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Vingt ans après la chute de Suharto, des parents attendent toujours une justice en Indonésie

L'ancien dictateur Suharto, 2e à droite, le 6 octobre 1965.

Asih Widodo participe presque toutes les semaines à une veillée en face du palais présidentiel à Jakarta, réclamant que justice soit rendue pour son fils tué lors d'une vague de violences meurtrières après la chute du dictateur indonésien Suharto en 1998.

La journée de lundi marque le 20e anniversaire de la démission de l'ancien général Suharto au plus fort de la crise économique asiatique, pendant laquelle l'Indonésie a été paralysée par des émeutes, des pénuries de nourriture, une dégringolade de la roupie et un chômage de masse.

Plus de mille personnes auraient été tuées peu avant le départ de Suharto et dans les mois qui ont suivi la chute de son régime autocratique chassé par une révolte populaire après 31 ans de règne (1967-1998).

Le fils de Mme Widodo, Sigit Prasetyo, alors étudiant dans une école d'ingénieurs, a succombé à une pluie de balles tirées par l'armée sur une foule de manifestants.

"J'étais au travail quand j'ai reçu un appel téléphonique m'indiquant que mon fils était à l'hôpital. Je savais dans mon coeur qu'il était parti. Mon fils a été tué par l'armée", a confié à l'AFP Mme Widodo lors d'une récente veille au centre de la capitale indonésienne, aux côtés d'autres parents exigeant des réponses concernant la mort d'étudiants tués.

Le général Suharto est arrivé au pouvoir en 1967, après la répression par l'armée d'un coup d'Etat manqué, attribué par les autorités aux communistes. Un demi million de personnes affiliées au Parti communiste indonésien (PKI) ont été tuées dans l'un des pires massacres du XXe siècle.

Décédé en 2008, Suharto n'a jamais été tenu de rendre des comptes pour les violations des droits de l'homme et détournements présumés de milliards d'euros des coffres de l'Etat au cours de son règne, devenue synonyme de corruption et de népotisme.

Dans les deux décennies qui ont suivi cette période sombre de son histoire, l'Indonésie a mué en démocratie et est devenue la première économie d'Asie du Sud-Est mais reste un pays gangrené par la corruption et les inégalités, et critiqué pour les atteintes aux minorités.

Pillages et viols

Les Indonésiens de l'ethnie chinoise minoritaire ont fait les frais des derniers jours de la répression menée par le régime de Suharto et ses milices qui se sont livrées à des pillages et des viols.

De nombreuses personnes calfeutrées dans des bâtiments en feu ont péri, des magasins tenus par des membres de l'ethnie chinoise ont été saccagés et des voitures brûlées. Pour les Indonésiens, les Chinois représentent la réussite matérielle et la richesse, qui exacerbent les jalousies, en particulier en période de crise.

Ayu Puspita avait 30 ans à l'époque où les magasins tenus par des propriétaires de la minorité chinoise ont été pris pour cible: "Des voitures ont été brûlées, des motocyclettes renversées. C'était tellement effrayant", a raconté récemment Mme Puspita à son restaurant à Glodok, connu comme le quartier chinois de Jakarta.

Subianto, un préposé au stationnement de 67 ans qui a travaillé dans le quartier chinois pendant un demi siècle, raconte avoir été choqué de voir des zones entières de la ville sous les flammes.

"Il n'y avait ni policiers ni soldats. Des gens pillaient partout. Des camions arrivaient pour voler des marchandises", dit-il.

La non-intervention des forces de l'ordre avait fait naître un soupçon - toujours d'actualité - d'implication de l'armée dans ces événements.

Des bâtiments du quartier chinois de Jakarta portent encore les stigmates de ces événements.

Les efforts entrepris pour contraindre les responsables du gouvernement et de l'armée de l'époque à rendre des comptes n'ont jusqu'ici jamais abouti.

Mais, pour Mme Widodo, qui circule sur sa motocyclette avec le message "Mon fils a été tué par l'armée", le combat n'est pas terminé.

"Pour ce pays, c'est égal mais pas pour moi. Je vais continuer à me battre tant que je serai en vie", dit cette femme de 67 ans.

Avec AFP

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Le tableau de Banksy parodiant les Nymphéas de Monet adjugé à 7,6 millions de livres

Une assistante de gallerie pose le tableau Nympheas de Claude Monet lors d'une photo-call pour la vente d'art à la maison de ventes Sotheby's à Londres le 18 juin 2014. REUTERS / Neil Hall

"Show me the Monet", le tableau de l'artiste urbain britannique Banksy parodiant les Nymphéas de Claude Monet, a été vendu mercredi à Londres 7,6 millions de livres (8,5 millions d'euros), a annoncé la maison d'enchères Sotheby's.

