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Entre Trump et Kim, un gouffre à combler sur la dénucléarisation

Cette photo montre le président américain Donald Trump à gauche, à la Maison Blanche, à Washington le 26 février 2018 et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un au congrès du parti à Pyongyang, Corée du Nord, le 9 mai 2016. (Photo AP / Evan Vucci, Wong Maye-E)

Ils ont beau avoir mis menaces et insultes en sourdine, Donald Trump et Kim Jong Un devront, s'ils veulent conforter l'extraordinaire détente sur la péninsule coréenne, se confronter lors de leur sommet au point le plus délicat du dossier: la dénucléarisation.

Les déclarations de bonne volonté et les échanges diplomatiques des derniers mois ne peuvent faire oublier que les tensions avec la Corée du Nord avaient atteint des sommets en 2017 à mesure qu'elle développait envers et contre tous ses programmes nucléaire et balistique.

Et Pyongyang demeure sous le coup de multiples sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU, de l'Union européenne, des Etats-Unis et d'autres.

C'est donc un gouffre que devront combler le président américain et le leader nord-coréen, qui se rencontreront mardi à Singapour.

"Cela me semble très difficile pour Kim de renoncer à la seule chose sur laquelle se fonde son importance, à savoir les armes nucléaires", déclarait récemment aux journalistes à Tokyo l'ancien secrétaire d'Etat adjoint américain Richard Armitage.

>> Lire aussi : Trump: "Tout est prêt" pour le sommet avec Kim

"La distance entre l'endroit où nous sommes et celui où nous devons être se mesure en années", a-t-il ajouté.

Washington ne réclame rien de moins qu'une dénucléarisation "complète, vérifiable et irréversible" de la Corée du Nord, qui justifie son programme atomique comme un impératif face à la menace américaine.

Pyongyang s'est maintes fois dit engagé en faveur de la dénucléarisation de la péninsule, une formule qui se prête à toutes les interprétations possibles. Or la Corée du Nord n'a jamais clarifié ce que pourraient être ses concessions.

- La Libye -

Kim Jong Un, à en croire les comptes rendus que les médias officiels chinois ont fait de ses discussions avec le président chinois Xi Jinping, attend de Washington et Séoul qu'ils "lèvent les menaces de sécurité pesant sur la RPDC" (République populaire et démocratique de Corée) et prennent des mesures "graduelles et synchrones" en réponse à ses propres décisions.

Les premières indications des Etats-Unis sont que Washington s'attend à ce que le Nord renonce à son arsenal.

Le conseiller américain à la sécurité nationale John Bolton avait, lui, fait référence à la Libye, provoquant la fureur de Pyongyang. Après avoir renoncé à son programme atomique, Mouammar Kadhafi avait été tué lors d'un soulèvement soutenu par des bombardements de l'Otan.

>> Lire aussi : Séoul espère un accord le plus tôt possible pour mettre fin à la Guerre de Corée

Donald Trump a cherché à minimiser les attentes avant la première rencontre, laissant entendre qu'il pourrait y avoir d'autres sommets.

"Je crois que ce n'est pas l'affaire d'un sommet", a-t-il dit jeudi, en ajoutant toutefois: "S'il ne dénucléarise pas, ce ne sera pas acceptable."

La Corée du Nord a réalisé en septemble son sixième essai nucléaire, le plus puissant à ce jour, en affirmant qu'il s'agissait d'une bombe à hydrogène. Elle a par ailleurs testé des missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) susceptibles d'atteindre le territoire continental américain.

- "Reddition nord-coréenne" -

Outre son arsenal nucléaire, elle aurait entre 2.500 et 5.000 tonnes d'armes chimiques qu'elle a développées depuis les années 1980, selon l'armée sud-coréenne.

Des questions demeurent sur la capacité des Nord-Coréens à miniaturiser une charge nucléaire pour la monter sur un missile, sur la précision de leurs tirs ou encore sur leur maîtrise de la technologie, cruciale, de rentrée atmosphérique.

Pyongyang affirme que ces trois points ne posent aucun souci, ce qui a permis à Kim Jong Un de claironner que le programme nucléaire nord-coréen, "épée chérie" du régime, était achevé.

Les estimations des capacités nucléaires nord-coréennes ne font pas non plus consensus.

Séoul estime à plus de 50 kg le stock de plutonium nord-coréen, de quoi produire une dizaine de bombes, sachant que Pyongyang a aussi "une quantité importante" d'uranium hautement enrichi.

"Pour l'administration Trump, l'essentiel des discussions se réduira probablement aux ICBM et aux têtes nucléaires", a déclaré à l'AFP Hong Min, expert à l'Institut pour l'Unification nationale de la Corée.

Mais pour Siegfried Hecker, un expert américain reconnu des questions nucléaires, une dénucléarisation "complète, vérifiable et irréversible" immédiate est "inimaginable" car elle équivaudrait à "une reddition nord-coréenne".

