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Des fidèles d'Erdogan dans le nouveau gouvernement turc

Le nouveau Premier ministre turc Binali Yildirim a présenté son gourvernement.

Le nouveau Premier ministre turc Binali Yildirim a présenté mardi un gouvernement composé, sans surprise, de fidèles du président et homme fort du pays Recep Tayyip Erdogan, promettant d'oeuvrer en faveur d'une transition vers un système présidentiel.

M. Erdogan a approuvé la nouvelle équipe ministérielle où la plupart des poids lourds du précédent gouvernement gardent leur poste, comme Mevlüt Cavusoglu aux Affaires étrangères et Mehmet Simsek, qui conserve le portefeuille de vice-Premier ministre chargé de l'Economie, au grand soulagement des marchés qui le perçoivent comme un garant de la stabilité.

Le principal changement réside dans l'arrivée d'Ömer Celik, porte-parole du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), aux Affaires européennes, remplaçant Volkan Bozkir, un diplomate de carrière qui avait négocié un accord controversé signé le 18 mars avec l'Union européenne pour juguler le flux migratoire vers l'Europe.

M. Yildirim, élu à la tête de l'AKP dimanche en remplacement d'Ahmet Davutoglu, contraint au départ après des divergences avec M. Erdogan, a lui-même dévoilé la liste de ses ministres. Perçu comme un fidèle allié de M. Erdogan, il s'est engagé à oeuvrer à l'introduction d'un régime présidentiel que le chef de l'Etat appelle de ses voeux.

Berat Albayrak, gendre et protégé de M. Erdogan, conserve son portefeuille de l'Energie dans la nouvelle équipe gouvernementale, alors que les commentateurs s'attendaient à ce qu'il soit promu.

La seule femme de la nouvelle équipe de 26 membres est Fatma Betül Sayan Kaya, nommée ministre de la Famille et de la Politique sociale.

Efkan Ala est reconduit à l'Intérieur alors que la Turquie a été confrontée cette année à des attentats meurtriers attribués à la rébellion kurde et au groupe de l'Etat islamique (EI). Fikri Isik, ministre de la Science et de l'Industrie, remplace Ismet Yilmaz à la Défense.

- Erdogan, "notre leader" -

"Notre chemin et notre cause sont les tiens", a lancé M. Yildirim lors d'un discours au Parlement sous les ovations devant les députés de l'AKP, largement majoritaire dans l'hémicycle, s'adressant ainsi à Tayyip Erdogan, "notre leader".

Et d'ajouter sans détour que les "travaux pour changer la Constitution actuelle et passer à un système présidentiel seront relancés dans les plus brefs délais".

L'ambition du chef de l'Etat turc de présidentialiser le régime suscite l'inquiétude en Turquie et en dehors. La chancelière allemande Angela Merkel a exprimé lundi sa "profonde préoccupation" après la levée de l'immunité parlementaire de nombreux députés prokurdes, qui sont exposés à des poursuites judiciaires.

Cela pourrait renforcer l'AKP, qui ne dispose actuellement pas d'une majorité suffisante au Parlement pour réviser la Constitution afin de renforcer les prérogatives de M. Erdogan, un projet auquel l'opposition est farouchement hostile.

M. Yildirim, 60 ans, ex-ministre des Transports, est un ancien compagnon de route politique de M. Erdogan, son mentor.

En ce qui concerne la politique étrangères de la Turquie, mise à mal notamment par la guerre chez le voisin syrien, le nouveau chef de l'exécutif, relativement novice en la matière, a résumé ainsi son projet : "Nous allons augmenter le nombre de nos amis et réduire celui de nos ennemis".

Parmi les priorités de son gouvernement, M. Yildirim a détaillé la poursuite du développement économique et a promis de continuer la lutte contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), avec lequel les combats ont repris l'été dernier, après l'échec d'une série de discussions de paix.

Pour la première fois, et contrairement à l'usage, la composition du nouveau gouvernement a été lue à la presse non pas à la présidence du conseil, mais au palais présidentiel, situé dans la banlieue de la capitale turque.

C'est également dans le gigantesque complexe présidentiel que se tiendra le premier conseil des ministres mercredi, a rapporté l'agence de presse progouvernementale Anatolie.

Le programme du nouveau gouvernement doit être présenté à l'Assemblée dès mardi après-midi et suivi dans les jours suivants d'un vote de confiance.

Avec AFP

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Le cours du jus d'orange monte grâce au coronavirus

Dans un supermarché Nakumatt, à Nairobi, Kenya, le 18 juillet 2014. (Photo: REUTERS/Thomas Mukoya)

Le cours du jus d'orange connaît une forte hausse cette semaine, sous l'effet d'une demande importante des consommateurs espérant qu'un peu de vitamine C les aidera à combattre le nouveau coronavirus.

La livre de jus d'orange a gagné plus de 20% en cinq jours pour atteindre jeudi 122,55 cents sur le marché new-yorkais, un niveau qu'elle avait atteint l'an dernier à la même époque mais sous lequel elle évoluait depuis.

Le jus d'orange est bien "l'un des plus gros gagnants sur les marchés" en ce moment, assure à l'AFP Stephen Innes, de AxiCorp, en raison de ses "propriétés immuno-stimulantes" qui ont mis un coup d'accélérateur à la demande.

