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Haïti : des victimes du choléra réclament justice aux Nations unies

Des Haïtiens souffrant du choléra, à l’hôpital de Médecins sans frontières (MSF) à Port-au-Prince, en 2012.

Plusieurs centaines de victimes de l'épidémie de choléra ont manifesté, jeudi à Port-au-Prince, pour réclamer justice à l'ONU. Des Casques bleus népalais sont accusés d'avoir introduit la bactérie dans le pays par accident, il y a cinq ans.

Ils étaient plusieurs centaines, jeudi 15 octobre, à manifester devant la principale base de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), afin de dénoncer le silence de l'ONU quant à sa responsabilité dans l'apparition de l'épidémie de choléra.

"Si les Nations unies nous considéraient comme des êtres humains, on aurait eu des excuses", a estimé Jean Emmanuel Larose, un agent de santé de la ville de Mirebalais, où se trouvaient à l'époque les bataillons népalais.

En octobre 2010, Jean Emmanuel Larose a vécu la flambée des cas de choléra. "Nous n'étions pas informés de ce qu'était le choléra et c'est pourquoi beaucoup d'entre nous sont morts. On a découvert que c'était la Minustah qui ne nous avait pas respectés. Leurs Casques bleus népalais ont versé leurs besoins infectés dans notre rivière alors qu'ils savaient très bien que c'est l'eau que nous utilisons chaque jour", s'énerve-t-il.

Dans un communiqué publié mardi, Amnesty International rappelle que "plusieurs rapports scientifiques ont identifié des employés de l'ONU venus du Népal comme les vecteurs de la maladie en Haïti".

Plus de 746 000 contaminés

Plus de 8 850 Haïtiens, principalement issus des familles les plus pauvres, sont décédées du choléra depuis le début de l'épidémie en octobre 2010 et, selon le bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), plus de 746 000 personnes ont été contaminées.

"C'est une violation des droits de l'Homme, a affirmé Rachèle Fondchaine, militante féministe. Des parents sont morts et leurs enfants sont désormais à la charge de leurs oncles ou tantes. Ces cas doivent être pris en charge et ces familles doivent être dédommagées, car non seulement des gens sont morts mais le choléra a plongé des familles entières dans la grande misère."

L'ONU témoigne régulièrement de son engagement pour éradiquer l'épidémie en Haïti, en finançant notamment des programmes d'assainissement en zones rurales, mais a toujours refusé de reconnaître sa responsabilité dans l'introduction du choléra dans le pays, très fragilisé à l'époque par un séisme qui, huit mois plus tôt, avait tué plus de 200 000 personnes.

"L'ONU ne saurait se laver les mains de la souffrance et de la douleur qu'elle a causées", a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice du programme Amériques à Amnesty International. "Mettre en place des programmes de santé générale et des campagnes d'assainissement est important, mais n'est pas suffisant."

Face aux multiples plaintes déposées par les familles de victimes à New York, où se trouve le siège de l'ONU, la justice américaine n'a pas donné suite, indiquant que la charte des Nations unies conférait l'immunité à l'organisation.

Avec AFP

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La COP25, une occasion "ratée" de répondre à l'urgence climatique

Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP25) à Madrid, en Espagne, le 2 décembre 2019.

La conférence climat de l'ONU qui s'est terminée dimanche à Madrid n'a pas été à la hauteur de l'urgence climatique, adoptant un accord a minima sans s'entendre sur des points essentiels en raison des réticences de certains Etats.

"Je suis déçu du résultat de la COP25", a déclaré le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres dans un communiqué.

"La communauté internationale a raté une occasion importante de faire preuve d'une ambition plus grande en matière d'atténuation (réduction des émissions de gaz à effet de serre), d'adaptation et de financement de la crise climatique", a-t-il insisté. "Nous ne devons pas abandonner, et je n'abandonnerai pas."

Après une année marquée par des catastrophes climatiques tout azimut, les appels vibrants de millions de jeunes descendus dans la rue derrière la jeune Suédoise Greta Thunberg, et des rapports scientifiques toujours plus glaçants, les quelque 200 signataires de l'Accord de Paris étaient sous une pression sans précédent pour cette COP25 présidée par le Chili mais délocalisée à Madrid en raison de la crise qui frappe le pays d'Amérique du sud.

Mais au terme de cette conférence qui a débordé de plus de 40 heures son programme initial, tout le monde n'a pas vu dans les textes adoptés dimanche le reflet de cette demande d'actions radicales et immédiates. Cette COP "laisse un goût doux-amer", a commenté la ministre espagnole de l'Environnement Teresa Ribera.

