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Niger

Incendie dans une école de Niamey: l'Unicef s'implique, enquête ouverte

Des victimes déplacées des inondations se réfugient dans une école de Niamey, le 21 août 2012.

"Nous allons pouvoir accéder dans un premier temps à la reconstruction de cette école", a déclaré Aboubacry Tall, représentant par intérim du Fonds des Nations unies pour l’enfance au Niger, à l’issue d’un entretien avec le président Mohamed Bazoum.

Cette annonce intervient moins de 24 heures après le drame survenu à l’école "Pays-Bas" dans lequel 20 écoliers, des enfants en classe maternelle en majorité, ont perdu la vie.

Le feu a consumé les salles de classes construites avec du bois et de la paille. Le drame remet en surface la problématique des classes en paillote au Niger.

Cette décision de l’Unicef s’inscrit dans un cadre global de normalisation à terme de l’ensemble des classes paillotes dans le pays, a ajouté M. Tall.

Mardi, en fin d’après-midi, alors que les élèves étaient en plein cours, un feu d’origine encore inconnue se déclenche dans une des classes du jardin d’enfants de l'école Pays-Bas, en périphérie de la capitale Niamey. Il se propage très vite et dévaste une vingtaine d’autres salles construites avec les mêmes types de matériaux, à savoir du bois et de la paille. Bilan 20 écoliers calcinés.

"La configuration et l’emplacement des classes dans une rue marchande ont fait que le feu, avec un pouvoir calorifique énorme, s’est vite propagé et malheureusement les enfants n’ont pas pu sortir", explique Sidi Mohamed, commandant du groupement des sapeurs-pompiers de Niamey.

Mercredi matin sur les lieux, devant une foule de curieux venus voir les restes du ravage, les polices scientifique et judiciaire ont procédé à des prélèvements et des interrogatoires à la recherche d'indices pour le besoin de l’enquête ouverte afin de déterminer les causes de l’incendie.

Le Premier ministre Ouhoumoudou Mahamadou à Niamey, le 15 avril 2021. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)
Le Premier ministre Ouhoumoudou Mahamadou à Niamey, le 15 avril 2021. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)

"Si l’origine est criminelle, soyez rassurés que les auteurs seront retrouvés et sanctionnes", a déclaré devant les parents d’élèves et les responsables de de l’école le Premier ministre Ouhoumoudou Mahamadou, parti les soutenir et leur présenter les condoléances du président de la république et tout le peuple. Pour lui, "c’est triste de perdre des enfants de bas âge dans ces conditions inadmissibles en plein centre-ville".

Dans un communiqué de presse, l'un des principaux syndicats d’enseignants, SYNACEB, a demandé au gouvernement la "convocation d’un forum sur la problématique des classes paillotes et la qualité de l'école publique". Aussi le syndicat exige la prise immédiate de mesures transitoires pour reloger les élèves et enseignants de cette école.

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L'ONU souhaite une approche combinant humanitaire, développement et sécurité du Sahel

Un groupe de filles du Niger attend l'arrivée d'un convoi des Nations Unies dans le village de Sabon Machi, dans la région de Maradi, au Niger, le 16 août 2018.

La région du Sahel, où l'opération française Barkhane va céder la place à une coalition internationale, requiert une approche coordonnée combinant humanitaire, développement et sécurité, a indiqué le chef de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés.

Le président français Emmanuel Macron a annoncé le 10 juin une réduction de la présence militaire française au Sahel, marquée par la fermeture de bases et une réarticulation de la lutte antijihadiste autour d'une "alliance internationale" associant des Européens.

Selon le dernier rapport du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) sur les déplacements dans le monde publié vendredi, environ 750.000 personnes ont été nouvellement déplacées au Sahel, "dans ce qui est peut-être la crise régionale la plus complexe au monde".

"La dynamique de la crise est donc négative", a déclaré le Haut Commissaire Filippo Grandi, dans un entretien à l'AFP.

"Regardez ce qui se passe au Nigeria par exemple; le Tchad traverse une transition politique difficile; le Mali continue d'être instable; le Burkina Faso et le Niger sont fragiles", a-t-il égrené.

Soulignant l'importance stratégique de cette région africaine pour l'Europe, M. Grandi a dit espérer qu'une "approche stratégique qui combine tout - l'humanitaire, le développement, l'investissement dans l'éducation et dans la prospérité économique, et le volet sécurité - pourra se faire de manière plus coordonnée."

"Ce qu'il faut au Sahel, c'est une combinaison de plusieurs interventions", a-t-il insisté.

Fin de l'opération Barkhane et exemple d'Afghanistan

Après huit ans de présence ininterrompue au Sahel, où sont aujourd'hui déployés 5.100 de ses militaires, la France veut désormais passer d'un statut de force en première ligne contre les jihadistes à celui de force d'accompagnement et d'appui (renseignement, drones, avions de chasse...).

La décroissance des effectifs militaires français s'opérera progressivement, avec un jalon à environ 3.500 hommes d'ici un an puis 2.500 personnes d'ici 2023, selon une source familière du dossier. Les commandos d'élite de la task force française "Sabre" devraient être maintenus pour poursuivre la traque des chefs jihadistes qui sévissent dans la région.

"Il est certain que les opérations militaires internationales visant à faire face à ces types de crises, comme l'opération française Barkhane ou les troupes américaines en Afghanistan, ne peuvent pas être maintenues éternellement. Je comprends cela", a affirmé Filippo Grandi.

"Le problème est que si, pendant que ces troupes sont présentes, les investissements appropriés ne sont pas faits pour répondre à tous les aspects de la crise, alors lorsque l'on retire les troupes, les causes de la crise sont toujours présentes et la crise peut repartir", a-t-il développé.

Et de conclure: "Ce qui signifie qu'après quelque années, d'autres troupes doivent être envoyées. C'est certainement ce qui nous préoccupe en Afghanistan", d'où les forces américaines vont se retirer.

Le président des Etats-Unis Joe Biden a décidé de retirer tous les soldats américains au plus tard le 11 septembre 2001, pour le vingtième anniversaire des attentats à New York et Washington, qui avaient provoqué l'intervention en Afghanistan.

Pour M. Grandi, le retrait américain risque de provoquer une augmentation de la violence dans le pays: "Nous nous y préparons".

Selon le HCR, 2,6 millions d'Afghans ayant fui leur pays vivaient fin 2020 à l'étranger.

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