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Hors de l'UE, le Royaume-Uni face aux défis de sa nouvelle vie

Le Brexit consommé, le Royaume-Uni commence samedi sa nouvelle vie hors de l'Union européenne avec pour principaux défis de se rassembler après des années de déchirements, de tisser de nouveaux liens avec le bloc des 27 et de définir sa nouvelle place dans le monde.

A Belfast, capitale de la province britannique d'Irlande du Nord, en première ligne en raison de sa frontière terrestre avec l'Irlande, la vie suit son cours après la rupture historique d'avec l'UE, qui a perdu pour la première fois un Etat membre après 47 ans d'un mariage tumultueux.

"Je suis juste contente qu'ils soient parvenus à un accord, parce la route a été longue et difficile. Commençons à construire notre avenir!", confie la vendeuse quinquagénaire Linda Fodor à l'AFP.

Mais pour les Britanniques vivant à l'étranger, la pilule est plus difficile à avaler. "Aujourd'hui je ne suis pas l'égale de mes voisins français?", questionne Erica Lainé, expatriée en Dordogne depuis 20 ans, déplorant qu'avant "nous étions les mêmes, et maintenant je suis un peu comme une étrangère".

- "Tournant extraordinaire" -

Le Brexit a beau être historique, il n'apporte pas de grand changement concret dans l'immédiat, si ce n'est que le Royaume-Uni ne siège plus dans les institutions européennes, dont il continuera toutefois à suivre les règles jusqu'à la fin d'une période de transition le 31 décembre.

Signe discret de cette mutation, une nouvelle plaque marque le changement de nom de la Représentation britannique auprès de l'UE à Bruxelles, désignation réservée aux pays membres, rebaptisée Mission britannique pour l'UE.

Le premier ambassadeur de l'UE au Royaume-Uni, le Portugais Joao Vale de Almeida, a pris ses fonctions samedi, se disant sur Twitter "impatient (...) de jeter les bases d'une relation solide" entre le Royaume-Uni et l'UE.

Même si l'avenir est encore plein d'incertitude pour les Britanniques, leur Premier ministre Boris Johnson, grand apôtre du Brexit, y voit un nouvel âge d'or pour son pays. "Cette nuit nous avons quitté l'UE - un tournant extraordinaire dans la vie de ce pays. Unifions-nous maintenant et profitons de toutes les opportunités que le Brexit apportera", a-t-il tweeté.

Devant le Parlement britannique à Londres, on s'est embrassé et on a chanté "God Save the Queen" pour savourer l'indépendance retrouvée, trois ans et demi après le vote de 52% des Britanniques en faveur du Brexit.

Malgré les appels à la réconciliation du dirigeant conservateur, le divorce ne met pas fin aux antagonismes dans un pays qui a toujours été divisé vis-à-vis de son appartenance européenne, avant même son adhésion en 1973.

Brandissant des drapeaux bleus écossais estampillés d'étoiles de l'Union européenne, des militants pro-UE se sont rassemblés samedi à Édimbourg, avec le rêve de retrouver un jour le giron européen dans une Écosse indépendante.

"C'est un jour triste pour l'Ecosse d'être traînée de la sorte hors de l'UE" alors que la région avait voté en 2016 à 62% pour y rester, a estimé auprès de l'AFP David Eakins, qui participe à la manifestation et juge "absolument choquant" dêtre ainsi "sorti contre nos convictions".

- "Compétition néfaste" -

Le nouveau chapitre de l'Histoire britannique s'écrira notamment lors de négociations qui s'annoncent complexes sur la future relation avec les 27 en matière commerciale, de sécurité ou de pêche.

Tournant vers des Etats-Unis qui lui tendent les bras? Nouveau concurrent dérégulé aux portes de l'UE? Ou au contraire proximité forte avec des Européens qui restent des partenaires incontournables? Dès lundi, Boris Johnson doit présenter sa vision dans un discours, tandis que le négociateur européen Michel Barnier détaillera ses priorités pour la nouvelle phase de discussions.

Proche du gouvernement conservateur, le quotidien The Telegraph affirme que Londres est prêt à imposer des contrôles douaniers aux produits européens pour ne pas avoir à s'aligner sur les règles communautaires et ainsi conserver toute sa liberté.