"Cinq collectionneurs déterminés" se sont disputés pendant près de neuf minutes d'enchères en ligne l'oeuvre, initialement estimée entre 3 et 5 millions de livres, avant que l'un deux ne la remporte pour 7,6 millions. C'est "le second plus haut prix jamais atteint" par une œuvre de Banksy dans des enchères.

Ce tableau datant de 2005 reprend l'une des célèbres œuvres du peintre impressionniste français montrant un pont japonais au dessus d'un bassin en fleurs, dans lequel trempent désormais aussi des plots de signalisation orange et un vieux caddy.

"Banksy met ici en lumière le mépris de la société pour l'environnement face aux excès gaspilleurs du consumérisme", a estimé dans un communiqué Alex Branczik, responsable européen de l'art contemporain chez Sotheby’s, qui voit en l'artiste originaire de Bristol un "visionnaire".

"Show me the Monet" fait partie d'une série de tableaux intitulée "Crude Oils" ("Peintures à l'huile vulgaires"), dans laquelle l'artiste s'est amusé à détourner de grands classiques de la peinture.

On y trouve ainsi une version des "Tournesols" de Van Gogh aux fleurs fanées, la Marilyn Monroe d'Andy Warhol détournée en Kate Moss ou encore le "Nighthawks" d'Edward Hopper où un homme en caleçon aux couleurs du drapeau britannique a caillassé la vitre du célèbre bar.

"Show me the Monet" n'a pas réussi à battre le record établi en 2019 par "Le Parlement des singes", qui s'était arraché à 9,9 millions de livres (11,1 millions d'euros) lors d'une précédente vente aux enchères à Sotheby's, pulvérisant l'estimation initiale de 1,5 à deux millions de livres (entre 1,7 et 2,25 millions d'euros).

Le pianiste américain Keith Jarrett, handicapé par des AVC, ne donnera plus de concerts

Pianiste à l'oeuvre.

Le pianiste américain de jazz Keith Jarrett ne pourra sans doute plus jamais se produire en concert, partiellement paralysé par deux AVC, explique-t-il dans un entretien publié mercredi par le New York Times.

"Mon côté gauche est toujours en partie paralysé", explique, pour la première fois, le musicien de 75 ans, après deux accidents vasculaires cérébraux intervenus en février et mai 2018.

"On me dit que le maximum que je pourrais récupérer de ma main gauche, c'est la capacité de tenir un verre", se désole-t-il.

Depuis, il ne s'est mis que de rares fois au piano, jouant de la main droite uniquement.

"Je ne sais pas à quoi est censé ressembler mon avenir", a-t-il confié au New York Times. "Je ne me considère pas comme un pianiste aujourd'hui."

Légende du jazz, Keith Jarrett a été à l'avant-garde du mouvement dès le début des années 60, et a collaboré avec des artistes de référence comme Miles Davis, Art Blakey ou Jack DeJohnette.

Son travail autour de l'improvisation l'a mené jusqu'à donner des concerts solo totalement improvisés, qui ont largement contribué à sa réputation de virtuose génial.

"J'ai le sentiment que je suis le John Coltrane des pianistes", a-t-il dit au New York Times, se plaçant au niveau du monstre du saxophone.

Ce qui sera peut-être le dernier concert de Keith Jarrett remonte à février 2017, au Carnegie Hall de New York.

S'il a enregistré plusieurs albums en studio, le natif d'Allentown (Pennsylvanie) est surtout connu pour ses concerts, son jeu au son limpide et ses mimiques, notamment sa tête exagérément penchée sur le piano.

"Aujourd'hui, je ne peux même pas en parler", dit-il au sujet de la possible fin de sa carrière scénique.

Le confinement et la distanciation sociale affectent le mental

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Le Vatican soutient les unions civiles entre personnes de même sexe

Le pape François arrive à la salle Paul VI pour son audience générale hebdomadaire, se tenant à distance des fidèles en raison de la maladie du coronavirus, au Vatican, le 21 octobre 2020. (Reuters)

Le pape François a approuvé les unions civiles entre personnes de même sexe pour la première fois en tant que souverain pontife.

C’était lors d’une interview dans le cadre d’un documentaire intitulé "Francesco" (François en italien), qui a été présenté en première au Festival du film de Rome mercredi.

Le documentaire touche sur les questions qui lui tiennent le plus à cœur, notamment l'environnement, la pauvreté, la migration, l'inégalité raciale et de revenus, et la discrimination.

"Les homosexuels ont le droit d'être dans une famille. Ce sont des enfants de Dieu", a déclaré le pape François. "Ce qu'il nous faut, c'est une loi sur l'union civile ; de cette façon, ils sont légalement couverts", a-t-il ajouté.

Alors qu'il était archevêque de Buenos Aires, en Argentine, le pape actuel avait soutenu les unions civiles pour les couples homosexuels comme une alternative aux mariages entre personnes du même sexe.

Cependant, il ne s'était jamais prononcé publiquement en faveur des unions civiles en tant que pape.

Les autorités américaines ont lancé des poursuites contre Google

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