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Inauguration d'un pont sur le fleuve Gambie pour doper les échanges en Afrique de l'Ouest

Le président sénégalais Macky Sall, à gauche, s'adresse à son homologue gambien Adama Barrow, cérémonie de prestation de serment de M. Barrow au stade de l'indépendance, à Bakau, en Gambie, 18 février 2017.

Après des décennies d'attente, le Sénégal et la Gambie inaugurent lundi un pont qui doit faire sauter un important bouchon sur le réseau routier ouest-africain, désenclaver la Casamance et doper les échanges commerciaux dans la sous-région.

La Gambie est un petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest enclavé dans le Sénégal, à l'exception d'une étroite façade côtière prisée des touristes.

Serpentant sur quelque 300 km le long du fleuve éponyme, c'est un passage quasi obligé pour qui veut se rendre du nord du Sénégal à sa région sud, la Casamance, à moins d'effectuer un fastidieux détour de plusieurs centaines de kilomètres.

Inauguration d'un pont sur le fleuve Gambie pour doper les échanges en Afrique de l'Ouest
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Baptisée "Transgambienne", la route de quelque 25 km qui traverse l'ancienne colonie britannique du nord au sud, à une centaine de kilomètres à l'est de la capitale Banjul, était jusqu'ici interrompue à mi-chemin par le fleuve, obligeant les véhicules à emprunter un bac, source de "tracasseries" et de nombreux retards, selon la population et les transporteurs sénégalais, qui réclamaient la construction d'un pont depuis au moins les années 1960.

C'est à présent chose faite, puisqu'un élégant ouvrage de béton clair de plus d'un kilomètre enjambe dorénavant le fleuve à quelques kilomètres au sud du poste-frontière de Farafégny (ou Farafenni).

Haut comme un bâtiment de cinq étages, il permet le passage entre ses piliers de la plupart des bateaux qui naviguent sur le fleuve, la colonne vertébrale du pays.

Financé essentiellement par la Banque africaine de développement (BAD), avec une participation du Sénégal et de la Gambie, le pont, dont la construction avait débuté en 2015, doit être inauguré à 10 heures (GMT et locales) par le président sénégalais Macky Sall et son homologue gambien, Adama Barrow, qui a relancé les travaux après son élection il y a deux ans.

La Sénégambie pour faciliter la circulation entre le Sénégal et la Gambie
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"Plus de fruits pourris"

Il sera ouvert dès mardi aux véhicules légers (voitures, bus de moins de 35 places,...) et à partir de juillet aux véhicules lourds, camions notamment. Dans un premier temps, le tarif pour l'emprunter sera le même que pour le bac, selon les autorités gambiennes.

Son achèvement est un "événement historique", car il permettra le "désenclavement" de la Casamance, région touristique et agricole dont le développement a été freiné par son isolement géographique du reste du Sénégal et par une rébellion indépendantiste vieille de plus de 35 ans, aujourd'hui en sommeil, a souligné un conseiller personnel de Macky Sall, Abdoulaye Badji.

Les agriculteurs casamançais "n'auront plus de soucis majeurs" pour transporter leur production (riz, légumes, noix de cajou, agrumes, mangues...) vers les grands marchés du nord du Sénégal, a-t-il ajouté, en se réjouissant que les marchandises "ne vont plus pourrir au cours du transport".

"Il s'agit d'un lien économique et stratégique vital pour connecter les deux rives du fleuve Gambie, ainsi que la Gambie, le Sénégal et d'autres pays de la sous-région", a souligné la présidence gambienne.

Le pont a pour vocation de s'intégrer dans le "corridor devant relier Dakar à Lagos, en passant par Bissau et Conakry", selon le ministre sénégalais des Infrastructures, Abdoulaye Daouda Diallo.

Relations de bon voisinage

L'ouverture du pont de Farafégny symbolise par ailleurs la bonne entente retrouvée entre les Etats gambien et sénégalais, dont les relations ont longtemps été marquées par des différends sur les transports, la pêche, ou encore les frontières, bien que leurs habitants aient en commun des langues, des origines ethniques et entretiennent de nombreuses relations professionnelles, familiales ou commerciales.

