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Session spéciale sur le Soudan du Sud au Conseil des droits de l'Homme le 14 décembre


Des enfants affamés attendent une aide de l'Unicef à Aweli, Soudan du Sud, 16 septembre 2016.

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a annoncé vendredi la tenue d'une session spéciale sur le Soudan du Sud, ravagé par un conflit interne, la semaine prochaine, à la suite d'une demande de 40 pays conduits par les Etats-Unis.

La session aura lieu le 14 décembre, deux semaines après que des experts de l'ONU eurent rapporté qu'un "nettoyage ethnique" était en cours dans plusieurs régions du Soudan du Sud où les violences sont en hausse depuis l'échec d'un plan de paix en juillet dernier.

"Il y a déjà un processus régulier de nettoyage ethnique en cours dans plusieurs zones du Soudan du Sud", qui se traduit notamment par la "faim extrême, des viols collectifs et la destruction de villages", avait annoncé Yasmin Sooka, la chef d'une délégation du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme.

"Partout où nous sommes allés dans le pays, nous avons entendu des villageois dire qu'ils étaient prêts à répandre du sang pour récupérer leurs terres", a-t-elle ajouté, sans viser un camp en particulier. "Beaucoup nous ont dit que le point de non-retour avait été atteint".

Mme Sooka s'exprimait à la suite d'une visite de 10 jours de la délégation dans les villes clés de Bentiu (nord), Malakal (nord-est) et Wau (nord-ouest), mais aussi dans la capitale, Juba, à la rencontre de responsables gouvernementaux, de membres de la société civile et de victimes du conflit.

Dans un communiqué, le Conseil des droits de l'homme précise que la session spéciale a été acceptée par 16 de ses 47 membres.

Le groupe favorable à une session spéciale compte les Etats-Unis et des pays européens comme la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne ainsi que la Corée du Sud et plusieurs pays latino-américains.

Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud a plongé en décembre 2013 dans une guerre civile provoquée par la rivalité entre le président Salva Kiir et l'ancien vice-président Riek Machar qui a fait des dizaines de milliers de morts et plus de 2,5 millions de déplacés.

La chef de la délégation de l'ONU avait soutenu que "tout est là pour que ce qui s'est passé au Rwanda se répète, et la communauté internationale a l'obligation de l'empêcher".

A la mi-novembre, le conseiller spécial de l'ONU sur la prévention du génocide, Adama Dieng, avait déjà affirmé devant le Conseil de sécurité avoir vu au Soudan du Sud "tous les signes qui montrent que la haine ethnique et le ciblage des civils peuvent déboucher sur un génocide si rien n'est fait pour l'empêcher".

Avec AFP

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