"Cette réaction (des cours) n'est pas rare lors des épidémies de grippe, les consommateurs étant en demande de boissons plus saines", abonde François Sonneville, analyste chez Rabobank interrogé par l'AFP.

"La question de savoir si le jus d'orange est sain fait l'objet de nombreux débats (...) en raison de sa teneur naturellement élevée en sucre, mais il a été démontré que la vitamine C renforce le système immunitaire", a-t-il ajouté.

Ce rebond des cours est accentué par les contraintes qui pèsent par ailleurs sur l'offre.

"Comme les avions sont pour la plupart cloués au sol, il devient difficile d'acheminer les oranges et la pulpe", complète M. Innes.

"De même, les consignes de distanciation sociale et les confinements compliquent la récolte" des fruits, a-t-il ajouté.

Avec les deux tiers de la production mondiale, selon des données compilées par Rabobank, le Brésil est de loin le premier producteur de jus d'orange sur la planète.

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Coronavirus : le pape préside en solitaire une prière planétaire

Le pape François peu avant son traditionnel discours "Urbi et Orbi", le 25 décembre 2019. (AFP PHOTO /VATICAN MEDIA)

C'est une première : seul sur le gigantesque parvis désert de la basilique Saint-Pierre, le pape François préside vendredi une prière mondiale contre la pandémie pour un public virtuel, conclue par une inhabituelle bénédiction "Urbi et orbi".

A 17h00 GMT, le chef du 1,3 milliard de catholiques de la planète leur a demandé de se joindre à lui durant une heure, via internet, la radio ou la télévision.

Même le réalisateur italien Paolo Sorrentino, auteur de deux séries très provocatrices campées au Vatican avec des hommes en blanc iconoclastes, n'avait pas imaginé une place Saint-Pierre totalement vide.

Vendredi, l'Argentin Jorge Bergoglio s'exprimera lors d'une "méditation", assis sur un fauteuil installé sur un parvis interdit d'accès par la police italienne.

Le portail internet du Saint-Siège ("Vatican News") a mis en place des retransmissions en direct en huit langues, dont le chinois ou l'arabe, y ajoutant un canal avec la langue des signes, une nouveauté.

"A la pandémie du virus nous voulons répondre avec l’universalité de la prière, de la compassion, de la tendresse", avait expliqué dimanche dernier le pape François.

"Restons unis. Faisons sentir notre proximité avec les personnes les plus seules et les plus éprouvées. Notre proximité avec les médecins, les opérateurs de santé, les infirmiers et infirmières, les volontaires", avait-il dit, en mentionnant aussi "les autorités qui doivent prendre des mesures difficiles" et "les policiers, soldats, qui cherchent à maintenir l’ordre sur la route".

Un "Urbi et Orbi" inédit

En temps normal, la bénédiction "Urbi et Orbi" (A Rome et au monde) se fait depuis la célèbre loggia du palais apostolique, uniquement à Noël et Pâques, les deux temps forts du calendrier chrétien, ou encore à l'occasion de l'élection d'un nouveau pape.

La bénédiction est normalement précédée d'un tour d'horizon des conflits armés de la planète. Mais vendredi, le pape se concentrera sur un adversaire, le nouveau coronavirus qui a infecté plus d'un demi-million de personnes dans le monde dont plus de 23.000 sont décédées.

Les croyants auront aussi la possibilité d'obtenir "l'indulgence plénière", ou pardon des péchés, qui peut être accordée de façon collective aux personnes menacées par les guerres ou les épidémies.

A la mi-mars, le pape s'était rendu en pèlerinage surprise dans deux églises de Rome, filmé à pied dans la principale artère d'une Rome aux allures de ville fantôme.

A l'une de ces églises, il a emprunté un "crucifix miraculeux" qui aurait sauvé la capitale italienne de la grande peste au XVIe siècle, exhibé lors de processions et qui a été placé vendredi devant la basilique Saint-Pierre.

"Au temps de la peste au Moyen-Age, l'Eglise était la seule présente sur la scène publique à travers les processions de prêtres qui devaient produire des miracles", rappelle le vaticaniste italien Marco Politi.

Or l'Eglise s'avère grandement éclipsée et marginalisée dans la communication de crise sanitaire de pays de plus en plus sécularisés, donnant la parole aux médecins et aux élus.

"Le pape a senti qu'il devait faire quelque chose", souligne Marco Politi. "Il est allé dans les rues de Rome, l'Eglise oeuvre en coulisses pour apporter notamment de la nourriture aux pauvres, mais le pape veut reprendre une part de la scène et de l'imaginaire collectif", analyse-t-il.

A l'heure d'un strict confinement en Italie, les services de l'Eglise catholique universelle sont au ralenti et la plupart des prélats dirigeant des dicastères (ministères) travaillent dans leurs appartements.

Sur la santé du pape, qui a souffert d'un rhume avec toux en mars et serait entouré d'un strict cordon sanitaire, le Saint-Siège reste des plus discrets. Même si un prélat italien travaillant à la Secrétairerie d'Etat (gouvernement) et vivant dans sa résidence a été testé positif mercredi au coronavirus, selon des médias italiens.

Un religieux travaillant également à la Secrétairerie d'Etat vient aussi d'être contaminé, rapporte vendredi le quotidien Il Messagero, selon qui les tests faits à date sur le pape ont tous été négatifs.

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