France, où ils ont été placés dans des "camps de transit et de reclassement" aux conditions de vie indignes et durablement traumatisantes.

Les harkis et leurs descendants formeraient aujourd'hui une communauté de plusieurs centaines de milliers de personnes en France.

Ils ont connu une intégration difficile en France, à la fois assimilés à des immigrés et rejetés par les immigrés.

En 2000, le président algérien Abdelaziz Bouteflika les avait qualifiés de "collaborateurs" et, tout en critiquant leurs conditions de logement en France, avait exclu leur retour en Algérie, qui selon lui n'était "pas leur pays".

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