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Sénégal

Deux candidats de l'opposition face à un panel citoyen

L'affiche de campagne Macky Sall.

Deux des quatre candidats d'opposition à la présidentielle au Sénégal de dimanche ont répondu jeudi, séparément, aux questions d'un panel citoyen, faute d'un grand débat commun auquel avait refusé de prendre part le président sortant Macky Sall.

L'ancien Premier ministre Idrissa Seck et le candidat du Parti de l'Unité et du Rassemblement (PUR), Issa Sall, qui avaient donné leur accord de principe, se sont finalement désistés pour des contraintes d'agenda, selon les organisateurs, le mouvement Y'en a marre.

Le député Ousmane Sonko, 44 ans, a ouvert le bal pendant plus d'une heure sous une tente dressée dans les jardins ombragés de la maison de la culture Douta Seck, dans un quartier populaire de Dakar, devant quelques dizaines de participants. L'événement était retransmis en direct sur la télévision privée 2STV.

"Nous devons réconcilier les Sénégalais avec la politique", a dit M. Sonko, avant de développer, au gré des questions, ses thèmes de prédilection: souveraineté économique "on ne peut pas développer le Sénégal avec des entreprises étrangères exclusivement", souveraineté monétaire "les 14 pays qui utilisent le franc CFA sont au bas de l'échelle" ou encore droits des femmes "on va corser le dispositif légal pour lutter contre les abus sexuels".

Continuité ou rupture au Sénégal?
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Il a ensuite cédé sa place à l'ex-ministre Madické Niang, qui a promis la relance de l'agriculture et de l'industrie, la modernisation de la justice, la préférence nationale pour les entreprises ou encore la création d'un "ministère des Affaires religieuses".

Le président Macky Sall n'avait pas accepté l'invitation de Y'en a marre, comme il n'avait pas donné suite aux sollicitations d'autres membres de la société civiles qui avaient lancé sur Twitter une pétition pour que soit organisé un débat télévisé jeudi soir, avant-dernier jour de la campagne.

Les autres candidats, donné partants au départ par les initiateurs du débat, s'étaient ensuite montrés plus réticents, certains soulignant que l'opposition avait tout à perdre à se déchirer en direct en l'absence du président sortant.

Faute de participation de tous les candidats, le Conseil national de régulation de l'audiovisuel (CNRA) a tranché mardi, en indiquant que l'organisation d'un tel débat à la télévision ou à la radio ne serait pas autorisée.

"A défaut d'avoir un débat radiotélévisé, avoir au moins deux candidats qui acceptent de venir répondre à nos questions est encourageant. Je me contente d'écouter ceux qui sont venus", a déclaré à l'AFP Abdoulaye Niang, un orfèvre de 35 ans présent dans les jardins de Douta Seck.

Ismaela Diatta, un rappeur de 22 ans, était pour sa part déçu. "Je voulais une confrontation verbale entre les quatre candidats, plus dense et contradictoire, comme cela se fait dans d'autres pays, mais pas un face-à-face froid", a-t-il expliqué.

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Les Sénégalais redoutent une seconde vague du coronavirus

Le port systématique du masque n’est plus respecté à Dakar, le 1er décembre 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Insupportable pour le pays et pour l’économie, c’est en ces termes que le président Macky Sall a décrit l’éventualité d’une seconde vague de Covid-19. Avec la hausse des contaminations, le pays se rapproche de ce scénario.

Le retour en force des cas communautaires inquiète les autorités et le président Macky Sall est monté au créneau pour insister sur le respect strict des mesures barrières que sont la distanciation physique, le port correct du masque et le lavage régulier des mains.

Un message entendu par les Sénégalais qui se défendent d’être à l’origine de ces manquements. Pour Samba Ndiaye, le relâchement vient des autorités puisqu’elles ont levé le pied dans le cadre de la prévention.

"L’État avait défini des mesures de prévention et il y avait une énorme pression avec des contrôles systématiques sur les citoyens pour le respect des mesures barrières. Mais au fur et à mesure que les cas positifs baissaient, la rigueur également était en baisse et finalement les Sénégalais ont suivi cette lancée", explique-t-il.

