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Hong Kong: arrestations dans le camp prodémocratie avant un week-end tendu

Les activistes prodémocratie, Agnes Chow, à gauche, et Joshua Wong, à droite, Hong Kong, le 21 juin 2019.

Plusieurs figures du mouvement prodémocratie hongkongais ont été arrêtées vendredi, parmi lesquelles Joshua Wong, après l'interdiction par la police d'une nouvelle grande manifestation prévue samedi.

La région semi-autonome traverse depuis près de trois mois sa pire crise depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des manifestations et des actions quasi quotidiennes qui ont pour certaines dégénéré en affrontements violents avec les forces de l'ordre.

Un nouveau rassemblement massif est prévu samedi pour marquer le cinquième anniversaire du refus par Pékin d'organiser des élections au suffrage universel dans la ville, décision qui fut le déclencheur du "Mouvement des parapluies", marqué par 79 jours d'occupation du coeur financier et politique de Hong Kong.

Deux des grandes figures de ce mouvement, Joshua Wong et Agnes Chow, tous deux âgés de 22 ans et très populaires au sein de la contestation actuelle, ont été arrêtées vendredi, a annoncé leur parti.

"Notre secrétaire général @joshuawongcf vient d'être arrêté ce matin vers 07H30", a tweeté le parti Demosisto. "Il a été poussé de force dans un monospace banalisé, dans la rue, en plein jour. Nos avocats suivent désormais le dossier."

Mme Chow a été interpellée à son domicile, selon le parti.

- Andy Chan arrêté -

La police s'est bornée à annoncer l'arrestation de deux personnes de 22 ans, en ne les désignant que par leur nom de famille, Wong et Chow, et en les accusant notamment d'en "inciter d'autres à participer à un rassemblement non autorisé".

Plus de 850 personnes ont été interpellées depuis le début de la mobilisation qui était partie du rejet d'un projet de loi qui devait autoriser les extraditions vers la Chine.

Le mouvement a depuis considérablement élargi ses revendications, qui renvoient toutes à la dénonciation d'un recul des libertés et de de l'ingérence grandissante de la Chine dans les affaires de la région semi-autonome, en violation du principe "Un pays, Deux systèmes" qui avait présidé à la rétrocession.

Le site Hong Kong Free Press a fait état de son côté de l'arrestation jeudi soir du militant indépendantiste Andy Chan. Le fondateur du Parti national (HKNP), minuscule formation indépendantiste interdite par les autorités en 2018, a été interpellé alors qu'il était sur le point d'embarquer dans un vol à destination du Japon, selon Hong Kong Free Press qui cite un porte-parole de la police.

Ce dernier a précisé au site que M. Chan était soupçonné de participation à une émeute et d'avoir agressé un policier.

MM. Chan et Wong ont déjà effectué des séjours derrière les barreaux.

- Paradoxe -

Ce coup de filet intervient alors que l'exécutif hongkongais peine à répondre à la crise politique et à un mouvement de contestation inédit qui se caractérise aussi par une créativité sans précédent quant à ses modes d'action.

C'est en invoquant des raisons de sécurité que la police a décidé d'interdire la manifestation de samedi, mesure radicale qui pourrait au contraire déclencher de nouveaux heurts avec des militants radicaux prêts à en découdre.

Le paradoxe est que la manifestation de samedi est convoquée par le Front civil des droits de l'homme (FCDH), une organisation non violente qui a été à l'origine des plus grands rassemblements de ces derniers mois. En particulier celui du 18 août qui avait réuni 1,7 million de personnes selon les organisateurs, sans aucun débordement.

Dans une lettre au FCDH, la police dit redouter que certains participants commettent des "violences" ou des "actes de destruction".

En évoquant de précédentes manifestations, la police relève que les manifestants ont non seulement "allumé des incendies et bloqué des routes, ils ont aussi utilisé des bombes incendiaires, des billes d'acier, des briques, des lances, des barres métalliques et diverses armes artisanales pour commettre des destructions de biens publics à grande échelle, perturber l'ordre social et infliger des blessures à autrui".

- "Nous sommes nos chefs" -

Le Front a déposé un recours contre l'interdiction. Mais vendredi matin, un de ses chefs de file, Jimmy Chan, a annoncé que l'appel à manifester serait retiré si l'interdiction était confirmée, et ce pour ne pas envenimer la situation.

Mais il est probable que cet appel à la mesure ne sera pas entendu par la frange radicale, composée majoritairement d'étudiants très jeunes. Et le risque de nouvelles violences est bien réel.

"La police croit qu'il y a des leaders dans le mouvement et que sa décision d'interdire la manifestation va nous arrêter", confie à l'AFP sous couvert de l'anonymat une manifestante se faisant appeler Kelly.

