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Affrontements entre mercenaires et militaires après le coup d'Etat déjoué en Guinée équatoriale

Des forces policières déployées à l'aéroport de Malabo, le 3 février 2015.

Des affrontements ont opposé mercredi les forces de sécurité de Guinée équatoriale à des "mercenaires" près des frontières avec le Cameroun et le Gabon, peu après que Malabo a affirmé avoir déjoué un "coup d'Etat" fin décembre.

"Les forces de sécurité de Guinée équatoriale ont abattu un mercenaire lors d'affrontements. Avec les tirs, (les mercenaires) se sont dispersés dans les forêts frontalières de la Guinée équatoriale", a rapporté la TVGE, la télévision d'Etat de Guinée équatoriale sans donner plus de détails.

Le nombre des "mercenaires" présents dans la forêt autour de la ville d'Ebibeyin, au carrefour des frontières entre le Gabon, le Cameroun et la Guinée équatoriale n'a pas été précisé, ni d'où ils venaient.

Plus tôt dans la journée, le ministre de la Sécurité, Nicolas Obama Nchama, avait annoncé dans un communiqué lu à la radio d'Etat qu'un "coup d'Etat" avait été déjoué. Selon lui, un groupe de mercenaires étrangers -- tchadiens, soudanais et centrafricains --, à la solde de partis de l'opposition radicale, ont voulu le 24 décembre "attaquer le chef de l'Etat qui se trouvait dans le palais présidentiel de Koete Mongomo pour passer les fêtes de fin d'année".

Dirigeant son pays pétrolier d'Afrique centrale d'une main de fer depuis son accession à la présidence en 1979 par un coup d'État, Teodoro Obiang Nguema, âgé de 75 ans et doyen des chefs d'État africains pour la longévité au pouvoir, a été réélu en avril 2016 avec plus de 90% des suffrages.

De premières informations avaient filtré la semaine dernière, avec l'arrestation par la police camerounaise d'une trentaine d'hommes armés, le 27 décembre, à la frontière avec la Guinée équatoriale, non loin du lieu où se sont produits mercredi des affrontements, selon des sources camerounaises et diplomatique équato-guinéenne.

Par ailleurs, l'ambassadeur de Guinée équatoriale au Tchad, Enrique Nsue Anguesom, en villégiature à Ebibeyin pour les fêtes de fin d'année, a été arrêté le 30 décembre "pour des raisons d'enquête concernant les hommes interpellés", ont indiqué mercredi un de ses cousins et un haut responsable policier s'exprimant sous couvert de l'anonymat.

L'ambassade de France en Guinée équatoriale a de son côté indiqué sur son site internet que les patrouilles militaires et policières ont été "renforcées" dans la capitale Malabo depuis le 30 décembre.

La Guinée équatoriale a également fermé ses frontières à Ebibeyin, et envoyé des renforts militaires sur place, a appris l'AFP dimanche de sources locales.

Ni l'arrestation de M. Nsue Anguesom, ni la fermeture des frontières à Ebibeyin ou l'envoi de renforts n'ont été confirmés par les autorités de Guinée équatoriale, un pays à l'histoire agitée par de multiples coups d'Etat ou tentatives de coup d'Etat depuis l'indépendance de 1968.

Des 'dizaines' d'arrestations

Le principal parti d'opposition de Guinée équatoriale, Citoyens pour l'innovation (CI), s'est défendu mercredi de toute implication dans les troubles présumés dans cette ancienne colonie espagnole de 1,2 million d'habitants et dont une grande partie vit dans la pauvreté.

"Je ne sais pas ce qu'ils vont inventer, le montage qu'ils vont faire" suite à cette "histoire de coup d'Etat", s'est inquiété M. Nse Obiang, leader du parti CI, joint mercredi par téléphone par l'AFP.

Le pouvoir en place a affirmé que le "coup d'Etat" a été orchestré par des "militants de certains partis d'opposition radicale avec le soutien de certaines puissances" étrangères, sans donner plus de détails.

Depuis les élections générales du 12 novembre, où le pouvoir a obtenu 99 sièges sur 100 au Parlement, le parti CI -- qui dispose d'un unique siège -- dénonce des "dizaines" d'arrestations de ses militants, dans les capitales politique Malabo et économique Bata.

"Est-ce que le problème est d'être un parti d'opposition sérieux qui ne veut pas faire le jeu du régime ?", s'est encore interrogé M. Nse Obiang, affirmant que le siège de son parti -- où des militants se sont regroupés -- était "assiégé" depuis le 29 décembre.

Le président Obiang avait dénoncé samedi dernier une "guerre" en préparation contre lui "car ils disent que j'ai passé beaucoup de temps au pouvoir". Il était resté vague sur les instigateurs présumés.

Avec AFP

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En Libye, les combats c'est aussi sur les réseaux sociaux

Des combattants islamistes de la Brigade Misarata tirent en direction de l'aéroport de Tripoli dans une tentative d'arracher le contrôle d'une puissante milice rivale à Tripoli , Libye, 26 juillet 2014.

