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En l'absence de réformes, Alger risque une crise économique dès 2019, selon l'ICG

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika à Alger, le 23 novembre 2017.

Des réformes sont urgentes en Algérie pour diversifier une économie dépendante aux hydrocarbures et éviter une crise économique dès 2019, a averti lundi le centre d'analyses International Crisis Group (ICG).

L'Algérie, qui tire l'essentiel de ses revenus du pétrole, a subi de plein fouet la dégringolade des cours entre 2014 et 2017.

Or "les nouvelles réalités financières ne permettent plus de maintenir le niveau élevé de dépenses publiques des dix dernières années, qui vide rapidement les caisses de l'Etat", a indiqué l'ICG dans un rapport intitulé "Surmonter la paralysie économique de l'Algérie".

"Malgré les promesses des gouvernements successifs de faire des réformes et de rééquilibrer les finances publiques, la paralysie politique a fait obstacle à toute mesure décisive", s'est-il inquiété. Cette paralysie est renforcée par l'incertitude autour d'une candidature du président Abdelaziz Bouteflika, 81 ans, à un 5e mandat en avril prochain.

Et en dépit du "rétablissement du cours du pétrole, la crise économique pourrait frapper le pays dès 2019" et "se greffer aux tensions entourant la présidentielle", a averti l'ICG.

"Les autorités reconnaissent que le modèle actuel est à bout de souffle mais peinent à le corriger", a souligné le rapport, regrettant que les réformes économiques "ont eu tendance à être reportées".

Selon l'ICG, deux facteurs paralysent celles-ci: "des groupes d'intérêt" influents qui "défendent le statu quo" et le souvenir de la guerre civile (1992-2002), née des troubles politico-sociaux ayant suivi les mesures d'austérité des années 1980 et 1990.

Le centre a estimé insuffisantes les coupes budgétaires et la "politique monétaire expansionniste, qui alimente l'inflation et permet seulement au gouvernement de gagner du temps sans s'attaquer aux problèmes de fond".

"A terme, l'Algérie ne pourra pas se contenter d'apporter de petits ajustements techniques à sa politique économique", a-t-il ajouté, jugeant inévitable une renégociation du "contrat social implicite" dans le pays, "à savoir que l'Etat pourvoit aux besoins d'une population tenue de s'exécuter".

Socialiste jusqu'au début des années 1990, l'économie algérienne reste marquée par une forte intervention étatique. La rente pétrolière subventionne notamment carburant, eau, énergie, santé, logements et produits de base.

Mais "toute renégociation doit être envisagée avec prudence", a souligné l'ICG. Les moins de 30 ans (55% de la population selon les statistiques officielles) "entrent aujourd'hui sur le marché du travail avec de sombres perspectives d'avenir et une capacité considérablement réduite de l'Etat à les soutenir".

L'Algérie peut néanmoins compter sur une dette extérieure inférieure à 2% du PIB et des partenaires, européens notamment, "prêts à apporter leur soutien", a argué le centre.

Les analystes ont appelé Alger à plus de transparence sur l'état des finances publiques, les difficultés économiques, les réformes nécessaires et leurs résultats attendus et à "mettre l'accent sur les jeunes dans l'élaboration du programme de réformes".

Il l'a aussi invité à élargir son "éventail" d'interlocuteurs, limités à l'ex-syndicat unique UGTA et au Forum des chefs d'entreprises, organisation patronale proche du pouvoir.

Avec AFP

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CAN-2019 - Sénégal-Algérie: la fête a déjà commencé au pays des Lions

L'équipe du Sénégal lors d'un match de qualifications pour la CAN 2019, le 13 octobre 2018. (VOA/Amedine Sy)

Sûrs de la victoire face à l'Algérie en finale de la CAN-2019, les Sénégalais ont déjà commencé à faire la fête à Dakar et dans les villes de province, pavoisées aux couleurs du Sénégal, à quelques heures du coup d'envoi dans la chaleur du Caire vendredi (19H00 GMT).

Fort de son statut de mondialiste, de première nation africaine au classement Fifa, et de l'apport de son champion d'Europe Sadio Mané (Liverpool), le Sénégal rêve de vaincre le signe indien à l'occasion de la deuxième finale continentale de son histoire, après celle perdue en 2002 face au Cameroun.

Depuis le début de la matinée, les rues de Dakar sont rythmées par le son des coups de klaxon, des vuvuzelas et de la musique de son autre star internationale, le chanteur Youssou N'Dour.

Malgré la défaite (1-0) contre ces mêmes Algériens en phase de poules, "on va gagner, Inch Allah (si Dieu le veut). La coupe, ce sera au Sénégal cette année", affirme le vendeur ambulant Ibrahima Diallo, qui a rallié la place de la Nation, dans le quartier populaire de Colobane, plusieurs heures avant le début du match.

"La fête a déjà commencé et l'intensité va monter jusqu'à la fin du match", promet-il, alors que plusieurs centaines de supporters ont commencé à affluer vers ce lieu traditionnel de rassemblement. La place a été transformée en "fan zone" dotée de trois écrans géants et d'un large podium, où des groupes doivent animer une soirée que tous espèrent festive.

