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Ils voteront pour la première fois en 2020 et ce sera pour Trump

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

Ils aiment son franc-parler, sa politique migratoire ou son bilan économique. Ils ont moins de 20 ans ou à peine plus et ces jeunes de l'Ohio, Etat-charnière de la présidentielle américaine, comptent bien accorder en novembre 2020 leur tout premier vote à Donald Trump. En connaissance de cause.

Casquette et hoodie "Make America Great Again" pour elle, t-shirt de la campagne de réélection de Trump pour lui, Olivia Myers et Clay Danec, 18 ans, ont déjà une idée assez précise du nom qu'ils cocheront sur leur bulletin dans un an.

Les échanges auxquels ils viennent d'assister ce soir à Columbus, la capitale de l'Ohio, Etat à la fois rural et industriel, ont encore renforcé les convictions de ces deux élèves d'une école chrétienne du coin.

"Elevée dans une famille conservatrice", Olivia, pour s'assurer que son choix n'était pas biaisé, a fait "des recherches sur la droite et la gauche" qui ont confirmé ce qu'elle pensait déjà: Donald Trump est le plus à même de défendre deux de ses priorités, la lutte contre l'immigration illégale et le droit des Américains à "détenir des armes pour se protéger".

Il s'agit surtout pour son camarade Clay, au visage tout aussi poupin, d'une question de "valeurs et de croyances". "Je viens d'une famille qui a travaillé dur pour grimper l'échelle sociale et le fait que Trump soutienne les familles qui peuvent continuer à gagner de l'argent sans être trop taxées est très important", développe-t-il alors que se vide autour d'eux l'auditorium de l'Ohio State University où faisait étape mardi la tournée automnale de Turning Point USA.

Bien qu'indépendante, sur le papier, de la campagne Trump 2020, l'organisation, qui revendique une présence dans plus de 1.500 universités à travers le pays, entend tout de même y apporter sa pierre en allant prêcher la bonne parole conservatrice sur les campus des "swing states", ces Etats susceptibles de virer de bord d'une élection à l'autre.

Attaques contre les médias et l'establishment de Washington, éloge de l'économie florissante et de la grandeur de l'Amérique... A mi-chemin entre stand-up et meeting politique, le numéro du fondateur et égérie de Turning Point Charlie Kirk --un clone de Trump de 26 ans, la tignasse blonde en moins-- est bien rodé.

- Les Trumpistes, ces nouveaux punks ? -

Face à lui, dans l'amphi haut de plafond: plusieurs centaines de jeunes que les trois premières années de la présidence Trump semblent avoir désinhibé, à l'image de John McCary. Ce néo Trumpiste décomplexé n'a que 17 ans, mais sera en âge de voter le 3 novembre 2020 et la fameuse casquette rouge MAGA qu'il coiffe fièrement sonne comme une déclaration politique.

"Lorsque je porte cette casquette, les gens pensent que je suis d'accord avec tout ce que dit Trump", témoigne-t-il. "Ce n'est pas le cas, mais ils ne m'écoutent pas et c'est pour ça que j'adore la porter. Je peux avoir mes propres idées et il n'y a aucun mal à ça".

Les sympathisants de droite avaient gagné un peu plus tôt l'auditorium sous les huées et les slogans acerbes de militants "révolutionnaires".

Pour Chris Battisti, l'un des membres de ce comité d'accueil très à gauche, voter Donald Trump à 20 ans, c'est faire "un doigt d'honneur au système". Un basculement surprenant par rapport aux générations précédentes, mais le milliardaire new-yorkais est si politiquement incorrect que le soutenir passerait presque pour un acte de rébellion. "La culture punk d'aujourd'hui...", soupire le socialiste, étudiant en histoire.

Alors, quitte à y laisser quelques amitiés en route, les jeunes conservateurs n'hésitent plus à faire leur "coming-out" politique, affirme Andrea Spiegler, 20 ans.

