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Entre l'UE et l'Italie, un dialogue de sourds sur les migrants

Une marche près de Foggia pour le droit des migrants, en Italie, le 8 août 2018.

Le torchon brûle entre l'Union européenne et l'Italie, qui se reprochent mutuellement un manque de solidarité sur l'accueil des migrants, une situation qui vient de culminer avec les menaces de Rome sur sa participation au financement de l'UE.

"L'Italie à ce jour n'est pas sur la même longueur d'onde". C'est le constat d'une source européenne, qui a requis l'anonymat, à l'issue d'une réunion convoquée dans l'urgence vendredi dernier, à Bruxelles, pour évoquer la question migratoire dans l'UE.

L'Italie espérait y voir se dénouer le sort du Diciotti, un navire bloqué dans le port de Catane (Sicile) avec environ 150 personnes secourues en mer à son bord. Pour la Commission européenne, qui y avait "invité" 12 pays membres, il s'agissait d'une discussion informelle sur les "solutions durables" qui restent à trouver en matière d'accueil des demandeurs d'asile et de partage des responsabilités.

"La discussion n'a pas été négative, tout le monde est d'accord qu'il faut dépasser le cas par cas", tient à souligner cette source européenne.

Mais alors que les Italiens réclament de la solidarité, les autres pays ont répondu que ces derniers devaient aussi "jouer le jeu de la coopération" et être "d'accord sur les principes", explique-t-elle.

D'un côté, l'Italie estime assumer un rôle démesuré dans l'accueil des migrants qui traversent la Méditerranée. De l'autre, la Commission et les Etats membres lui demandent de jouer selon les "règles" déjà en vigueur.

"Personne n'a réussi, malgré les propositions de la Commission et du Parlement, à faire en sorte qu'il y ait une forme de solidarité obligatoire. C'est cet aspect qui coince", estime la socialiste Sylvie Guillaume, qui siège à la commission Affaires intérieures du Parlement européen. Selon elle, le débat sur les ports de débarquement est de toute façon sans issue tant que n'est pas réglé le problème de la répartition.

'L'UE, une communauté de règles'

"Ceux qui coincent, ce sont les gouvernements des Etats membres, une bonne partie d'entre eux en tout cas. Cela a bloqué toutes les hypothèses de sortie", déplore cette eurodéputée française.

Quand le vice-président du Conseil italien Luigi Di Maio en est venu à menacer de cesser de contribuer au budget de l'UE à défaut d'une solution pour régler la situation du Diciotti, la réponse de l'exécutif européen a été ferme.

"L'UE est une communauté de règles, et elle opère sur la base de règles, pas de menaces", a rétorqué un porte-parole de la Commission, Alexander Winterstein.

L'UE s'appuie sur deux arguments: celui du droit international, qui régit les débarquements, et ses propres décisions politiques.

Les 28 se sont accordés pour donner la priorité à la distinction entre les migrants dits "économiques", voués à être renvoyés dans leur pays, et ceux qui peuvent prétendre à l'asile.

Or l'Italie plaide pour négocier la répartition des migrants avant leur débarquement. Et la coalition antisystème au pouvoir depuis le printemps a progressivement durci le ton.

"Il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre", commente Sylvie Guillaume.

La réforme de Dublin patine

Pour Marie De Somer, du think tank European Policy Center (EPC), il y a bien une crise de la solidarité, mais les positions de l'Italie et de la Commission ne sont en fait pas si éloignées.

"La Commission, et le Parlement européen, essaient d'arriver à un meilleur partage de la solidarité. Ils prônent la même politique, que l'Italie n'ait plus à recevoir tous ceux qui se présentent à sa frontière", souligne cette analyste.

La réforme du règlement de Dublin, qui confie la responsabilité du traitement de la demande d'asile au premier pays de l'UE où la personne est enregistrée, patine depuis plus de deux ans.

Sans avancée sur le dossier, les Etats membres ont lancé, lors d'un sommet difficile fin juin, les concepts des "centres contrôlés" sur le territoire de l'UE et des "plateformes régionales de débarquement" dans le bassin méditerranéen.

L'Italie, qui s'était réjouie dans un premier temps de ne "plus être seule", a depuis fait part de son scepticisme sur ces solutions. Les discussions doivent reprendre en septembre, mais elles s'annoncent tout aussi difficiles que sur Dublin.

"Cela nécessitera un capital diplomatique et financier énorme, cela prendra des années avant même que ces plateformes ne fonctionnent", observe Marie De Somer.

Pour elle, "c'est un pas pour s'écarter de la discussion sur Dublin, mais qui ne procure de solution ni à court terme ni à long terme, parce qu'il faudra toujours se mettre d'accord sur quel Etat membre accueillera combien de réfugiés".

