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Expulsion de deux humanitaires du Norwegian Refugee Council en Soudan du Sud


Des Casques bleus patrouillent dans les rues de Juba, au Soudan du sud, le 20 janvier 2014.

Le Soudan du Sud a décidé en moins d'une semaine d'expulser deux humanitaires employés par le Norwegian Refugee Council (NRC), sans en donner la raison, a annoncé mercredi l'ONG norvégienne.

Le directeur du NRC pour le pays avait été expulsé vendredi après avoir été détenu pendant une journée par les services de sécurité sud-soudanais, et un de ses collègues en charge de l'état de Warrap (nord) l'a été à son tour mardi, a indiqué l'ONG dans un communiqué.

"Le NRC n'a reçu aucune explication officielle sur les accusations portées à l'encontre de ces deux individus", a déploré l'organisation humanitaire.

"L'ordre donné à un second membre de notre personnel de direction de partir est inacceptable", a réagi Jan Egeland, le secrétaire-général du NRC, cité dans le communiqué.

"Sans des assurances des autorités que nous serons en mesure de travailler sans subir d'ingérence, le NRC pourrait être contraint à réévaluer sa capacité à délivrer de l'aide à l'échelle du Soudan du Sud", a-t-il menacé.

Le Norwegian Refugee Council est présent au Soudan du Sud depuis 2004 et est une des principales ONG opérant dans le pays. Sur les huit premiers mois de l'année 2016, il indique être venu en aide à 658.000 personnes dans tout le pays.

Les expulsions de ces deux humanitaires font suite à celle la semaine passée d'un journaliste américain travaillant pour l'agence américaine Associated Press (AP), jugé trop critique à l'égard du gouvernement.

Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud a plongé en décembre 2013 dans une guerre civile provoquée par la rivalité entre le président Salva Kiir et l'ancien vice-président Riek Machar qui a fait des dizaines de milliers de morts et plus de 2,5 millions de déplacés.

Des experts de l'ONU ont rapporté au début du mois qu'un "nettoyage ethnique" était en cours dans plusieurs régions du Soudan du sud.

A la mi-novembre, le conseiller spécial de l'ONU sur la prévention du génocide, Adama Dieng, avait affirmé devant le Conseil de sécurité avoir vu dans le pays "tous les signes qui montrent que la haine ethnique et le ciblage des civils peuvent déboucher sur un génocide si rien n'est fait pour l'empêcher".

La guerre se double d'une grave crise humanitaire. Le NRC estime que plus de six millions de personnes - soit plus de la moitié de la population - ont besoin d'une aide humanitaire.

Avec AFP

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