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Enseignant guinéen tué en France: cérémonie d'hommage dans une université de Conakry

Des militants guinéens de "Balai Citoyen Guinee" participent à une manifestation devant la cour constitutionnelle de Conakry, le 19 septembre 2018.

Une cérémonie d'hommage à l'enseignant guinéen victime il y a deux semaines d'une agression "raciste" à Rouen, dans le nord-ouest de la France, s'est déroulée dimanche dans une université de Conakry, où la dépouille a été rapatriée samedi soir, a constaté un journaliste de l'AFP.

Mamoudou Barry, 31 ans et père d'un enfant de deux ans, est mort des suites de ses blessures après avoir été roué de coups dans la rue, le 19 juillet, lors d'une agression qualifiée de "raciste" par ses proches à Canteleu, dans la banlieue de Rouen.

Il avait soutenu une thèse de droit sur les "Politiques fiscales et douanières en matière d'investissements étrangers en Afrique francophone" le 27 juin à Rouen.

Le cercueil de Mamoudou Barry, enveloppé d'un drapeau rouge, jaune et vert aux couleurs de la Guinée, est arrivé dimanche matin à l'université publique Sonfonia de Conakry, porté par ses camarades de promotion de cet établissement où M. Barry a fait ses études entre 2007 et 2010.

"L'Université guinéenne en deuil s'incline devant la dépouille de docteur Mamoudou Barry", affirmait une grosse banderole. Des étudiants étaient vêtus de T-shirts à l'effigie du défunt avec des inscriptions réclamant "justice pour Docteur Mamoudou Barry".

Plusieurs membres du gouvernement, le président de la Cour constitutionnelle, Mamdouba Bangoura et des universitaires étaient présents, aux côtés de parents et proches du défunt, dont son épouse.

"C'est en 2007 que le jeune étudiant Mamoudou Barry a été reçu dans notre université et en 2010, il est sorti major de sa promotion avant d'aller en France pour poursuivre ses études jusqu'à l'obtention de son doctorat", a déclaré le recteur de Sonfonia, Koré Bah.

Après la cérémonie d'hommage, le cortège funéraire devait quitter Conakry dimanche soir pour Mamou, à 300 km de la capitale, où est prévue la prière mortuaire lundi, suivie de l'inhumation à Bolaro, village natal du défunt, à une trentaine de km plus loin, selon un programme communiqué à l'AFP.

La dépouille a été rapatriée samedi soir à Conakry, à bord d'un vol régulier parti de l'aéroport Charles de Gaulle, à Paris. L'arrivée a eu lieu en présence de dizaines de parents et proches du défunt, dont plusieurs femmes en pleurs, des membres du gouvernement et un représentant de l'ambassade de France à Conakry, Fabien Talon, selon un journaliste de l'AFP.

"Le gouvernement guinéen suit de très près l'évolution de l'enquête pour élucider le mobile de ce crime odieux. Nous sommes convaincus que justice sera rendue car les crimes racistes ne peuvent être tolérés", a déclaré, samedi soir, le chef de la diplomatie guinéenne, Mamadi Touré

A la suite de l'agression contre Mamoudou Barry, un homme a été interpellé et hospitalisé en raison de problèmes psychiatriques.

Le représentant de l'ambassade de France à l'arrivée du corps samedi soir, M. Talon, a dit être porteur d'une lettre de condoléances du président français Emmanuel Macron à son homologue guinéen, Alpha Condé, et au peuple de Guinée.

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Des membres de l'opposition interpellés lors d'une manifestation

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Aéroports de Paris signe un contrat de 25 ans pour élargir l'aéroport de Conakry

Des hommes regardent un écran à l'aéroport international Charles de Gaulle à Roissy, près de Paris, le 18 octobre 2014. ( REUTERS/Gonzalo Fuentes)

Le groupe français ADP a signé lundi avec le gouvernement guinéen et la plateforme d'investissement Africa50 une convention de concession de 25 ans pour le développement de l'aéroport international de Gbessia à Conakry, ont indiqué dans un communiqué le gestionnaire de l'aéroport et Africa50.

L'accord a été signé lors d'une cérémonie de présentation du projet à Conakry. Il fait suite à la signature d'un pacte d'actionnaires, le 3 février aux termes duquel les partenaires se sont engagés à prendre une participation dans la nouvelle compagnie qui portera le projet, la Société de gestion de l'aéroport de Gbessia (Sogeac), précise le communiqué.