- Trottoirs repeints dans la nuit -

Dakar s'est mise sur son 31 pour soutenir ses Lions. "Nous avons nettoyé le quartier", sourit une collégienne, Adama Samb. Autour d'elle, dans les rues populaires du quartier de Bopp, les banderoles, poteaux électriques, troncs des arbres bordant les rues, et même les chaussées et trottoirs, repeints pendant la nuit, arborent les couleurs vert-jaune-rouge du Sénégal.

Un chauffeur de taxi rouspète. Il est "obligé de faire un détour" pour se rendre sur la corniche-ouest, où une autre "fan zone" était en cours d'installation à quelques mètres de l'océan.

Les cafés, restaurants et les centres commerciaux se préparent également à diffuser le match, même si de nombreux Sénégalais comptent le regarder en famille, à la maison.

A Kolda (sud), en Haute-Casamance d'où est originaire la star Sadio Mané, comme à Saint-Louis (nord), fief de l'ailier Ismaïla Sarr, la même fièvre et les mêmes couleurs ont envahi les rues, selon des correspondants de l'AFP.

Football/CAN-2019: Belmadi parle de son "ami" Cissé

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Le journal de la CAN-2019 du 17 juillet

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CAN-2019: pour ou contre l'Algérie, le dilemme égyptien

Des supporters algériens, le 30 juin 2014.

"Viva l'Algérie" ou "tout sauf l'Algérie": les supporters égyptiens sont partagés entre ceux qui soutiennent leurs "frères arabes" pour la finale de la CAN-2019 au Caire, et les irréductibles qui perpétuent la rivalité historique entre les deux pays.

Dix ans après le caillassage du bus des joueurs algériens au Caire, la haine a-t-elle quitté les deux camps ? Dimanche lors de la demi-finale Algérie - Nigéria, le soutien ostentatoire de certains supporters égyptiens aux Super Eagles a déclenché quelques accrochages avec des Algériens.

"En termes de performance, ils méritent d'être en finale et de la gagner contrairement à notre propre équipe", concède Mohamed, alors que l'Egypte, pays-hôte, a été éliminée dès les huitièmes de finale.

"Mais j'espère qu'ils ne vont pas remporter la compétition", s'empresse d'ajouter ce comptable de 32 ans, en évoquant de vieilles "querelles".

L'origine de cette inimitié ? L'attaque du bus des joueurs algériens, faisant plusieurs blessés avant un match de qualification au Mondial-2010, qui avait dégénéré en violents affrontements entre supporters, puis en crise diplomatique.

A la suite de ces événements, qui se sont répétés à plusieurs reprises depuis, les appels aux calmes de part et d'autre n'ont pas empêché les accusations tous azimuts par voie de presse, convocations de diplomates et protestations formelles des deux pays.

- "Aucun problème sécuritaire" -

Depuis le début de la CAN-2019, la présence des forces de l'ordre s'est renforcée dans les rues et surtout autour des stades, dans un pays où l'enjeu sécuritaire restait le défi majeur de l'organisation de la compétition, notamment face à l'afflux progressif des supporters des "Fennecs".

"Jusqu'à présent, il n'y a ni problèmes, ni différends, ni crises d'ordre sécuritaire", assure un fonctionnaire du ministère de l'Intérieur qui a requis l'anonymat.

"Les célébrations (des supporters algériens) dans les rues se sont déroulées en présence d'Egyptiens sans mécontentement ou problème", a-t-il assuré.

Car, en dépit des anciennes tensions footballistiques entre les deux pays, de nombreux Egyptiens se tiennent derrière les Algériens, dans les stades ou dans les rues, au nom de l'unité arabe.

"Je vais les supporter car nous sommes tous arabes mais en temps normal je ne les soutiens pas vraiment après ce qu'il s'est passé", confie sans grand engouement Ali, un étudiant de 23 ans.

"A l'époque j'avais 13 ans. Je m'en souviens à peine, beaucoup de choses se sont passées", raconte ce fan du club d'Al-Ahly, qui refuse de tourner complètement la page des affrontements.

- "Débat nouveau et positif" -

"Après les événements de 2009, les gens soutenaient n'importe qui contre l'Algérie", se souvient Hatem Maher, journaliste sportif. Mais, selon lui, le fait que la question se pose désormais de supporter ou non les Fennecs est "un débat nouveau et positif".\

"La tension a diminué de manière notable", observe-t-il, mettant en avant l'absence de matches à enjeu au cours de la dernière décennie, l'émergence d'une nouvelle génération de fans mais aussi les "changements politiques".

"Après la révolution de janvier 2011, beaucoup de gens ont commencé à revenir sur ce qui s'était passé et ont accusé Hosni Moubarak (l'ex-président déchu lors de ce soulèvement populaire, ndlr), ses fils et ses médias, d'être les vrais responsables des tensions entre les deux pays et leurs supporters", observe-t-il.

