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Côte d'Ivoire

Le groupe Bolloré fait condamner un hebdomadaire français pour un article sur le port d'Abidjan

L'élargissement et l'approfondissement du canal de Vridi dans le cadre des travaux de modernisation du port d'Abidjan, le 14 septembre 2017.

L'Obs a été condamné pour diffamation après avoir fait état de corruption dans l'attribution de la concession d'un terminal à conteneurs en Côte d'Ivoire.

Le groupe Bolloré a fait condamner en diffamation mardi un hebdomadaire français, L'Obs (anciennement Le Nouvel Observateur), pour un article paru en février 2014 faisant état de corruption dans l'attribution de la concession d'un terminal à conteneurs dans le port d'Abidjan.

Cet article consacré à la croissance ivoirienne expliquait notamment que le second terminal à conteneurs du port d'Abidjan, "symbole" de la "corruption" minant les marchés ivoiriens, avait "très étrangement été attribué au même concessionnaire que le premier terminal" auquel il devait faire concurrence, le milliardaire Vincent Bolloré, "qui avait déjà obtenu le premier terminal de gré à gré, sans appel d'offres".

"En attribuant ce contrat, le pouvoir ivoirien a sans doute aussi voulu faire plaisir à Paris, dont l'aide a été déterminante pour la conquête du pouvoir", poursuivait l'article en soulignant qu'"en cas de nécessité, la force française Licorne (...) pourrait de nouveau intervenir pour sauver le régime" du président Alassane Ouattara.

La justice française a jugé que ces propos, "imputation d'un fait précis de corruption active voire de corruption active d'un agent d'un État étranger", étaient diffamatoires.

Si le sujet est d'intérêt général, "force est de constater que la base factuelle produite" par la défense "est insuffisante pour justifier les accusations de corruption portées à l'encontre des parties civiles", les sociétés Bolloré et Bolloré Africa Logistics, a jugé le tribunal correctionnel.

Lors de l'audience, le 7 mai, l'avocat des journalistes avait plaidé la relaxe en avançant que seul Vincent Bolloré était mis en cause dans l'article et que les sociétés étaient donc irrecevables, demandant, à défaut, qu'ils soient relaxés au bénéfice de la "bonne foi".

Le groupe Bolloré avait, pour sa part, tenté de démontrer que l'appel d'offres pour la seconde concession avait été exemplaire.

Le tribunal a condamné Laurent Joffrin, alors directeur de la publication de l'hebdomadaire, à 1.000 euros d'amende, et le journaliste auteur de l'article à 500 euros d'amende avec sursis. Il a également ordonné le retrait des passages jugés diffamatoires du site de L'Obs lorsque le jugement sera définitif.

Tous deux devront verser solidairement 1.000 euros de dommages et intérêts et 2.000 euros au titre des frais de justice à Bolloré et Bolloré Africa Logistics. Les deux sociétés demandaient notamment 15.000 euros de dommages et intérêts chacune.

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Le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly est mort

Amadou Gon Coulibaly, premier ministre de Côte d'Ivoire, le 5 août 2019 au palais présidentiel d'Abidjan. (Photo by ISSOUF SANOGO / AFP)

Le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly est mort mercredi à Abidjan, a-t-on appris de source officielle.

La nouvelle a été confirmée par Patrick Achi, secrétaire général de la présidence de Côte d’Ivoire, à travers un communiqué du président Alassane Ouattara qu’il a lu.

M. Coulibaly, 61 ans, n'était rentré chez lui que jeudi dernier après une absence de deux mois pour des soins médicaux en France.

Bien qu'il ait reçu une transplantation cardiaque en 2012, la cause de son décès n'a pas été immédiatement connue.

"Il a été victime d'un malaise en plein conseil des ministres", selon le magazine Jeune Afrique.

Au début de l'année, il avait été désigné comme candidat du parti au pouvoir, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), pour la prochaine élection présidentielle.

Difficile de savoir à ce stade comment le parti va procéder, étant donné la tournure sans précédent des événements.

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