Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

République du Congo

Il y a 30 ans, la conférence nationale de Brazzaville

Une affiche de campagne du président congolais réélu Denis Sassou Nguesso est photographiée à l'extérieur du siège du Parti congolais du travail (PCT) au pouvoir à Brazzaville le 23 mars 2021.

"On peut dire que la déception est totale": plus qu'ailleurs en Afrique, les opposants au Congo-Brazzaville célèbrent avec amertume le 30e anniversaire de leur "conférence nationale" vers la démocratie, quelques semaines après la réélection écrasante de l'indéboulonnable président Sassou Nguesso.

C'était en 1990-91, dans la foulée de la chute des dictatures soviétiques. Le président français François Mitterrand mettait en garde les autocrates africains -dont Denis Sassou Nguesso- au sommet de la Baule: sans démocratie, moins d'aide.

Du Bénin au Zaïre (actuelle RDC), en passant par le Gabon et la Côte d'Ivoire, des "conférences nationales" ouvertes aux opposants ont tenté d'écrire les règles du multipartisme.

Le succès a été foudroyant à Brazzaville. Un an après la fin de la conférence le 10 juin 1991, le président Denis Sassou Nguesso était battu par Pascal Lissouba aux élections.

Encore aujourd'hui, il s'agit du seul exemple d'alternance en Afrique centrale, mis à part le compromis politique qui a conduit à la passation de pouvoir entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi en République démocratique du Congo en janvier 2019.

Trente ans et quatre guerres civiles plus tard, le président Denis Sassou Nguesso, 77 ans dont 37 au pouvoir, a été réélu en mars pour un quatrième mandat avec plus de 88% des voix. Son fils a été nommé ministre.

Né de la conférence nationale, le principal parti d'opposition UPADS a boycotté le scrutin du 21 mars, en dénonçant ses conditions d'organisation.

Fils d'une figure de 1991, le candidat de l'opposition Guy-Brice Parfait Kolélas est décédé du Covid le lendemain du scrutin. Il a été crédité de 7,84% des voix selon le résultat officiel.

Les opposants du précédent scrutin de 2016 (Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa) sont en prison, condamnés à des peines de 20 ans pour "atteinte à la sécurité de l'Etat".

Dans ce pays où l'opposition est décapitée, l'esprit de la "conférence nationale" s'est largement dissipé.

"On peut constater avec regret que la plupart des acquis de la conférence ont été remis en cause", affirme à l’AFP l’opposant Clément Miérassa.

Réélu, Denis Sassou Nguesso souligne la responsabilité collective pour construire l'avenir
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:52 0:00

Espoirs déçus

La promotion de la démocratie, la lutte contre la corruption, la réconciliation nationale étaient entre autres valeurs prônées par la conférence nationale, se souvient M. Muiérassa, 72 ans, un économiste qui a joué un rôle actif à l'époque.

Fondateur du Parti social démocrate congolais (PSDC) il a fait partie du gouvernement de transition (1991-1992) avec un Premier ministre, André Milongo, disposant des prérogatives d’un chef d’Etat.

La lutte contre la corruption passait par "la Commission des biens mal acquis", ajoute Clément Miérassa.

"Aujourd’hui l’indice de perception de la corruption est de 19/100, faisant apparaître le Congo comme l’un des pays les plus corrompus du monde, dans le top 10 des pays les plus corrompus d’Afrique", constate-t-il.

Des enquêtes ont été ouvertes en France sur les "bien mal acquis" de la famille présidentielle.

"La Conférence a suscité beaucoup d’espoirs au sein de la population", se rappelle Grégoire Lefouoba, un autre ancien de 1991.

La conférence voulait débarrasser le Congo de tous ses vieux démons, ajoute-t-il: "le tribalisme, le clanisme, le favoritisme, le clientélisme et surtout la violence politique érigée en art politique".

Participant à la conférence nationale, M. Lefouoba a été ministre du président Lissouba. Il milite aujourd’hui au PCT, le parti au pouvoir.

Le président nouvellement réélu, Denis Sassou Nguesso, à Brazzaville, le 23 mars 2021.
Le président nouvellement réélu, Denis Sassou Nguesso, à Brazzaville, le 23 mars 2021.

Des regrets

En 30 ans de démocratie, le Congo a enregistré au moins quatre guerres civiles, dont celle de 1997 qui a permis le retour au pouvoir de Denis Sassou Nguesso.

"L’histoire politique du Congo depuis l’indépendance n’est qu’une succession de violences", remarque Ulrich Stevio Baralangui, enseignant d’histoire à l’université Marien Ngouabi.

Dans son dernier discours d'investiture, le président Sassou Nguesso a parlé de "rupture avec les mentalités déviantes et les comportements pervers du passé", dont "la corruption, la fraude" et "le népotisme et la tendance à la gabegie".

Ailleurs en Afrique, les "conférences nationales" ont connu des fortunes diverses, des alternances au Bénin au maintien de la famille Bongo au pouvoir au Gabon, en passant par des épisodes de violence en Côte d'Ivoire et en RDC.

Quant au président Sassou Nguesso, ses homologues de Guinée et de Côte d'Ivoire l'appellent désormais "l'Empereur".

