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Yahya Jammeh doit être poursuivi au nom d’une Gambie nouvelle et crédible, selon Amnesty


Le président gambien Yahya Jammeh au Sommet des dirigeants africains des Etats-Unis, mardi 5 août 2014, à Washington DC.

Le président gambien Yahya Jammeh, doit se trouver sur les bancs des accusés afin de mettre la lumière sur les graves violations des droits de l’homme perpétrés pendant son règne, pour éviter qu’elles se reproduisent et pour d’asseoir une Gambie nouvelle, estime Alioune Tine, Directeur d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Yahya Jammeh, qui a accepté sa défaite à l’issue de l’élection présidentielle du 1er décembre 2016, est accusé de graves violations des droits de l’homme par des ONG locales et étrangères.

"Ce ne serait que justice pour les victimes qui ont été arrêtés arbitrairement, torturés, qui ont fait l’objet de disparitions de personnes ou qui ont été tuées. [Il faut] que les gens comprennent pourquoi ces graves violations des droits de l’homme ont [été commis]", soutient Alioune Tine à VO Afrique.

Alioune Tine pense aussi que le fait de faire le point sur les violations des droits de l’homme commis sous M. Jammeh aiderait à prévenir qu’elles se reproduisent et à construire une Gambie nouvelle où la priorité sera le respect des droits humains et de l’Etat de droit.

Pour que les poursuites contre le futur ex-président de la Gambie n’entament pas la stabilité de ce pays, il est souhaitable que ” la CEDEAO, l’Union Africaine et les Nations Unies accompagnent et sécurisent le processus de transition qui s’y entame", avance Alioune Tine.

La décision de Yahya Jammeh de reconnaitre le verdict des urnes et de quitter pacifiquement le pouvoir, après 22 ans de règne, tranchant ainsi avec l’attitude de plusieurs chefs d’Etats africains qui s’y accrochent contre vents et marées, a été saluée dans le monde entier. Elle a surpris la planète entière. Personne ne s'attendait à un tel denouement.

Mais elle ne militerait peut-être pas pour son impunité face aux crimes qui lui sont reprochés, même s’il ne s’agit « ni de crime de guerre ni de génocide », explique le directeur d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, qui, pourtant, se pose cette question : « [Yayah Jammeh] a-t-il commis des crimes contre l’humanité ? Seule une enquête pourrait l’établir, conclut-il.

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