"Entre l'Algérie et l'Egypte, à l'époque, il y avait aussi une rivalité politique pour savoir qui historiquement était le leader du monde arabe", ajoute Pascal Boniface, directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques et auteur de "Géopolitique du sport".

"Les deux régimes étaient en difficulté et comptaient un peu sur l'équipe nationale pour redorer leur blason", explique-t-il.

Aujourd'hui, pour certains Egyptiens, les Fennecs doivent l'emporter. "Les Algériens sont en fête. Pourquoi ne serions-nous pas heureux pour eux ?", se demande Mohamed, ancien entraîneur de foot à la retraite.

CAN-2019: le stade de foot, laboratoire politique de la contestation algérienne

Des supporters algériens, le 30 juin 2014.

Slogans percutants, chants politiques, et expériences de groupes : les manifestations en Algérie, qui ont poussé l'ex-président Abdelaziz Bouteflika à la démission le 2 avril, ont pris racines dans les stades de foot, rares espaces de liberté dans un pays verrouillé.

"Qu'ils partent tous": pour avoir brandi dans un stade de la CAN-2019 une pancarte comportant l'un des messages phares du mouvement de contestation en Algérie lors du match contre le Kenya, un supporter des "Fennecs" a été expulsé d'Egypte puis condamné à un an de prison ferme.

La raison ? "Avoir exposé aux regards du public des tracts de nature à nuire à l'intérêt national", selon une source judiciaire, alors que les manifestations hebdomadaires débutées fin février, exigent désormais le départ de tous les dirigeants ayant eu des responsabilités durant la présidence de M. Bouteflika.

Cela n'a pas empêché les milliers de supporters encore présents au Caire d'entonner un des couplets de "La Casa del Mouradia" -- chanson composée par un groupe de supporters de l'USM Alger devenue l'un des hymnes du "hirak" (mouvement) --, l'espace de quelques secondes lors de la demi-finale contre le Nigeria.

Mardi lors de l'entraînement des "Fennecs", ouvert un quart d'heure au public, la centaine de supporters présents ont fait un pied de nez encore plus explicite à trois jours de la finale : après avoir mis l'ambiance et entonné l'hymne national, ils ont repris "La Liberté", tube engagé du rappeur-star Soolking... qui résonne habituellement lors des "vendredire", néologisme inventé par les contestataires pour désigner les manifestation chaque vendredi et signifiant "manifester joyeusement".

- Plus qu'un simple "défouloir" -

"Depuis les années 1970-80, le stade a toujours été un espace d'expression politique en Algérie, peut-être plus que dans les autres, où il pouvait y avoir plus de contrôles, de censures. C'est l'endroit où l'on peut défier l'+establishment+, déconstruire les tabous de la nation algérienne", explique à l'AFP Mahfoud Amara, professeur de sciences sociales et de management du sport à l'Université du Qatar.

"Les supporters utilisent des méthodes de provocation, où la vulgarité peut avoir un sens politique. Vu qu'il n'y a pas de débat, on rejette l'ordre moral qui a été imposé par les institutions de l'Etat", ajoute le chercheur algérien, auteur en 2012 d'une étude sur le sujet.

Un "défouloir" qui peut aussi créer des incidents diplomatiques, à l'image d'un tifo grimant en 2017 le roi Salmane d'Arabie saoudite et Donald Trump comme "les deux faces d'une même pièce" lors d'un match du championnat local, ou sombrer dans la violence, parfois meurtrière, lors d'affrontements entre supporters ou contre les forces de l'ordre...

Mais depuis le 22 février, la violence brute a laissé place à l'humour et à la créativité, avec des pancartes pleines de métaphores footballistiques.

- Avant-garde -

"Ce n'est pas un match, non aux prolongations !", "Peuple 3 - 0 Pouvoir"... Même des membres de groupes "ultras" des différents clubs algérois, habituellement "ennemis", ont manifesté main dans la main dans les rues de la capitale.

De quoi rappeler le phénomène "Istanbul United", quand les groupes rivaux des clubs de Besiktas, Galatasaray et Fenerbahçe avaient participé ensemble aux manifestations place Taksim en 2013, ou l'alliance déterminante des supporters cairotes d'Al-Ahly et de Zamalek dans le soulèvement contre Hosni Moubarak en 2011 ?

"Je ne sais pas si on peut faire le parallèle", explique à l'AFP Maher Mezahi, journaliste spécialiste du football maghrébin. "C'est très commun de voir des supporters provenant de groupes différents être côte à côte. Mais cela ne se produit qu'à l'échelle individuelle et non au nom du groupe en lui-même."

A défaut d'avoir réellement apporté aux manifestants leur expertise en matière d'organisation, "les ultras algériens ont davantage donné un genre artistique aux forces d'expression", complète Mahfoud Amara.

"Ils ont contribué, un petit peu, à être la voix du peuple à un moment où il y avait une lassitude de la politique, admet le chercheur. Le stade a été pendant ce temps l'endroit où il y a eu cette continuité."

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