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Sénégal

La gouvernance au cœur des débats de la présidentielle au Sénégal

Le Président Macky Sall après le 1er trajet du TER à la gare de Dakar, le 15 janvier 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Dans une série spéciale sur la présidentielle du 24 février au Sénégal, notre correspondant à Dakar va à la rencontre de la population sénégalaise pour prendre connaissance de ses préoccupations. La gouvernance est l'une des attentes.

La gouvernance est au cœur des débats et des conversations des Sénégalais à quelques jours de la présidentielle du 24 février 2019.

Hamdy Diop, gérant d’un service de transfert d’argent, réclame la rupture, comme l’avait promis le candidat Macky Sall en 2012.

"Je reste perplexe parce qu’on nous avait promis une gouvernance sobre et vertueuse. On nous avait promis une rupture mais on se rend compte qu’aujourd’hui rien n'a changé. Il faut qu’on matérialise ces promesses au lieu de continuer à faire rêver les Sénégalais".

Certaines personnalités politiques de l’opposition ont été poursuivies dans des procès que beaucoup qualifient de politiques.

Une démarche que Saliou Fall, étudiant, qualifie d’anti-démocratique. Il attend du futur président de lutter contre l’instrumentalisation de la justice.

"Les autorités qui sont là actuellement, au début de leur mandat, la forme c’était une bonne gouvernance. Maintenant on est en train de voir que ce qui a été dit au début n’est pas respecté. On peut citer le cas de Karim Wade qui est d’actualité. Ils ont utilisé tous les moyens de l’Etat pour le poursuivre et on se demande si c’était purement politique ou dans le cadre de la bonne gouvernance."

L’éthique et la transparence dans la gestion des deniers publics doivent être prises en compte par le candidat élu, nous dit Thierno Loum qui semble très déçu par la tournure des choses.

"La bonne gouvernance côté éthique et transparence, je n’y pense plus. Auparavant j’y croyais mais maintenant je n'y crois plus parce que la façon dont vont les choses-là, je ne crois pas que les promesses dans ce domaine seront respectées".

Le clientélisme et le népotisme sont à bannir, selon Cheikh Diamé.

"On attend jusqu’à présent mais on reste sur notre faim. Quand on entend que des sommes d’argent et des tissus sont distribués pour les rassemblements politiques, on se dit que ce n’est pas demain la fin".

Rationaliser les structures administratives pour une meilleure prise en charge des missions des institutions étatiques, veiller à la qualité des services rendus aux usagers-citoyens, réduire le déficit de communication interne et externe de l'administration ou encore impulser une gestion moderne des ressources humaines garantissant une acquisition de personnel de qualité, sont, entre autres, les recommandations émises par la Cédéao dans son rapport dénommé Programme d’appui à la bonne gouvernance.

Ces recommandations s’ajoutent ainsi aux nombreuses doléances des Sénégalais dans le domaine de la bonne gouvernance.

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Culture Hebdo aver Roger Muntu

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A Dakar, les technologies numériques se déclinent au féminin

Une étudiante teste un appareil de réalité virtuelle à Orlando, en Floride, le 5 octobre 2017.

Un code-barres pour carnet de santé, une application permettant aux femmes victimes de violences de donner l'alerte, une plateforme recensant l'ensemble des textes juridiques sénégalais: à Dakar, un forum célèbre l'innovation technologique féminine.

Pour la première édition africaine jeudi dans la capitale sénégalaise de la Journée de la femme digitale, une manifestation organisée à Paris depuis sept ans, plusieurs centaines de femmes qui entreprennent dans le secteur du numérique étaient conviées à partager projets et expériences.

Un carnet de santé numérique

A 22 ans, Nafissatou Diouf est déjà à la tête de Senvitale, une start-up de 10 salariés, installée depuis deux mois à Dakar. Ce système de QR code, un type de code-barres, intégré à une carte, un bracelet, ou encore un pendentif, est scanné par les médecins pour accéder instantanément aux données des patients.

L'idée est de "faciliter le travail des médecins et des urgentistes" qui peuvent ainsi "agir plus rapidement", explique la jeune Sénégalaise, personnellement touchée par le problème des diagnostics.

Lorsque sa tante décède des suites d'une réaction allergique mal prise en charge, la jeune femme, alors diplômée en industrie chimique et agroalimentaire depuis deux ans, interrommpt ses études pour se lancer dans l'aventure digitale.

En 2017, elle lance Senvitale, qui lui vaut de nombreux prix, dont celui de la start-up de l'année 2018, au Sénégal. Sa plateforme gratuite permet également aux patients de gérer leurs rendez-vous médicaux.

Pour l'instant, le projet tarde à arriver sur le marché. "On attend l'autorisation du ministère de la Santé à cause des données sensibles que l'on traite", explique la jeune jeune femme, qui envisage pourtant déjà un développement de son entreprise à l'international.

Comment les femmes africaines de la diaspora peuvent-elles mieux tirer parti des technologies ?
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App pour les victimes de violences

Artiste engagée depuis une dizaine d'années dans la lutte contre les violences faites aux filles et aux femmes, Diariata N'diaye, 36 ans, a parcouru les établissements scolaires en France, où elle a grandi, pour sensibiliser les jeunes et a récolté de nombreux témoignages.