Avec AFP

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L'Australie sur le pied de guerre pour faire face aux incendies

La ville de Sydney est enveloppée par une fumée provenant d'incendies dans le nord de la ville, en Australie, le 11 novembre 2019.

Des milliers de pompiers ont été déployés mardi dans l'est de l'Australie pour faire face aux incendies qui devraient s'intensifier en raison d'une combinaison de facteurs: des vents violents, des températures caniculaires et une végétation sèche.

Alors que des dizaines de feux de brousse n'étaient toujours pas maîtrisés, des températures atteignant les 40 degrés, des vents soufflant à 60 km/h sont attendus dans certaines régions de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est).

Les pompiers ont prévenu qu'une vaste région située autour de Sydney était menacée par ces conditions "hors normes".

Depuis vendredi, les incendies sur la côte est de l'Australie ont déjà fait trois morts, détruit plus de 150 habitations et contraint des milliers d'habitants à fuir.

Shane Fitzsimmons, responsable des pompiers de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est), a affirmé que dans les conditions actuelles, "si un incendie se déclare et s'établit ... nous ne l'arrêterons pas".

"Nous avons déjà d'importants incendies sur la côte nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Certains couvrent à eux seuls une superficie de plus de 100.000 hectares, soit un périmètre d'un millier de kilomètres", a-t-il ajouté.

Les vents qui soufflent d'ouest en est et la végétation qui souffre d'une intense sécheresse risquent de propager les feux de brousse en direction des foyers de population vivant sur le littoral.

A titre préventif, environ 600 écoles ont été fermées, ainsi que de nombreux parcs nationaux et, par endroits, les habitants ont été invités à envisager de quitter leurs domiciles.

La police et l'armée apportent un appui logistique aux pompiers qui ont également reçu le soutien aérien de plus de 80 appareils.

"Maintenant, il est temps de réfléchir à partir, partez tôt et allez dans un endroit sûr", a conseillé M. Fitzsimmons.

Le rallye d'Australie, dernière manche du championnat du monde des rallyes de la FIA, qui devait débuter jeudi en Nouvelle-Galles du Sud, a été annulé mardi par les organisateurs.

"Il n'est pas opportun d'organiser le rallye", a déclaré dans un communiqué Andrew Papadopoulos, le président de cet événement, invoquant notamment des raisons de sécurité.

- "Les feux sont partout" -

Dans la petite ville de Taree, au nord de Sydney, des dizaines de personnes ont trouvé refuge dans un parc d'exposition.

Caroline Watson, 59 ans, est arrivée lundi soir avec son époux et leur chien.

"Les feux sont absolument partout ", a-t-elle dit à l'AFP. "Ils ne nous ont pas demandé de partir, mais on s'est dit que ça viendrait."

Dans les Blue Mountains, à l'ouest de Sydney, Alan Gardiner, un pompier de Winmalee, a indiqué que les habitants étaient "terrifiés et à bout de forces".

La ville porte encore les stigmates de l'incendie de 2013 qui avait détruit 200 habitations et la population est parfaitement consciente du fait, qu'en raison du peu d'axes routiers dans cette zone montagneuse, ils doivent envisager de partir avant qu'il ne soit trop tard.

Mais M. Gardiner veut encore croire que "la journée sera très calme. (...) S'il y a un incendie, ce sera catastrophique".

Les autorités ne pensent pas que la ville de Sydney, qui compte plus de quatre millions d'habitants, soit menacée mais elles ont lancé une alerte sanitaire en raison de l'épais nuage de fumée toxique qui recouvre la ville.

La présence de ces nuages de fumée, liés aux incendies de la semaine dernière, a été signalée jusqu'en Nouvelle-Calédonie, à près de 1.500 kilomètres de l'autre côté de la mer.

Sue Johnson, qui vit dans le nord de Sydney, a participé à l'évacuation de chevaux qui se trouvaient dans des zones menacées aux environs de Sydney.

"J'ai emmené deux chevaux au milieu de la nuit", a-t-elle expliqué, avant de préciser qu'elle a coupé la végétation autour de sa maison.

"J'espère que rien de tout cela ne sera nécessaire, a-t-elle souligné, mais les habitants ont "peur, très peur".

De tels incendies se produisent chaque année sur l'immense île-continent pendant le printemps et l'été en Australie. Cette année, elle a été particulièrement précoce et violente. Elle pourrait être l'une des pires qu'ait connue l'Australie.

En Nouvelle-Galles du Sud, un million d'hectares ont déjà brûlé, soit déjà trois fois plus que l'an dernier.

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