A l'issue de cette opération, le capital est réparti entre le gouvernement de Guinée (34%), Africa50 (33%) et le Groupe ADP (33%).

"Le projet comprend la construction et l'exploitation d'un nouveau terminal pour les passagers domestiques et internationaux et les infrastructures y afférentes: une nouvelle aérogare pour le fret, une aire de stationnement, la rénovation et l'extension de la piste et des voies de circulation principales", selon le texte.

Le nouveau terminal aura une capacité d'un million de passagers par an, soit plus du double de la capacité actuelle, et celle-ci devrait être atteinte d'ici 2031, affirment la Sogeac et Africa50, plateforme d'investissement créée par les chefs d'Etats africains et la Banque africaine de développement (BAD).

La première phase du projet, dont l'investissement s'élève à près de 120 millions d'euros, devrait démarrer cette année, selon la même source.

Le Groupe ADP, qui gère 24 aéroports dans le monde dont Paris-Charles de Gaulle et Orly, "apportera son savoir-faire en matière d'opérations aéroportuaires" et Africa50 "son expertise en termes de développement et de financement de projets et assurera la liaison entre les investisseurs privés et le gouvernement guinéen".

"Pour le Groupe ADP, cet aéroport est un investissement fondamental dans le cadre de son développement en Afrique, à un moment où le continent va connaître une forte croissance de son trafic passagers", a déclaré Xavier Hurstel, directeur général adjoint chargé de coordonner les opérations de développement du Groupe ADP, cité dans le communiqué.

"Pagaille" à Conakry, avec la reprise des manifestations

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Les manifestations ont repris à Conakry

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Alpha Condé laisse la porte ouverte à une candidature pour un 3e mandat en Guinée

Le président Alpha Condé à Conakry, 4 fébrier 2018. (CELLOU BINANI /AFP)

Le président guinéen Alpha Condé à laissé lundi la porte ouverte à une candidature pour un troisième mandat et défendu la tenue le 1er mars d'un référendum constitutionnel, dénoncé comme une manoeuvre, estimant qu'il n'y avait "rien de plus démocratique".

"Ca, c'est le parti qui décidera", a déclaré M. Condé, interrogé sur une nouvelle candidature lors d'une interview accordée à France 24 et Radio France Internationale (RFI). Son parti, le RPG, "peut me présenter comme il peut présenter quelqu'un d'autre. Pour le moment, ce n'est pas mon souci", a-t-il ajouté.

Ancien opposant historique, élu en 2010 et réélu en 2015, le chef de l'Etat a assuré que sa préoccupation actuelle était de "doter le pays d'une Constitution qui réponde aux besoins du monde d'aujourd'hui", citant "la parité entre hommes et femmes, la lutte contre les mutilations génitales, le mariage des filles avant 18 ans, et surtout le partage correct des ressources" de l'Etat, notamment pour "la jeunesse et les personnes vulnérables".

"Si nous voulons une Constitution moderne, qu'est-ce qui est plus démocratique qu'un référendum? Le Premier ministre anglais a fait un référendum, il a perdu. De Gaulle a fait un référendum, il a perdu. Il n'y a pas plus démocratique", a expliqué Alpha Condé, alors que l'Union européenne a estimé la semaine dernière que "l''unité et la paix en Guinée doivent prévaloir sur les intérêts partisans".

Les Etats-Unis ont aussi fait part de leur "préoccupation" à propos de la situation en Guinée, exhortant "toutes les parties à se lancer dans un dialogue civil non violent".

La Guinée est le théâtre depuis la mi-octobre de protestations, qui ont fait au moins 29 morts - 28 civils et un gendarme - contre le projet prêté de longue date au président de chercher à se succéder fin 2020. L'actuelle Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

L'avant-projet de nouvelle Constitution divulgué en décembre et qui sera soumis à référendum le 1er mars, en même temps que des élections législatives, maintient cette limite. Mais l'opposition soupçonne que l'adoption d'une nouvelle Constitution servira à M. Condé, 81 ans, de prétexte pour remettre son compteur présidentiel à zéro.

"Je ne vois vraiment pas où il y a le problème, où il y a stratagème, puisque je donne la possibilité de mener campagne", a affirmé Alpha Condé, avant d'ajouter: "Si le peuple de Guinée dit non au référendum, je m'incline. S'il dit oui, j'applique".

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