Il imagine plutôt une feuille de route sur 10 ans qui consisterait à "suspendre, faire reculer et éliminer" les programmes balistique et nucléaire.

- Accords de Munich -

Mais certains estiment que Donald Trump pourrait - au nom de son slogan "l'Amérique d'abord' - accepter de reconnaître la Corée du Nord en tant que puissance nucléaire en échange d'une destruction par Pyongyang de ses ICBM et d'un gel de ses programmes atomiques à leur niveau actuel.

>> Lire aussi : L'avocat de Trump affirme que Kim Jong Un "a supplié" pour qu'un sommet ait lieu

Cela lèverait la menace contre le territoire continental américain, mais pas celle contre le Japon et la Corée du Sud. Un scénario qui ne manquerait pas d'alarmer le Premier ministre japonais Shinzo Abe.

Jeudi, le chef de file du Parti de la liberté de Corée, l'opposition conservatrice sud-coréenne, a exhorté M. Trump à ne pas accepter d'accord qui ne garantisse que la sécurité des Etats-Unis.

Hong Joon-pyo a même fait un parallèle avec les accords de Munich, qui avaient vu en 1938 Paris et Londres abandonner la Tchécoslovaquie en acceptant l'annexion par l'Allemagne nazie de la région des Sudètes.

"Il serait très regrettable que le sort de la République de Corée résulte d'une bataille pour l'hégémonie entre les Etats-Unis et la Chine", a-t-il dit.

Si Pyongyang est reconnu de façon tacite comme une puissance nucléaire, "il n'y aura qu'une option pour la Corée du Sud et le Japon (...) Nous devrons nous équiper nous-mêmes d'armes nucléaires."

Avec AFP

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Coronavirus: entre reconfinements partiels et l'espoir d'un vaccin

Le professeur Gottfried Kremsner injecte un vaccin contre le COVID-19 de la société de biotechnologie allemande CureVac à un volontaire de son institut tropical de la clinique universitaire de Tuebingen, en Allemagne, le 22 juin 2020. REUTERS / Kai Pfaffenbach

La pandémie de covid-19 ne cesse de se répandre. Des pays recourent à des reconfinements partiels, alors que se renforce l'espoir d'un futur vaccin.

Le Sénégal a rouvert ses frontières aériennes après quatre mois de fermeture à cause du coronavirus, avec l'arrivée à l'aéroport international de Dakar ce mercredi à minuit d'un vol d'Air Algérie.

Les Maldives ont rouvert aussi leurs complexes touristiques et accueilli leur premier vol international depuis plus de trois mois. Disneyland Paris, première destination touristique privée en Europe, a rouvert ses portes au public avec une capacité d'accueil limitée. Idem pour Disney World en Floride, selon le quotidien Orlando Sentinel.

En Espagne, plusieurs communes en Catalogne ont été reconfinées mercredi en raison d'un important foyer de contagion. C’est pareil au Portugal, où le gouvernement prolonge jusqu'à fin juillet les mesures de reconfinement partiel dans la région de Lisbonne pour maîtriser des foyers de contagion.

L'Inde s'apprête à reconfiner près de 140 millions d'habitants dans la région de Bangalore. A Hong Kong, les bars, les salles de sport et les salons de coiffure ont dû être fermés à nouveau mercredi.

En Iran, 140 médecins et infirmiers sont morts du coronavirus depuis le début de la pandémie.

Le Brésil a enregistré 1.300 morts supplémentaires en 24 heures. Aux Etats-Unis, quelque 63.262 nouvelles infections sont apparues depuis lundi.

La firme américaine de biotech Moderna a annoncé mardi qu'elle s'apprêtait à lancer la phase finale de ses essais cliniques pour un vaccin. 45 volontaires prennent part à la "phase un" de ces tests.

Son vaccin expérimental a montré qu'il était sûr et déclenchait une réponse immunitaire chez l'ensemble des 45 volontaires sains prenant part aux tests de "phase un", ont dit mardi des chercheurs dans le New England Journal of Medicine. La nouvelle a conduit à un bond de 16% de sa cotation en bourse, selon la chaîne de télévision américaine CNBC.

Le ministère russe de la défense affirme avoir développé aussi un vaccin après des essais cliniques sur 18 volontaires et, pour le moment il n’y a pas eu de complications majeure ni d’effet secondaires.

La semaine dernière le gouvernement de la Guinée équatoriale a annoncé avoir déjà passé des commandes pour Remdesivir, le vaccin développé par la société pharmaceutique Gilead. Il a été acquis au prix fort de 13.000 dollars l'unité, selon le vice-président Teodoro Obiang Nguema.

L'espoir est donc permis.

Le gouvernement américain a renoncé à priver de visas les étudiants étrangers

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Procès Johnny Depp : l'ex-assistante d'Amber Heard l'accuse de lui avoir "volé" son histoire

L'acteur Johnny Depp arrive à la Haute Cour de Londres, en Grande-Bretagne, le 7 juillet 2020.