Le climat entre Banjul et Dakar s'est réchauffé depuis l'arrivée à la tête de la Gambie de M. Barrow début 2017, le Sénégal ayant été à la pointe des pressions diplomatiques et surtout militaires de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour contraindre son prédécesseur, Yahya Jammeh, à lui céder le pouvoir après avoir dirigé le pays d'une main de fer pendant 22 ans.

"Ca va tuer le business et des gens vont perdre leur travail. La plupart des motels et des restaurants vont être affectés parce que les voyageurs n'auront plus besoin de passer la nuit ici", regrettait toutefois Amie Njie, une habitante de Farafégny interrogée par l'AFP la veille de l'inauguration.

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Nouveau concert de casseroles à Dakar

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A Dakar mercredi soir, il y avait du bruit. Des habitants sont sortis sur leurs balcons pour taper sur des casseroles. D’autres ont klaxonné dans leur voiture. Le tout, à l'appel d’Ousmane Sonko, l’homme politique qui cherche à défier le pouvoir, à un mois des élections législatives au Sénégal.

Que pensent les Sénégalais de l’annulation de la manifestation de l’opposition?

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L'opposition a annulé sa manifestation à Dakar à cause de la Tabaski

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L'opposition sénégalaise renonce à ses manifestations et "ira" aux législatives

Le maire de Dakar Barthélémy Dias en voiture pour assister à un rassemblement de l'opposition sénégalaise à Dakar. (Photo by SEYLLOU / AFP)

L'opposition au Sénégal a renoncé mercredi à ses manifestations contre le pouvoir, interdites par les autorités, et annoncé qu'elle participerait finalement aux élections législatives du 31 juillet, dans un souci d'apaisement après les heurts mortels de la mi-juin.

Le principal opposant Ousmane Sonko a annoncé l'annulation des regroupements à Dakar et dans plusieurs villes du pays après "des appels du peuple qui a exprimé ses inquiétudes par rapport à la fête (musulmane) de la Tabaski" le 10 juillet et à "la période des examens scolaires", lors d'un point presse dans la capitale. "Il faut qu’on s’oriente résolument vers la préparation des élections législatives du 31 juillet. (La coalition de l’opposition) Yewwi Askan Wi ira à ces élections", a affirmé M. Sonko. "Nous avons notre liste de suppléants et sommes représentés dans les 54 départements" du pays, a-t-il ajouté.

La tension a grandi au Sénégal après l'invalidation par le Conseil constitutionnel de la liste des titulaires sur la liste nationale de cette coalition d'opposition. Cette invalidation a éliminé de la course des figures de l'opposition, comme Ousmane Sonko, qui ont dénoncé un stratagème de la présidence pour écarter ses adversaires. "Si Macky Sall les perd (les législatives), il ne parlera plus de 3e mandat", a affirmé M. Sonko. L'opposition prête au président l'intention de se représenter en 2024. M. Sall entretient le flou sur le sujet.

M. Sonko, troisième de la présidentielle de 2019 et candidat déclaré à celle de 2024, et d'autres leaders avaient menacé d'empêcher la tenue des élections législatives si sa liste de titulaires ne pouvait pas participer. Il avait aussi appelé à des manifestations. La dernière en date, le 17 juin, interdite par les autorités, avait provoqué des heurts. Trois personnes étaient mortes et plus de 200 personnes avaient été interpellées, dont deux députés. L'un a été condamné lundi à six mois de prison avec sursis, l'autre a été relaxé.

Manifestations interdites

Les manifestation de mercredi prévues à Dakar et dans plusieurs villes ont elles aussi été interdites par les autorités malgré les appels d'organisation de la société civile pour "mettre fin aux graves atteintes au droit de réunion pacifique". Pour justifier cette décision, un arrêté du préfet de Dakar a invoqué "des menaces réelles à l'ordre public", "des risques réels d'infiltration par des individus mal intentionnés", "des menaces graves d'atteintes aux édifices publics" et "des risques réels d'entrave à la libre circulation des personnes et des biens".

