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RDC

Epidémie d'Ebola : un accident mortel perturbe de nouveau la riposte à Butembo

Centre de traitement du virus Ebola à Beni, en RDC, le 30 mars 2019.

La mort d'un conducteur de taxi-moto, après collision avec un véhicule d'une équipe de lutte contre Ebola, a paralysé mardi les activités commerciales et celles de la riposte contre la maladie à Butembo dans l'est de la République démocratique du Congo.

"Une jeep de la riposte contre Ebola a percuté accidentellement un motard qui a été tué sur place. Ses camarades ont jeté des pierres sur l'hôpital, lorsqu'ils ramenaient le corps à la morgue", a déclaré à l'AFP le Dr Chrisostome Shako de l'hôpital général de Matanda à Butembo (Nord-Kivu, est).

Le médecin a estimé que "ces incidents vont impacter négativement les activités de riposte" craignant que les équipes de lutte contre Ebola ne soient la cible d'attaques des conducteurs de taxi-motos.

L'épidémie d'Ebola déclarée le 1er août dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri a fait au total 1.045 morts, d'après le dernier bilan du ministère de la Santé daté de lundi.

"Toutes les activités dans la ville de Butembo ont été paralysées à cause de cet accident d'un motocycliste et un véhicule de la riposte contre Ebola", a confirmé le colonel Paul Polo Ngoma, chef de la police de Butembo.

"Des patrouilles mixtes de la police et de l'armée sont déployées pour sécuriser la population et leurs biens", a indiqué l'officier.

Celà fait trois jours consécutifs que les activités de la lutte contre Ebola se déroulent au ralenti à cause de l'insécurité enregistrée à Butembo (un carrefour commercial) qui cible particulièrement des équipes de la riposte.

Le ministre congolais de la Santé le Dr Oly Ilunga avait prévenu que chaque fois qu'il y aurait perturbation des activités de la riposte, il faudrait s'attendre à une flambée du nombre de nouveaux cas et du nombre de décès.

L'actuelle épidémie d'Ebola est la dixième enregistrée sur le sol congolais depuis 1976. Elle est la deuxième plus grave après celle qui a touché l'Afrique de l'ouest en 2014 (avec plus de 11.000 morts en Guinée, Sierra Leone et au Liberia principalement).

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Dr Mukwege reçoit des "menaces" après la dénonciation d'un récent massacre dans l'Est

Le Dr Denis Mukwege, s’adresse à la foule à son retour à Bukavu en RDC, le 27 décembre 2018. (Photo by Fredrik Lerneryd / AFP)

Le prix Nobel de la paix 2018 Denis Mukwege a affirmé avoir reçu des menaces et vu des proches menacés, après avoir dénoncé un récent massacre de civils dans l'Est de la République démocratique du Congo, dans un communiqué parvenu vendredi à l'AFP.

"Depuis mon tweet du dimanche 26 juillet dénonçant le récent massacre survenu à Kipupu en territoire de Mwenga au Sud Kivu, j'ai reçu diverses correspondances haineuses et des membres de ma famille ont été intimidés et menacés", a-t-il écrit.

"Aucune malversation intellectuelle, aucune menace, aucune utilisation de la peur, ne m'empêchera de m'exprimer sur la réalité des atrocités que vivent les populations de mon pays et dont je soigne les séquelles tous les jours dans mon hôpital à Bukavu", a ajouté le gynécologue, surnommé "l'homme qui répare les femmes".

Mi-juillet, 18 personnes avaient été tuées dans une attaque à Kipupu, selon les chercheurs du Baromètre de sécurité du Kivu (KST) présents dans la région alors qu'un groupe de députés provinciaux faisaient état de 220 personnes tuées.

Le village de Kipupu se situe dans une zone instable du Sud-Kivu, sur les hauts-plateaux de Fizi qui surplombent le lac Tanganyika, non loin du Burundi et du Rwanda.

En octobre 2012, le Dr Mukwege, directeur de l'hôpital de Panzi qui s'occupe des femmes victimes de viols dans le Sud-Kivu, avait échappé à un attentat qui ciblait son domicile. Son gardien avait été tué par des assaillants.

Dans cette région enclavée, des violences opposent depuis un an des Congolais tutsi rwandophones, les Banyamulenge, et d'autres communautés locales comme les Babembe.

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Deux morts dans des accrochages dans la réserve d'Okapi en Ituri

Un homme congolais marche sur la route de transport qui relie la ville de Bunia à la ville minière de Mambasa, dans la province de l’Ituri, le 10 juillet 2018.

Deux personnes ont été tuées lors de l'expulsion d'occupants illégaux de la réserve d'Okapi, en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

Des accrochages ont éclaté lorsque des militaires et des éco-gardes ont entrepris d'évacuer les habitants d'un petit village créé par des creuseurs d'or artisanaux à l'intérieur de la réserve, a expliqué à l'AFP Christian Mushingalwa, responsable en charge des ressources humaines de la réserve.

"Le bilan est de deux morts et quelques blessés dont quatre grièvement, tous des civils", a-t-il précisé.

L'opération visait à "préserver l'environnement", à la demande de l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), a-t-il souligné.

Selon M. Mushingalwa, un site de relocalisation, à 30 km de la réserve, avait été préparé pour recevoir les occupants illégaux.

L'ICCN "peut avoir raison mais nous voulons un dialogue entre les parties en conflit pour une cohabitation pacifique entre la réserve et les riverains", a réagi auprès de l'AFP Assani Nguma, président de la société civile de Mambasa (Ituri).

Interrogé par l'AFP, les services de l'administrateur du territoire de Mambasa ont accusé les villageois d'avoir "barricadé pendant quelques heures la route nationale 4", justifiant ainsi l'intervention de l'armée.

La réserve d'Okapi abrite de nombreuses espèces endémiques et menacées, dont un sixième de la population existante d'okapis (environ 5.000 sur les 30.000 vivant à l'état sauvage).

L'Okapi, appelé aussi girafe de forêt, est un mammifère qui ne vit que dans cette région de la RDC.

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