"Nous sommes nos propres chefs et nous continuerons de sortir. C'est ce que le gouvernement ne comprend pas."

Dimanche, la police avait déployé des canons à eau et même effectué pour la première fois un tir de sommation avec une arme à feu lors d'une manifestation autorisée qui avait dégénéré.

L'armée chinoise, qui n'a en principe pas à intervenir à Hong Kong, mais qui compte une garnison dans la ville, a adressé jeudi un nouvel avertissement en procédant, images à l'appui, à la relève de ce détachement de milliers de militaires.

Avec AFP

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Coronavirus: des défenseurs des Ouïghours dénoncent des pénuries alimentaires en Chine

Manifestation de femmes musulmanes appelant à mettre fin à l'oppression contre les Ouïghoures du Xinjiang à Jakarta en Indonésie, le 27 décembre 2019.

Les mesures draconiennes prises par la Chine contre le nouveau coronavirus provoquent de graves pénuries alimentaires dans la région du Xinjiang à majorité musulmane, ont affirmé mercredi des défenseurs des Ouïghours qui dénoncent déjà la répression de Pékin.

Selon le Uighur Human Rights Project, une association basée à Washington, l'épidémie pourrait en outre se propager dans les camps où, selon les organisations de défense des droits humains et plusieurs pays dont les Etats-Unis, un million de membres de cette minorité musulmane sont internés.

Les autorités chinoises ont imposé une quarantaine sans préavis dans certaines parties du Xinjiang fin janvier, après l'annonce de deux cas de Covid-19 dans la capitale régionale, a déploré l'association.

S'appuyant sur des vidéos, des photos et des récits d'habitants de cette région du nord-ouest de la Chine, elle affirme que de nombreuses personnes, confinées chez elles du jour au lendemain, manquent de nourriture, de médicaments ou d'autres produits de première nécessité.

Dans une vidéo présentée comme datant de la semaine dernière, on entend un homme crier à des responsables: "Je meurs de faim. Ma femme et mes enfants meurent de faim". "Vous voulez me tuer? Tuez-moi!", ajoute-t-il, visiblement désespéré.

Malgré les démentis indignés de Pékin, les Etats-Unis, ainsi que de nombreuses organisations indépendantes accusent les autorités chinoises de mener une campagne de répression "systématique et brutale" contre les musulmans ouïghours.

L'épidémie de nouveau coronavirus a démarré en Chine, le pays le plus touché à ce jour.

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Le président américain boucle son voyage de deux jours en Inde

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Coronavirus : la contagion hors de Chine fait craindre une pandémie

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Coronavirus: Le président chinois Xi Jinping promet aide et matériel à l'Afrique

Le président chinois Xi Jinping à Pékin en Chine le 6 janvier 2020.

La Chine est prête à offrir assistance et matériel médical aux pays africains face à l'épidémie de coronavirus, qui constitue pour eux un défi de santé publique, a déclaré mardi le président chinois Xi Jinping.

Coronavirus : des milliers d'Africains toujours bloqués à Wuhan
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Jusqu'à présent, l'Egypte est le seul Etat d'Afrique à avoir enregistré un cas confirmé de contamination.

Mais l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a averti que les systèmes de santé et les infrastructures sanitaires du continent étaient mal équipés pour affronter le coronavirus si les cas se multipliaient.

"Les pays africains sont confrontés à de nombreux défis en matière de prévention et de contrôle de l'épidémie", a souligné Xi Jinping lors d'une conversation téléphonique avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.

"La Chine est disposée à fournir aux pays africains le matériel médical dont ils ont un besoin urgent, y compris des tests de dépistage", a-t-il déclaré selon l'agence officielle Chine nouvelle.

Xi Jinping a également promis un renforcement de "la coopération sino-africaine en matière de santé publique et de prévention et de contrôle des maladies", sans offrir de précision.

Selon l'OMS, si des cas de contamination apparaissaient en grand nombre, les pays africains pourraient être confrontés à des pénuries de kits de dépistage et d'équipement de protection comme des masques.

Les systèmes de santé devront prendre en charge des malades atteints de défaillances respiratoires, de chocs septiques ou de défaillance simultanée de plusieurs organes, a relevé son directeur Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"Ces patients ont besoin de soins intensifs nécessitant des équipements comme des appareils d'assistance respiratoire qui manquent dans de nombreux pays africains, et c'est une source de préoccupation", a-t-il déclaré.

La Chine avait envoyé en 2014 des centaines de médecins, épidémiologistes, ingénieurs, infirmiers et techniciens en Afrique de l'Ouest pour combattre l'épidémie d'Ebola.

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