Spécialisée en économie, elle ne croit pas aux promesses démocrates sur la couverture santé universelle ou l'effacement total de la dette étudiante: "Si vous voulez quelque chose, il faut s'en donner les moyens. J'ai deux petits boulots et paie ma dette étudiante sans problème".

Les accusations de racisme et de misogynie contre Donald Trump?

"Les gens ne l'aiment pas principalement à cause de ça, mais beaucoup de ces choses qui les énervent tant aujourd'hui ont eu lieu il y a si longtemps", balaie une autre jeune femme, Janie Kopus, 19 ans, réserviste de la Garde nationale.

Nate Turner, responsable local de Turning Point, garde-lui, du haut de ses 21 ans et de ses deux mètres, une certaine distance critique vis-à-vis du président et de sa rhétorique polarisante.

"Il écrit parfois des choses très drôles sur Twitter, que je vais +liker+", explique ce républicain modéré, crucifix autour du cou. "Mais il ferait aussi mieux de se taire parfois s'il ne veut pas repousser certains électeurs qui seraient prêts à voter pour lui". Quel que soit leur âge.

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Troupes américaines en Afrique: Pompeo promet une démarche collective

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo et le président sénégalais Macky Sall au palais présidentiel de Dakar, Sénégal, le 16 février 2020. Andrew Caballero-Reynolds / Pool via REUTERS

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a assuré dimanche à Dakar que les Etats-Unis veilleraient à faire "ce qu'il faut" en partenariat avec leurs alliés au sujet de la réduction ou non de leur présence militaire en Afrique, notamment au Sahel confronté aux violences jihadistes.

M. Pompeo, qui s'exprimait devant la presse, s'est gardé de tout engagement et a laissé ouverte la question d'une réduction des forces américaines, actuellement à l'examen à Washington.

Peu auparavant, le ministre sénégalais des Affaires étrangères Amadou Ba, à ses côtés, avait indiqué que les Etats-Unis avaient fait part aux dirigeants sénégalais "de leur volonté de retirer leurs forces combattantes". Il avait souligné que, pour le Sénégal, cela ne signifiait pas un retrait militaire américain du continent, les Etats-Unis apportant un soutien en renseignement, en logistique et en formation à la lutte contre le jihadisme.

Après trois ans d'administration Trump, M. Pompeo est le plus haut responsable américain à effectuer une tournée en Afrique subsaharienne. Après le Sénégal où il est arrivé samedi après-midi, il partait dimanche pour l'Angola, avant l'Ethiopie jusqu'à mercredi, d'où il se rendra en Arabie saoudite.

M. Pompeo entame sa première visite en Afrique subsaharienne dans les fonctions de secrétaire d'Etat au moment où les Etats-Unis veulent réduire les opérations antijihadistes dans le monde pour concentrer leurs forces sur ce qu'ils considèrent comme les menaces russe et chinoise pour leur suprématie militaire.

L'Afrique, où l'armée américaine est présente avec quelque 6.000 soldats, notamment au Sahel, en Somalie et à Djibouti, est considérée comme pouvant être la première concernée par la redistribution des forces.

Epargné par les violences au Sahel voisin, le Sénégal est communément salué comme une zone de stabilité et un partenaire solide dans la lutte contre l'extrémisme. Il suit avec la plus grande attention la réflexion américaine.

Le chef de la diplomatie sénégalaise a affirmé l'importance que "l'Afrique puisse monter en première ligne". Mais il a relevé l'absence de moyens militaires et financiers africains, et rappelé la proposition du président Macky Sall de financer l'effort, en accord avec la communauté internationale, en y affectant 1% du déficit budgétaire des pays africains.

L'Afrique "a besoin des Etats-Unis d'Amérique", a-t-il dit.

- Opportunités économiques -

"Nous ferons ce qu'il faut, nous ferons ce qu'il faut collectivement, j'en suis convaincu", a répondu M. Pompeo en évoquant les partenaires sénégalais, africains, français et européens des Etats-Unis.

