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La lutte contre le choléra, sous-financée, est inefficace en Haïti

Des gens reçoivent un traitement au premier centre de choléra permanent d'Haïti, géré par les Centres Gheskio, au centre-ville de Port-au-Prince, Haïti, le 24 février 2016. (AP Photo/Dieu Nalio Chery)

Aucune séparation entre les lits de camps recouverts de bâches plastiques pour ces hommes, femmes et enfants regroupés dans un ancien hangar : au centre de traitement du choléra de la commune de Carrefour, près de Port-au-Prince, les malades ne disposent d'aucune intimité.

Consciencieusement, Djelile Pierre nourrit à la seringue sa fille de 5 ans, hospitalisée depuis trois jours. "Je ne croyais pas qu'elle allait survivre" raconte la jeune femme de 24 ans. "Elle est encore très faible et refuse d'avaler toute nourriture".

Faute d'avoir bu une eau non traitée ou à cause d'un plat mal préparé, la fillette a été infectée par le choléra, comme près de 800.000 Haïtiens depuis le début de l'épidémie en octobre 2010.

L'ONU a enfin reconnu récemment, du bout des lèvres, la responsabilité de ses Casques bleus népalais dans l'introduction de la maladie en Haïti, tout en rappelant la non-recevabilité des poursuites judiciaires contre elle. Mais sur le terrain les équipes médicales s'inquiètent surtout du manque d'argent.

"Après octobre, on ne sait pas comment on va pouvoir continuer à soutenir la réponse rapide", alerte Jean Ludovic Metenier, représentant adjoint de l'Unicef en Haïti.

Déjà, les organisations humanitaires n'interviennent plus que pour éviter la propagation, au cas par cas.

A 60 kilomètres de la capitale, tout patient qui arrive à l'hôpital de Verrettes en souffrant de diarrhée aiguë est interrogé par les membres de l'ONG française Acted: déterminer comment il a été infecté est crucial pour éviter une dissémination de la maladie.

Ainsi, une équipe se rend au domicile d'un jeune hospitalisé dans la matinée. Tout en rassurant sa famille, les personnels commencent à répandre une solution chlorée dans sa petite maison aux murs de terre.

"Nous faisons une décontamination du domicile du patient et des latrines pour tuer la bactérie afin que les gens qui partagent la cour n'attrapent pas la maladie", détaille Nadine Guerrier, qui travaille pour Acted.

Dans le petit village rural, l'opération ne passe pas inaperçue et les travailleurs humanitaires rappellent à tous les curieux les consignes d'hygiène à suivre. Cette sensibilisation en urgence constitue aujourd'hui l'unique action pour contrer l'épidémie.

- Structures sanitaires déplorables -

"On a complètement arrêté de travailler sur les infrastructures d'assainissement et d'eau potable", déplore Emilie Bernard, directrice pays pour Acted Haïti. "Donc on ne fait que mettre un pansement sur une fracture ouverte".

Six ans après le début de l'épidémie, les structures sanitaires restent effectivement déplorables: 72% des Haïtiens n'ont pas de toilettes à domicile et, selon l'ONU, 42% des habitants n'ont toujours pas un accès sûr à l'eau potable.

Une situation d'autant plus problématiques qu'avec 500 cas de choléra chaque semaine, Haïti fait face à la pire épidémie de son histoire récente.

"Depuis le début de l'année, on a quand même eu 25.000 cas dans le pays", rapporte Jean Ludovic Metenier. "En République démocratique du Congo, un pays avec 10 fois plus d'habitants, il n'y a eu que 15.000 cas depuis janvier".

Que l'inquiétante crise sanitaire haïtienne n'interpelle plus la communauté internationale décourage les équipes qui agissent depuis six ans contre l'épidémie.

"Le choléra on peut l'éliminer si on met les moyens", martèle Jean Ludovic Metenier. "Ebola, qui a eu la même incidence au niveau de la mortalité, a mobilisé 1.5 milliard de dollars. L'épidémie de choléra en Haïti n'a mobilisé depuis 2010 que 300 millions".

Sur le terrain, ce manque d'argent a des répercussions terribles.

"Nous recevons des traitements pour soigner 10 patients par jour", détaille Mirlène Lorcy, superviseuse du centre de traitement de Carrefour.

