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Les autorités guinéennes prolongent l'état d'urgence anti-Covid

Le président guinéen Alpha Condé, portant un masque protecteur, participe à la convention RPG de son parti à Conakry avant l'élection présidentielle du pays le 6 août 2020 (Cellou Binani/AFP)

Le président guinéen Alpha Condé a reconduit l'état d'urgence sanitaire instauré en mars contre le Covid-19 et lui permettant de maintenir des mesures exceptionnelles, a annoncé mardi soir la télévision nationale à un mois de la présidentielle.

"L'état d'urgence sanitaire est prorogé pour une nouvelle période d'un mois à compter du 16 septembre 2020 sur l'ensemble du territoire national", dit l'ordonnance prise par le président guinéen et lue à la télévision nationale.

L'état d'urgence a été ordonné le 26 mars et reconduit depuis. Il s'est traduit par des dispositions comme la fermeture des frontières et des écoles, qui ont depuis été levées ou allégées, mais aussi par des restrictions à la vie publique et aux rassemblements.

Les défenseurs des droits humains et l'opposition ont accusé les autorités de se servir de la pandémie comme prétexte pour réprimer la contestation dans une année électorale chargée, culminant avec une présidentielle programmée le 18 octobre.

La Guinée, pays pauvre coutumier des protestations et des répressions brutales, est le théâtre depuis octobre 2019 d'une mobilisation contre un troisième mandat de M. Condé, 82 ans.

L'opposition a fait descendre des milliers de Guinéens dans la rue pour faire barrage à M. Condé. La contestation a donné lieu à des heurts. Des dizaines de civils ont été tués.

Le collectif qui mène cette contestation doit se réunir ce mercredi et annoncer la date de nouvelles manifestations.

La Guinée a déclaré officiellement 10.111 cas de contamination par le nouveau coronavirus, et 63 décès.

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Affrontements à Conakry lors d'une manifestation anti-Condé

Manifestation pacifique contre un 3e mandat du président guinéen Alpha Condé le 7 novembre 2019 à Conakry. (Photo by CELLOU BINANI / AFP)

Des heurts sporadiques ont mis aux prises manifestants et forces de l'ordre guinéennes dans plusieurs quartiers de Conakry mardi, lors d'une journée de mobilisation contre un troisième mandat du président Alpha Condé, ont constaté des correspondants de l'AFP.

Les autorités avaient interdit cette journée de mobilisation qui devait marquer, moins de trois semaines avant la présidentielle du 18 octobre, l'entrée dans une nouvelle phase de la contestation menée depuis un an contre un troisième mandat de M. Condé.

Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), qui mène cette contestation, a annoncé qu'un de ses dirigeants, Oumar Sylla, avait été interpellé et conduit dans un commissariat, une arrestation confirmée par le gouvernement.

Un correspondant de l'AFP a vu une douzaine de jeunes arrêtés et embarqués dans deux pick-ups des forces de sécurité.

A Bailobaya, en périphérie de la capitale, des jeunes ont érigé des barricades, renversé des poubelles, brûlé des pneus et déversé de l'huile de moteur sur l'axe principal reliant la banlieue et le centre-ville.

Des scènes similaires se sont produites dans les banlieues de Matoto et Hamdallaye, où les forces de l'ordre tentaient de lever les barricades et poursuivaient les jeunes dans les ruelles tortueuses et parfois boueuses.

Elles ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants qui leur lançaient des pierres.

Le FNDC a fait état d'autres rassemblements, notamment dans l'Ouest du pays.

Ce collectif a fait descendre des milliers de Guinéens dans la rue depuis octobre 2019 pour faire barrage à M. Condé. La contestation a donné lieu à des heurts et a été plusieurs fois sévèrement réprimée. Des dizaines de civils ont été tués.

Le FNDC entendait mobiliser massivement à partir de ce mardi. Les autorités ont interdit la marche prévue en affirmant vouloir, en cette période électorale, réserver l'espace public aux partis. Le FNDC a dénoncé un acte "illégal".

Ancien opposant historique, Alpha Condé, 82 ans, premier président démocratiquement élu en 2010 après des décennies de régimes autoritaires, a été réélu en 2015.

Il a fait adopter, lors d'un référendum contesté en mars, une nouvelle Constitution qui maintient la limite de deux mandats présidentiels. Mais son camp argue que ce changement de loi fondamentale remet les compteurs à zéro.

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