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Les Pays-Bas expulsent le chargé d'affaires érythréen suite à la "taxe diaspora"


La Banque Nationale d'Érythrée à Asmara, le 22 juillet 2013.

Les autorités néerlandaises ont annoncé mercredi l'expulsion du chargé d'affaires érythréen pour protester contre la "taxe diaspora", que le gouvernement d'Asmara tente de prélever de force auprès de ses expatriés pour renflouer ses finances.

"A la lumière des intimidations et de l'usage de la force continus pour prélever la taxe diaspora et des troubles sociaux et politiques qui en résultent, le gouvernement est dans l'obligation d'envoyer un signal puissant au gouvernement érythréen", a fait savoir le ministre néerlandais des Affaires étrangères Halbe Zijlstra dans une lettre au Parlement.

Les Pays-Bas ont déclaré persona non grata et ordonné le départ du chargé d'affaires Tekeste Ghebremedhin Zemuy, le plus haut diplomate érythréen dans le royaume. Il s'agit d'une "mesure particulièrement lourde, rarement utilisée par les Pays-Bas", a précisé le ministre.

En décembre, le gouvernement néerlandais avait déjà convoqué l'ambassadeur d'Erythrée à Bruxelles pour protester contre le prélèvement par les autorités érythréennes de cette "taxe" de 2% sur les revenus de chaque émigré érythréen, et destinée à renflouer les caisses du régime d'Asmara.

Les Erythréens forment, derrière les Syriens, le deuxième plus important contingent de réfugiés accueilli par les Pays-Bas ces dernières années. La communauté érythréenne dans le pays est estimée à environ 20.000 personnes.

Selon une étude de l'Université de Tilburg en juin 2017, les immigrés érythréens aux Pays-Bas qui refusent de payer la "taxe diaspora" aux autorités de leur pays d'origine "sont ostracisés comme des parias, intimidés et harcelés".

"Le gouvernement néerlandais veut faire savoir clairement qu'il n'acceptera pas cette pratique", a ajouté le ministre.

Avec AFP

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