Il a parlé aussi de violation du code électoral et de son article L.61, qui proscrit toute propagande "déguisée" dans les 30 jours précédant l'ouverture de la campagne électorale. Celle-ci doit s'ouvrir le 10 juillet en vue des législatives du 31 juillet, qui visent à renouveler les 165 députés de l'Assemblée nationale, largement dominée par la coalition présidentielle.

"La décision de sursoir aux manifestations n'est pas due aux interdictions des préfets", a déclaré M. Sonko qui avait annoncé leur tenue quel que soit l'avis des autorités. M. Sonko a aussi appelé à un "nouveau concert de casseroles jeudi à partir de 20H00 (GMT et locales) pendant 30 minutes", comme le 22 juin. Ce jour-là, des Sénégalais de tous les âges étaient sortis dans la rue ou sur leur balcon pour taper sur leurs ustensiles de cuisine.

La mise en cause de M. Sonko par la justice dans une affaire de viols présumés avait contribué en mars 2021 à plusieurs jours d'émeutes qui avaient fait au moins une douzaine de morts.

Les autorités interdisent une manifestation prévue à Dakar

Une manifestante tient le drapeau du Sénégal lors d'un rassemblement de l'opposition sénégalaise sur la place de l'Obélisque à Dakar, le 8 juin 202.

Les autorités sénégalaises ont interdit une manifestation contre le pouvoir prévue ce mercredi à Dakar, au risque d'accroître un peu plus la colère de l'opposition dans un climat de tensions préélectorales grandissantes.

Le 17 juin, une précédente manifestation, elle aussi interdite, avait provoqué des heurts. Trois personnes étaient mortes et plus de 200 personnes avaient été interpellées, dont deux députés, selon l'opposition. L'un a été condamné lundi à six mois de prison avec sursis, l'autre a été relaxé, comme les 82 autres prévenus à Dakar.

Pour justifier cette nouvelle interdiction, un arrêté du préfet de Dakar invoque "des menaces réelles à l'ordre public", "des risques réels d'infiltration par des individus mal intentionnées", "des menaces graves d'atteintes aux édifices publics" et "des risques réels d'entrave à la libre circulation des personnes et des biens".

Il parle aussi de violation du code électoral et de son article L.61, qui proscrit toute propagande "déguisée" dans les 30 jours précédant l'ouverture de la campagne électorale.

Celle-ci doit s'ouvrir le 10 juillet en vue des législatives du 31 juillet.

De nombreux Sénégalais disent avoir perdu confiance en la justice
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La tension va croissant après l'invalidation par le Conseil constitutionnel d'une liste nationale de candidats de la coalition d'opposition Yewwi Askan Wi. Cette invalidation élimine de la course le chef de file de l'opposition Ousmane Sonko et un certain nombre d'adversaires du président Macky Sall. L'opposition dénonce un stratagème de la présidence pour écarter ses adversaires.

M. Sonko, troisième de la présidentielle de 2019 et candidat déclaré à celle de 2024, et d'autres leaders ont menacé d'empêcher la tenue des élections si Yewwi Askan Wi n'y participe pas.

Les législatives visent à renouveler les 165 députés de l'Assemblée nationale, largement dominée par la coalition présidentielle.

L'opposition avait rassemblé des milliers de sympathisants mi-juin lors d'une manifestation qui, elle, avait été autorisée, et s'était déroulée dans une ambiance festive.

Un concert de casseroles et de klaxons à l'appel d'Ousmane Sonko a aussi été très suivi il y a une semaine. Le même jour, onze organisations de la société civile avaient interpellé l'ONU "pour mettre fin aux graves atteintes au droit de réunion pacifique".

La mise en cause de M. Sonko par la justice dans une affaire de viols présumés avait contribué en mars 2021 à plusieurs jours d'émeutes qui avaient fait au moins une douzaine de morts.

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