"Nous ne pourrons pas laisser une compétition néfaste s'établir entre nous", a d'emblée prévenu le président français Emmanuel Macron dans une lettre aux Britanniques dans le Times. Il se rendra à Londres en juin.

Avant d'éventuels changements tarifaires, Tricia Morgan et son conjoint sont venus de Yeovil (ouest de l'Angleterre) s'approvisionner en alcool moins cher près du port ferry de Calais. "A cause du Brexit, on s'est dit que c'était mieux de venir dès que possible", explique-t-elle à l'AFP. "On reviendra très probablement en décembre pour refaire les stocks".

Londres souhaite conclure un accord en un temps record, avant la fin de l'année, et exclut toute prolongation de la transition au-delà de 2020. Un calendrier jugé très serré à Bruxelles.

"On ne signera pas le 31 décembre à 23H00 un mauvais accord sous prétexte qu'il faut en signer un", a commenté Amélie de Montchalin, la secrétaire d'Etat française aux Affaires européennes, sur la radio France Info, se disant ouverte à une prolongation de la période de transition si nécessaire.

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Les campagnes de vaccination perturbées, 80 millions d'enfants menacés

Seth Berkley, PDG de GAVI Alliance lors de la session «Rising to a Global Challenge: The 15th Anniversary of GAVI» dans la station de montagne suisse de Davos, le 22 janvier 2015. REUTERS / Ruben Sprich /

Environ 80 millions d'enfants de moins d'un an dans 68 pays risquent de contracter des maladies contagieuses, comme la rougeole, car la pandémie de Covid-19 limite les vaccinations de routine, ont averti l'OMS, l'Unicef et Gavi vendredi.

"Cette donnée est alarmante. C'est quelque chose que nous n'avons jamais vu de toute notre vie", a déclaré le Dr Seth Berkley, directeur exécutif de l'Alliance du vaccin (Gavi), au cours d'une conférence de presse virtuelle.

Ce cri d'alarme est lancé à quelques jours du Sommet mondial sur la vaccination qui sera virtuellement accueilli le 4 juin par le Royaume-Uni.

Comme l'expliquent l'Organisation mondiale de la santé, le Fonds des Nations unies pour l'enfance et Gavi dans un communiqué, la pandémie limite la vaccination de routine pour plusieurs raisons.

Certains parents hésitent à sortir de chez eux en raison des mesures de limitation de mouvement, du manque d'information ou parce qu'ils craignent d'être infectés par le coronavirus responsable de la maladie Covid-19. En outre, de nombreux agents de santé ne sont pas disponibles en raison des restrictions de déplacement ou de leur réaffectation à des tâches relatives à la lutte contre la pandémie.

Et alors que la pandémie a cloué au sol de nombreux avions, des problèmes de logistiques et de transports perturbent l'acheminement des vaccins, a expliqué aux médias la directrice générale de l'Unicef, Henrietta Fore.

Depuis mars, les services de vaccination systématique des enfants en particulier contre la roougeole poliomyélite, mais aussi contre le choléra, la méningite et le tétanos notamment, sont ainsi perturbés à un niveau sans précédent depuis le lancement des programmes élargis de vaccination dans les années 1970.

Selon les données recueillies par l'ONU et Gavi, le fonctionnement des services de vaccination systématique est considérablement perturbé dans au moins 68 pays, ce qui pourrait affecter environ 80 millions d'enfants âgés de moins d'un an.

Fin mars, craignant que les rassemblements de masse pour les campagnes de vaccination ne favorisent la propagation du Covid-19, l'OMS avait recommandé aux pays de suspendre provisoirement celles qui étaient menées à visée préventive, le temps d'évaluer les risques et de mettre en place des mesures efficaces pour réduire la transmission du coronavirus.

Après avoir évalué la situation, l'OMS conseille désormais "aux pays de procéder à une évaluation spécifique des risques en fonction de la dynamique locale de propagation du coronavirus, des capacités de leur système de santé et de l'intérêt pour la santé publique de mener des campagnes de vaccination".