Si les combats font rage au sud de la capitale depuis le début de l'offensive des troupes du maréchal Khalifa Haftar contre Tripoli, le conflit s'embrase aussi sur les réseaux sociaux.

Pour la population, Facebook est le premier moyen d'accès à l'information, sans toutefois aucune garantie d'être bien informé.

Et les deux camps rivaux l'ont bien compris. Le réseau social est une arme redoutable dans le camp de l'Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée du maréchal Haftar comme dans celui des forces du Gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli.

D'ailleurs sur la ligne de front, on tient parfois son arme d'une main et on filme avec son téléphone de l'autre.

La semaine dernière, le colonel Mohamad Gnounou, porte-parole des forces pro-GNA, a ainsi accusé les pro-Haftar de "s'infiltrer dans certains endroits, prendre des photos puis se retirer", et annoncer ensuite avoir pris le contrôle d'un site militaire ou d'un quartier.

Tous les coups sont permis pour discréditer "l'ennemi" ou porter un coup à son moral.

Cette semaine, un Américain, pilote de chasse présumé, a dû publier une vidéo dans laquelle il tenait un journal américain avec la date du jour pour démentir qu'il était en Libye où il est devenu une célébrité malgré lui.

Une photo de lui dans un avion de chasse libyen a été relayée durant plusieurs jours par les pro-Haftar, accusant les forces du GNA de recourir à "des mercenaires pour bombarder les Libyens".

Le porte-parole de l'ANL, Ahmad al-Mesmari, a même fait afficher cette photo piochée sur les réseaux sociaux, à plusieurs reprises, lors de ses conférences de presse quotidiennes.

"Il est vrai qu'on a une vague énorme de désinformation propagée via les réseaux sociaux, mais c'est aussi parce que chaque partie a investi considérablement pour amener les médias à adopter un récit qui lui soit favorable", estime l'analyste libyen Emad Badi.

Et cela rend quasi impossible de démêler le vrai du faux.

Certains responsables ont fini par se lasser de la vague d'intox.

"Si je devais corriger chaque jour les informations qui concernent seulement l'ONU, j'y passerai tout mon temps", a déploré jeudi l'émissaire de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé, dans une interview à l'AFP.

Versions

La semaine dernière, trois vidéos filmées en même temps, au même endroit sur la ligne de front, ont circulé sur les réseaux sociaux... Mais avec trois versions radicalement différentes.

Sur la première, une scène invraisemblable: des combattants des deux camps arrêtent soudainement de s'affronter et se prennent dans les bras aux cris de "Libye unie".

Dans les deux autres, chaque camp qui filme de son côté affirme que ses rivaux déposent les armes et se rendent.

Les armes ont fini par avoir raison des bonnes intentions. La scène de communion n'a duré que quelques minutes. Les circonstances restent un mystère.

Mais "quelle que soit la version réelle des faits, une Libye unie a triomphé du moins durant quelques instants", commente un internaute.

Mercredi, après la chute de roquettes sur des quartiers résidentiels dans le sud de la capitale, faisant six morts, les deux camps se sont rejeté la responsabilité.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes ont endossé le rôle d'experts militaires, cartes et spécificités des armes à l'appui, pour tenter de prouver que le camp rival était derrière les bombardements.

"Trajet sûr"

Certains vont plus loin, en diffusant des messages de haine ou d'incitation à la violence, encouragés par l'impunité qui prévaut dans ce pays plongé dans le chaos depuis 2011.

"L'anonymat sur les réseaux sociaux encourage certaines personnes à nourrir un discours agressif et haineux, voire l'incitation au crime", déplore Mayss Abdel-Fattah, 26 ans, étudiante en sociologie à l'université de Zawiya (ouest).

"Ces +mauvais+ usagers ont le sentiment que personne ne viendra leur demander des comptes, ce qui est très souvent le cas", ajoute-t-elle.

Des photos de combattants blessés, tués ou emprisonnés, ou des véhicules calcinés ou saisis, sont automatiquement publiées sur Facebook par un camp ou un autre, pour tenter de prouver sa supériorité.

Comme les internautes, chacune des télévisions libyennes a choisi son camp, rendant difficile de disposer d'une information fiable.

Elles relayent parfois sans gêne des vidéos ou photos sans la moindre vérification, juste parce qu'elles servent leurs causes.

"Cela ne sert à rien d'allumer la télévision. Les chaînes libyennes sont soit en retard ou alors tellement partiales que ça devient comique si l'on n'est pas du même camp", estime Karim, les yeux rivés sur son téléphone, à la terrasse d'un café en bord de mer à Tripoli.

Malgré l'intox qui inonde les réseaux sociaux, certains ont réussi à en faire bon usage au profit de la population.

Un groupe de jeunes libyens a ainsi créé en 2016 le groupe "SafePath" (Trajet sûr), qui compte aujourd'hui 162.000 membres sur Facebook.

Il permet aux internautes en temps de guerre d'avoir une idée sur les routes à éviter ou celles qui sont fermées à la circulation en raison des combats.

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