Toutes les actualités

Une grève met les installations pétrolières du Congo à l’arrêt

Les travailleurs du secteur pétrolier revendiquent, entre autres, la revalorisation de leurs salaires, jugés trop bas par rapport à l’inflation que connaît le pays.

Les travailleurs des compagnies pétrolières opérant au Congo ont entamé une grève illimitée pour des revendications salariales, paralysant ce secteur qui représente plus de 80% des exportations du pays, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

"Après une grève de la faim de deux jours, nous avons décidé de tout arrêter hier (mercredi). Sur les bases, plateformes et toutes les autres installations pétrolières, personne ne travaille", a indiqué à l’AFP un agent d’une société pétrolière sous couvert d’anonymat.

Le mouvement a été confirmé par le ministère des hydrocarbures, qui n’était pas encore en mesure d’en évaluer les conséquences.

"C’est un sérieux problème qui est pris à bras-le-corps par le gouvernement (...). Les dispositions sont prises pour essayer de dialoguer et trouver des solutions afin de décrisper l’atmosphère", a déclaré un conseiller au ministère des hydrocarbures qui a également requis l’anonymat.

"Une rencontre entre le gouvernement et les syndicats des grévistes est prévue dans les plus brefs délais. Cette grève est la conséquence de quelques incompréhensions seulement", a-t-il estimé.

Les travailleurs du secteur pétrolier revendiquent, entre autres, la revalorisation de leurs salaires, jugés trop bas par rapport à l’inflation que connaît le pays.

Ils demandent aussi que les employés des entreprises contraintes de fermer pendant la pandémie de Covid-19 reçoivent une indemnisation, selon la Fédération des travailleurs du secteur pétrolier et parapétrolier (FTPP).

Pays membre de l’Organisation des pays exportateurs du pétrole (OPEP), le Congo produit 300.000 barils par jour.

A lui seul, le pétrole contribue à plus de 80% au budget de l’Etat et représente plus de 80% des exportations du pays dont environ la moitié de la population (estimée à 5 millions d’habitants) vit en-dessous du seuil de pauvreté.

Des ONG préoccupées par la disparition d'un ouvrier depuis 7 mois à Brazzaville

Les forces de police à Brazzaville, le 23 juin 2002.

Des organisations congolaises de défense de droits de l'homme ont exigé jeudi que la lumière soit faite sur "la disparition forcée" d’un ouvrier congolais de 28 ans dont la famille est sans nouvelles depuis novembre 2021.

Le Consortium des associations pour la promotion de la gouvernance démocratique et l’État de droit "exprime sa vive préoccupation au sujet de la disparition forcée de Joël Nzoungani Diamboté", écrivent ces ONG dans un communiqué lu devant la presse.

"Aujourd’hui, force est de constater que depuis le 11 novembre 2021, date à laquelle son frère cadet l’a vu pour la dernière fois (dans une cellule de la gendarmerie de Brazzaville), M. Nzoungani Diamboté est porté disparu", ajoutent ces ONG.

M. Nzoungani Diamboté, 28 ans, ouvrier de son état, a été arrêté le 3 novembre 2021 à Pointe-Noire (sud), capitale économique, puis transféré à Brazzaville.

"Nous exigeons que la lumière soit faite sur les circonstances de sa disparition et condamnons toute velléité de séquestration, de torture et de traitement inhumain et dégradant", écrivent les ONG dans leur communiqué dont une copie a été adressée aux autorités gouvernementales qui n’ont toujours pas réagi.

Selon les ONG, M. Nzoungani Diamboté a été arrêté au motif qu’il aurait prêté son téléphone à une femme qui, à l’époque, aurait proféré des propos injurieux à l'égard de l’épouse d’un officier supérieur de l’armée.

Depuis, aucune indication claire du lieu de sa déportation n’a été communiquée à sa famille qui vit toujours dans l'espoir de le revoir.

"Depuis qu’on a perdu sa trace, je souffre de tous les maux. Que les autorités m’aident à retrouver mon premier fils", a déclaré à l'AFP son père, Honoré Mibankanissa.

Des cas de disparitions ne sont pas rares au Congo-Brazzaville. En 2021, au moins six jeunes ont été retrouvés morts dans un commissariat et 13 autres en 2018.

Dans l'affaire des 13 jeunes, le gouvernement avait été condamné à indemniser chaque famille à hauteur de 15 millions de FCFA (près de 23.000 euros) à l'issue d'un procès.

Lancement du fibre optique entre le Congo et la RCA; hausse des envois de fonds en Afrique

Lancement du fibre optique entre le Congo et la RCA; hausse des envois de fonds en Afrique
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:29 0:00

Baisse de chômage en Afrique du Sud; premier forum sur le partenariat public-privé au Congo

Baisse de chômage en Afrique du Sud; premier forum sur le partenariat public-privé au Congo
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:32 0:00

Un centre sur les batteries électriques en gestation en RDC; fortes pluies sur le cacao ivoirien

Un centre sur les batteries électriques en gestation en RDC; fortes pluies sur le cacao ivoirien
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:29 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG