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Face aux candidats de Donald Trump, les démocrates entrent en résistance


Le président Donald Trump pour signer formellement la nomination de son cabinet au Capitole, à Washington DC, le 20 janvier 2017.
Le président Donald Trump pour signer formellement la nomination de son cabinet au Capitole, à Washington DC, le 20 janvier 2017.

Les opposants démocrates de Donald Trump ont promis une guerre de tranchées pour ralentir la nomination d'un juge conservateur à la Cour suprême et celles des principaux membres de son administration, au risque de donner des munitions au président, élu pour "nettoyer le marigot" washingtonien.

Après avoir vu la plupart de leurs efforts bloqués pendant une bonne partie des années Obama par un Congrès à majorité républicaine, encaissé une défaite à la présidentielle et assisté impuissants depuis l'arrivé de Donald Trump à la Maison Blanche à la démolition du legs de son prédécesseur, les démocrates tiennent l'occasion de prendre leur revanche.

Si le "Grand Old Party" est toujours majoritaire au Congrès, le Sénat doit confirmer les ministres et le nouveau juge à la Cour suprême appointé par M. Trump, avec au moins 60 des voix des 100 sénateurs.

Mais il n'y a que 52 sénateurs républicains et il leur faut donc convaincre au moins huit de leurs adversaires démocrates.

"Si nous sommes bloqués ainsi je dirais: 'Si tu peux Mitch, prend l'option nucléaire'. Parce que ce serait une honte absolue qu'un homme de sa qualité soit négligé", a déclaré Donald Trump mercredi matin en parlant de Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat.

Un voeux pieux probablement car ces élus démocrates veulent entrer en résistance et l'ont fait savoir dès l'annonce de la nomination du juge Neil Gorsuch à la Cour suprême mardi soir.

Sur Twitter, le président a demandé à ses followers s'ils "aimaient" sa décision :

"Les juges de la Cour suprême doivent pouvoir s'opposer à un président qui veut détourner la Constitution. J'ai de sérieux doutes sur l'aptitude du juge Gorsuch à satisfaire à cette exigence", a ainsi tweeté Chuck Schumer, le chef des démocrates au Sénat.

Lui et ses collègues sont, si besoin était, soumis à une forte pression populaire. M. Schumer a ainsi vu des centaines de manifestants protester sous les fenêtres de son domicile new-yorkais durant le week-end. Ils lui reprochaient - à lui et au parti - une certaine apathie après la signature par Donald Trump du décret anti-immigration qui a provoqué des manifestations spontanées dans le pays et un tollé dans nombre de capitales étrangères.

Politique d'obstruction

Il faut dire qu'après le décès soudain du juge Antonin Scalia en février dernier, les sénateurs républicains n'avaient voulu ne serait-ce qu'auditionner le candidat choisi par Barack Obama pour le remplacer, Merrick Garland. Cette politique d'obstruction, critiquée car sabotant le jeu normal des institutions, semble avoir fini par payer pour les républicains.

Nancy Pelosi, la chef des démocrates à la Chambre des représentants, a aussi fait savoir son désaccord avec le choix du candidat de Donald Trump: "Ce n'est pas l'homme qu'il nous faut", a-t-elle vigoureusement protesté mardi soir lors d'une réunion publique.

Le choix par Donald Trump du juge Gorsuch, 49 ans, arrime la Cour suprême à droite, possiblement le temps d'une génération, pour le plus grand bonheur des religieux traditionalistes, des militants des armes à feu, ou encore des partisans de la peine de mort.

Donald Trump lui fustige le blocage systématique de ses adversaires politiques: "Quand les démocrates nous donneront-ils un ministre de la Justice et le reste de mon cabinet ! Pas surprenant que (Washington) D.C. ne fonctionne pas!", avait-il tweeté mardi.

Les démocrates ont boycotté plusieurs auditions de commissions sénatoriales pour entendre les candidats controversés pour les postes de ministre du Trésor (Steven Mnuchin) et de la Santé (Tom Price).

La réponse des républicains ne s'est pas fait attendre. Ils ont contourné mercredi la règle du quorum pour faire approuver ces deux ministres, une décision sans précédent.

MM. Mnuchin et Price doivent toutefois encore être approuvés par le Sénat dans son ensemble.

"Le président a le droit que les personnes qu'il nomme soient auditionnées", avait appuyé le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer, apparemment oublieux du fait que M. Trump affirmait précisément le contraire après la nomination du juge Garland par Barack Obama.

Le processus de confirmation du juge Gorsuch devrait, en tout état de cause, durer plusieurs mois.

Le Vatican 'préoccupé'

Le sujet a en tout cas détourné un peu l'attention du décret anti-immigration signé par Donald Trump vendredi qui suspend l'entrée aux Etats-Unis des ressortissants de sept pays à majorité musulmane et de tous les réfugiés.

De très nombreux pays ont condamné cette mesure.

Mercredi, c'est le Vatican qui a fait part de sa "préoccupation" sur le sujet: "Nous sommes les messagers d'une autre culture, celle de l'ouverture", a déclaré à la chaîne catholique Tv2000 Mgr Angelo Becciu, numéro 3 du Vatican.

Même la Première ministre britannique, Theresa May, pourtant une alliée enthousiaste de M. Trump, a été obligée de reconnaître que le décret est "une erreur et sème la discorde".

Les Emirats arabes unis ont préféré ne pas accabler M. Trump, estimant que son décret ne visait pas spécifiquement l'islam et n'était que provisoire.

Avec AFP

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