Une deuxième vague n’est pas souhaitable mais cela semble se préciser vu la remontée rapide des cas communautaires mais aussi la dynamique dans les pays occidentaux.

Seydina Aliou Boly, spécialiste en préparation et réponse aux catastrophes, estime que le Sénégal est encore susceptible de connaître une deuxième vague et pour y échapper, il en appelle à plus de vigilance et de rigueur.

"En matière de pandémie, tant qu’il y a un seul cas qui reste dans un pays, dans une communauté, dans une société il faut rester extrêmement prudent et considérer que ce n’est pas fini", analyse-t-il.

"Nous devons rester extrêmement vigilants parce que nul ne sait quelle sera la dynamique mais surtout la virulence, parce que le virus peut muter donc il faut faire très attention", ajoute-t-il.

En attendant une éventuelle deuxième vague, des spécialistes comme Seydina Aliou Boly estiment que le Sénégal et l’Afrique devraient aussi se donner les moyens d’être des acteurs clés dans la conception de solutions médicales durables contre la maladie Covid-19.

De son côté, le président Macky Sall dit travailler en parfaite harmonie avec les partenaires, notamment ceux du G20, pour un accès universel au vaccin.

Macky Sall craint l’éventualité d’une seconde vague de Covid-19
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A Dakar, un étudiant pas comme les autres

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"Trafic d’êtres humains": Serigne Modou Kara Mbacke dément les accusations

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Décès du footballeur sénégalais Papa Bouba Diop à l'âge de 42 ans

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Arrestations de 43 fidèles d'un chef religieux sénégalais pour "trafic d'êtres humains"

La police a déployé un dispositif sécuritaire impressionnant au centre-ville de Dakar, empêchant ainsi une marche appelée par l'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade, à Dakar, Sénégal, 25 juillet 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)

La gendarmerie sénégalaise a annoncé l'arrestation de 43 personnes pour notamment "traite d'êtres humains" dans des centres d'éducation créés par un influent chef religieux dans la région de Dakar où des individus étaient "victimes de séquestration et de maltraitances", des affirmations démenties lundi par l'entourage du chef religieux.

Ces arrestations ont eu lieu lors d'opérations menées du 26 au 28 novembre par la gendarmerie dans ces centres tenus par des disciples de Serigne Modou Kara Mbacké, selon la gendarmerie qui les a rendues publiques dans un communiqué dimanche soir.

Serigne Modou Kara Mbacké est un chef religieux membre de l'influente confrérie musulmane des mourides et dirigeant d'un parti politique. Il a mis en place à travers le pays des "centres de redressement" ciblant notamment des jeunes en perdition.

Les enquêtes de la gendarmerie ont permis de démanteler "un réseau de vol de scooters, de trafic de chanvre indien et de traite d'êtres humains" dans ces centres.

Plus de 370 pensionnaires de ces centres de rééducation, dans plusieurs quartiers de Dakar et de sa banlieue, ont été libérés.

Ils vivaient "dans des conditions sanitaires déplorables. Souffrant visiblement de maladies et de malnutrition sévère, les stigmates des sévices corporels sont visibles sur les corps des victimes, dont certains semblent avoir perdu la raison", a poursuivi la gendarmerie.

"Les témoignages des victimes font état de plusieurs décès durant ces deux dernières années, dont le dernier remonte à trois jours. L'enquête se poursuit sous la direction du Procureur de la République, précisément pour les faits d'association de malfaiteurs, vol en réunion en temps de nuit, trafic de drogue, traite de personnes et complicité", selon le communiqué.

Le service de communication de Serigne Modou Kara Mbacké a démenti ces accusations.

"La gendarmerie n'a trouvé de la drogue dans aucun des centres de redressement" qui accueillent plutôt "des victimes de la drogue, des jeunes repris de justice et des déficients mentaux", dans un communiqué lundi.

En raison des "résultats satisfaisants" dans ces centres, le nombre de pensionnaires a augmenté et causé une "promiscuité du cadre de vie" due au "manque de moyens", s'est justifié le service de communication de Serigne Modou Kara Mbacké.

Il appelle l'Etat, au lieu de les "sanctionner", à accompagner ces structures qui "ont réussi là où des structures officielles n'ont pas de solutions malgré leur budget à coup de milliards".

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