L'ancienne assistante d'Amber Heard, ex-épouse de Johnny Depp qui l'accuse de violences, a affirmé mercredi que l'actrice américaine lui avait "volé" sa propre histoire de victime d'agression sexuelle lors du procès en diffamation du tabloïd The Sun à Londres.

Appelée à témoigner par visioconférence depuis Los Angeles au procès intenté à Londres par la star de "Pirate des Caraïbes" au journal britannique, qui l'avait présenté comme un mari violent en avril 2018, Kate James a étrillé l'actrice de 34 ans, pour qui elle a travaillé de 2012 à 2015.

Questionnée par l'avocate de la société éditrice du Sun, NGN, qui mettait en cause la véracité de son témoignage, elle lui a sèchement rétorqué: "Je suis une survivante d'agression sexuelle. C'est pour ça que je suis ici".

Répondant ensuite à l'avocat de Johnny Depp, Kate James a accusé Heard de lui avoir "volé" son histoire. Elle a confirmé ses déclarations écrites dans lesquelles elle avait dit avoir découvert qu'Amber Heard avait utilisé les confidences qu'elle lui avait faites pour en faire "sa propre histoire à son profit".

Amber Heard, "probablement la personne la moins connue à Hollywood" pour qui elle ait travaillé, avait aussi tendance à boire et lui envoyait des messages incohérents ou insultants en pleine nuit.

Ben King, qui a été gestionnaire des affaires de la maison du couple, notamment en Australie en 2015, a affirmé qu'Amber Heard était à l'origine des disputes.

Il avait dû superviser la remise en état de la maison où le couple séjournait pendant le tournage de l'un des "Pirate des Caraïbes" et avait dû récupérer le bout de doigt perdu par Johnny Depp. Selon l'acteur, il a été sectionné par Amber Heard avec une bouteille de vodka brisée sur un meuble en marbre. Selon l'actrice, l'acteur s'était ainsi blessé avec un téléphone.

L'actrice américaine doit témoigner vendredi. Le journal invoque 14 accusations de violences formulées contre son ex-époux entre 2013 et 2016. Le couple a divorcé après moins de deux ans d'un mariage orageux, début 2017.

Jeudi, la cour doit entendre Vanessa Paradis par visioconférence. Dans un témoignage écrit versé à la procédure, la chanteuse et actrice française, en couple avec Johnny Depp pendant 14 ans, l'a dépeint comme "un homme et un père gentil, attentif, généreux et non violent".

Doit également témoigner en faveur de Johnny Depp lors du procès son ex-compagne l'actrice américaine Winona Ryder.

Washington accuse des mercenaires russes d'avoir posé des mines en Libye

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à droite, serre la main de Khalifa Haftar, le chef de l'armée nationale libyenne autoproclamée avant les pourparlers à Moscou, en Russie, le 13 janvier 2020.

Les Etats-Unis ont accusé mercredi un groupe russe de mercenaires d'avoir posé des mines dans la région de Tripoli, en violation d'un embargo des Nations unies sur les armes pour la Libye.  

Le commandement américain pour l'Afrique (Africom) a affirmé dans un communiqué disposer de "preuves claires que le groupe Wagner, parrainé et employé par l'Etat russe, a posé des mines terrestres et des engins explosifs improvisés" dans la capitale libyenne et ses environs.

"Des preuves photographiques vérifiées montrent des pièges et des champs de mines placés sans discrimination autour de la périphérie de Tripoli jusqu'à Syrte depuis mi-juin", a-t-il précisé.


Le groupe Wagner, réputé proche du président russe Vladimir Poutine, affiche ainsi "un mépris total pour la sûreté et la sécurité des Libyens", a dénoncé dans le communiqué le directeur des opérations d'Africom Bradford Gering.

"Les tactiques irresponsables du groupe Wagner prolongent le conflit et sont responsables de souffrances inutiles et de la mort de civils innocents. La Russie a le pouvoir de les arrêter, mais pas la volonté", a-t-il ajouté.

Washington accuse régulièrement Moscou d'interférer dans le conflit en Libye en y introduisant des armes, dont des avions de chasse, en violation d'un embargo sur les armes décrété en 2011 par l'ONU pour le pays d'Afrique du Nord.

La Russie, aux côtés notamment des Emirats Arabes Unis et de l'Egypte, y soutient l'homme fort de l'Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, qui tente depuis avril 2019 de prendre Tripoli par la force.

Son offensive a subi d'importants revers depuis le début de l'année et l'implication de la Turquie auprès de son adversaire, le Gouvernement d'union nationale (GNA) basé dans la capitale libyenne et reconnu par la communauté internationale.

La bataille s'organise désormais autour de la ville stratégique de Syrte, contrôlée par les pro-Haftar.

New York étend la liste des Etats dont les visiteurs sont soumis à quarantaine

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