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Madagascar

Environ 1,5 million de Malgaches ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence

Un membre de l'ONG Action Contre la Faim donne de l'eau potable à un nourrisson lors d'une séance de dépistage de la malnutrition dans la commune d'Ifotaka, dans le sud de Madagascar, le 14 décembre 2018.

L'argile blanche. Dans le sud de Madagascar, ravagé cette année par la sécheresse, elle aide depuis des mois à affronter la famine.

"On l'appelle la terre de survie, car elle permet de faire passer dans la bouche le goût acide du tamarin qui nous sert à tromper la faim", explique à l'AFP l'agriculteur Doday Fandilava Noelisona, 35 ans, dans le village de Fenoaivo.

"L'heure n'est plus à la recherche de nourriture qui fait vivre, mais aux moyens de remplir le ventre vide pour survivre", dit ce père de six enfants devant ses voisins, après plus d'un an sans pluie.

L'aliment principal dans la région aride est le fruit de cactus. Les villages sont entourés d'alignements qui servent à la fois de clôture et de garde-manger, en cas de nécessité. Mais même le cactus souffre maintenant du manque d'eau et ne donne plus de fruit. Sa peau flétrie, fait rarissime, témoigne de la difficulté extrême.

Dans ce village, la plus grande crainte est la réédition de la terrible sécheresse qui avait fait des centaines de morts dans les années 1990.

"On appelle cette époque l'ère des squelettes éparpillés, car on en voyait partout, sur les routes. Les gens n'avaient plus la force d'enterrer les dépouilles de leurs frères et sœurs", se souvient Avianay Idamy, 42 ans, père de neuf enfants.

Ventres gonflés

"Pour que ce malheur ne s'abatte pas sur moi et ma famille, je fais du charbon et je coupe du bois, je le vends pour acheter à manger", explique-t-il.

"Mon choix n'est pas le plus judicieux", pour l'environnement, "mais cela me permet de vivre. Normalement je cultive les terrains alluviaux sur les berges des fleuves, mais il n'y a pas de pluie et rien ne pousse", se justifie-t-il.

"J'ai aussi investi mes économies dans l'élevage, pour nous une réserve à vendre en cas de besoin, mais les bandits nous ont tout pris aussi cette année, même nos ustensiles de cuisine", poursuit-il.

Il vend ses charbons 30 centimes le sac, ce qui permet à sa famille de manger du manioc une fois par jour. Alors, comme ses voisins, ils mangent argile et tamarin. Et pour trouver la force de travailler, il se concocte une infusion énergisante d'écorce d'arbre.

En septembre, neuf personnes ont été déclarées mortes de la famine, à Ankilomarovahetsy, à une dizaine de km. "Huit enfants et une mère", précise Rafanampy, sans nom de famille, à 65 ans le doyen de ce hameau.

Samba Vaha, 26 ans, a perdu son garçon d'un an, Manovondahy. "Mon fils est mort après deux jours de maladie, je n'ai pas pu l'emmener voir un médecin".

Les enfants sont les premières victimes, supportant mal l'argile mélangée au tamarin, "qui cause des gonflements de ventre", explique Théodore Mbainaissem, chef local du Programme alimentaire mondial (PAM).

La moitié de la population du sud du pays, soit 1,5 million de personnes, a actuellement besoin d'une aide alimentaire d'urgence, selon le PAM. Ce qui nécessiterait 31 millions d'euros à débloquer d'urgence.

Climat

A quelques kilomètres, à Beraketa, l'ONG Action contre la faim (ACF) s'est installée, en coordination avec le PAM.

"Ici la malnutrition infantile est cyclique. Cette année la soudure a commencé plus tôt", dès octobre au lieu de janvier, note Annick Rakotoanosy, responsable nutrition d'ACF, en référence à la période entre la fin des réserves de la récolte précédente et les nouvelles récoltes.

Une cinquantaine d'enfants sévèrement malnutris --ventres gonflés et jambes maigres-- et une centaine d'autres malades y sont pris en charge une fois par semaine. Ils risquent la mort, "surtout si la malnutrition est accompagnée de complications, diarrhées, infections respiratoires ou paludisme".

La sècheresse est aggravée par le changement climatique. "Trois ans dans certaines localités, deux dans d'autres, qu'il n'y a pas de pluie", souligne le responsable du PAM.

L'insécurité, les vols de bétail aggravent la misère et compliquent les interventions humanitaires. "Tout le nord d'Amboasary, par exemple, en sont privées", dit-il.

Le gouvernement a déjà déployé l'armée pour distribuer vivres et premiers soins. Et le président Andry Rajoelina est venu début octobre, son épouse et son fils aîné distribuant des rations dans des villages.

Sans assistance alimentaire d'urgence, "on frôle la catastrophe, car maintenant, même les tamarins commencent à se raréfier", note M. Mbainaissem.

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Inondations meurtrières à Madagascar

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Des inondations font une dizaine de morts à Madagascar

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Le bilan du naufrage à Madagascar passe à 85 morts

Le général Serge Gelle, survivant du crash d'un hélicoptère à Madagascar alors qu'il était en mission de sauvetage.

Le bilan du naufrage lundi d'un bateau de transport de marchandises au nord-est de Madagascar est passé à 85 morts, a-t-on appris jeudi auprès des autorités maritimes et des gendarmes, qui ont retrouvé 21 corps supplémentaires.

"Le bilan s'élève à 85 morts, dont 21 corps repêchés hier" (mercredi), a affirmé à l'AFP le général de gendarmerie Zafisambatra Ravoavy.

Le nombre de passagers à bord de ce bateau en bois de douze mètres de long a également été revu à la hausse, à 138 passagers, dont seulement 50 ont pu être sauvés, ont précisé les autorités maritimes.

