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Tunisie

En Tunisie, une exposition pour immortaliser une révolution 2.0

Des personnes en train de nettoyer les débris de la rue suite à une crue mortelle dans la ville de Dar Chaabane, en Tunisie, le 23 septembre 2018.

Une exposition à Tunis retrace actuellement le renversement du régime de Ben Ali, l'une des premières "révolutions Facebook", grâce à des centaines de vidéos amateurs, pages de blogs, caricatures et autres documents numériques évanescents sauvegardés par un collectif d'institutions et ONG.

Dans le célèbre musée du Bardo résonnent les cris qui ont eu raison de la dictature, il y a déjà plus de huit ans: "Travail, liberté et dignité!"

Les vidéos des manifestants criant leur colère sous des tirs massifs de gaz lacrymogènes sont tremblotantes: ce sont les premières images du soulèvement et de la répression, souvent prises à la va-vite avec un téléphone portable.

Un enregistrement sonore restitue la folle ambiance, s'achevant par un hurlement "Ben Ali a fui!"

Certains documents sont historiques, comme l'interview intégrale de la mère du marchant ambulant Mohamed Bouazizi. Elle y explique le calvaire du jeune homme, dont l'immolation par le feu le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid fut le déclencheur de la révolte.

A l'époque, la diffusion par des chaînes étrangères de l'entretien avait participé à l'embrasement.

- "Ben Ali dégage!" -

L'exposition "Before the 14th" ("Avant le 14"), jusqu'au 30 mars à Tunis, puis jusqu'au 30 septembre à Marseille, en France, rassemble ces témoignages directs retraçant les 29 jours ayant conduit à la chute du dictateur.

Elle décrit les précédentes mobilisations, dès 2008, puis les premières régions à se soulever mi-décembre 2010 -Sidi Bouzid et Kasserine, jusqu'à la marée humaine scandant "Ben Ali dégage!" au coeur de la capitale.

La circulation de ces images sur les réseaux sociaux a transformé le désespoir d'un marchand ambulant en une révolution contagieuse, qui a bouleversé le sort du Moyen-Orient.

Mais nombre d'entre elles n'étaient conservées que dans l'historique de ces réseaux sociaux ou sur des téléphones portables.

Des militants et chercheurs ont ainsi tiré la sonnette d'alarme, signalant qu'un grand nombre d'images et de vidéos publiées sur internet aux moments des faits étaient en train de disparaître.

Un collectif d'associations s'est alors constitué, et il a collaboré avec des institutions comme la Bibliothèque nationale pour recenser et recueillir photos, vidéos, mais aussi blogs, slogans, poèmes, communiqués, statuts Facebook, auprès de citoyens à travers le pays, avec des formulaires identifiant lieux, dates, et auteurs.

Des dizaines de photos exposées dans la première mouture de l'exposition se sont avérées être des photos de presse, prises par des professionnels.

Mais elles ont depuis été remplacées par d'autres issues du fonds des archives de la révolution qui contient près de 2.000 photos et vidéos majoritairement prises par des acteurs et témoins des évènements, dont les prémisses furent compliqués à couvrir.

- "Défi technique" -

Après quatre ans de travail, ce fonds est désormais conservé pour la postérité aux Archives nationales.

"Il y a un défi technique, scientifique et méthodologique dans la recherche et la vérification du contenu numérique publié par son auteur qui avait bravé à l'époque la censure", explique l'historienne et membre de la commission organisatrice de cette exposition, Kmar Ben Dana.

"Notre approche doit être fiable" pour permettre "dans l'avenir d'écrire l'Histoire en se basant sur ces archives. C'est un traitement sans précédent, car il s'agit de matière numérique", poursuit-elle.

Pour cette historienne, le but "n'est pas d'écrire une version officielle de l'histoire (...), c'est une tentative pour une réconciliation entre la mémoire et l'Histoire".

Au-delà des archives, il s'agit de sauvegarder le processus même de la révolution, qui a fait naître d'immenses espoirs inassouvis, au point de faire regretter le dictateur déchu chez certains Tunisiens.

"Nous espérons que cela va contribuer à montrer que la révolution a été un évènement extrêmement positif, extrêmement libérateur. Même si nous sommes, aujourd'hui, dans des difficultés politiques et économiques qui peuvent faire oublier cette grande explosion politique", dit Mme Ben Dana.

Au Bardo, Hassen Tahri, 22 ans, cherche à comprendre ce qui s'est vraiment passé lorsqu'il n'était qu'un collégien.

"J'étais très jeune et je ne me souviens pas de grand-chose, mais à travers cette exposition, on peut reconstituer l'enchaînement des évènements", explique-t-il à l'AFP.

"Cela nous rappelle les souvenirs des 13 et 14 janvier, lorsque nous ne savions pas ce qui se passerait, surtout après (la) fuite" de Ben Ali, poursuit cet étudiant de la banlieue de Tunis.

Pour une autre visiteuse, Hiba Jebali, étudiante de 21 ans, "c'est important que les jeunes comprennent ce qui s'est passé exactement, parce qu'ils sont l'avenir du pays".

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Grève sur des sites pétroliers tunisiens dans le sud

Des travailleurs tunisiens lors d'une manifestation devant le siège du syndicat national dans la capitale Tunis, le 17 janvier 2019.

Des employés de sites pétroliers dans le Sahara tunisien se sont mis en grève ouverte samedi à l'appel du puissant syndicat UGTT pour appuyer les demandes des habitants de la région réclamant des emplois, ont indiqué le ministère de l'Energie et le syndicat.

La production de pétrole est "partiellement affectée", a indiqué à l'AFP Hamed Elmatri, conseiller chargé des hydrocarbures au ministère de l'Energie, tout en soulignant que des négociations étaient en cours.

Cette grève intervient après des troubles sociaux fin juin à Tataouine (sud), aux portes du désert, lorsque la police avait tenté de disperser par la force des sit-in de chômeurs réclamant les emplois promis par le gouvernement en 2017.

Cette année-là, après plusieurs semaines de blocage de la production pétrolière sur le site d'El Kamour, le gouvernement avait signé un accord sous la médiation de l'UGTT, prévoyant d'importants investissements dans cette région marginalisée et des milliers de recrutements dans des structures publiques.

Mais en trois ans, moins de la moitié de cet accord a été concrétisé, selon l'ONG anti-corruption I Watch.

A l'issue de deux conseils ministériels spéciaux, le gouvernement a annoncé mercredi la concrétisation de 500 embauches d'ici 2020.

Le Premier ministre Elyes Fakhfakh, fragilisé par des luttes de pouvoir, a assuré jeudi que "l'Etat tiendra ses engagements envers la région de Tataouine", tout en s'excusant "pour les excès et les injures" commis par les policiers à Tataouine.

Face à ces annonces jugées insuffisantes, la plupart des services publics se sont mis en grève vendredi à Tataouine, à l'appel de la puissante centrale syndicale UGTT.

La production de pétrole tunisienne est de 38 à 40.000 barils par jours en moyenne, dont 55% environ est produit dans la région de Tataouine, où sont implantés l'Autrichien OMV, l'Italien ENI et l'Anglais Atog, selon le ministère de l'Enrgie.

A Tunis, les femmes se mettent au vélo, brisant la barrière du genre

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