Quand l'examen du niveau des forces en cours au Pentagone sera achevé, "nous en discuterons, non seulement avec le Sénégal, mais tous les pays de la région, nous discuterons des raisons de ce que nous faisons, de la manière dont nous le faisons, et nous parviendrons à un résultat qui marche pour tout le monde", a-t-il dit.

Le Pentagone a annoncé mercredi un premier ajustement de ses forces en Afrique avec le remplacement d'une unité de combat par des instructeurs.

M. Pompeo est arrivé en Afrique quelques jours après le durcissement par le président Donald Trump des conditions d'entrée aux Etats-Unis pour les ressortissants de quatre pays africains (dont aucun sur l'itinéraire de M. Pompeo). En 2018, le président Donald Trump avait qualifié de "pays de merde" les Etats africains envoyant des immigrés aux Etats-Unis.

Le département d'Etat a souligné avant la visite de M. Pompeo que les trois pays africains visités étaient des "contributeurs majeurs à la stabilité régionale", à commencer par le Sénégal, qui fournit environ 1.500 hommes à la Mission de l'Onu au Mali.

Cependant, c'est surtout l'engagement économique que Washington comptait mettre en avant, y compris pour contrer la poussée chinoise sur un continent aux forts taux de croissance. Les trois pays sont "particulièrement remarquables" en termes d'opportunités, selon le département d'Etat.

M. Pompeo a résumé l'approche américaine: croissance et sécurité sont "mutuellement bénéfiques".

Il a assisté dimanche matin à la signature de cinq protocoles d'accord, pour la construction d'une autoroute entre Dakar et Saint-Louis (entre l'Américain Bechtel et le Sénégalais Ageroute), dans les domaines de la santé et la production d'électricité (entre l'Américain General Electric et des agences gouvernementales sénégalaises).

USA : Bernie Sanders dénonce les attaques homophobes visant Pete Buttigieg

Pete Buttigieg, ancien maire de South Bend (Indiana), candidat à la présidence des États-Unis, s'adresse à ses partisans lors des primaires au Nashua Community College, le 11 février 2020. (Joseph Prezioso / AFP)

Le sénateur Bernie Sanders a dénoncé vendredi les attaques homophobes "scandaleuses" visant son rival démocrate Pete Buttigieg prononcées par un célèbre animateur de radio proche de Donald Trump.

Figure de la sphère conservatrice américaine, Rush Limbaugh s'est moqué mercredi de l'ancien maire de South Bend (Indiana), "ce type gay de 37 ans qui embrasse son mari sur scène". M. Buttigieg a en fait 38 ans.

Ces propos ont pris un relief particulier car ils sont intervenus quelques jours après un hommage appuyé rendu par Donald Trump à l'animateur.

Lors de son discours sur l'état de l'Union devant le Congrès réuni au grand complet, le président américain lui a décerné la "médaille de liberté", plus haute décoration civile des Etats-Unis, et l'a remercié pour "des décennies de dévouement à notre pays".

"En tant que candidats, nous avons des désaccords, mais des attaques personnelles comme celles-ci sont inacceptables", a réagi Bernie Sanders.

"Les commentaires homophobes de Rush Limbaugh concernant Pete Buttigieg sont scandaleux et offensants. Ensemble, nous mettrons fin aux divisions et à la haine semées par Donald Trump", a-t-il ajouté.

Interrogé jeudi sur le fait de savoir s'il pensait que les Américains pourraient élire un président homosexuel, le président américain a répondu: "Je pense que oui".

"Je pense que certains ne le feraient pas. Mais je ne ferais pas partie de ce groupe pour être honnête", a-t-il ajouté dans l'émission de radio de Geraldo Rivera.

Pete Buttigieg n'a lui pas directement répondu aux attaques de l'animateur conservateur.

"Je suis fier de mon mariage, je suis fier de mon mari", a-t-il simplement déclaré jeudi soir lors d'une rencontre avec des électeurs à Las Vegas.

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