Mais à 10h du matin, déjà 12 patients sont alités dans le hangar. "On prend en charge tous les malades qui viennent par eux-mêmes, mais s'ils arrivent par ambulance on les renvoie ailleurs", explique-t-elle sans trop savoir vers quel autre hôpital les malades sont transportés.

Ce qu'elle sait en revanche c'est que faute de moyens son centre a vu le nombre d'infirmières réduit de moitié depuis juillet.

Début août, l'épidémiologiste Renaud Piarroux tirait déjà la sonnette d'alarme, anticipant que la barre des 500 décès dus au choléra en Haïti pourrait "aisément être franchie. Cela ferait 200 morts de plus qu'il y a deux ans".

Avec AFP

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L'ONU veut mieux protéger les migrants d'Afrique en route vers la Méditerranée

51 migrants, qui dérivaient sur un bateau en bois, sont secourus par des membres de l'ONG française SOS Mediterranée, au large des côtes de l'île de Lampedusa, le 25 juin 2020.

Les Nations unies ont demandé mercredi 100 millions de dollars pour mieux protéger, en Afrique, les migrants qui tentent de rejoindre la Méditerranée pour se rendre en Europe, à l'heure où l'escalade des conflits multiplie les candidats au départ.

Cet appel intervient alors que le Comité des droits de l'Homme de l'ONU, dont les avis ne sont pas contraignants, a accusé mercredi l'Italie d'avoir trop tardé à secourir des migrants en Méditerranée en 2013, lors d'un naufrage qui a coûté la vie à 200 personnes.

En 2020, 1.064 décès ont été enregistrés dans la zone centrale et occidentale de la Méditerranée, selon l'ONU.

Face à ce drame, "la priorité absolue est d'offrir des alternatives sûres et viables à ces dangereux périples caractérisés par les abus et la mort", souligne le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR).

Désireuse de renforcer la protection des réfugiés en route vers la Méditerranée dans les pays africains, l'agence lance un appel d'un peu plus de 100 millions de dollars (82.500 euros).

Le HCR se dit "profondément préoccupé" par l'escalade des conflits et l'ampleur des déplacements au Sahel, par les nouveaux mouvements de population dans l'Est et la Corne de l'Afrique, et par l'augmentation des arrivées par mer dans les îles Canaries.

La violence au Sahel a déjà forcé à ce jour environ 2,9 millions de personnes à fuir, selon le HCR.

En l'absence de perspectives de paix et de stabilité dans la région, "il est fort probable" que d'autres mouvements de population se produiront de nouveau et que beaucoup continuent à tenter la périlleuse traversée maritime vers l'Europe, s'inquiète l'organisation.

- Pandémie-

En outre, la pandémie de Covid-19 n'a pas mis un frein aux envies de départ des migrants, selon l'envoyé spécial du HCR pour la situation en Méditerranée centrale, Vincent Cochetel.

Au contraire: l'impact socio-économique du Covid a poussé un plus grand nombre de personnes à tenter la traversée de la Méditerranée, a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse.

Quelques 70.650 personnes sont partis en 2020 de Libye (+58%), Tunisie (+310%) et Algérie (+209%), soit globalement 141% de plus que l'année précédente, selon le HCR.

Avant de tenter la traversée, nombreux sont ceux qui fuient vers d'autres pays sur le continent africain.

"Beaucoup de ces personnes fuient les violences et la persécution et ont des besoins immenses et urgents en matière de protection. Il est essentiel qu'un soutien vital ainsi que des services de protection leur soient assurés dans les pays vers lesquels elles ont fui initialement", a indiqué M. Cochetel.

"Nous recevons des témoignages poignants des brutalités et des abus dont sont victimes les réfugiés et les migrants sur les routes qui mènent à la Méditerranée. Beaucoup sont la proie de trafiquants et de passeurs et sont maltraités, extorqués, violés, et parfois tués ou laissés pour morts", a-t-il souligné.

L'appel de fonds lancé par le HCR découle du plan d'action stratégique pour 2021 lancé par l'organisation, qui vise à accroître l'accès, l'identification et l'assistance aux réfugiés le long de leurs itinéraires, ainsi qu'à améliorer l'accès à l'éducation et aux moyens de subsistance dans les pays d'asile.

