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Un centre d'accueil de migrants incendié en France


Des migrants attendent avant d'entrer dans les autobus dans le cadre de leur transfert par les autorités françaises vers des centres d'accueil à travers le pays lors du démantèlement des camps de fortune dans une rue près de la station de métro Stalingrad à Paris, le 4 novembre 2016. REUTERS / Benoit Tessier - RTX2RUWI

Un "probable règlement de comptes" serait à l'origine de l'incendie dans un centre d'accueil de migrants, qui a fait un mort vendredi en banlieue parisienne, a indiqué le ministère de l'Intérieur, pour qui "le mobile n'est pas raciste".

Le feu s'est déclaré dans la nuit de jeudi à vendredi dans ce centre, qui accueille des travailleurs immigrés vivant seuls et en situation régulière, venus notamment d'Afrique subsaharienne francophone, à Boulogne-Billancourt, une banlieue bourgeoise de l'ouest parisien, selon des sources policières.

Une personne, qui s'était défenestrée, est morte, a indiqué la préfecture de police. "Il s'agit d'un Malien âgé d'une quarantaine d'années, qui a sauté du 3e étage", a précisé à l'AFP Bakary Cissoko, président du comité des résidents. Douze personnes ont été blessées dans l'incendie.

"C'est un foyer qui pose problème, avec activités et restaurants clandestins. L'ambiance y est délétère avec des rixes entre résidents et des trafics", a indiqué le ministère de l'Intérieur.

"L'un des blessés est soupçonné d'être l'incendiaire, il est par ailleurs résident. Il est donc probable qu'il s'agisse d'un règlement de comptes interne", a-t-il ajouté, évoquant la mise en garde à vue de l'individu concerné dans un délai proche.

Selon les premiers éléments de l'enquête, des traces de combustibles et d'accélérateur de feu ont été retrouvées dans le hall d'entrée de ce bâtiment de six étages.

Des structures d'accueil de migrants ou de personnes sans domicile fixe ont été la cible d'incendies ces derniers mois en France. Cela a été le cas dans le riche XVIe arrondissement de Paris et dans la bourgade cossue de Forges-les-Bains, au sud-est de la capitale, alors que se sont multipliés les démantèlements de camps de migrants depuis l'an dernier à Paris.

Vendredi encore, environ 300 migrants, dont des Soudanais, des Afghans et des Érythréens ont été évacués d'un camp installé aux portes de la capitale, à Saint-Denis (nord).

"J'ai risqué ma vie pour venir ici. J'ai traversé la Libye et la mer pour retrouver mes droits", raconte Khaled Abdallah, Libyen, 22 ans, qui semble soulagé à l'idée d'être enfin pris en charge. "Je ne m'attendais pas à ce que se soit aussi dur, le froid, l'humidité", avoue-t-il.

Ils seront installés provisoirement dans trois gymnases.

Une trentaine de camps sauvages de migrants ont été démantelés dans la capitale depuis l'an dernier. Pour tenter de trouver une solution viable, la mairie a ouvert à la mi-novembre un centre d'accueil d'une capacité d'accueil de 400 lits, qui s'est vite révélée insuffisante. Les migrants y sont hébergés quelque temps avant d'être orientés vers des structures plus pérennes.

Son ouverture avait été conditionnée à l'évacuation du plus grand camp de migrants parisien installé place Stalingrad, dans le nord-est de la capitale. Le camp, qui comptait alors plus de 3.800 personnes, avait été évacué le 4 novembre, dans la foulée du démantèlement de la "Jungle de Calais", dans le nord de la France où se trouvaient alors un peu plus de 7.000 migrants désireux de passer en Angleterre.

Avec AFP

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