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Huit ONG dénoncent une loi qui va "broyer la société civile" en Egypte


FILE - A girl stands in front of a banner written in Arabic that reads "remove our shackles," during a protest in front of the Press Syndicate in Cairo, Egypt, May 3, 2016.

Huit associations, dont Human Rights Watch, ont dénoncé vendredi une loi récemment promulguée par l'Egypte pour réguler les activités des ONG dans le pays, un texte controversé qui va "broyer la société civile", selon un communiqué commun.

Depuis que l'armée a destitué le président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013, les autorités répriment toute forme d'opposition, n'hésitant pas à prendre pour cible les organisations de défense des droits de l'Homme.

La loi contestée a été promulguée le 24 mai par le président Abdel Fattah al-Sissi. Elle prévoit notamment la création d'une "Autorité nationale", regroupant des représentants des services de sécurité pour gérer toute question relative aux financements venus de l'étranger et aux activités des organisations étrangères installées en Egypte.

"La loi ouvre la voie à des niveaux de répression sans précédent, et va criminaliser le travail de plusieurs ONG. Il sera impossible (pour ces associations) de fonctionner de manière indépendante", écrit un communiqué commun envoyé à la presse par Human Rights Watch (HRW) et signé par sept autres ONG, dont la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH).

Selon la loi, des autorisations de l'Etat sont requises pour obtenir des financements venus de l'étranger. Aucune organisation ne peut mener une étude ou un sondage sans une autorisation.

Le texte prévoit des peines allant jusqu'à cinq ans de prison et des amendes pouvant atteindre un million de livres égyptiennes (59.000 euros) pour tout contrevenant aux dispositions de la loi.

"Cela ne devrait pas être un crime que de plaider pour les droits de l'Homme et le développement en Egypte, mais c'est ce que fait cette loi, paralyse la société civile pour des années à venir", selon le communiqué.

Depuis les manifestations de 2011 qui ont entraîné la chute de Hosni Moubarak, des responsables du gouvernement et des forces de sécurité laissent parfois entendre qu'ils soupçonnent les mouvements de la société civile de vouloir déstabiliser le pays.

Les autorités n'ont eu de cesse de défendre la nouvelle loi, assurant que les quelques 47.000 ONG du pays travaillaient "en toute liberté".

Avec AFP

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