Le texte final appelle effectivement à des "actions urgentes" pour réduire l'écart entre les engagements et les objectifs de l'accord de Paris de limiter le réchauffement à +2°C, voire +1,5°C. Mais le langage est "tortueux" et le résultat "médiocre", a estimé Catherine Abreu, du Climate Action Network.

- "Lointain souvenir" -

"Les principaux acteurs dont on espérait des avancées n'ont pas répondu aux attentes", a déclaré Laurence Tubiana, architecte de l'Accord de Paris, notant toutefois que l'alliance des Etats insulaires, européens, africains et latino-américains, avait permis d'"arracher le moins mauvais résultat possible, contre la volonté des grands pollueurs."

Un projet de texte sur les ambitions présenté samedi par la présidence chilienne avait provoqué une levée de bouclier de ces Etats, forçant à un nouveau round de consultations.

Mais malgré les améliorations, certains pays particulièrement touchés par les dérèglements climatiques ont exprimé leur colère. Le résultat "n'est pas proche du tout de ce que nous voulions. C'est le strict minimum", a dénoncé la représentante climat des Iles Marshall Tina Stege.

"Ces discussions reflètent le décalage entre les dirigeants d'un côté et l'urgence montrée par la science et les demandes des citoyens dans les rues", résume Helen Mountford, du think tank World Resources Institute, estimant que l'esprit de l'Accord de Paris n'était plus qu'un "lointain souvenir".

Au rythme actuel des émissions de CO2, le mercure pourrait gagner jusqu'à 4 ou 5°C d'ici la fin du siècle. Et même si les quelque 200 signataires de l'Accord de Paris respectent leurs engagements, le réchauffement pourrait dépasser les 3°C.

Alors pour tenter de réduire cet écart, tous les Etats doivent soumettre d'ici la COP26 à Glasgow l'année prochaine une version révisée de leurs plans de réductions d'émissions. Mais les deux semaines de discussions ont mis en pleine lumière une division flagrante au sein de la communauté internationale en matière d'ambition.

- "Nous n'abandonnerons pas" -

Sans surprise, quasiment aucun des grands pays émetteurs n'a fait d'annonce significative pour réhausser ses ambitions, ni donné de signe clair d'une telle intention pour 2020. Evidemment pas les Etats-Unis qui quitteront l'accord de Paris en novembre prochain, mais pas non plus la Chine ou l'Inde.

Ces deux grandes économies insistent, avant d'évoquer leurs propres engagements révisés, sur la responsabilité des pays développés de faire plus et de respecter leur promesse d'aides financières aux pays en développement.

Egalement dans le collimateur des défenseurs de l'environnement, l'Arabie Saoudite, ainsi que le Brésil et l'Australie tous deux accusés de vouloir introduire des dispositions décriées dans les règles sur les marchés carbone. Malgré un an de discussions et des tractations intenses ces derniers jours, l'adoption de ce dernier reliquat du manuel d'utilisation de l'Accord de paris a de nouveau été reportée.

Parmi les grands émetteurs, nombre d'observateurs ont au contraire souligné le rôle positif de l'UE qui a endossé cette semaine à Bruxelles l'objectif de neutralité climatique d'ici 2020, malgré les réserves de la Pologne.

L'UE doit maintenant s'atteler à la tache de présenter en 2020 un réhaussement de ses engagements pour 2030, ce qui pourrait donner le signal à ses partenaires internationaux de suivre l'exemple.

Les Britanniques qui organiseront la COP26 ont eux promis de tout faire pour que Glasgow soit un succès.

Greta Thunberg a d'ores et déjà prévenu que cette année de préparation se ferait sous la pression de la rue. "La science est claire, mais ignorée. Quoi qu'il arrive, nous n'abandonnerons pas. Nous ne faisons que commencer", a-t-elle lancé sur Twitter.

De son côté, le président brésilien Jair Bolsonaro a dénoncé depuis Brasilia le "jeu commercial" auquel se seraient livrés selon lui les pays riches, notamment européens, à cette COP25. "Y a-t-il eu une résolution pour que l'Europe soit reboisée ou est-ce qu'ils continuent juste à perturber le Brésil?", a-t-il lancé.

Le Brésil était censé accueillir cet événement, mais y a renoncé il y a un an, peu après son élection à la présidence.

Avec AFP

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