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Macron à l'épreuve de la grève du rail en France

La gare de Lille Flandres quelques heures avant une grève nationale des cheminots français à Lille, France, le 2 avril 2018.

Les cheminots français ont entamé mardi un mouvement de grève qu'ils annoncent "massif", susceptible de paralyser la France pendant trois mois et constituant un défi majeur pour le président Emmanuel Macron et sa volonté de réformer le pays.

Alors que les éboueurs et les employés du secteur énergétique étaient eux aussi en grève pour réclamer un service public national, la grogne se poursuivait également dans les airs, avec une quatrième journée de grève en un mois du personnel d'Air France, qui réclame une augmentation générale des salaires.

Face à ce cortège de mécontents, notamment des cheminots fortement mobilisés contre la réforme du secteur ferroviaire, "le gouvernement tiendra bon, dans l'écoute, dans la concertation, dans le dialogue", a assuré la ministre des Transports Elisabeth Borne, sur la radio RMC.

>> Lire aussi : Les réformes du président Macron à l'épreuve des manifestations en France

La grève "très massive", selon le syndicat CGT, semait la pagaille sur les rails, empruntés chaque jour par 4,5 millions de Français. Près d'un cheminot sur deux (48%) était en grève et jusqu'à plus de trois sur quatre chez les conducteurs (77%), a estimé la direction de la SNCF.

Seul un TGV (train à grande vitesse) sur huit et un train régional sur cinq circulaient. Le trafic international était à peu près épargné, avec trois Eurostar sur quatre et une circulation quasi normale sur les Thalys vers la Belgique.

"Je comprends qu'ils veuillent défendre leur bifteck, mais il y a peut-être d'autres moyens de le faire", soupirait Pascal Lasnier, cadre dans une banque de 44 ans, qui voyage fréquemment entre Lille (nord) et Paris.

Engagés dans une "guerre d'usure", selon le quotidien le Figaro, les syndicats ont programmé une grève de deux jours tous les cinq jours jusqu'à la fin juin, soit 36 jours de débrayage au total.

Les cheminots protestent contre la suppression de l'embauche à un statut spécial, les modalités d'ouverture à la concurrence ou encore la transformation de la SNCF en société anonyme, qui ouvre selon eux la voie à une future privatisation, ce que nie le gouvernement.

Les syndicats, bien que divisés et peu représentatifs (11% de salariés seulement sont syndiqués en France), espèrent gagner le soutien de l'opinion publique dont une petite majorité se dit pour l'instant hostile à la grève, selon les sondages.

Jusque-là, les mobilisations sociales du début du mandat de M. Macron, élu en mai 2017 sur un programme réformiste et pro-européen, n'ont pas eu suffisamment d'impact pour faire fléchir l'exécutif.

En s'attaquant à un bastion qui salarie 147.000 personnes et qui a reçu le soutien de douze partis de gauche, le gouvernement change de braquet. Pour l'instant, il affiche une "détermination tranquille et totale" tout en prévoyant "un mouvement social très lourd".

Le Premier ministre Edouard Philippe a ainsi demandé à sa majorité de rester groupée et soudée face à l'adversité, "dans la logique de la tortue romaine", comme le rapporte une source parlementaire.

- 'Bataille politique' -

Pour justifier la réforme, le gouvernement met en avant la dette abyssale de l'opérateur public (46,6 milliards d'euros fin 2017 pour SNCF Réseau) à l'heure de la prochaine ouverture à la concurrence européenne et martèle que "faire rouler un train en France coûte 30% plus cher qu'ailleurs".

Au-delà du gouvernement, c'est surtout le président Macron qui joue gros sur ce dossier. Le chef de l'Etat s'est pour l'instant tenu en retrait, mais il a tellement accusé ses prédécesseurs d'immobilisme et de peur de réformer qu'il peut difficilement se permettre de reculer face aux cheminots, comme l'avait fait un gouvernement de droite en 1995.

Critiqués par le parti socialiste qui déplore une "grève de la négociation", le président Macron et son gouvernement ont reçu un soutien plus ou moins appuyé de la droite.

"C'est une bataille politique, fondamentale pour le président de la République et le gouvernement", a estimé mardi Dominique Bussereau, ancien ministre des Transports de Nicolas Sarkozy, qui appelle le gouvernement à "convaincre les Français du bien fondé de cette réforme".

Alors que les étudiants, les fonctionnaires et les retraités ont tous battu le pavé ces dernières semaines, la CGT appelle à la "convergence des luttes" et espère une coagulation des revendications pour défendre le service public et le fameux "modèle social français".

"Les cheminots ne font pas grève par plaisir", a souligné sur France inter le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, "c'est le gouvernement qui ne veut pas écouter".

Laurent Berger, secrétaire général du syndicat CFDT, a pour sa part appelé à des discussions pour "éviter un conflit dur qu'(il) ne souhaite pas".

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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