"Il est, pour nous, presque trop tard pour intervenir lorsque les gens arrivent en Libye ou dans le Sahara occidental. Il faut investir (...) tout au long du parcours, et pas seulement dans les Etats côtiers", a relevé l'envoyé du HCR.

Afin de limiter le recours aux dangereux périples terrestres et maritimes, le HCR appelle par ailleurs les Etats à favoriser les voies d'accès sûres et légales pour les réfugiés, y compris par le biais du regroupement familial.

"Nous devons développer les capacités d'asile dans plusieurs pays, y compris en Afrique du Nord, où le cadre juridique pour les réfugiés reste inexistant", a insisté M. Cochetel.

Somalie: l'ONU appelle à un consensus rapide pour organiser les élections

Le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed arrive pour la cérémonie de prestation de serment de Cyril Ramaphosa à Pretoria, en Afrique du Sud, le 25 mai 2019.

Ce pays de la Corne de l'Afrique devait initialement organiser des élections législative et présidentielle avant le 8 février, mais le processus s'est embourbé dans les désaccords entre le gouvernement fédéral de Mogadiscio, soutenu par la communauté internationale, et les États régionaux somaliens.

Respecter cette date butoir est désormais "irréaliste", a reconnu M. Swan, étant donné les nombreux retards qui s'accumulent.

L'enjeu est selon lui de trouver un consensus pour éviter de déstabiliser ce pays déjà fragilisé par les violences entre clans et l'insurrection des islamistes radicaux shebab, affiliés à Al-Qaïda.

"La crainte, c'est que dépasser la date du 8 février sans accord clair nous emmène dans une situation imprévisible", a déclaré M. Swan lors d'une conférence de presse en ligne depuis Mogadiscio.

"Nous cherchons vraiment à (...) encourager les dirigeants somaliens à exploiter chaque occasion pour surmonter ces différends, et à prendre une décision dans les tout prochains jours afin de trouver des réponses, de trouver des solutions, bien avant le 8 février", a-t-il ajouté.

- "Climat de méfiance" -

La Somalie s'était initialement fixé l'objectif ambitieux de tenir ses premières élections entièrement démocratiques depuis 1969 en donnant une voix à chaque citoyen lors du scrutin. Selon le complexe système actuel, des délégués spéciaux élisent les parlementaires, qui votent ensuite pour le président.

Mais ce processus a patiné en raison de multiples désaccords politiques.

Mi-septembre, le président Mohamed Abdullahi Mohamed, surnommé "Farmajo", cinq leaders régionaux et le maire de Mogadiscio avaient finalement trouvé un accord. Celui-ci abandonnait la promesse dite du "un homme, une voix" mais prévoyait l'organisation d'élections indirectes, avec un système revisité, qui devaient se tenir avant la fin du mandat de Farmajo en février.

La communauté internationale appelle à respecter ce cadre et s'oppose à tout processus électoral parallèle ou alternatif, a fait savoir M. Swan.

"Il y a malheureusement un climat de méfiance entre de nombreux leaders politiques en Somalie", a-t-il déploré.

Mercredi, plusieurs candidats d'opposition ayant des ambitions présidentielles ont assuré ensemble vouloir trouver un accord politique pour organiser des élections avant le 8 février et ont demandé au gouvernement d'entamer des "négociations".

Selon eux, le pouvoir fédéral de Mogadiscio s'est jusqu'ici montré "incapable d'engager ou d'appeler à un dialogue national avec les différentes parties prenantes pour atteindre un compromis". Ils ont aussi mis en garde le gouvernement contre toute tentation d'organiser des élections partielles.

Les Nations Unies avaient qualifié "de réalisation historique" l'introduction annoncée d'un système électoral universel en Somalie, après des décennies de guerre et d'instabilité.

Mais les observateurs avaient jugé cette réforme improbable en raison des tensions politiques, des aspects techniques et des enjeux de sécurité liés aux insurgés islamistes shebab.

Le fragile gouvernement fédéral contrôle seulement une partie du territoire somalien, malgré le soutien de la force de l'Union Africaine en Somalie (Amisom).

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