La France va devoir faire face à son tour aux faillites et aux licenciements

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, lors d'une conférence de presse en marge des assemblées annuelles Banque mondiale / FMI à Washington, le 18 octobre 2019.

Le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire a mis en garde vendredi contre les faillites et les licenciements inéluctables "dans les mois qui viennent", dans un pays jusqu'à présent épargné grâce à de vastes dispositifs de soutien.

La crise du Covid-19 a mis un coup d'arrêt brutal à l'économie partout dans le monde. Et les conséquences ne se sont pas fait attendre dans certains pays.

Aux États-Unis, le taux de chômage a explosé, atteignant 14,7% en avril, contre 3,5% en février (son plus bas niveau depuis 50 ans). Au total, 38,6 millions de personnes ont demandé une allocation chômage depuis l'arrêt de l'économie mi-mars.

En Amérique latine, 11,5 millions de personnes supplémentaires vont être au chômage en 2020, en raison de la pandémie, selon un récent rapport de deux agences onusiennes.

La France semblait jusqu'à présent relativement épargnée. Le nombre de chômeurs a certes progressé de 7,1% sur un mois en mars, mais cela s'explique essentiellement par le non-renouvellement des contrats à durée déterminée et de missions d'intérim ou des reports/annulations d'embauches.

Principal rempart contre les vagues de licenciements : la prise en charge par l’État du chômage partiel, un dispositif dont 8,6 millions de salariés auraient bénéficié, selon une estimation du ministère du Travail.

"L’Etat n'a pas hésité à dépenser", il s'agit d'une "mesure très centrale de soutien à l'économie qui a permis de sauvegarder des emplois", a déclaré à l'AFP Anne Eydoux, maîtresse de conférence en économie au Conservatoire national des Arts et Métiers.

Le gouvernement souhaite toutefois réduire progressivement à partir de juin ce dispositif de chômage partiel, une mesure à laquelle s'oppose notamment le syndicat patronal Medef. De son côté, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) demande d'attendre septembre pour une réduction "sensible" de la prise en charge, anticipant des licenciements.

La situation va en effet se noircir : "Il y aura des faillites et il y aura des licenciements dans les mois qui viennent", a prévenu sur la radio Europe 1 Bruno Le Maire.

- Entreprises "non profitables" -

Les faillites vont se produire "petit à petit", mais il est "extrêmement compliqué" de prévoir précisément à quoi s'attendre, a indiqué à l'AFP Éric Heyer, directeur du département analyse et prévision de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Selon lui, le nombre de disparitions d'entreprises dépendra notamment du retour ou non de la consommation, et du soutien que le gouvernement proposera aux entreprises.

"La capacité de rebond de la demande est plus forte en France qu'ailleurs, puisque les ménages ont un revenu qui s'est mieux maintenu" grâce au chômage partiel, a relevé M. Heyer.

"La consommation va repartir dans certains secteurs qui pourront rattraper une partie du retard, mais pas dans d'autres où la facture va s'alourdir", a-t-il cependant expliqué.

Le tourisme, l'hôtellerie et la restauration, encore à l'arrêt, sont particulièrement en danger, ainsi que certaines branches industrielles, telles que l'automobile et l'aéronautique, pour lesquelles le gouvernement doit présenter prochainement des plans de soutien spécifiques.

Les petites entreprises sont menacées tout comme de grands fleurons français, à l'instar du constructeur automobiliste Renault - qui "joue sa survie", selon les mots de Bruno Le Maire.

Autre difficulté pour les sociétés: les mesures sanitaires entraînent des coûts supplémentaires et ralentissent la production. "Beaucoup d'entreprises - mais c'est très difficile à chiffrer aujourd'hui - vont devenir non profitables pour une durée que ni vous ni moi on ne sait estimer", a souligné lors d'une audition à l'Assemblée nationale le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux.

Les syndicats sont déjà en alerte. La CFDT, premier syndicat de salariés, qui s'attend à ce que la crise soit sévère, appelle à une "mobilisation générale sur l'emploi". Force Ouvrière réclame "un contrôle strict des procédures de suppressions d'emplois, afin d'empêcher les licenciements quand une entreprise a bénéficié ou bénéficie d'aides publiques en particulier".

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