Le navire, qui n'était pas autorisé à embarquer de passagers, était parti de la petite localité d'Antseraka en direction de Soanierana-Ivongo, près d'une centaine de km plus au sud. Il s'est échoué tout près de sa destination.

La plupart de passagers étaient des saisonniers, qui venaient de cueillir de la girofle et rentraient chez eux pour les fêtes de fin d'année.

"Des effets personnels, des cartes d'identité et de l'argent ont été retrouvés par les secours", a expliqué Alban Menavolo, maire de Soanierana Ivongo.

"La plupart des passagers étaient des saisonniers, originaires de la campagne", poursuit-il. "Ces Malgaches étaient partis récolter le clou de girofle, un peu plus au nord du port de départ, et en prenant le bateau, ils comptaient rejoindre leur famille avec l'argent gagné, pour les fêtes de fin d'année", a-t-il confié à l'AFP.

La distance se parcourt en un peu plus de deux heures en bateau, contre au moins huit en taxi brousse, selon plusieurs habitants.

Une messe est prévue jeudi pour les défunts et les drapeaux sont en berne dans tout le pays. Le président Andy Rajoelina avait annoncé mardi cette journée nationale de deuil, pour marquer la tragédie de ce naufrage et d'un crash d'hélicoptère qui a fait deux disparus le même jour.

Naufrage à Madagascar: au moins 64 morts

Des enquêteurs échangent avec des habitants sur les rives après un accident de bateau qui a fait des dizaines de morts à Soanierana Ivongo, dans le nord de Madagascar, le 20 décembre 2021.

Un deuil national a été décrété sur la Grande île.

Un naufrage a fait au moins 64 morts au large des côtes du nord-est de Madagascar, et des recherches sont en cours pour retrouver les disparus, a indiqué mercredi l’Agence portuaire maritime et fluviale (APMF).

Cinquante personnes ont été retrouvées vivantes, a précisé l'agence.

L'incident a eu lieu lundi. Il s'agissait d'un navire de marchandises qui n'était pas autorisé à transporter des personnes, selon Mamy Randrianavony, directeur des opérations en mer à l'APMF.

Une équipe de recherche et de sauvetage a été déployée mais l'un des hélicoptères s'est écrasé en raison de vents violents. A bord se trouvait le Secrétaire d’Etat en charge de la gendarmerie nationale, le général Serge Gellé, et trois autres personnes.

Le ministre a survécu à l'incident, aidé par des habitants des villages environnants.

Mardi, le président Andry Rajoelina a rendu hommage aux secouristes et offert ses condoléances aux familles des victimes du naufrage dont il a qualifié le bilan de "terrible".


Selon le quotidien Madagascar Tribune, le bateau naufragé opérait "clandestinement" et avait à son bord "plus de 130 personnes".

Le drapeau national sera mis en berne en hommage aux victimes dès jeudi, précise le journal.

Avec Reuters.

Un ministre malgache nage pendant des heures après le crash de son hélicoptère

Toamasina, Madagascar.

Le secrétaire d'Etat malgache à la Gendarmerie, le général Serge Gellé, a nagé près de douze heures pour rejoindre le rivage après que l'hélicoptère qui le transportait s'est écrasé en mer, ont indiqué mardi la gendarmerie et les autorités maritimes.

Outre le ministre, l'hélicoptère, qui s'est écrasé au large des côtes nord-est du pays, transportait trois gendarmes. L'un d'eux, éjecté en même temps que M. Gellé, a lui aussi survécu, tandis que les deux autres sont portés disparus, selon ces sources.

Le ministre et le gendarme survivants ont été retrouvés séparément par des riverains sur la plage de Mahambo, à environ 75 km au nord de Toamasina, la grande ville portuaire de l'est malgache, a précisé le directeur de l'autorité maritime, Jean-Edmond Randrianantenaina.

Selon lui, "a priori, les deux hommes ont été éjectés de l'hélicoptère et ont ensuite été séparés en mer. Ils n'étaient pas ensemble".

"Mon tour de mourir n'est pas encore arrivé, merci à Dieu" et "aux villageois et aux pêcheurs de Mahambo", déclare dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Serge Gellé, 57 ans, secouru par la population locale.

Les traits tirés, vêtu d'un treillis et allongé sur chaise longue, le ministre, général de gendarmerie de 57 ans, précise n'avoir "aucune blessure, seulement froid". "Je pourrai reprendre le travail d'ici 24 heures", assure-t-il.

"C'est un militaire de caractère", a commenté auprès de l'AFP le général de gendarmerie Zafisambatra Ravoavy qui a travaillé longtemps avec le général Gellé.

"Il a toujours pratiqué le sport avec beaucoup d'endurance. Et il a gardé ce rythme même en étant ministre, comme un jeune de 30 ans. Il a un moral d'acier, il a été rejeté par les vagues et il n'a pas lâché", a-t-il ajouté, précisant que le général s'était servi d'un coussin de siège de l'hélicoptère comme bouée de sauvetage.

Le général Gellé fait partie des nouvelles recrues du président Andry Rajoelina et est entré au gouvernement à la faveur du dernier remaniement en août, après plus de 30 ans de carrière dans la gendarmerie.

L'hélicoptère transportait le ministre et les trois gendarmes vers Antseraka (nord-est), petite localité au large de laquelle un navire a fait naufrage lundi matin, faisant au moins 21 morts et une soixantaine de disparus, selon un bilan actualisé des autorités maritimes mardi.

La gendarmerie malgache a indiqué ne pas connaître dans l'immédiat les circonstances de la chute de l'hélicoptère. Les recherches se poursuivent pour retrouver les deux occupants portés disparus.

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