Elle prend alors conscience que les victimes ignorent l'existence de solutions. En 2015, elle crée son association "Résonantes" et lance dans la foulée "App-elles". Cette application mobile permet aux victimes de violences conjugales d'alerter trois de leurs proches en cas de situation de danger.

"Je suis partie d'un constat très simple : c'est que tout le monde a un téléphone et que donc s'il y a un outil qui doit être créé pour les victimes, il doit passer par leur téléphone", explique-t-elle.

Les alertes peuvent être aussi déclenchées via un bracelet connecté à l'application. La plateforme gratuite permet aux victimes de contacter des associations ou de s'informer sur leurs droits.

Aujourd'hui, la créatrice d'App-elles revendique 8.000 téléchargements de son application avec une moyenne de 800 à 1.300 utilisateurs par mois, et une présence dans dix pays, dont la France, le Canada, le Maroc, les États-Unis ou encore le Sénégal.

"On a beaucoup de personnes qui utilisent App-elles dans l'espace public. Des femmes qui commencent tôt le matin, qui rentrent tard le soir", indique Diariata N'diaye, qui juge pourtant le nombre d'utilisatrices encore insuffisant.

App-elles, déjà disponible sur les téléphones mobiles Android, devrait arriver prochainement sur Iphone.

Le Sommet sur l'avenir des technologies à Washington DC
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Le droit à portée de clic

Quand Nafissatou Tine, avocate sénégalo-belge de 34 ans, quitte en 2016 Bruxelles pour s'installer à Dakar, elle se trouve confrontés à la difficulté de trouver des sources d'information fiables sur le droit sénégalais.

Elle décide donc de lancer Sunulex, qui rassemble l'intégralité des textes de loi numérisés du Sénégal, mais aussi les décisions de jurisprudence, comblant ainsi un manque pour les étudiants en droit, les juristes, voire les citoyens.

"Actuellement sur la plateforme sénégalaise gratuite, accessible au public, nous avons réuni 800 textes et nous avons 1.700 visites par semaine", se félicite la chef d'entreprise, à la tête de 8 salariés.

Nafissatou Tine s'apprête à lancer en juillet "Sunulex.Africa", une version de son premier site désormais destinée à une dizaine de pays d'Afrique francophone, dont la Côte d'Ivoire, le Bénin, le Togo, le Gabon, le Mali, le Burkina Faso, et la Mauritanie.

"C'est une plateforme africaine faite avec des ressources africaines, pour des Africains et par des Africains, pour les juristes du monde entier", s'enthousiasme-t-elle. A terme, Nafissatou Tine souhaite faire de Sunulex la première plateforme numérique de droit en Afrique francophone.

Un feuilleton sur le sexe et les femmes divise le Sénégal

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Dakar au rythme des amoureux de la mode

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Paris rend hommage au sculpteur sénégalais Ousmane Sow avec une place à son nom

Le sculpteur sénégalais Ousmane Sow, au centre, reçoit son épée académique de Marieme Faye, épouse du président sénégalais Macky Sall, ex-président sénégalais Abdou Diouf, applaudit lors d'une cérémonie à l'Académie française de Paris, le mercredi 11 décembre 2013.

La Ville de Paris dédiera une de ses places au grand sculpteur sénégalais Ousmane Sow, qui partagea sa vie entre Paris et Dakar et fut le premier artiste d’origine africaine élu à l’Académie des beaux-arts.

Cette place sera inaugurée le 29 juin prochain dans le quinzième arrondissement, près de la rue des Entrepreneurs où l’artiste résidait lorsqu’il était en France.

En mars dernier, à l’occasion des 20 ans de la spectaculaire exposition d’Ousmane Sow sur le Pont des Arts, Paris lui a rendu un premier hommage en inaugurant, Place de Valois, à côté du ministère de la Culture, l’oeuvre en bronze "Le couple de lutteurs corps-à-corps", issue de sa série "Nouba".

En 1999, c’est la quasi-intégralité de son oeuvre que l’artiste avait exposée sur le Pont des Arts, entre l’Institut de France et le Musée du Louvre, à l’invitation de la mairie de Paris. Le succès avait été immédiat. Pendant trois mois, les Parisiens s'étaient pressés sur le pont de jour comme de nuit, contraignant la préfecture de police à demander l’instauration d’un sens de visite entre la rive gauche et la rive droite.

Cinq autres grands bronzes sont déjà installés en France : "Victor Hugo" et "L’Homme et l’enfant" à Besançon, "Le général de Gaulle" à Versailles, "Le Guerrier debout" à Angers, "Toussaint Louverture" à La Rochelle.

Le sculpteur sénégalais, un des grands Africains de l'art contemporain, est mort en décembre 2016 à Dakar, salué à travers le monde entier.

Il est connu pour ses sculptures monumentales de guerriers. Il n'a accédé à la reconnaissance artistique qu'à la cinquantaine, après avoir exercé comme kinésithérapeute en France et au Sénégal.

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